mercredi 7 janvier 2009

Play it again

Certes c'est la saison des bonnes résolutions. Mais, lorsque suivant l'exemple du Piou j'ai repris ma liste 2008, j'ai réalisé que j'avais dû passer l'année à soigneusement ignorer mes résolutions; à moins que je n'ai une mémoire de poisson rouge ...

Tenues rive droite:
- Organisation des vacances. Je la garde pour 2009, elle n'est pas mal.
- Achat de Santons. Bon, pas en septembre, mais en novembre... et ils sont arrivés juste avant l'installation de la crèche. Je renouvelle donc pour 2009.
- Arrêt des achats déco (à faire). En fait, je n'ai pas dû mettre les pieds dans une boutique de tout 2008, donc c'était plutôt simple. Soyons fous, je remets çà en 2009.

Celles qui n'ont pas été tenues peuvent également se voir renouveler, bien que je soupçonne un certain blocage psychologique expliquant l'absence de résultats en 2008 ...

Tenues rive gauche:
Là c'est hyper simple; à part la demande à l'ANR (que je n'ai pas obtenu, sinon vous l'auriez su) je n'ai tenu AUCUNE des résolutions 2008. Et en plus, je les laisse tomber pour 2009 (sauf les papiers, parce qu'il y a des broutards™ qui attendent et qui commencent à trouver le temps long).

Quant aux petites fleurs, je commence à m'y habituer ...

Bon, finalement, les bonnes résolutions 2009 c'était facile.


Glagla-land

-11°C sur les berges de la Mérantaise ce matin ...
Il fallait être sacrément motivée pour sortir du lit, puis de l'appart'.
Et le pire, c'est que coté rive gauche nous sommes en panne de chauffage depuis deux jours. Si mes dents ne claquaient pas si fort j'en rirais presque.

lundi 5 janvier 2009

Le bonheur est dans le pré

Dix jours dans la patrie du canard, à profiter de la famille, voilà quel était le thème de cette pause hivernale.
De la fenêtre de ma chambre, les jours passaient sans se ressembler.

Coté cuisine, la variété était moindre. Disons que le thème général était canard (gras bien entendu), avec de subtiles variations sur le foie (gras également): cru, mi-cuit, cuit, cuit en cocotte, et j'en passe. J'ai échangé plein de recettes, expérimenté certaines (dont des huitres chaudes au sabayon, miam), en fait passé la majeure partie de mes journées en cuisine.
Nous avons donc copieusement cuisiné, copieusement mangé, copieusement bu, copieusement dormi. Le gnome s'est quant à lui fait une cure télé (merci le satellite ...).
Bref, c'était de vraies bonnes vacances, qui arrivaient à temps pour remonter le moral des troupes.

Le retour à la mine n'en est que plus dur ...

jeudi 1 janvier 2009

Au gui l'an neuf !

Je sais je me répète. Mais après s'être souhaité une bonne année sous le gui, je n'allais pas rompre avec la tradition.
Bonne année 2009 chers lecteurs, qu'elle vous soit douce et légère, et aux inconditionnels de la rive gauche, souhaitons que cette nouvelle année ne soit pas la dernière de notre vieille maison, ni de sa non moins vénérable commère, dame Universitas.

lundi 22 décembre 2008

L'évaluation AERES comme si vous y étiez

Donc, voilà, nous avons terminé l'année par cette satanée visite du comité d'évaluation. Deux jours plein, mais finalement peu de temps consacré aux équipes le comité ne s'étant divisé qu'en deux sous-sections contre 4 lors des précédentes évaluations (réalisées par le CNRS). En ce qui me concerne, j'avais donc 10 minutes de présentation et 5 de questions. Les "vraies" équipes (pas les aspirants) avaient 30 minutes de présentation et 10 de questions.En gros, nous avons tous eu les mêmes questions (excepté bien sur celles d'ordre scientifique):
  • quelles seront vos sources de financement?
  • qu'envisagez vous comme recrutement?
Je me marre! Donc, je me suis fait plaisir, en répondant que malheureusement n'étant pas Mme Irma, je ne pouvais aucunement prévoir de quels financements je disposerai à partir de 2010, et qu'il m'était totalement impossible de prédire un recrutement alors que les prédictions concernant les postes au CNRS dans les prochaines années sont plus qu'alarmantes. J'ai également fait remarquer que proposer des post-docs de un an non renouvelable était absolument stupide et contre productif. Cà ne règle pas le problème mais çà soulage! Donc, en ce qui concerne les personnes de l'équipe, nous continuerons à tourner avec des stagiaires (BTS, L2 et 3, M1 et M2 si possible). Pour les sous....un ou deux cierges brulés à Ste Rita ne feront pas de mal. De toutes façons, autant croire aux miracles dans la situation actuelle.

L'audition des 3 collèges a été édifiante. Les réunions se sont tenues en parallèle, et nous nous sommes aperçus après coup que nous avions tous eu les mêmes questions (au mot près!). La où c'est moins drôle c'est que nous n'avons pas vraiment donné les mêmes réponses! Quand on sait que tout tournait autour de l'organisation de l'institut....

Bref, après deux journées de dur labeur, le comité s'est enfermé pour délibérer, et a quitté l'institut sans que l'on en sache plus. Et oui, le débriefing de fin de comité est supprimé! Pour savoir ce que l'on aura pensé de nous, il nous faudra attendre février je pense, et la réception du rapport final.
Le seul commentaire que nous ayons eu a concerné la proportion de non publiants de l'institut. Alors que je pensais finalement être du bon coté de la barrière, les critères AERES disant que si le nombre d'or n'était pas atteint, mais que le chercheur avait signé en 1er ou dernier auteur dans de bons journaux il était repéché, je me suis donc vue rebasculer dans la catégorie des moutons noirs, ladite règle ayant été abandonnée.

Affaire à suivre donc...

Je suis tellement HS, que je n'ai pas réalisé que j'étais connectée comme "Narayan" alors que la riche gauche est chasse gardée de Roberta... Les lecteurs corrigeront d'eux même.

Alive !

A tous ceux qui auraient pu se poser des questions, je suis toujours en vie, et je n'ai pas décidé d'abandonner ce blog.
Bon, certes, ces derniers temps n'ont pas été hyper productifs, mais comment dire... la rive gauche était en mode "red alert", et la rive droite n'assurait plus un cachou.
Voilà, tout çà est donc de l'histoire ancienne, je peux partir en vacances ! En d'autres termes, l'activité des Chroniques risque d'être tout aussi peu fournie. Nul doute que ce sera mieux en janvier.

Demain départ vers la patrie du canard et du ballon ovale, pour des vacances bien méritées. Si j'ai du temps, du courage et un accès internet, je ne manquerai pas de me manifester...

lundi 15 décembre 2008

Tu parles d'un cadeau...

Dans un monde parfait, je serai en train de déguster un dîner en tête à tête, accompagné de breuvages nobles.

Dans la vraie vie, je répète et re-répète ma présentation AERES, je dépasse systématiquement de 1'30, j'en ai un peu marre de consulter le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots plus courts qui me permettraient de tenir dans le temps impartit.

Dans la vraie vie, l'information du portail Galaxie (sésame des qualifications) indiquait une dead line d'envoi des dossiers au 22 décembre (ce qui m'arrangeait plutôt bien) alors qu'en fait il fallait dire 15 décembre. J'ai été sauvée sur le fil dans une commission, mais j'ai déjà 50% de déchet à la candidature.

Bref, c'est une vraie journée pourrie, qui précède deux journées pourries.
Et pourtant, d'habitude c'est ma journée préférée.

lundi 8 décembre 2008

Et la marmotte....

On nous prend vraiment pour des poires dans les plus hautes allées du pouvoir.

Lu sur le site du 1er ministre (si, si on en a toujours un ...), et daté du 3 décembre :
Les universités les moins bien dotées en 2008 au regard de leur performance et de leur activité verront leurs crédits augmenter en moyenne de 38 % sur 2009-2011 et celles qui sont les mieux dotées de 12 %.

(pour lire l'intégralité c'est ici)

Reçu aujourd'hui en publipostage, de la présidence de l'université (je grasse):

Chers Collègues,
Nous avons reçu vendredi soir la notification des moyens de fonctionnement 2009 pour notre université.
Sur le plan budgétaire la dotation est en augmentation de 2,4% par rapport à 2008, en deçà du taux d'inflation annuelle de 2008, et surtout très en deçà du taux moyen annoncé (15% pour l'ensemble des universités).
Il est très difficile de faire une analyse comparative précise de la réalité de cette augmentation sur le fonctionnement de l'université, dans la mesure où la globalisation des crédits conduit maintenant le ministère à prendre en compte un périmètre élargie comprenant:
le contrat, le plan licence, le plan carrière, l'enveloppe des primes .... , av ec la Dotation Générale de Fonctionnement, qui elle même est calculée cette année sur la base de nouveaux critères qui ne sont pas renseignés pour notre université.
Plus inquiétante encore la prévision donnée sur l'évolution des crédits de fonctionnement pour 2010 et 2011: -0,2% pour 2010 et +0,0% pour 2011 !
Ces sommes n'intègrent pas encore la masse salariale, mais le courrier notifie également l'évolution de notre dotation d'emplois :
Sur 2009, l'université va perdre 11 emplois de titulaires, 3 IATOSS au titre des réductions nationales des emplois dans les universités, et 8 Enseignants-chercheurs au titre de redéploiements entre les universités.
Là aussi cette notification est accompagnée de prévisions sur 2010 et 2011: l'université perdrait ainsi à nouveau 8 emplois en 2010 et 8 emplois en 2011 !
Ce sont de très mauvaises nouvelles pour l'université, qui, par ailleurs, n'ont pas fait l'objet de concertation: qu'il s'agisse des concertations annuelles que nous avions chaque année avant la notification de la DGF ou de concertations à l'occasion de la campagne des emplois.
Qui plus est, nous voyons que ce qui aurait normalement dû être fixé à l'occasion de la négociation du contrat quadriennal est déjà fortement préempté.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre le sort fait à notre université, dans la logique d'une politique affichée cherchant à renforcer les capacités de nos établissements pour progresser dans la compétition internationale au plus haut niveau.
Veut-on nous punir d'avoir eu des Prix Nobel et Médaille Fields ? On peut se le demander.


Tiens, notre présidence commence à ouvrir les yeux !! Dommage, c'est un peu tard ...

Reste que la situation de la recherche va devenir vraiment ingérable, le budget CNRS étant probablement à la baisse, et la dotation de l'université (censée, je le rappelle pour ceux qui dormaient, porter l'excellence de la recherche) en pleine déroute.
Parti comme çà, je met la clé sous la paillasse fin 2009 ...

jeudi 4 décembre 2008

L'économie pour les nuls

On nous explique que le cours de l'essence à la pompe est directement lié au cours du baril de Brent. Certes. Qui pourrait m'expliquer alors pourquoi cet été (baril à 150$), je payais mon gazole 1,29 € au meilleur prix, alors que maintenant (baril à 45 $ hier) je le paye 1,05 € au meilleur prix?


On nous explique que les taux d'intérèts des emprunts des particuliers sont conditionnés par les taux directeurs des banques centrales. Certes. Qui pourrait alors m'expliquer pourquoi mon emprunt à taux variable indexé ne baisse pas alors que la BCE a réduit ses taux directeurs de 1% entre juillet et décembre ? (bon, OK, là je sais pourquoi. L'indexation n'a lieu qu'aux dates anniversaires ...)

mercredi 3 décembre 2008

Ridicule

Heureusement qu'il ne tue pas celui là, sinon la semaine passée nous aurions eu une hécatombe dans le microcosme de la recherche.

Ridicule, la présidente du CNRS et ses fausses pistes quant au lieu où se tiendrait le CA ...
Ridicule, le déménagement de dernière minute avec convocation par sms

Pour ne pas être en reste, la préfecture (du moins je suppose que ce genre de décision est préfectorale) avait déplacé 17 (oui dix sept, je les ai comptés) fourgons de gardes mobiles pour transformer un immeuble cossu du XVIème en Fort Knox. Déploiement de force totalement disproportionné, lorsque je suis arrivée sur les lieux, il y avait plus de pandores casqués que de manifestants.

Mais la journée n'était pas terminée, et les maigres troupes mobilisées (quoiqu'en disent les journaux et le site SLR) n'ont pas voulu être en reste.
Il faut en vouloir pour manifester de la montagne Ste Geneviève à la morgue ...

Ridicule enfin cette "occupation" du siège de l'ANR, avec ce slogan hallucinant: l'usine à précaires.

Soyons clairs, je suis convaincue que le monde de la recherche doit être réformé. De toute urgence. Je ne suis pas convaincue (pour rester polie) par le projet gouvernemental, qui fout en l'air ce qui marchait à peu près. Mais la ligne qui semble de plus en plus être défendue par SLR et les syndicats ne me convainc pas plus (pour continuer dans la version polie).

Obtenir un poste à la sortie de sa thèse me semble une hérésie. C'est le propre de la formation doctorale, c'est comme çà, mais il faut savoir couper le cordon qui relie le doctorant à son directeur de thèse. Il me semble crucial de sortir de cette réflexion fusionnelle qui finit toujours par s'établir. Et pour çà, le post-doc est essentiel.

J'entends déjà certains hurler ... Oui le post doc est essentiel, mais pour une durée raisonnable et surtout pour ensuite permettre d'obtenir un poste ici ou ailleurs en fonction des possibilités offertes et des inclinaisons particulières.

Je fais partie de la génération qui a commencé à essaimer à l'étranger faute de financement des post-docs en France. Notre seul choix concernait le pays qui allait nous accueillir. Qu'on présente l'ANR comme une usine à précaires, est absolument ridicule à mes yeux. C'est le système qui a le mérite de permettre que ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'expatrier puissent réaliser un post-doctorat en France.

Alors, si pour une fois on pouvait un peu penser positivement, regarder devant nous et proposer des réformes constructives, le quotidien de la recherche serait peut être moins difficile à supporter ...

jeudi 27 novembre 2008

Message personnel

Désolé pour tous les autres, c'est le seul moyen que j'ai trouvé ...

Dr Mouton, impossible de laisser de commentaires chez toi, y a un problème avec Word press ...

Donc, à la suite de ce post, mon commentaire (censuré chez toi) est :

Tu voulais savoir pourquoi je numérisais (et non, je n'ai pas oublié ta question ...) ? Pas pour savoir qui est le père de qui, c'est totalement anecdotique, plutôt pour savoir comment (on vivait, on mourrait) il y a plus de 100 ans, reconstituer la vie d'un village (ses familles, ses artisans etc ...), explorer le passé donc et s'imaginer la vie de ceux qui sont à l'origine de notre famille ...

Détails techniques prochainement, c'est promis !

lundi 24 novembre 2008

Un an déjà

Voila. Un an. Incroyable ce que le temps aura passé vite.
Je ne pensais pas en ouvrant ce blog écrire autant, ni même autant être lue. Certes, tout est relatif, mon audience est restreinte comparée à ceux qui m'ont donné envie de me lancer ... mais j'ai des lecteurs fidèles. Majoritairement silencieux (et çà me désole, car quand vous vous lancez, les échanges sont constructifs!) certes, mais fidèles.

Merci à vous, continuez à venir, je tacherai d'être à la hauteur.

Alors maintenant, place à la mauvaise nouvelle ... le calendrier est terriblement chargé jusqu'au 18 décembre. Chargé d'évènements professionnels importants (qualification, évaluation AERES, évaluation CNRS - et oui, on doublonne quelle chance, et toujours deux papiers à finir et envoyer)
Donc, je ne pense pas avoir beaucoup de temps pour fournir de nouveaux billets ...
Profitez en pour relire les anciens !!

dimanche 23 novembre 2008

A vot'bon coeur

Alors, il faut aller là:



çà ne vous coutera rien, mais çà fera des cadeaux pour des p'tits loups qui en ont bien besoin ...

samedi 22 novembre 2008

C'est Samedi, c'est Rugby

Après un après midi terrible (le Gnome et son équipe ont mangé chaud ... 3 match perdus, aucun essai marqué), l'équipe de France semble être au rendez vous ...
C'est la folie dans le salon, et exceptionnellement le Gnome n'est pas couché malgré l'heure tardive.
Cela dit, à voir les tampons et autres joyeusetés rugbystiques, je croise les doigts pour que mon bébé joue à l'arrière dans quelques années...


maj: finalement, la France s'est inclinée .. comme l'a diagnostiqué le Gnome "le sort s'acharne" ...

vendredi 21 novembre 2008

Toilettage

Avant d'avoir un an, il fallait bien faire un peu le ménage !

J'espère que la nouvelle organisation vous conviendra. En tous cas, moi je préfère ..

jeudi 20 novembre 2008

Abracadabra

J'adore mon iPhone. La nouvelle application mortelle qu'il faut avoir c'est Shazam.
Quoi çà disent ceux qui ne sont pas totalement Mac-addicted?
Shazam.
Vous entendez une musique trop cool, vous ne la connaissez pas et vous voulez savoir ce que c'est ... Ben voila, Shazam sert à çà (mais pas que). Vous utilisez l'iPhone pour capter la musique mystérieuse que vous aimez tant (en ayant au préalable lancé l'appli, ils sont forts chez la Pomme mais pas à ce point), et TALA ... Vous savez ce que c'est, il y a un lien sur youtube, et ... sur iTune.

Moi je trouve çà cool...

A Télérama en revanche, ils trouvent pas çà cool du tout. C'est vrai quoi, quelle honte, une application gratuite qui permet d'accéder si on le veut à un site d'achat de musique en ligne. Et en plus, quelle honte, il n'y a pas tout sur iTune, donc parfois Shazam n'est même pas capable de te dire quel lied de Schubert tu es en train de découvrir.

mardi 18 novembre 2008

A quoi çà tient

... d'être non publiant pour l'AERES ? A pas grand'chose.
Voila ce que cette formidable machine nous demande:

Production scientifique du 15/10/2004 au 15/10/2008 sauf quand l’unité a été créée entre temps

Ben voila, il va falloir apprendre à viser ... parce qu'en 2004, mon dernier papier est sorti en Juillet.
Donc, à 2 mois et demi près j'aurai été publiante sur le quadriennal.

Si c'est pas merveilleux la bibliométrie comme mesure de productivité !

L'AERES, l'essayer c'est l'adopter

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'arrivée du comité AERES. Comment dire ?? Allez, soyons sobre, je me marre !

Donc l'AERES, rappelez vous, c'est l'organisme qui gère une évaluation impartiale, transparente1, basée sur des experts internationaux. D'ailleurs, afin de faciliter la tache de ces experts internationaux, nous avons dû rédiger en anglais bilan et projet.

Hier, nous avons pris connaissance de la liste de nos 14 évaluateurs (et oui, la taille de notre institut justifie un comité de cette ampleur). Sauf erreur de ma part, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Paris et Marseille sont toujours dans les frontières du pays. Je cherche donc où se sont cachés nos experts étrangers impartiaux ...

De plus, certains de nos évaluateurs collaborent avec des équipes de l'institut, cherchez l'erreur...

Enfin je me demande pourquoi nous avons dû rédiger des tonnes de documents en anglais pour un public français ou a minima francophone2.

Cerise sur le gâteau de l'impartialité, il nous est demandé de procéder à notre auto-évaluation (auto-critique devant le polit'bureau?), sur différents critères en utilisant une grille de notation de 1 (mauvais) à 5 (génial). Les dites grilles seront ensuite validées par les membres du comité d'évaluation. Un des critères est bien entendu publiant vs non publiant. Et là, je suis bien embêtée, puisque je n'ai que 3 articles quand il m'en faudrait 4 ... Le quatrième justement, je suis en train de l'écrire, ou plutôt j'ai arrêté de l'écrire pour cause d'évaluation et de qualification. Ce qui pourrait me sauver, c'est que l'HDR compte dans les publis ... Tiens, je vais creuser l'idée !

1Tellement transparente, que les résultats d'évaluation sont disponibles de manière totalement aléatoire.
2L'absurde de la situation pourrait même aller jusqu'à nous obliger à faire les présentations en anglais!


samedi 15 novembre 2008

j'me la pete

L’utilisation des nouveaux medias me semble particulièrement appropriée à l’hétérogénéité des parcours engendrée par la réforme "LMD". En particulier, la mise en ligne de support d’information voire la mise à disposition des étudiants de DVD reprenant cours et/ou TD (voir par exemple le système mis en place en PCEM1 à Grenoble), s’approchent beaucoup de l’esprit de l’auto-enseignement que j’avais pratiqué en formation continue. La démarche n’exclut pas l’enseignant bien au contraire, elle tient compte en revanche des différences de niveau ou de connaissance d’étudiants souhaitant tous suivre le même enseignement. Fournir à chacun les outils permettant de suivre une UE dans les meilleures conditions, est à mon sens une démarche qui ne peut que bénéficier aux acteurs de l’université, les étudiants et leurs enseignants.
Bon, je sais pas si la CNU appréciera mais je me suis éclatée en écrivant çà!

mardi 11 novembre 2008

Mémoire des Hommes

Mon grand-père, Roger P** peintre décorateur, a participé à la guerre de 1914-1918 au sein du 94e RI. Il est “ Mort pour la France ” en 1926, des séquelles de blessures de guerre, laissant une femme et 2 petites filles de 6 et 4 ans.
Ce texte, écrit en 1915 à l'âge de 18 ans, a été retrouvé sur son carnet de chansons. En voici la transcription aussi fidèle que possible ; les points d'interrogations et les annotations entre crochets ont été ajoutés (© Famille P** /Narayan) :

La bataille de Soissons

Entre l'eau et le feu

Soissons 15 Janvier 1915

Notre première attaque le 8 Janvier contre l'éperon 132 n'avait été qu'une offensive locale. Ce jour là, seules avaient pris part à l'action quelques compagnies françaises occupant la ferme de St Paul. Le 9, le 10 et le 11 le combat se poursuivait autour du même point, avec des alternatives violentes d'avance et de recul sans que rien toutefois fit prévoir autre chose qu'une lutte de tranchées. Le 12 une de nos colonnes avait atteint le village de Crouy d'où elle pouvait diriger un tir heureux contre la pente est de l'éperon, occupée par l'ennemi, lorsque brusquement à 11 heures du matin un violent bombardement éclata sur la droite.

En même temps le plateau de Vrégny se couvrit des flocons blancs des batteries allemandes. Mais les projectiles adverses n'étaient pas destinés aux assaillants de l'éperon. Les "Marmites" tombaient sur villages de [illisible], de Moncet et de Ste Marguerite, vers lesquels tous nos contingents de la plaine de Venizel se dirigeaient en masses compactes. Notre aile droite avaient suivies [sic] le mouvement en avant sur la route de Chivres. A une heure toutes nos forces se trouvaient massées sur la ligne Crouy-Missy. C'étaient [sic] la lutte générale coûte que coûte. Un front de huit kilomètres le long duquel les canons tonnent, les mitrailleuses claquent, les fusils crépitent. Les Allemands occupent en face de nous des positions formidables. Leurs obus nous arrivent en rafales. Ils tirent à l'abri. Quelques uns de nos 75 qui ont tenté de prendre position vers le Moncel doivent pointer presque verticalement, comme s'ils chassaient le taube [avions allemands]. Nos pièces de campagne de la rive droite ne peuvent faire utile besogne. Seule notre artillerie lourde en place de l'autre côté de l'Aisne peut répondre aux batteries de Vregny. Nos obusiers répondent splendidement guidés par nos escadrilles d'avions qui survolent le champ de bataille. La cavalerie elle-même est représentée par quelques pelotons de chasseurs qui sont arrivés au galop dès le début de l'action.

Les ponts sautent

Un duel d'artillerie au dessus de la plaine de Venizel, au dessus de nos têtes. Nos obus franchissent l'Aisne, fouillent le plateau. A 4 heures une explosion vers Vrégny. Un de nos projectiles a fait sauter un parc à munitions. Une des batteries prussiennes se tait. Notre succès est de courte durée. La voie ferrée de Laon par Anizy le Chateau ravitaille l'ennemi sur le champ même du combat. Un de nos avions signale des trains adverses amenant des renforts. Il reçoit l'ordre d'attaquer. Le monoplan s'élève plane, se rapproche laisse tomber sur le convoi des bombes fulgurantes. Mais les mitrailleuses ennemies veillent. Les auto-canons se mettent de la partie ronflent sur la route à la chasse de l'oiseau français. Un projectile l'atteint. Il est frappé à mort ? Non il se redresse. Mais il est frappé pourtant. De nos lignes on entend le moteur s'arrêter net. L'appareil descend mal, il tombe plutôt qu'il n'atterrit au nord de Ste Marguerite. Une de nos sections doit sortir du village aller de l'avant à la baïonnette. Le temps de détacher de son siège le pilote blessé de le porter à l'ambulance. L'appareil ne vaut guère mieux, le réservoir percé d'une balle. Les poignées de commande sont rouges du sang de l'homme. Rien ne peut empêcher les renforts allemands d'arriver. Ils arrivent sans arrêt et se massent au dessus de nous. Pour les joindre il nous faudrait gravir des pentes escarpées battues par les shnapnells. Et sur ces pentes des fossés, des kilomètres de fils de fer, peut-être des mines. Ils sont là-haut inaccessibles et nous n'avons pour tout point d'appui qu'un talus de chemin de fer, une route. Comme abri des villages en ruines, Bucy dont la moitié des murs sont écroulés, le Moncel qui sert point de mire aux 77, Ste Marguerite dont les toits de chaume flambent. Comme chemin de retraite nous en possédons deux le pont de Venizel et celui de Missy. Du moins la chose était ainsi à 4 heures. Dix minutes plus tard, le passage de Venizel n'existait plus. Le courant avait rompu les amarres et les barques s'en allaient à la dérive. L'eau montait toujours. A 5 heures c'était le tour du pont de Missy. Nous sommes coupés de la rive gauche.

Demain, Demain

Nos fantassins depuis midi n'ont pas cessé de tirer. Les épaules sont meurtries par le recul de la crosse, les doigts sont brulés par la chaleur de l'acier. Depuis midi nos artilleurs ont manié leurs pièces. Après chaque bordée il fallait se défiler en vitesse. Sitôt les quatre premiers coups nos batteries étaient déjà repérées. Où prendre position ? Un terrain nu, une ferme en feu une meule de paille. C'est tout;

Le soir est venu le duel se continue à coups de canon. Dans le ciel les marmites sifflent éclatent. Des fusées, des incendies. Du froid. Les motocyclettes des agents des agents [sic] de liaison glissent sur la route. Des renforts, envoyez des renforts !... Mais la rivière monte, monte... Attendez que le front soit rétabli ! Le génie travaillera toute la nuit. Demain il y aura sur la rive droite de l'Aisne des réserves fraîches, il y aura des balles dans les cartouchières, il y aura aussi des ravitaillements. Ce soir les lignards se sont contentés d'un morceau de biscuit et d'un peu de viande froide. La réserve du fond du sac. Le colonel commandant les batteries de campagne réclame des boîtes à mitraille ? Demain. Le médecin, chef des services de l'avant a des blessés à faire évacuer sur l'arrière. Demain. Les pontonniers manœuvrent dans l'eau glacée. L'eau noire, traitresse, qui roule ne torrent. Vers Venizel impossible de rétablir un pont. L'Aisne n'est plus une rivière c'est une mer. Vers Missy l'inondation est moindre. Le cours est moins large mais plus violent. On va tenter quand même. Le salut d'une armée en dépend. Sur la rive droite, l'infanterie qui s'est battue tout le jour travaille toute la nuit. La pioche, la pelle. Des tranchées

Ce témoignage d'une journée de guerre s'arrête brutalement sur ces mots.

Photo de groupe en 1916 (© Famille P**/Narayan)
Roger P** est debout dans la rangée du haut, à droite du personnage central tenant un fume cigarette, à gauche du personnage à la capote sombre.

Texte au dos de la photo de groupe :

Souvenir de la Trotte [?] 27/9/1916
Cher père
Je t'envoie une photo prise d'il y a quelques jours avec toute l'équipe de mitrailleurs du 173ème. A ma gauche 2 copains. Le 1er est celui qui a été blessé avec moi, l'autre un caporal. Nous sortons toujours ensemble. Comment nous trouves-tu ? As-tu reçu ma lettre ? J'ai appris le malheur arrivé à mon oncle Léon*, c'est terrible tout de même ! Quand donc tout çà finira. J'espère bientôt te lire en attendant je t'embrasse bien des fois. Ton fils qui t'aime et pense souvent à toi.
Roger

* : Léon P** soldat de 2ème classe au service routier de la 2ème armée, mort pour la France à Landrecourt arrondissement de Verdun, le 16 septembre 1916, à l'âge de 47 ans.


Principaux engagements et combats du 94ème Régiment d'Infanterie de Ligne : 1914
Vers Charleroi : Charleroi, Longuyon
Bataille de la Marne, 5 au 13 septembre : Mondement, Fère-Champenoise, marais de Saint-Gond, puis à la Pompelle
Bataille des Flandres : Nieuport, Dixmude, Steenstraate
1915
Offensive de la 4e Armée en Champagne : Vauquois
Opérations en Argonne (mai-novembre) : La Gruerie (dite “ la Tuerie ”), Four-de-Paris
Opérations et bataille de Champagne : Auberive (25 septembre)
1916
Bataille de Verdun : Haudremont, Thiaucourt, Mort-Homme
Bataille de la Somme : Raucourt, Sailly-Saillisel, Bois Saint-Pierre-Vaast
1917
Aisne : Berry-au-Bac (16-18 avril)
Verdun : Bois des Fosses (20 août), Bois de Beaumont (26 août)
1918
Somme; Offensive de Roye (8-13 août), Offensive d'Argonne (du 1er au 3 Novembre).
Le régiment a obtenu la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.



Ma mémoire en ce jour va à tous ceux qui ont laissé leur vie dans ce conflit. Tous. Y compris ceux fusillés pour l’exemple, ces 600 dont la nation plus de 90 ans après les faits ne daigne toujours pas réhabiliter le souvenir.