lundi 22 septembre 2008

Sea Science'n Sun

Voilà qui résume assez bien cette semaine de congrès outre Atlantique. Côté science, j'avoue supporter de moins en moins que ne soit présenté en plénière que ce qui est publié. Quand on est à jour de la biblio, on n'apprend pas grand'chose. Le seul topo présentant des résultats non publiés concernait une hypothèse foireuse qui n'a pas pu être validée (et ce n'est pas faute d'avoir réalisé des milliards de manips plus couteuses les unes que les autres). La nouveauté se trouvait plus sur les posters, et donne une idée de ce qui va bientôt sortir dans la littérature, et qui constituera donc l'essentiel du prochain congrès dans deux ans.

De la science donc, mais également beaucoup d'extra-science:
  1. Les derniers potins des labos, qui est avec qui, qui a quitté qui, éléments essentiels pour ne pas commettre d'impair lors des conversations autour du bar.
  2. Les complaintes sur les thésards et/ou post-docs qui ne sont plus ce qu'ils étaient (comprendre ce que nous étions) puisqu'ils osent prendre des vacances, des week end, et qu'ils passent leur vie au téléphone ou sur msn ... Complainte entonnée par tous les chefs avec qui j'ai abordé le sujet1. Bref, on se demande bien comment les labos américains arrivent toujours à sortir autant de Science ou Molecular Cell.
  3. Les complaintes sur les financements de plus en plus difficiles à obtenir. Là, j'avoue avoir été très surprise car la situation aux USA semble également compliquée, certains groupes qui sont des leaders dans mon domaine se retrouvant dans une situation budgétaire critique.
  4. Les prochains congrès ou l'on va aller, et où l'on se retrouvera pour tenir les mêmes discussions.
  5. Et bien sur, l'élection présidentielle à venir avec beaucoup de pessimisme quant aux chances qu'Obama a de l'emporter ...
Finalement, le seul vrai intérêt de ce workshop c'est de se faire connaitre (ou de se rappeler à la mémoire de certains), et de consolider ou agrandir son réseau, du politique pour au moins 80% donc.

Pour ceux qui n'évoluent pas dans le monde académique, je recommande vivement la lecture de David Lodge:
Changement de décor, Jeu de société, Un tout petit monde (tout particulièrement ce dernier centré sur les congrès).

Du pur bonheur!

1Mon ancien patron de post-doc m'a même dit que lorsque ses 3 PhD students auraient soutenu, il n'en reprendrait pas (they're not enough dedicated to science...), et ne fonctionnerait plus qu'avec des post-docs. Je me demande bien d'où sortiront les post-docs si plus personne ne veut former de doctorants ...

4 commentaires:

A. a dit…

Arghh, les "not dedicated enough", quel cauchemar!! J'ai un copain qui a un chef comme ca - bien qu'il soit quasiment 7j/7 au labo y compris la nuit parfois, le chef lui explique avec un reel soucis pour sa future carriere que prendre deux semaines de vacances moins d'un an avant sa soutenance de these releve de l'inconscience et met tout son avenir professionnel en jeu. Franchement, il y a des limites a la "dedication" dont certains ne semblent pas connaitre l'existence :(

Sinon, ouais, trop fort la trilogie de David Lodge, y compris le 3eme tome sur academia vs. industry. Hee.

A. a dit…

80% de politique: j'ai bien l'impression que c'est le cas de plus en plus d'aspects de la recherche, y compris l'obtention de financements et le recrutement...

Roberta a dit…

A., ce qui me chagrine un peu c'est que mon patron de post-doc est assez atypique dans le milieu (comprendre il est humain!). Ainsi, j'ai pu rentrer en France passer les concours sans prendre sur mes vacances puisqu'il considérait que c'était du boulot! De même quand mon père est mort, je suis restée 3 semaines en France en étant payée. Bref, si lui râle sur les thésards, je pense que la situation a dû un peu se dégrader quand même. Mais bon, je suis entièrement d'accord, il y a des limites à la "dedication" ...

Le Piou a dit…

Le probleme etant que les PI sont d'une autre epoque. Mon ancien boss "US" faisait partie de cette generation qui avait la science comme hobbie. Lui passait ces week-end au labo comme d'autres vont a la peche ou collection les petits trains.
Il a eu du mal a accepter que la science peut etre simplement un "metier" pas une passion.
La jeune generation de PI est beaucoup plus consciente de ce changement d'esprit.
Pour le point sur les financement aux US, y'a eu beaucoup de casse avec Bush.
Sous clinton, les credit avaient augmente de facon incroyable. Resultats beaucoup de nouvelles equipes. MAintenant que les robinets ont ete remis au niveau d'avant: y'a trop d'equipes/personels a financer... La ou y'avait 2 bourses pour 3 applications, y'en a aujourd'hui plus qu'une pour 5. La selection naturelle a commence...