jeudi 5 février 2009

Pendant ce temps au CNRS...

On se demande sérieusement si la maison passera 2009. Disons que les indices s'accumulent dangereusement:

  • La création des Instituts (d'ailleurs, SDV n'existe plus, remplacé par l'Institut des Sciences Biologiques sans que personne n'ai jugé utile de nous prévenir)
  • Bien entendu, le très fameux discours du 22 janvier.
  • La baisse sévère du recrutement 2009 (et celle annoncée pour 2010, une vraie peau de chagrin ces concours)
  • L'arrêt des post-docs CNRS. En 2009, c'est fini, a-pu. D'ailleurs, je le soupçonnais fortement puisque je n'avais obtenu qu'un an de financement pour mon labo précisé dès le départ comme non renouvellable.
  • Le courrier surréaliste que nous venons de recevoir concernant la monétisation de nos compte-épargne-temps.

Je vais détailler un peu ce dernier point, car j'en entends certains dire "c'est quoi ce compte?".
Facile, pour ceux qui (comme moi) n'arrivent pas à prendre la totalité de leurs jours de congé, surtout depuis l'instauration des ARTT, l'excédent de congés peut être placé sur un CET. Lorsqu'un nombre suffisant de jours a été épargné (40 de mémoire), le compte est activé. Ce qui veut dire que l'on dispose alors de 10 ans pour le vider ... Un truc un peu piège à c' vu que si on n'arrive pas à consommer 43 jours de congés en une année, je ne vois pas comment on peut consommer 43 + n (avec n>40), mais bon . Disons qu'au lieu de les perdre, bon nombre d'entre nous se sont dit... ben on verra, épargnons épargnons.
Hors donc, pour faire vivre le célèbre et risible "travailler plus pour gagner plus", le généralissime nous a autorisé l'an passé à nous faire payer 4 jours épargnés en 2007. Royal. En fait, çà a dû couter bonbon à l'état vu que beaucoup de fonctionnaires ont fait valoir leur droit (recherche, mais surtout hopital, et même justice). Bref, il fallait que cela cesse. D'où le changement de règle du jeu survenu cette année. C'est la dernière fois que nous pouvons demander le paiement des jours de congé épargnés. Ne seront éligibles que la moitié de ceux épargnés au 31/12/2007. Pour vous donner un ordre d'idée, en ce qui me concerne, on parle de 22 jours à se faire payer. A 125€ la journée, c'est presque un 13ème mois ... Alors bien sur je vais demander le paiement. Sauf que c'est comme dans les contrats, il y a toujours des clauses écrites en bas qui gachent un peu le tableau.
Je cite pour ne pas déformer (et je grasse ce qui m'inquiète un peu):
Conformément aux dispositions du décret, et sous réserve que le CNRS demeure votre employeur, le versement de l'indemnité s'effectuera par tranche maximale de quatre jours par an jusqu'à épuisement du solde de jours à indemniser.

C'est bien la première fois que cette précision apparait dans un courrier officiel du CNRS. Du coup, je me demande si le CNRS sera toujours mon employeur dans 5 ans, voire même un an en fait ...
Bon la bonne nouvelle c'est que nous serons fixés dans 11 mois.


mercredi 4 février 2009

De la part des mauvais

Voila quelques réponses de médiocres, anarcho-gauchistes à notre généralissime. là et là.
Il est souhaible de lire le premier avant d'écouter le second.
Ca ne changera rien, mais çà fait du bien.

lundi 2 février 2009

Du rififi sur la rive gauche

Et bien voila, çà devait finir comme çà. A force d'être traités comme des moins que rien par les plus hautes instances de notre pays, mes collègues enseignant-chercheurs ont décidé aujourd'hui que trop c'était trop.
Notre vénérable université, si chère au nain, est donc en grève générale depuis aujourd'hui et ce pour une semaine (reconductible) à 191 oui, 2 non, 7 abstentions.

Me voila face à un sacré dilemne, puisque je suis sensée faire cours mercredi matin ...

Certes, je suis totalement solidaire de mes collègues. Mais j'enseigne dans une UE longue (et on peut tout de même espérer que la grève sera terminée avant les examens fin avril), et surtout le cours que je donne est utilisé par tous les collègues qui me suivent (dont le principal intervenant qui ne souhaite pas faire grève de l'enseignement)... Bref, j'avoue ne pas trop savoir quoi faire.

Alors, une fois n'est pas coutume... j'aimerai bien savoir ce que vous feriez à ma place ...

jeudi 29 janvier 2009

Le mépris

Quand j'ai écouté çà (et que pour être sure de ne pas être victime d'hallucinations acoustiques, j'ai téléchargé le document pdf et l'ai relu), je dois avouer que la colère m'a gagné et n'est pas prête de me quitter.

Quelle arrogance, quelle suffisance, et pire que tout quel mépris pour un corps d'état qui travaille depuis des années dans des conditions déplorables, et qui malgré tout continue à produire des connaissances, les diffuser, et maintenir notre pays dans le top 10 de la recherche mondiale.

Ce soir, alors que j'allais poster ce bref billet, je viens de lire la prise de position d'Albert Fert sur l'excellent blog {sciences2} de Sylvestre Huet. Un peu de baume au coeur après l'agression commise par la plus haute autorité de notre pays. Merci à vous Mr Fert.

En direct de la Bastille

Enfin pour être tout à fait honnête, d'après notre envoyée spéciale à la Bastille, il semblerait que la manifestation de ce jour soit un raz de marée.
Le cortège Recherche et Enseignement Supérieur a quitté Jussieu à 14 hr pétantes, pour rallier la Bastille point de départ de la "The" manif'. A 16h30, il y est toujours coincé alors que les premiers partis de Bastille à 14 hr viennent d'atteindre Opéra.

Je n'ose vous communiquer le nombre de manifestants estimé par les RG tellement il semble ridiculement sous-évalué.

Cela dit, les sciences de la vie semblent avoir fait l'impasse sur ce rendez-vous. D'ailleurs, je suis "en grève" mais au boulot, des manips de la plus haute importance ne pouvaient être remises à plus tard. Comme quoi le personnel CNRS est prêt à aller travailler en milieu hospitalier ...

samedi 24 janvier 2009

Dieu, la Mort, les Hommes

On ne plaisante pas sur la rive droite avec les questions existentielles du Gnome, on essaye toujours d'y répondre le plus honnêtement possible.
Mais voila, depuis quelques mois, l'essentiel des états d'âmes du fiston tourne autour de la mort, de Dieu, et de l'avenir de l'humanité.
Impossible d'éviter de répondre (Comment çà est-ce que Dieu existe ??? File donc ranger ta chambre) c'est totalement contre productif, ce môme est une vraie teigne qui ne lâche pas le morceau. De plus, je n'ai pas (et son père non plus) franchement l'intention de créer des tabous.

Au milieu de toutes ces interrogations (ou affirmations) qui mine de rien le travaillent quand même, surgissent parfois des réflexions (de bon sens) qui ont l'art de nous faire mourir de rire.
Bon, quelles sont les sources d'informations de mon fils?
1- ses parents
2- ses copains (ceux qui vont au catéchisme en ce qui concerne le divin)
3- les documentaires sur la vie des méduses dont France 5 et Arte nous inondent

A l'aide de ce fonds documentaire, il tente de répondre à tout ce qui lui pose problème ....

Ma préférée est la suivante:
Vraiment Jésus il est idiot. Il veut revenir sur Terre quand tout le monde sera mort. Tu imagines?? Plus que de la poussière partout, oui même les os j'en suis sur. Franchement, il ferait mieux de revenir avant, ou alors il va vraiment s'ennuyer ...


Autre exemple:
- Maman, c'est vrai que quand on est mort, on monte au ciel ?
- Qu'en penses-tu mon bonhomme?1
- Ben non, sinon les morts se cogneraient dans les avions ... (ce qui n'était vraiment pas la réponse que j'attendais!)
- mnnnn2....
- Mais mon copain Alceste il dit que les morts vont au ciel avec Dieu, que c'est leur mnmnmnm, un truc qu'on a là (montre sa poitrine) qui reste à côté de Dieu comme çà les morts sont pas vraiment morts.
- Tu veux dire l'âme?
- Ouiiiiii, c'est çà !
- Et bien disons, qu'on n'est pas tout à fait mort tant que quelqu'un pense à nous. Tes papys sont morts, et pourtant tu penses beaucoup à eux, tu en parles beaucoup, donc tu vois ils sont toujours un peu présent parmi nous.
- Oui mais alors et Dieu ????
- .... certains croient que Dieu existe, et qu'il accueille tout le monde. D'autres n'y croient pas.
- ah.... et toi maman, qu'est ce que tu crois ?
- Peu importe ce que je crois mon bonhomme, ce que je te dis là c'est que chacun choisi de croire ou pas, et personne ne doit imposer son opinion sur la question.
- ah ... alors il faut que je décide si j'y crois ou pas?
(arrivé là j'avoue avoir jeté l'éponge...)

Je ne pensais pas que c'était si dur d'être parent...

1 & 2parfois j'ai l'impression de jouer le rôle du psy dans une mauvaise série télé...

vendredi 23 janvier 2009

Les experts : Bordeaux

Hier soir, nous sommes tombés sur une série française (diffusée par TF1, j'avoue) absolument hallucinante. Section de Recherche çà s'appelle. Uniquement parce que la prod' n'a pas dû oser l'appeler comme le titre de ce post.

Je vois bien une session brain-storming en production fiction.
Bon les cocos, les ricains ils ont ces séries qui cartonnent vous savez les Experts. A tel point qu'ils ont plusieurs séries parallèles. La ménagère adoooooore. Chez nous aussi on a une police scientifique, on pourrait faire une série sur leurs enquètes, non???
Ouais coco, super bonne idée!! Attends je me rencarde.

A la réunion suivante, coco2 annonce qu'il a trouvé, çà se passera à Bordeaux dans l'unité scientifique de la Gendarmerie Nationale.

Bon, voila j'ai tout dit, c'est déjà mort avant de commencer!! Franchement, çà vous fait rêver vous l'uniforme du Gendarme? Le même que celui qui vous fait flipper quand vous prenez l'autoroute un jour de grand départ, embusqué qu'il est tous les 200km ???

Bref, malgré tout certains en haut lieu ont dû trouver çà génial, et roule ma poule, Section de Recherche était née...

Disons le franchement, je ne m'étais pas autant marrée depuis fort longtemps. Et Balou aussi (à tel point qu'il en a oublié de dormir sur le canapé). Du coup, on a regardé la fin, les occasions de rigolade étant plutôt rares en cette période de crise.

Bref résumé (pour dire le niveau de l'intrigue, tu regardes les 15 dernières minutes et tu comprends tout...):
Le Capitaine Machepreau dirige la section de recherche de la Gendarmerie. La branche scientifique. D'ailleurs, son assistante a toujours une blouse blanche pour qu'on comprenne qu'elle est scientifique. Hier ils cherchaient à piéger un gigolo sérial killer de bourgeoise pré-ménopausée mais friquée. Et paf, voila-t'y pas qu'ils trouvent le bellâtre gisant poignardé dans une baignoire remplie d'eau teintée de son sang. Au début, l'assistante (cette naze) elle croit que l'assassin c'est celle qui aurait dû être la victime (la ménopausée, vous suivez?). D'ailleurs elle n'est pas dans la maison, c'est un indice. Bon, après ils trouvent un couteau de cuisine couvert de sang (lame et manche), rouge écarlate, sauf que le meurtre a dû être commis à 18h10 (et là il est 22h et des bretelles). Ils le savent car la montre du bellâtre s'est arrêtée sur 18h10 (gros plan sur le cadran), ben oui pas étanche la montre!! (pour les nuls du script: le sang aurait déjà dû être oxydé). Après, ils fouillent la maison déguisés en cosmonautes. Et là, le Capitaine Machepreau entre dans la cuisine, et il regarde le micro-onde avec un regard bovin du plus bel effet. Puis il regarde la pendule de la cuisine. Et encore le micro-onde. Pour qu'on comprenne tout, il y a des gros plans sur les heures affichées (ce ne sont pas les mêmes). Après il a une vision de tout ce qui s'est passé, et qui explique pourquoi les deux affichages sont différents. Et puis il sort de sa transe, et il explique comment le meurtre s'est passé. Ah ah, enfoncés les Experts américains!!
On a ensuite droit à un plan de coupe photo noir et blanc du capitaine (comme dans NCIS), et on se retrouve dans les locaux de la gendarmerie, ou quelqu'un amène la victime qui croit avoir tué le bellatre (bon, elle était droguée, elle s'est réveillée en tenant le couteau, et elle a du sang sur les bras et le décolleté - mais pas sur la robe). Machepreau la rassure, il sait qu'elle n'a rien fait. Puis arrive un type qui amène les résultats ADN (faudra qu'il me file le protocole pour extraire aussi vite de l'ADN et l'analyser). Et ensuite, un gendarme arrive avec les résultats de l'enquète de voisinage. Et paf, il y a des voisins qui ont vu un homme partir dans une 205 blanche immatriculée dans le 33 dont l'aile avant droite est enfoncée. Immédiatement, Machepreau a une nouvelle vision. De la voiture garée, et du proprio qui en sort... alors il part l'arrêter et fait avouer le vilain en moins de trois questions. Générique de fin.

Et je vous jure que cette narration est assez fidèle.

Ben moi je dis "trop forts les gendarmes!!"

mardi 20 janvier 2009

Comme d'habitude

Et bien voila, jeudi prochain je devais me rendre à Strasbourg pour une journée de réunion. Donc, selon la règle maintenant bien établie, la RATP et la SNCF ont déposé un préavis de grève pour le 29 (jeudi prochain donc pour ceux qui ont du mal avec les calendriers).

Or j'ai décidé qu'en 2009 j'en avais fini avec les galères de transports. Donc, j'ai annulé ma participation.

Finalement, c'est assez facile de dire non !

samedi 17 janvier 2009

Mea Culpa

Franchement, vous avez bien du mérite chers lecteurs à me rester fidèles vu l'indigence de ma production bloguesque de début d'année (qui ne déshonore pas celle de décembre 2008, vous l'aurez remarqué).

Et pourtant, je pourrai fournir une quantité phénoménale de billets sur la rive gauche: Opération Campus, réforme des Sciences du Vivant au CNRS, autonomie des Universités et son corollaire la mise en place de jurys de concours enfin indépendants-transparents-qualifiés (rayez les mentions inutiles), ineptie de l'évaluation AERES, et j'en oublie surement.
Je pourrai également tenter de vous faire sourire avec les anecdotes de la rive droite, qui se sont sérieusement accumulées ces deux derniers mois.

OU PAS...

Je ne peux invoquer un manque de temps: je viens de prendre 4 jours de vacances pour cause de grippe Gnomesque, et j'avoue m'être ennuyée à mourir dans mon rôle de mère dévouée assurant l'infirmerie et l'intendance, mais je n'ai pas trouvé une once de courage pour venir ici aligner quelques lignes.

Il me faut donc me remotiver sérieusement, ou bien disparaitre de la blogosphère ...

Alors, je pense que ma bonne résolution de 2009 sera d'être un peu plus régulière dans ma production. D'autant que comme toute drogue, l'écriture une fois qu'on la repratique redevient très vite addictive. Tenez là, hop, je me sentirai presque de faire un second billet. Mais il faut savoir raison garder, et reprendre en douceur afin de ne pas risquer le blog-wrist ....

vendredi 9 janvier 2009

Mon premier Troll

Cher anonyme 209.85.175.132 de Naha, Japon,

Merci de l’honneur fait à ce blog de penser qu’il est suffisamment lu pour que vous y épandiez votre prose et que votre « action » puisse ainsi bénéficier d’une meilleure lisibilité sur Google. J’eus en revanche préféré que vous ne me preniez pas pour une poire. Il n’y a pas trace de la moindre erreur de votre part dans votre commentaire, vous le savez et moi aussi. Contrairement à mon ami le Piou, je ne participerai pas, même indirectement, à la promotion de vos actions fangeuses, ce qui explique la suppression de votre commentaire.
Voyez vous, je pense comme le regretté Pierre Desproges, que si l’on peut rire de tout, on ne peut le faire avec tout le monde.

Sans aucune cordialité,

Narayan

mercredi 7 janvier 2009

Play it again

Certes c'est la saison des bonnes résolutions. Mais, lorsque suivant l'exemple du Piou j'ai repris ma liste 2008, j'ai réalisé que j'avais dû passer l'année à soigneusement ignorer mes résolutions; à moins que je n'ai une mémoire de poisson rouge ...

Tenues rive droite:
- Organisation des vacances. Je la garde pour 2009, elle n'est pas mal.
- Achat de Santons. Bon, pas en septembre, mais en novembre... et ils sont arrivés juste avant l'installation de la crèche. Je renouvelle donc pour 2009.
- Arrêt des achats déco (à faire). En fait, je n'ai pas dû mettre les pieds dans une boutique de tout 2008, donc c'était plutôt simple. Soyons fous, je remets çà en 2009.

Celles qui n'ont pas été tenues peuvent également se voir renouveler, bien que je soupçonne un certain blocage psychologique expliquant l'absence de résultats en 2008 ...

Tenues rive gauche:
Là c'est hyper simple; à part la demande à l'ANR (que je n'ai pas obtenu, sinon vous l'auriez su) je n'ai tenu AUCUNE des résolutions 2008. Et en plus, je les laisse tomber pour 2009 (sauf les papiers, parce qu'il y a des broutards™ qui attendent et qui commencent à trouver le temps long).

Quant aux petites fleurs, je commence à m'y habituer ...

Bon, finalement, les bonnes résolutions 2009 c'était facile.


Glagla-land

-11°C sur les berges de la Mérantaise ce matin ...
Il fallait être sacrément motivée pour sortir du lit, puis de l'appart'.
Et le pire, c'est que coté rive gauche nous sommes en panne de chauffage depuis deux jours. Si mes dents ne claquaient pas si fort j'en rirais presque.

lundi 5 janvier 2009

Le bonheur est dans le pré

Dix jours dans la patrie du canard, à profiter de la famille, voilà quel était le thème de cette pause hivernale.
De la fenêtre de ma chambre, les jours passaient sans se ressembler.

Coté cuisine, la variété était moindre. Disons que le thème général était canard (gras bien entendu), avec de subtiles variations sur le foie (gras également): cru, mi-cuit, cuit, cuit en cocotte, et j'en passe. J'ai échangé plein de recettes, expérimenté certaines (dont des huitres chaudes au sabayon, miam), en fait passé la majeure partie de mes journées en cuisine.
Nous avons donc copieusement cuisiné, copieusement mangé, copieusement bu, copieusement dormi. Le gnome s'est quant à lui fait une cure télé (merci le satellite ...).
Bref, c'était de vraies bonnes vacances, qui arrivaient à temps pour remonter le moral des troupes.

Le retour à la mine n'en est que plus dur ...

jeudi 1 janvier 2009

Au gui l'an neuf !

Je sais je me répète. Mais après s'être souhaité une bonne année sous le gui, je n'allais pas rompre avec la tradition.
Bonne année 2009 chers lecteurs, qu'elle vous soit douce et légère, et aux inconditionnels de la rive gauche, souhaitons que cette nouvelle année ne soit pas la dernière de notre vieille maison, ni de sa non moins vénérable commère, dame Universitas.

lundi 22 décembre 2008

L'évaluation AERES comme si vous y étiez

Donc, voilà, nous avons terminé l'année par cette satanée visite du comité d'évaluation. Deux jours plein, mais finalement peu de temps consacré aux équipes le comité ne s'étant divisé qu'en deux sous-sections contre 4 lors des précédentes évaluations (réalisées par le CNRS). En ce qui me concerne, j'avais donc 10 minutes de présentation et 5 de questions. Les "vraies" équipes (pas les aspirants) avaient 30 minutes de présentation et 10 de questions.En gros, nous avons tous eu les mêmes questions (excepté bien sur celles d'ordre scientifique):
  • quelles seront vos sources de financement?
  • qu'envisagez vous comme recrutement?
Je me marre! Donc, je me suis fait plaisir, en répondant que malheureusement n'étant pas Mme Irma, je ne pouvais aucunement prévoir de quels financements je disposerai à partir de 2010, et qu'il m'était totalement impossible de prédire un recrutement alors que les prédictions concernant les postes au CNRS dans les prochaines années sont plus qu'alarmantes. J'ai également fait remarquer que proposer des post-docs de un an non renouvelable était absolument stupide et contre productif. Cà ne règle pas le problème mais çà soulage! Donc, en ce qui concerne les personnes de l'équipe, nous continuerons à tourner avec des stagiaires (BTS, L2 et 3, M1 et M2 si possible). Pour les sous....un ou deux cierges brulés à Ste Rita ne feront pas de mal. De toutes façons, autant croire aux miracles dans la situation actuelle.

L'audition des 3 collèges a été édifiante. Les réunions se sont tenues en parallèle, et nous nous sommes aperçus après coup que nous avions tous eu les mêmes questions (au mot près!). La où c'est moins drôle c'est que nous n'avons pas vraiment donné les mêmes réponses! Quand on sait que tout tournait autour de l'organisation de l'institut....

Bref, après deux journées de dur labeur, le comité s'est enfermé pour délibérer, et a quitté l'institut sans que l'on en sache plus. Et oui, le débriefing de fin de comité est supprimé! Pour savoir ce que l'on aura pensé de nous, il nous faudra attendre février je pense, et la réception du rapport final.
Le seul commentaire que nous ayons eu a concerné la proportion de non publiants de l'institut. Alors que je pensais finalement être du bon coté de la barrière, les critères AERES disant que si le nombre d'or n'était pas atteint, mais que le chercheur avait signé en 1er ou dernier auteur dans de bons journaux il était repéché, je me suis donc vue rebasculer dans la catégorie des moutons noirs, ladite règle ayant été abandonnée.

Affaire à suivre donc...

Je suis tellement HS, que je n'ai pas réalisé que j'étais connectée comme "Narayan" alors que la riche gauche est chasse gardée de Roberta... Les lecteurs corrigeront d'eux même.

Alive !

A tous ceux qui auraient pu se poser des questions, je suis toujours en vie, et je n'ai pas décidé d'abandonner ce blog.
Bon, certes, ces derniers temps n'ont pas été hyper productifs, mais comment dire... la rive gauche était en mode "red alert", et la rive droite n'assurait plus un cachou.
Voilà, tout çà est donc de l'histoire ancienne, je peux partir en vacances ! En d'autres termes, l'activité des Chroniques risque d'être tout aussi peu fournie. Nul doute que ce sera mieux en janvier.

Demain départ vers la patrie du canard et du ballon ovale, pour des vacances bien méritées. Si j'ai du temps, du courage et un accès internet, je ne manquerai pas de me manifester...

lundi 15 décembre 2008

Tu parles d'un cadeau...

Dans un monde parfait, je serai en train de déguster un dîner en tête à tête, accompagné de breuvages nobles.

Dans la vraie vie, je répète et re-répète ma présentation AERES, je dépasse systématiquement de 1'30, j'en ai un peu marre de consulter le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots plus courts qui me permettraient de tenir dans le temps impartit.

Dans la vraie vie, l'information du portail Galaxie (sésame des qualifications) indiquait une dead line d'envoi des dossiers au 22 décembre (ce qui m'arrangeait plutôt bien) alors qu'en fait il fallait dire 15 décembre. J'ai été sauvée sur le fil dans une commission, mais j'ai déjà 50% de déchet à la candidature.

Bref, c'est une vraie journée pourrie, qui précède deux journées pourries.
Et pourtant, d'habitude c'est ma journée préférée.

lundi 8 décembre 2008

Et la marmotte....

On nous prend vraiment pour des poires dans les plus hautes allées du pouvoir.

Lu sur le site du 1er ministre (si, si on en a toujours un ...), et daté du 3 décembre :
Les universités les moins bien dotées en 2008 au regard de leur performance et de leur activité verront leurs crédits augmenter en moyenne de 38 % sur 2009-2011 et celles qui sont les mieux dotées de 12 %.

(pour lire l'intégralité c'est ici)

Reçu aujourd'hui en publipostage, de la présidence de l'université (je grasse):

Chers Collègues,
Nous avons reçu vendredi soir la notification des moyens de fonctionnement 2009 pour notre université.
Sur le plan budgétaire la dotation est en augmentation de 2,4% par rapport à 2008, en deçà du taux d'inflation annuelle de 2008, et surtout très en deçà du taux moyen annoncé (15% pour l'ensemble des universités).
Il est très difficile de faire une analyse comparative précise de la réalité de cette augmentation sur le fonctionnement de l'université, dans la mesure où la globalisation des crédits conduit maintenant le ministère à prendre en compte un périmètre élargie comprenant:
le contrat, le plan licence, le plan carrière, l'enveloppe des primes .... , av ec la Dotation Générale de Fonctionnement, qui elle même est calculée cette année sur la base de nouveaux critères qui ne sont pas renseignés pour notre université.
Plus inquiétante encore la prévision donnée sur l'évolution des crédits de fonctionnement pour 2010 et 2011: -0,2% pour 2010 et +0,0% pour 2011 !
Ces sommes n'intègrent pas encore la masse salariale, mais le courrier notifie également l'évolution de notre dotation d'emplois :
Sur 2009, l'université va perdre 11 emplois de titulaires, 3 IATOSS au titre des réductions nationales des emplois dans les universités, et 8 Enseignants-chercheurs au titre de redéploiements entre les universités.
Là aussi cette notification est accompagnée de prévisions sur 2010 et 2011: l'université perdrait ainsi à nouveau 8 emplois en 2010 et 8 emplois en 2011 !
Ce sont de très mauvaises nouvelles pour l'université, qui, par ailleurs, n'ont pas fait l'objet de concertation: qu'il s'agisse des concertations annuelles que nous avions chaque année avant la notification de la DGF ou de concertations à l'occasion de la campagne des emplois.
Qui plus est, nous voyons que ce qui aurait normalement dû être fixé à l'occasion de la négociation du contrat quadriennal est déjà fortement préempté.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre le sort fait à notre université, dans la logique d'une politique affichée cherchant à renforcer les capacités de nos établissements pour progresser dans la compétition internationale au plus haut niveau.
Veut-on nous punir d'avoir eu des Prix Nobel et Médaille Fields ? On peut se le demander.


Tiens, notre présidence commence à ouvrir les yeux !! Dommage, c'est un peu tard ...

Reste que la situation de la recherche va devenir vraiment ingérable, le budget CNRS étant probablement à la baisse, et la dotation de l'université (censée, je le rappelle pour ceux qui dormaient, porter l'excellence de la recherche) en pleine déroute.
Parti comme çà, je met la clé sous la paillasse fin 2009 ...

jeudi 4 décembre 2008

L'économie pour les nuls

On nous explique que le cours de l'essence à la pompe est directement lié au cours du baril de Brent. Certes. Qui pourrait m'expliquer alors pourquoi cet été (baril à 150$), je payais mon gazole 1,29 € au meilleur prix, alors que maintenant (baril à 45 $ hier) je le paye 1,05 € au meilleur prix?


On nous explique que les taux d'intérèts des emprunts des particuliers sont conditionnés par les taux directeurs des banques centrales. Certes. Qui pourrait alors m'expliquer pourquoi mon emprunt à taux variable indexé ne baisse pas alors que la BCE a réduit ses taux directeurs de 1% entre juillet et décembre ? (bon, OK, là je sais pourquoi. L'indexation n'a lieu qu'aux dates anniversaires ...)

mercredi 3 décembre 2008

Ridicule

Heureusement qu'il ne tue pas celui là, sinon la semaine passée nous aurions eu une hécatombe dans le microcosme de la recherche.

Ridicule, la présidente du CNRS et ses fausses pistes quant au lieu où se tiendrait le CA ...
Ridicule, le déménagement de dernière minute avec convocation par sms

Pour ne pas être en reste, la préfecture (du moins je suppose que ce genre de décision est préfectorale) avait déplacé 17 (oui dix sept, je les ai comptés) fourgons de gardes mobiles pour transformer un immeuble cossu du XVIème en Fort Knox. Déploiement de force totalement disproportionné, lorsque je suis arrivée sur les lieux, il y avait plus de pandores casqués que de manifestants.

Mais la journée n'était pas terminée, et les maigres troupes mobilisées (quoiqu'en disent les journaux et le site SLR) n'ont pas voulu être en reste.
Il faut en vouloir pour manifester de la montagne Ste Geneviève à la morgue ...

Ridicule enfin cette "occupation" du siège de l'ANR, avec ce slogan hallucinant: l'usine à précaires.

Soyons clairs, je suis convaincue que le monde de la recherche doit être réformé. De toute urgence. Je ne suis pas convaincue (pour rester polie) par le projet gouvernemental, qui fout en l'air ce qui marchait à peu près. Mais la ligne qui semble de plus en plus être défendue par SLR et les syndicats ne me convainc pas plus (pour continuer dans la version polie).

Obtenir un poste à la sortie de sa thèse me semble une hérésie. C'est le propre de la formation doctorale, c'est comme çà, mais il faut savoir couper le cordon qui relie le doctorant à son directeur de thèse. Il me semble crucial de sortir de cette réflexion fusionnelle qui finit toujours par s'établir. Et pour çà, le post-doc est essentiel.

J'entends déjà certains hurler ... Oui le post doc est essentiel, mais pour une durée raisonnable et surtout pour ensuite permettre d'obtenir un poste ici ou ailleurs en fonction des possibilités offertes et des inclinaisons particulières.

Je fais partie de la génération qui a commencé à essaimer à l'étranger faute de financement des post-docs en France. Notre seul choix concernait le pays qui allait nous accueillir. Qu'on présente l'ANR comme une usine à précaires, est absolument ridicule à mes yeux. C'est le système qui a le mérite de permettre que ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'expatrier puissent réaliser un post-doctorat en France.

Alors, si pour une fois on pouvait un peu penser positivement, regarder devant nous et proposer des réformes constructives, le quotidien de la recherche serait peut être moins difficile à supporter ...