lundi 22 décembre 2008

L'évaluation AERES comme si vous y étiez

Donc, voilà, nous avons terminé l'année par cette satanée visite du comité d'évaluation. Deux jours plein, mais finalement peu de temps consacré aux équipes le comité ne s'étant divisé qu'en deux sous-sections contre 4 lors des précédentes évaluations (réalisées par le CNRS). En ce qui me concerne, j'avais donc 10 minutes de présentation et 5 de questions. Les "vraies" équipes (pas les aspirants) avaient 30 minutes de présentation et 10 de questions.En gros, nous avons tous eu les mêmes questions (excepté bien sur celles d'ordre scientifique):
  • quelles seront vos sources de financement?
  • qu'envisagez vous comme recrutement?
Je me marre! Donc, je me suis fait plaisir, en répondant que malheureusement n'étant pas Mme Irma, je ne pouvais aucunement prévoir de quels financements je disposerai à partir de 2010, et qu'il m'était totalement impossible de prédire un recrutement alors que les prédictions concernant les postes au CNRS dans les prochaines années sont plus qu'alarmantes. J'ai également fait remarquer que proposer des post-docs de un an non renouvelable était absolument stupide et contre productif. Cà ne règle pas le problème mais çà soulage! Donc, en ce qui concerne les personnes de l'équipe, nous continuerons à tourner avec des stagiaires (BTS, L2 et 3, M1 et M2 si possible). Pour les sous....un ou deux cierges brulés à Ste Rita ne feront pas de mal. De toutes façons, autant croire aux miracles dans la situation actuelle.

L'audition des 3 collèges a été édifiante. Les réunions se sont tenues en parallèle, et nous nous sommes aperçus après coup que nous avions tous eu les mêmes questions (au mot près!). La où c'est moins drôle c'est que nous n'avons pas vraiment donné les mêmes réponses! Quand on sait que tout tournait autour de l'organisation de l'institut....

Bref, après deux journées de dur labeur, le comité s'est enfermé pour délibérer, et a quitté l'institut sans que l'on en sache plus. Et oui, le débriefing de fin de comité est supprimé! Pour savoir ce que l'on aura pensé de nous, il nous faudra attendre février je pense, et la réception du rapport final.
Le seul commentaire que nous ayons eu a concerné la proportion de non publiants de l'institut. Alors que je pensais finalement être du bon coté de la barrière, les critères AERES disant que si le nombre d'or n'était pas atteint, mais que le chercheur avait signé en 1er ou dernier auteur dans de bons journaux il était repéché, je me suis donc vue rebasculer dans la catégorie des moutons noirs, ladite règle ayant été abandonnée.

Affaire à suivre donc...

Je suis tellement HS, que je n'ai pas réalisé que j'étais connectée comme "Narayan" alors que la riche gauche est chasse gardée de Roberta... Les lecteurs corrigeront d'eux même.

Alive !

A tous ceux qui auraient pu se poser des questions, je suis toujours en vie, et je n'ai pas décidé d'abandonner ce blog.
Bon, certes, ces derniers temps n'ont pas été hyper productifs, mais comment dire... la rive gauche était en mode "red alert", et la rive droite n'assurait plus un cachou.
Voilà, tout çà est donc de l'histoire ancienne, je peux partir en vacances ! En d'autres termes, l'activité des Chroniques risque d'être tout aussi peu fournie. Nul doute que ce sera mieux en janvier.

Demain départ vers la patrie du canard et du ballon ovale, pour des vacances bien méritées. Si j'ai du temps, du courage et un accès internet, je ne manquerai pas de me manifester...

lundi 15 décembre 2008

Tu parles d'un cadeau...

Dans un monde parfait, je serai en train de déguster un dîner en tête à tête, accompagné de breuvages nobles.

Dans la vraie vie, je répète et re-répète ma présentation AERES, je dépasse systématiquement de 1'30, j'en ai un peu marre de consulter le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots plus courts qui me permettraient de tenir dans le temps impartit.

Dans la vraie vie, l'information du portail Galaxie (sésame des qualifications) indiquait une dead line d'envoi des dossiers au 22 décembre (ce qui m'arrangeait plutôt bien) alors qu'en fait il fallait dire 15 décembre. J'ai été sauvée sur le fil dans une commission, mais j'ai déjà 50% de déchet à la candidature.

Bref, c'est une vraie journée pourrie, qui précède deux journées pourries.
Et pourtant, d'habitude c'est ma journée préférée.

lundi 8 décembre 2008

Et la marmotte....

On nous prend vraiment pour des poires dans les plus hautes allées du pouvoir.

Lu sur le site du 1er ministre (si, si on en a toujours un ...), et daté du 3 décembre :
Les universités les moins bien dotées en 2008 au regard de leur performance et de leur activité verront leurs crédits augmenter en moyenne de 38 % sur 2009-2011 et celles qui sont les mieux dotées de 12 %.

(pour lire l'intégralité c'est ici)

Reçu aujourd'hui en publipostage, de la présidence de l'université (je grasse):

Chers Collègues,
Nous avons reçu vendredi soir la notification des moyens de fonctionnement 2009 pour notre université.
Sur le plan budgétaire la dotation est en augmentation de 2,4% par rapport à 2008, en deçà du taux d'inflation annuelle de 2008, et surtout très en deçà du taux moyen annoncé (15% pour l'ensemble des universités).
Il est très difficile de faire une analyse comparative précise de la réalité de cette augmentation sur le fonctionnement de l'université, dans la mesure où la globalisation des crédits conduit maintenant le ministère à prendre en compte un périmètre élargie comprenant:
le contrat, le plan licence, le plan carrière, l'enveloppe des primes .... , av ec la Dotation Générale de Fonctionnement, qui elle même est calculée cette année sur la base de nouveaux critères qui ne sont pas renseignés pour notre université.
Plus inquiétante encore la prévision donnée sur l'évolution des crédits de fonctionnement pour 2010 et 2011: -0,2% pour 2010 et +0,0% pour 2011 !
Ces sommes n'intègrent pas encore la masse salariale, mais le courrier notifie également l'évolution de notre dotation d'emplois :
Sur 2009, l'université va perdre 11 emplois de titulaires, 3 IATOSS au titre des réductions nationales des emplois dans les universités, et 8 Enseignants-chercheurs au titre de redéploiements entre les universités.
Là aussi cette notification est accompagnée de prévisions sur 2010 et 2011: l'université perdrait ainsi à nouveau 8 emplois en 2010 et 8 emplois en 2011 !
Ce sont de très mauvaises nouvelles pour l'université, qui, par ailleurs, n'ont pas fait l'objet de concertation: qu'il s'agisse des concertations annuelles que nous avions chaque année avant la notification de la DGF ou de concertations à l'occasion de la campagne des emplois.
Qui plus est, nous voyons que ce qui aurait normalement dû être fixé à l'occasion de la négociation du contrat quadriennal est déjà fortement préempté.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre le sort fait à notre université, dans la logique d'une politique affichée cherchant à renforcer les capacités de nos établissements pour progresser dans la compétition internationale au plus haut niveau.
Veut-on nous punir d'avoir eu des Prix Nobel et Médaille Fields ? On peut se le demander.


Tiens, notre présidence commence à ouvrir les yeux !! Dommage, c'est un peu tard ...

Reste que la situation de la recherche va devenir vraiment ingérable, le budget CNRS étant probablement à la baisse, et la dotation de l'université (censée, je le rappelle pour ceux qui dormaient, porter l'excellence de la recherche) en pleine déroute.
Parti comme çà, je met la clé sous la paillasse fin 2009 ...

jeudi 4 décembre 2008

L'économie pour les nuls

On nous explique que le cours de l'essence à la pompe est directement lié au cours du baril de Brent. Certes. Qui pourrait m'expliquer alors pourquoi cet été (baril à 150$), je payais mon gazole 1,29 € au meilleur prix, alors que maintenant (baril à 45 $ hier) je le paye 1,05 € au meilleur prix?


On nous explique que les taux d'intérèts des emprunts des particuliers sont conditionnés par les taux directeurs des banques centrales. Certes. Qui pourrait alors m'expliquer pourquoi mon emprunt à taux variable indexé ne baisse pas alors que la BCE a réduit ses taux directeurs de 1% entre juillet et décembre ? (bon, OK, là je sais pourquoi. L'indexation n'a lieu qu'aux dates anniversaires ...)

mercredi 3 décembre 2008

Ridicule

Heureusement qu'il ne tue pas celui là, sinon la semaine passée nous aurions eu une hécatombe dans le microcosme de la recherche.

Ridicule, la présidente du CNRS et ses fausses pistes quant au lieu où se tiendrait le CA ...
Ridicule, le déménagement de dernière minute avec convocation par sms

Pour ne pas être en reste, la préfecture (du moins je suppose que ce genre de décision est préfectorale) avait déplacé 17 (oui dix sept, je les ai comptés) fourgons de gardes mobiles pour transformer un immeuble cossu du XVIème en Fort Knox. Déploiement de force totalement disproportionné, lorsque je suis arrivée sur les lieux, il y avait plus de pandores casqués que de manifestants.

Mais la journée n'était pas terminée, et les maigres troupes mobilisées (quoiqu'en disent les journaux et le site SLR) n'ont pas voulu être en reste.
Il faut en vouloir pour manifester de la montagne Ste Geneviève à la morgue ...

Ridicule enfin cette "occupation" du siège de l'ANR, avec ce slogan hallucinant: l'usine à précaires.

Soyons clairs, je suis convaincue que le monde de la recherche doit être réformé. De toute urgence. Je ne suis pas convaincue (pour rester polie) par le projet gouvernemental, qui fout en l'air ce qui marchait à peu près. Mais la ligne qui semble de plus en plus être défendue par SLR et les syndicats ne me convainc pas plus (pour continuer dans la version polie).

Obtenir un poste à la sortie de sa thèse me semble une hérésie. C'est le propre de la formation doctorale, c'est comme çà, mais il faut savoir couper le cordon qui relie le doctorant à son directeur de thèse. Il me semble crucial de sortir de cette réflexion fusionnelle qui finit toujours par s'établir. Et pour çà, le post-doc est essentiel.

J'entends déjà certains hurler ... Oui le post doc est essentiel, mais pour une durée raisonnable et surtout pour ensuite permettre d'obtenir un poste ici ou ailleurs en fonction des possibilités offertes et des inclinaisons particulières.

Je fais partie de la génération qui a commencé à essaimer à l'étranger faute de financement des post-docs en France. Notre seul choix concernait le pays qui allait nous accueillir. Qu'on présente l'ANR comme une usine à précaires, est absolument ridicule à mes yeux. C'est le système qui a le mérite de permettre que ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'expatrier puissent réaliser un post-doctorat en France.

Alors, si pour une fois on pouvait un peu penser positivement, regarder devant nous et proposer des réformes constructives, le quotidien de la recherche serait peut être moins difficile à supporter ...

jeudi 27 novembre 2008

Message personnel

Désolé pour tous les autres, c'est le seul moyen que j'ai trouvé ...

Dr Mouton, impossible de laisser de commentaires chez toi, y a un problème avec Word press ...

Donc, à la suite de ce post, mon commentaire (censuré chez toi) est :

Tu voulais savoir pourquoi je numérisais (et non, je n'ai pas oublié ta question ...) ? Pas pour savoir qui est le père de qui, c'est totalement anecdotique, plutôt pour savoir comment (on vivait, on mourrait) il y a plus de 100 ans, reconstituer la vie d'un village (ses familles, ses artisans etc ...), explorer le passé donc et s'imaginer la vie de ceux qui sont à l'origine de notre famille ...

Détails techniques prochainement, c'est promis !

lundi 24 novembre 2008

Un an déjà

Voila. Un an. Incroyable ce que le temps aura passé vite.
Je ne pensais pas en ouvrant ce blog écrire autant, ni même autant être lue. Certes, tout est relatif, mon audience est restreinte comparée à ceux qui m'ont donné envie de me lancer ... mais j'ai des lecteurs fidèles. Majoritairement silencieux (et çà me désole, car quand vous vous lancez, les échanges sont constructifs!) certes, mais fidèles.

Merci à vous, continuez à venir, je tacherai d'être à la hauteur.

Alors maintenant, place à la mauvaise nouvelle ... le calendrier est terriblement chargé jusqu'au 18 décembre. Chargé d'évènements professionnels importants (qualification, évaluation AERES, évaluation CNRS - et oui, on doublonne quelle chance, et toujours deux papiers à finir et envoyer)
Donc, je ne pense pas avoir beaucoup de temps pour fournir de nouveaux billets ...
Profitez en pour relire les anciens !!

dimanche 23 novembre 2008

A vot'bon coeur

Alors, il faut aller là:



çà ne vous coutera rien, mais çà fera des cadeaux pour des p'tits loups qui en ont bien besoin ...

samedi 22 novembre 2008

C'est Samedi, c'est Rugby

Après un après midi terrible (le Gnome et son équipe ont mangé chaud ... 3 match perdus, aucun essai marqué), l'équipe de France semble être au rendez vous ...
C'est la folie dans le salon, et exceptionnellement le Gnome n'est pas couché malgré l'heure tardive.
Cela dit, à voir les tampons et autres joyeusetés rugbystiques, je croise les doigts pour que mon bébé joue à l'arrière dans quelques années...


maj: finalement, la France s'est inclinée .. comme l'a diagnostiqué le Gnome "le sort s'acharne" ...

vendredi 21 novembre 2008

Toilettage

Avant d'avoir un an, il fallait bien faire un peu le ménage !

J'espère que la nouvelle organisation vous conviendra. En tous cas, moi je préfère ..

jeudi 20 novembre 2008

Abracadabra

J'adore mon iPhone. La nouvelle application mortelle qu'il faut avoir c'est Shazam.
Quoi çà disent ceux qui ne sont pas totalement Mac-addicted?
Shazam.
Vous entendez une musique trop cool, vous ne la connaissez pas et vous voulez savoir ce que c'est ... Ben voila, Shazam sert à çà (mais pas que). Vous utilisez l'iPhone pour capter la musique mystérieuse que vous aimez tant (en ayant au préalable lancé l'appli, ils sont forts chez la Pomme mais pas à ce point), et TALA ... Vous savez ce que c'est, il y a un lien sur youtube, et ... sur iTune.

Moi je trouve çà cool...

A Télérama en revanche, ils trouvent pas çà cool du tout. C'est vrai quoi, quelle honte, une application gratuite qui permet d'accéder si on le veut à un site d'achat de musique en ligne. Et en plus, quelle honte, il n'y a pas tout sur iTune, donc parfois Shazam n'est même pas capable de te dire quel lied de Schubert tu es en train de découvrir.

mardi 18 novembre 2008

A quoi çà tient

... d'être non publiant pour l'AERES ? A pas grand'chose.
Voila ce que cette formidable machine nous demande:

Production scientifique du 15/10/2004 au 15/10/2008 sauf quand l’unité a été créée entre temps

Ben voila, il va falloir apprendre à viser ... parce qu'en 2004, mon dernier papier est sorti en Juillet.
Donc, à 2 mois et demi près j'aurai été publiante sur le quadriennal.

Si c'est pas merveilleux la bibliométrie comme mesure de productivité !

L'AERES, l'essayer c'est l'adopter

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'arrivée du comité AERES. Comment dire ?? Allez, soyons sobre, je me marre !

Donc l'AERES, rappelez vous, c'est l'organisme qui gère une évaluation impartiale, transparente1, basée sur des experts internationaux. D'ailleurs, afin de faciliter la tache de ces experts internationaux, nous avons dû rédiger en anglais bilan et projet.

Hier, nous avons pris connaissance de la liste de nos 14 évaluateurs (et oui, la taille de notre institut justifie un comité de cette ampleur). Sauf erreur de ma part, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Paris et Marseille sont toujours dans les frontières du pays. Je cherche donc où se sont cachés nos experts étrangers impartiaux ...

De plus, certains de nos évaluateurs collaborent avec des équipes de l'institut, cherchez l'erreur...

Enfin je me demande pourquoi nous avons dû rédiger des tonnes de documents en anglais pour un public français ou a minima francophone2.

Cerise sur le gâteau de l'impartialité, il nous est demandé de procéder à notre auto-évaluation (auto-critique devant le polit'bureau?), sur différents critères en utilisant une grille de notation de 1 (mauvais) à 5 (génial). Les dites grilles seront ensuite validées par les membres du comité d'évaluation. Un des critères est bien entendu publiant vs non publiant. Et là, je suis bien embêtée, puisque je n'ai que 3 articles quand il m'en faudrait 4 ... Le quatrième justement, je suis en train de l'écrire, ou plutôt j'ai arrêté de l'écrire pour cause d'évaluation et de qualification. Ce qui pourrait me sauver, c'est que l'HDR compte dans les publis ... Tiens, je vais creuser l'idée !

1Tellement transparente, que les résultats d'évaluation sont disponibles de manière totalement aléatoire.
2L'absurde de la situation pourrait même aller jusqu'à nous obliger à faire les présentations en anglais!


samedi 15 novembre 2008

j'me la pete

L’utilisation des nouveaux medias me semble particulièrement appropriée à l’hétérogénéité des parcours engendrée par la réforme "LMD". En particulier, la mise en ligne de support d’information voire la mise à disposition des étudiants de DVD reprenant cours et/ou TD (voir par exemple le système mis en place en PCEM1 à Grenoble), s’approchent beaucoup de l’esprit de l’auto-enseignement que j’avais pratiqué en formation continue. La démarche n’exclut pas l’enseignant bien au contraire, elle tient compte en revanche des différences de niveau ou de connaissance d’étudiants souhaitant tous suivre le même enseignement. Fournir à chacun les outils permettant de suivre une UE dans les meilleures conditions, est à mon sens une démarche qui ne peut que bénéficier aux acteurs de l’université, les étudiants et leurs enseignants.
Bon, je sais pas si la CNU appréciera mais je me suis éclatée en écrivant çà!

mardi 11 novembre 2008

Mémoire des Hommes

Mon grand-père, Roger P** peintre décorateur, a participé à la guerre de 1914-1918 au sein du 94e RI. Il est “ Mort pour la France ” en 1926, des séquelles de blessures de guerre, laissant une femme et 2 petites filles de 6 et 4 ans.
Ce texte, écrit en 1915 à l'âge de 18 ans, a été retrouvé sur son carnet de chansons. En voici la transcription aussi fidèle que possible ; les points d'interrogations et les annotations entre crochets ont été ajoutés (© Famille P** /Narayan) :

La bataille de Soissons

Entre l'eau et le feu

Soissons 15 Janvier 1915

Notre première attaque le 8 Janvier contre l'éperon 132 n'avait été qu'une offensive locale. Ce jour là, seules avaient pris part à l'action quelques compagnies françaises occupant la ferme de St Paul. Le 9, le 10 et le 11 le combat se poursuivait autour du même point, avec des alternatives violentes d'avance et de recul sans que rien toutefois fit prévoir autre chose qu'une lutte de tranchées. Le 12 une de nos colonnes avait atteint le village de Crouy d'où elle pouvait diriger un tir heureux contre la pente est de l'éperon, occupée par l'ennemi, lorsque brusquement à 11 heures du matin un violent bombardement éclata sur la droite.

En même temps le plateau de Vrégny se couvrit des flocons blancs des batteries allemandes. Mais les projectiles adverses n'étaient pas destinés aux assaillants de l'éperon. Les "Marmites" tombaient sur villages de [illisible], de Moncet et de Ste Marguerite, vers lesquels tous nos contingents de la plaine de Venizel se dirigeaient en masses compactes. Notre aile droite avaient suivies [sic] le mouvement en avant sur la route de Chivres. A une heure toutes nos forces se trouvaient massées sur la ligne Crouy-Missy. C'étaient [sic] la lutte générale coûte que coûte. Un front de huit kilomètres le long duquel les canons tonnent, les mitrailleuses claquent, les fusils crépitent. Les Allemands occupent en face de nous des positions formidables. Leurs obus nous arrivent en rafales. Ils tirent à l'abri. Quelques uns de nos 75 qui ont tenté de prendre position vers le Moncel doivent pointer presque verticalement, comme s'ils chassaient le taube [avions allemands]. Nos pièces de campagne de la rive droite ne peuvent faire utile besogne. Seule notre artillerie lourde en place de l'autre côté de l'Aisne peut répondre aux batteries de Vregny. Nos obusiers répondent splendidement guidés par nos escadrilles d'avions qui survolent le champ de bataille. La cavalerie elle-même est représentée par quelques pelotons de chasseurs qui sont arrivés au galop dès le début de l'action.

Les ponts sautent

Un duel d'artillerie au dessus de la plaine de Venizel, au dessus de nos têtes. Nos obus franchissent l'Aisne, fouillent le plateau. A 4 heures une explosion vers Vrégny. Un de nos projectiles a fait sauter un parc à munitions. Une des batteries prussiennes se tait. Notre succès est de courte durée. La voie ferrée de Laon par Anizy le Chateau ravitaille l'ennemi sur le champ même du combat. Un de nos avions signale des trains adverses amenant des renforts. Il reçoit l'ordre d'attaquer. Le monoplan s'élève plane, se rapproche laisse tomber sur le convoi des bombes fulgurantes. Mais les mitrailleuses ennemies veillent. Les auto-canons se mettent de la partie ronflent sur la route à la chasse de l'oiseau français. Un projectile l'atteint. Il est frappé à mort ? Non il se redresse. Mais il est frappé pourtant. De nos lignes on entend le moteur s'arrêter net. L'appareil descend mal, il tombe plutôt qu'il n'atterrit au nord de Ste Marguerite. Une de nos sections doit sortir du village aller de l'avant à la baïonnette. Le temps de détacher de son siège le pilote blessé de le porter à l'ambulance. L'appareil ne vaut guère mieux, le réservoir percé d'une balle. Les poignées de commande sont rouges du sang de l'homme. Rien ne peut empêcher les renforts allemands d'arriver. Ils arrivent sans arrêt et se massent au dessus de nous. Pour les joindre il nous faudrait gravir des pentes escarpées battues par les shnapnells. Et sur ces pentes des fossés, des kilomètres de fils de fer, peut-être des mines. Ils sont là-haut inaccessibles et nous n'avons pour tout point d'appui qu'un talus de chemin de fer, une route. Comme abri des villages en ruines, Bucy dont la moitié des murs sont écroulés, le Moncel qui sert point de mire aux 77, Ste Marguerite dont les toits de chaume flambent. Comme chemin de retraite nous en possédons deux le pont de Venizel et celui de Missy. Du moins la chose était ainsi à 4 heures. Dix minutes plus tard, le passage de Venizel n'existait plus. Le courant avait rompu les amarres et les barques s'en allaient à la dérive. L'eau montait toujours. A 5 heures c'était le tour du pont de Missy. Nous sommes coupés de la rive gauche.

Demain, Demain

Nos fantassins depuis midi n'ont pas cessé de tirer. Les épaules sont meurtries par le recul de la crosse, les doigts sont brulés par la chaleur de l'acier. Depuis midi nos artilleurs ont manié leurs pièces. Après chaque bordée il fallait se défiler en vitesse. Sitôt les quatre premiers coups nos batteries étaient déjà repérées. Où prendre position ? Un terrain nu, une ferme en feu une meule de paille. C'est tout;

Le soir est venu le duel se continue à coups de canon. Dans le ciel les marmites sifflent éclatent. Des fusées, des incendies. Du froid. Les motocyclettes des agents des agents [sic] de liaison glissent sur la route. Des renforts, envoyez des renforts !... Mais la rivière monte, monte... Attendez que le front soit rétabli ! Le génie travaillera toute la nuit. Demain il y aura sur la rive droite de l'Aisne des réserves fraîches, il y aura des balles dans les cartouchières, il y aura aussi des ravitaillements. Ce soir les lignards se sont contentés d'un morceau de biscuit et d'un peu de viande froide. La réserve du fond du sac. Le colonel commandant les batteries de campagne réclame des boîtes à mitraille ? Demain. Le médecin, chef des services de l'avant a des blessés à faire évacuer sur l'arrière. Demain. Les pontonniers manœuvrent dans l'eau glacée. L'eau noire, traitresse, qui roule ne torrent. Vers Venizel impossible de rétablir un pont. L'Aisne n'est plus une rivière c'est une mer. Vers Missy l'inondation est moindre. Le cours est moins large mais plus violent. On va tenter quand même. Le salut d'une armée en dépend. Sur la rive droite, l'infanterie qui s'est battue tout le jour travaille toute la nuit. La pioche, la pelle. Des tranchées

Ce témoignage d'une journée de guerre s'arrête brutalement sur ces mots.

Photo de groupe en 1916 (© Famille P**/Narayan)
Roger P** est debout dans la rangée du haut, à droite du personnage central tenant un fume cigarette, à gauche du personnage à la capote sombre.

Texte au dos de la photo de groupe :

Souvenir de la Trotte [?] 27/9/1916
Cher père
Je t'envoie une photo prise d'il y a quelques jours avec toute l'équipe de mitrailleurs du 173ème. A ma gauche 2 copains. Le 1er est celui qui a été blessé avec moi, l'autre un caporal. Nous sortons toujours ensemble. Comment nous trouves-tu ? As-tu reçu ma lettre ? J'ai appris le malheur arrivé à mon oncle Léon*, c'est terrible tout de même ! Quand donc tout çà finira. J'espère bientôt te lire en attendant je t'embrasse bien des fois. Ton fils qui t'aime et pense souvent à toi.
Roger

* : Léon P** soldat de 2ème classe au service routier de la 2ème armée, mort pour la France à Landrecourt arrondissement de Verdun, le 16 septembre 1916, à l'âge de 47 ans.


Principaux engagements et combats du 94ème Régiment d'Infanterie de Ligne : 1914
Vers Charleroi : Charleroi, Longuyon
Bataille de la Marne, 5 au 13 septembre : Mondement, Fère-Champenoise, marais de Saint-Gond, puis à la Pompelle
Bataille des Flandres : Nieuport, Dixmude, Steenstraate
1915
Offensive de la 4e Armée en Champagne : Vauquois
Opérations en Argonne (mai-novembre) : La Gruerie (dite “ la Tuerie ”), Four-de-Paris
Opérations et bataille de Champagne : Auberive (25 septembre)
1916
Bataille de Verdun : Haudremont, Thiaucourt, Mort-Homme
Bataille de la Somme : Raucourt, Sailly-Saillisel, Bois Saint-Pierre-Vaast
1917
Aisne : Berry-au-Bac (16-18 avril)
Verdun : Bois des Fosses (20 août), Bois de Beaumont (26 août)
1918
Somme; Offensive de Roye (8-13 août), Offensive d'Argonne (du 1er au 3 Novembre).
Le régiment a obtenu la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.



Ma mémoire en ce jour va à tous ceux qui ont laissé leur vie dans ce conflit. Tous. Y compris ceux fusillés pour l’exemple, ces 600 dont la nation plus de 90 ans après les faits ne daigne toujours pas réhabiliter le souvenir.

lundi 10 novembre 2008

Bénévolat

Décidemment, chers lecteurs, vous devriez vous manifester plus souvent, vos commentaires me permettant de fournir ce blog en billets !
Donc, Aisling m’interpelle dans les commentaires de celui-ci, concernant mon activité bénévole d’enseignement sur les berges de la Mérantaise.

Désolée d'être bassement matérielle, mais quel est l'intérêt pour vous de donner des cours non-rémunérés? - A priori, même les thésards évitent ce genre d'arnaque! Est-ce la gloire de l'enseignement? Est-ce la possibilité d'observer les étudiants pour récupérage potentiel éclairé d'étudiants de Master/Thèse? Est-ce pour étoffer un dossier de qualif PR en cas de besoin? N'y a-t-il aucun moyen d'obtenir ces maigres avantages en étant justement rémunéré? Déjà que les vacations sont payées modestement, et ce au mieux 6 mois après le début des cours, j'ai du mal à concevoir le volontariat généralisé que vous décrivez. Même si pour 8h eq TD par an, on peut se dire, "bon..." j'aimerai aussi savoir comment l'université peut comptabiliser ce volontariat dans les heures effectives d'enseignement? Est-ce que les heures d'enseignement ne doivent pas correspondre au service de chacun des intervenants, PR, MCF, vacataires, moniteurs etc.?

La première des raisons, n’est pas dans la liste des possibles énumérés. Elle est affligeante de banalité, et tient dans cette phrase « j’aime enseigner ». J’aime quand je vois une lueur d’intérêt s’allumer dans les regards, j’aime l’idée de faire progresser l’élève non seulement dans l’étendue de ses connaissances mais également dans son mode de réflexion. Oui, c’est utopique, et non je n’ai pas une âme de missionnaire. C’est pourquoi certaines des autres hypothèses sont également correctes.
Enseigner, c’est se faire connaître des étudiants, et pouvoir éventuellement les attirer au laboratoire, pour des stages M1 et/ou M2. Pour l’instant, cette stratégie n’a pas été hyper payante (une stagiaire volontaire M1). C’est se faire connaître des collègues enseignants, qui seront plus enclins à envoyer des étudiants dans le labo d’un « apprenti » collègue (bien plus efficace, 2 stagiaires M1 un stagiaire M2).
Enseigner, c’est faire du bien à son CV pour une éventuelle qualification PR, c’est indéniable, l’avenir dira si cette stratégie est efficace.

Au delà de ces diverses considérations, il est clair que je préfèrerais largement être rémunérée, ce d’autant plus que certain enseignant-chercheur de ma connaissance a réussi à se faire verser des heures complémentaires alors même qu’il n’effectuait pas un service complet à l’université. Mais bon, je fais beaucoup moins peur !!
Ce qui m’a été dit (que je n’ai jamais vérifié de près) est que je ne peux pas être rémunérée parce que je travaille sur le campus. Comme je l’ai dit précédemment, si j’enseignais ailleurs en France, je serais sans aucun doute payée et remboursée de mon transport. Le pourquoi de la règle m’échappe, mais c’est ainsi, et je le savais en acceptant. Quant à parler de volontariat généralisé, c’est un peu abusif, nous sommes finalement peu à intervenir dans les UE. Et j’imagine que mes collègues intervenants sont tout autant altruistes que moi.

Comment sont décomptées ces heures au niveau de l’université, j’avoue n’en avoir aucune idée … mais peut-être des enseignants-chercheurs lisant ce blog pourront-ils nous l’expliquer.

jeudi 6 novembre 2008

Une journée de vacances

C'est ce que je m'étais accordé hier, afin d'assurer au Gnome une journée "calme" avant le retour à la mine.
Que dire de cette journée? Qu'elle fut finalement presque ordinaire.
Lever 7 hr, je voulais bosser un peu sur le papier avant le réveil du Gnome.
10 hr, appel du labo. Urgence. Je négocie de n'arriver qu'une heure plus tard, histoire d'avoir le temps de lancer une lessive, prendre une douche, bref de l'ordinaire d'une journée de mère au foyer.
Retour à la maison 13h30 (merci Miyazaki d'avoir assuré le baby-sitting; Le voyage de Chihiro, pas mon préféré mais bon...). Préparer le déjeuner, déjeuner, étendre la lessive...
Tiens, si je regardais mes mails ? Erreur colossale, puisque j'ai du coup pris connaissance d'un message urgent, me demandant de modifier un document pour l'évaluation AERES qui se profile.
Décision de m'y atteler sans plus tarder (merci Miyazaki d'assurer l'occupation du Gnome; Le château ambulant, j'aime bien). Envoi du document en fin d'après midi.
Ah tiens, il fait déjà nuit ...
Alors que le Gnome prenait son bain, appel concernant la réunion de travail qui aura lieu demain. Mise au point de détails d'importance.
Préparer le dîner, et se nourrir sans attendre Balou dont le retour était prévu à pas d'heure. Remplir le lave vaisselle, le démarrer, coucher le Gnome.
Coup de téléphone du labo, problème de température excessive dans une pièce. Heureusement, je n'ai pas eu à me déplacer.
Arrivée de Balou, deuxième service.
Tiens, il est 21 hr ... je suis aussi fatiguée qu'à la fin d'une journée de boulot. Bon, allez, je vais me vautrer devant Grey's anatomy, après tout, je peux bien m'offrir une soirée de vacances ...

mercredi 5 novembre 2008

Interlude technologique

Pour ceux qui ne dissèquent pas les commentaires laissés par le Piou, et les subtiles allusions que je laisse trainer de temps en temps, j'ai craqué pour l'iPhone. Et mes problèmes existentiels ont été miraculeusement résolus après que l'écran de mon fidèle PowerBook à propulsion Motorola ait décidé de se mettre aux abonnés absents de manière aléatoire. J'ai été contrainte et forcée de dilapider l'argent du contribuable pour acheter son remplaçant, un MacBook Pro qui carbure à Intel et tourne sous Léopard. J'en suis (pour l'instant) très satisfaite, même si dans l'affaire j'ai perdu la dernière version d'un article suite à une monstrueuse erreur de ma part lors du transfert des données ...

et pendant que je donne dans l'interlude, n'oubliez pas de passer par et de participer!

mardi 4 novembre 2008

Le retour du foutage de gueule

Tout d'abord, en réponse à Aisling qui s'inquiète de savoir si un chercheur prodiguant quelques heures d'enseignement est rémunéré, je dirai que çà dépend d'où il enseigne...
Prenons un exemple que je connais bien (ma pomme pour ceux qui dorment déjà en lisant ces lignes). Si j'enseignais disons à Neverland, université où sévit Anthropopotame, non seulement cette université couvrirait mes frais de TGV, mais encore elle me verserait des espèces sonnantes et trébuchantes pour une prestation variant du médiocre au pas trop mauvais selon l'humeur de l'étudiant suivant le cours. Malheureusement pour moi, j'enseigne à l'université de la Mérantaise, attendu que je trouve plus simple de traverser le couloir pour accéder à la salle de cours que de dépendre de la SNCF pour réaliser le même exercice. Et bien c'est financièrement stupide, puisque les 8 hrs d'enseignement que je prodigue bon an mal an ne me sont pas payées. Rien, nada, juste la gloire. Et comme je fais partie d'une espèce particulièrement crétine, pour le même prix, je mets mes cours en ligne en ajoutant des informations pour ceux qui voudraient approfondir le sujet.

Mais reprenons donc l'analyse des promesses de lendemains qui chantent émanant de notre chère ministre (que 10 000 diodes éclairent ses pensées).
Un autre moyen de gagner plus pour le chercheur, serait de bénéficier de la prime d'excellence scientifique (celle là même qui va remplacer la prime d’encadrement doctoral et de recherche) au titre justement de l'excellence scientifique. Donc plus besoin d'enseigner, dans ce cas il suffit de collectionner les Science et Nature. On apprend aussi que:
Les lauréats de distinctions scientifiques internationales ou conférées par les organismes de recherche devraient naturellement bénéficier de la prime d’excellence scientifique, dont le montant pourrait alors atteindre 25 000 €.

On imaginera sans peine la joie d'Albert Fert de toucher 25 000 € après avoir reçu 500 000 € de la main du roi de Norvège Suède ...
Toutes ces bonnes nouvelles nous amènent à la fin de la page 14, et ... rien. On parle ensuite des personnels techniques, administratifs et des bibliothèques, du nouveau mode de recrutement des Maitres de Conférence (lié à l'application de la LRU), de l'amélioration de la carrière des Professeurs ...
Page 19, on retrouve un vague espoir qu'une solution est prévue pour améliorer les carrières des chercheurs "de base", sur le thème "La nécessité d’offrir des perspectives de carrière". Bon, je vous rassure, c'est plié en 5 lignes sur le document d'origine. Les voici:
Les maîtres de conférences peuvent naturellement postuler sur des emplois de professeurs libérés par le départ à la retraite de leur titulaire, mais les possibilités peuvent être augmentées en transformant des emplois vacants de maîtres de conférences en professeurs, sur la base des demandes formulées par les universités. Il en est de même pour les emplois de directeurs de recherche dont le nombre sera accru au bénéfice des chargés de recherche.

Ben voila, la solution est simple. Pour nous offrir des perspectives de carrière, il suffit de prendre des postes frais pour les jeunes, et les transformer en postes moins frais pour les vieux. Je suis vraiment désolée pour tous ceux qui espèrent obtenir un poste, mais il est très clair que l'amélioration des carrières des personnels de recherche (enfin de quelques heureux élus) se fera au détriment de leur recrutement.
Et voila c'est fini. Mais me dirons ceux qui ont survécu à la lecture de ces deux billets indigestes, le rapport fait 23 pages et tu n'en es qu'à la page 19 ... Naïfs que vous êtes. Les dernières pages sont consacrées aux promotions des PRAG, des BIATOS, et à la revalorisation des salaires des Présidents d'Université.
Ce qui tombe plutôt bien finalement, car je commençais à me lasser de la lecture de ce ramassis de solutions miracles à deux balles.

lundi 3 novembre 2008

Foutage de gueule

Reçu aujourd'hui de la direction du CNRS, les nouvelles dispositions visant à améliorer le salaire des chercheurs.
Franchement, notre ministre à nous nous prend carrément pour des poires (et je me censure), même si elle n'est pas Dior addict.

Petit retour sur ce qui devrait être accueilli par les hourras de la foule en délire. Pour aller à l'essentiel, ce n'est pas au CNRS qu'il faut bosser pour avoir une chance de voir son salaire augmenter (même au "mérite").

Commençons par citer Valérie Pécresse (que la peste bubonique lui soit épargnée):
Les lois du 18 avril 2006 et du 10 août 2007 constituent le socle sur lequel les uuiversités et les organismes de recherche construisent leur développement respectif qui a vocation à s'inscrire dans un partenariat fructueux et équilibré entre ces établissements.
Or, ce développement dépend tout entier de ceux qui font leur richesse, en l'occurrence pour les organismes de recherche, les chercheurs, les ingénieurs, les personnels d'encadrement,techniques et administratifs.
Par voie de conséquence, je considère que le «Plan Carrières 2009-2011» que j'ai le plaisir de vous transmettre, constitue un volet indispensable du mouvement de réforme aujourd'hui engagé.
Je souhaite, au travers de celui-ci, reconnaître et valoriser l'engagement professionnel, les compétences, et l'excellence des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Les mesures qui le déclinent ont ainsi pour objectif affirmé d'attirer et de garder les meilleurs d'une génération en rendant les métiers attractifs, en début de carrière et tout au long de celle ci, par un avancement accéléré et une politique indemnitaire de qualité.
Mon action est guidée par la triple ambition d'harmoniser par le haut les grilles de rémunération et les régimes indemnitaires afin de garantir l'équité, de promouvoir une transparence accrue des décisions et de reconnaître la qualité de la recherche.

C'est émouvant, non??

Une fois rangés les mouchoirs, voici ce qui nous est proposé concrètement:

Le document pdf s'intitule "Fiches sur les mesures du plan Carrières". Mais quand on l'ouvre, le titre est: Attirer les talents à l'Université. Déjà, sans être devin, on se dit qu'on est en train de se moquer de nous.
La première proposition est Offrir un vrai contrat de travail pour les Doctorants. Donc, jusqu'à présent, les bulletins de paie que les élus du ministère recevaient ne devaient pas correspondre à un contrat de travail. Plus sérieusement, je sais pertinament que nombre de doctorants préparent leur thèse dans des conditions épouvantables, et je suis ravie de lire que tous auront un contrat de travail. Mais celà signifie t'il que les universités auront obligation de refuser l'inscription d'un étudiant sans contrat? Que nenni, puisque c'est l'inscription qui conditionnera l'accès au contrat! (en tout cas, c'est ce que je comprends)

▪ Le contrat doctoral sera applicable dans les universités comme dans les organismes de recherche, sous la forme d’un contrat de droit public de trois ans, conditionné par l’inscription en doctorat.
▪ Ce contrat pourra être prolongé d’un an pour circonstances exceptionnelles dans le déroulement de l’activité de recherche. Il le sera en outre de droit, en cas de congé de maternité, de paternité, de congé d’adoption ou de congé maladie de longue durée.
▪ La rémunération minimale fixée sur le plan national pourra être augmentée au-delà de ce montant plancher au bénéfice des doctorants et de l’attractivité des établissements.
▪ Le contrat doctoral pourra prévoir que le doctorant assure les missions qui sont le propre des métiers de la recherche, à savoir la valorisation, les missions de conseil ou d'expertise pour les entreprises ou les collectivités publiques, et bien sûr l'enseignement.
Dans le cadre de ce contrat, l'employeur devra proposer au doctorant toutes les formations nécessaires à l'accomplissement de ses missions (préparation de sa thèse et/ou activités complémentaires qui lui sont confiées), et assurer une préparation à l'insertion professionnelle.
De mention d'un salaire minimum décent, d'une indexation quelconque soit sur le SMIC soit sur le point d'indice, aucune trace...
Mais bon, me direz vous, il ne s'agit que de doctorants, pas de personnel permanent.

Nous y voila dans la section suivante, qui concerne la revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs. Oyez oyez, futurs candidats, notre gouvernement dans son infinie bonté vous recrutera directement au 2ème échelon. ah non, je plaisantais!!! Vous serez toujours recruté au 1er échelon, mais il ne durera qu'un an (contre deux actuellement). On respire. Mais vous pourrez faire valoir vos activités antérieures (thèse, post-doc, ATER, privé) pour gagner des années d'ancienneté qui vous propulseront dans les hauteurs de la grille indiciaire.
Ce qui donne, toujours selon le document envoyé par notre ministre (le grassage est ministériel),
la rémunération sera augmenté d’autant : rémunération minimale (sur la base du seul doctorat): 2328 € au lieu de 2068 € actuellement, rémunération maximale : 2838 € au lieu de 2328 € actuellement. Au total, au lieu d’être recruté aux premiers échelons du corps des maîtres de conférences, le docteur qui aura eu des expériences professionnelles antérieures, sera reclassé selon le cas, au 2e, au 3e, voire au 4e échelon.


Quelle générosité! Ce recrutement royal ne sera applicable qu'aux concours 2009, mais ils vérifieront que ceux recrutés les années précédentes ne soient pas lésés. Donc, ami post-doctorant, si tu veux gagner ta vie ... ben, vas donc voir dans un autre pays parce que ce n'est toujours pas ici que tu auras des fins de mois sans souffrance.

Ensuite vient l'épisode des chaires université-organismes de recherches. Je vous renvoie chez Anthropopotame et chez le Piou pour mesurer l'impact de la mesure. L'impact réel de la mesure, est que ces postes seront pris sur le contingent des postes CNRS, mais çà on se garde bien de le préciser. Donc, résumons, le CNRS embauche des enseignants-chercheurs qui n'enseigneront pas (non, n'exagérons rien, qui enseigneront peu).
En utilisant les possibilités offertes par les comités de sélection créés par la loi du 10 août 2007, une université et un organisme de recherche pourront recruter ensemble un maître de conférences dont le profil aura été défini dans le cadre d’une politique scientifique concertée :
▪ Ce jeune maître de conférences, recruté à parité par des représentants de l’université et de l’organisme, sera ensuite placé, de droit, en délégation auprès de l’organisme, et déchargé pour 2/3 de sa charge d’enseignement.
▪ Il bénéficiera d’une prime significative de 6 000 à 15 000 € par an (prime de recherche et d’encadrement doctoral) et de crédits destinés à soutenir sa recherche (de 10 à 20 000 € par an), l’organisme remboursant à l’université une quotité de la masse salariale.

Au passage, ce sont les mêmes qui refusent d'acter qu'avec la charge d'enseignement des universitaires, il est quasi miraculeux de faire de la recherche compétitive ...

La mesure suivante concerne l'Institut Universitaire de France (IUF), et donc s'adresse à des enseignants-chercheurs seniors (comprendre professeurs).

Bon, mais et les chercheurs?? On y arrive avec la section suivante, "Accélérer l’avancement de tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche en élargissant les possibilités de promotion".
Je traduis, pour ceux qui ne maitrisent pas le langage ministériel: on va augmenter les promotions à masse salariale constante. Donc, pour que je sois mieux payée, désolée les jeunes, mais vous aurez moins de postes. Ah non, tiens, je ne serai pas mieux payée:
Cette mesure s’applique à tous les personnels, c'est-à-dire :
▪ aux enseignants-chercheurs pour l’accès à la hors classe des maîtres de conférences, à la 1ère classe et à la classe exceptionnelle des professeurs ;
▪ aux chercheurs pour l’accès à la première classe des chargés de recherche ; pour l’accès à la 1ère classe et à la classe exceptionnelle des directeurs de recherche;
▪ aux personnels administratifs, techniques et des bibliothèques pour l’accès au grade ou au corps supérieur dans les universités comme dans les organismes de recherche.

Pas d'amélioration du passage CR1 - DR ni MdC-PR ... et toujours pas de création d'une hors classe pour les CR. Bon, c'est plus facile quelque part, je sais que je vais perdre en salaire d'année en année jusqu'à mes 65 (euh 70 merci l'UMP) ans. Sacrément motivant non?

D'ailleurs, histoire que les choses soient bien claires, notre ministre nous donne des exemples:
Exemples pour les enseignants-chercheurs : doublement des taux de promotion
▪ Accès à la Hors classe des Maîtres de conférences : ratio actuel : 10%
Mesures du plan : 15% en 2009, 17,5% en 2010 et 20% en 2011
▪ Accès à la 1ère classe des professeurs : ratio actuel : 10%
Mesures du plan : 12% en 2009 ; 13,5% en 2010 et 15% en 2011
▪ Accès à la classe exceptionnelle des professeurs: ratio actuel : 8%
Mesures du plan : 10% en 2009 ; 12,5% en 2010 et 15% en 2011
Exemples pour les personnels BIATOS : augmentation de tous les taux de promotion
Une grande disparité existe aujourd’hui dans les taux de promotion selon le corps auquel appartient l’agent. Cette situation, absolument inéquitable, ne peut perdurer car elle induit des blocages incompréhensibles pour certains :
▪ taux de passage à la hors classe des ingénieurs de recherche : 4,3%
▪ taux de passage à la hors classe des ingénieurs d’études: 20 %
→ Il s’agit naturellement d’augmenter progressivement le taux de promotion des ingénieurs de recherche en amplifiant une stratégie amorcée dés 2008.

Ne cherchez pas, nulle trace de la situation dans les EPST non universitaires.

Il faut se rendre à la page 13 du document (sur 23) pour arriver enfin à ce qui m'interesse (mon compte en banque): "Les mesures indemnitaires pour les chercheurs"

voila de quoi il s'agit (j'hésite franchement à hurler de rire...)
L’évolution de la prime d’encadrement doctoral et de recherche en une prime d’excellence scientifique permettra d’en faire bénéficier les chercheurs.
Naturellement, les principes d’attribution et les aspects financiers seront strictement identiques pour les enseignants-chercheurs et pour les chercheurs :
▪ Nécessité d’accomplir au moins le tiers d’un service d’enseignement, soit 64 heures TD.
▪ Evaluation tous les quatre ans par une instance collégiale pour avis,
▪ Décision de la direction de l’établissement munie de cette évaluation et des critères validés par les instances de l’établissement,
▪ Modulation possible entre un taux plancher de 3500 euros et taux plafond de 15000 euros.
▪ Possibilités d’abonder l’enveloppe budgétaire grâce aux ressources propres, notamment provenant des contrats de recherche.

Donc, résumons. Si je veux gagner plus, je dois travailler plus (çà me rappelle quelque chose, mais quoi ? ). Pour 64 hr TD, il s'agit de 3800 € (dont on ne sait s'il s'agit de brut ou de net), soit environ 59 € de l'heure. Sachant, que pour assurer 64 hr d'enseignement, il faut compter du temps de préparation, et que l'énervé de service qui tient ses comptes nous indique que pour 44 hr d'enseignement il lui a fallu 78 hr de préparation, gnnnnn règle de trois, compter 113 hr, çà nous met l'heure d'enseignement supérieur à presque 34 €. C'est mon coté épicier, on ne se refait pas; franchement, je ne trouve pas que ce soit attractif.

Compte tenu de l'heure et du fait qu'il me reste environ 10 pages à commenter, je m'en vais saucissonner ce papier.
Suite donc au prochain épisode ...

samedi 1 novembre 2008

Wish List

Cher lecteur, chère lectrice,

Dans un peu moins d'un mois, ce blog soufflera sa première bougie.
A cette occasion, nous aimerions bien que tu t'exprimes un peu (et pas que la petite dizaine de commentateurs réguliers). Comment es-tu arrivé ici, es-tu lecteur occasionnel ou régulier, préfères tu la rive droite ou la rive gauche, doivent elles continuer à cohabiter ???
Autant de questions existentielles qui nous tarautent ...

Mais soyons clairs, ici ce n'est pas l'école des Fans, notre intention n'est pas de nous repaître de commentaires laudateurs (même si nous prendrons plaisir à les lire !), juste de faire connaissance avec toi qui nous lis.

Narayan et Roberta

Houla, la schizophrénie me guette ...

jeudi 30 octobre 2008

Petit retard de biblio

Heureusement que je lis le Piou tous les jours... J'apprends ce soir que je suis en retard sur ma biblio "sauvons Léon". Donc, demain matin j'irai acheter le journal qui en sait plus que les interessés, pour mesurer l'étendue des dégats.

Je suis toujours surprise par les hasards de calendrier cela dit. Quand on sait que nous serons en évaluation AERES (l'agence qui lave plus blanc que blanc) les 16 et 17 décembre, il devenait urgent de relancer le buzz ...

jeudi 23 octobre 2008

Le temps de lire...

... les 63 billets écrits par des magistrats (mais pas exclusivement) en colère contre leur ministre, et je reviens en ligne...
Allez chez Eolas, lisez, et peut être serez vous frappés comme moi des similitudes de l'exaspération de la justice et de la recherche.
Il serait temps que ce gouvernement prenne conscience qu'à traiter comme des moins que rien des personnes qualifiées et motivées par leur métier, l'Etat ne sortira pas vainqueur. Et derrière l'Etat, il y a des citoyens.

lundi 20 octobre 2008

Un nouveau labo

Normalement, on pourrait s'attendre quand on emménage dans de nouveaux locaux réhabilités, à ce que:

1- l'installation corresponde aux plans établis
2- les normes minimales de sécurité en vigueur soient respectées
3- les équipements aient été vérifiés
4- le chantier ait été nettoyé

Mais il faut se rendre à l'évidence, sur les berges de la Mérantaise, ces standards n'ont pas cours. Avec deux ans de retard sur la date prévue, nous avons enfin pu nous installer dans nos nouveaux locaux dont je savais déjà que la pièce principale ne correspondait pas à ce que j'avais demandé.
Il se trouve que la pièce technique est un pur cauchemar. Elle ne ressemble que très moyennement à ce qui était demandé, et surtout elle comporte un florilège de réalisations dangereuses pour les utilisateurs:

- Fil dénudé trainant au sol (bon, en fait pas si grave, vu que la hotte n'a pas été raccordée électricité ... raccordement devant être réalisé en priorité)
- Ma préférée, bloc de prises au dessus de l'évier
- Pas de lumière dans les locaux, rendant les manipulations après le coucher du soleil hum, comment dire aléatoires?
- Trou dans le mur extérieur (30 x 30 quand même), nous permettant d'avoir une chambre froide naturelle, faute d'avoir obtenu l'installation de celle qu'on nous avait promis (trop cher parait-il). Prévoir un budget mitaines et grog pour cet hiver.

Franchement c'est vrai, pourquoi installer deux équipes juniors de biochimie et leur donner des conditions décentes de travail? Nous craignons tous l'évaluation de l'AERES, mais en fait le travail de sape est bel et bien initié au niveau local.

Je ne perds pas espoir que la situation s'améliore dans le moyen terme. J'ai en effet eu l'agréable surprise de voir le vitrier ce matin. Il est finalement venu remplacer un carreau cassé il y a 18 mois, intervention qui avait été reclassée "urgentissime" il y a deux semaines par la responsable sécurité. Donc maintenant, j'ai l'échelle de temps utilisée sur le campus... dans un an, si tout va bien, les locaux devraient être conformes à mes besoins.

Je renonce finalement à publier des photos. Par pitié pour l'honneur de notre institut et de l'université dont il dépend.

dimanche 19 octobre 2008

décriptons le nouveau logotype

Donc le CNRS (le cnrs devrais-je dire) change son image de communication. Un tout nouveau logotype présenté hier ici même dans sa version petit format.
Version grand format, voila ce que çà donne:



Afin de décripter ce visuel, je vous livre ce que le Journal du CNRS nous apprend:

Les lettres sont en minuscule pour démysthifier l'institut et le rendre plus accessible. Dingue, il fallait y penser. Je persiste à dire que je perçois le CNRS comme un truc tout petit avec ce graphisme. Sans compter qu'un acronyme est en général indiqué en majuscule mais bon... Ainsi, pour démysthifier nos différents ministères, je propose qu'on les signale en minuscules, mesr, mae, minefi, rien à dire, tout de suite je m'en sens plus proche.
Les lettres sont inscrites dans une forme arrondie et compacte qui exprime l'unité que conservera le cnrs (va falloir s'habituer à le minusculer...). Je vous passe le reste du signifiant de la forme pas tout à fait ronde, ceux qui veulent tout savoir peuvent aller .
Quant à la barre blanche (qui m'évoque un nez dans un visage triste sur le petit format) elle est remplacée par ce qui devrait être notre leitmotiv à venir "dépasser les frontières" ou en version internationale "advancing the frontiers" (est-ce vraiment correct en anglais? Je trouve que çà sonne bizarre).

Si avec tout çà on ne fait pas de bonne science, c'est que nous sommes vraiment des parasites.

samedi 18 octobre 2008

lifting

Notre bonne vieille maison change son image.
De çà

on passe à çà

Je n'étais pas particulièrement fan du premier, mais depuis 30 ans qu'on l'avait sous les yeux il était devenu indissociable de la maison.
Le nouveau me semble un peu ridicule, et contrairement à l'argumentaire développé par ses concepteurs, je le trouve petit et réducteur. Un tout petit cnrs enfermé dans sa bulle, voila ce que m'évoque ce visuel.
Et vous?

jeudi 16 octobre 2008

ah ben dis donc!!

Bon, le Piou fait du Roberta!! Et moi je fais ma feignasse (normal hein quand on bosse au CNRS..).
Alors allez lire son dernier papier, je n'ai rien à y ajouter, en fait j'aurais presque pu l'écrire si j'avais eu le courage...

Franchement, elle se moque de qui notre ministre (que mille synchrotrons rayonnent sur sa tête1) ?


1 Y a pas de raison qu'il n'y en ait que pour l'autre d'abord!

lundi 13 octobre 2008

Bricol'girls

Certes, je suis silencieuse depuis le début du mois. Mais les journées sont plus que courtes pour qui déménage un labo...

Résumé des épisodes précédents:
Ici, je racontais comment les travaux qui avaient déjà un an de retard allaient tourner au cauchemar
, je confirmais que mes pires prévisions étaient encore trop optimistes
Enfin, j'adoptais une nouvelle stratégie pour pouvoir déménager avant que les locaux précédents ne s'apparentent à un meublé sordide pour clandestins.

Et donc, la semaine du 29 septembre au 3 octobre nous déménageâmes enfin...

Dit comme cela, tout est simple. En fait, la situation fut bien plus éprouvante nerveusement.
Alors que j'étais en congrès aux états-unis, je reçu un appel au secours de mon thésard, à qui on avait dit que le déménagement se ferait le 22 septembre non négociable si l'on voulait l'aide des hommes en bleu. Sauf qu'il était hors de question que j'accepte un tel dictat alors que j'attendais depuis 2 ans. Cette date que l'on tentait de nous imposer tombait pile entre deux avions.
Après un échange de mails d'une amabilité toute relative, et un passage éclair au labo, je réussi à imposer les 29 et 30 septembre comme jours de transumance.

Il me semblait évident que si ce déménagement se précipitait c'est que les travaux étaient enfin fini-n-i-ni.

Je n'ai vraiment pas été déçue!

En deux jours nous avons bougé tout le lourd et tout réinstallé ...
Sauf que les meubles muraux du nouveau labo (choisis début septembre) n'avaient pas été commandés... et donc de rangement aucun. A ce jour, la situation est toujours en stand-by, et la vaisselle stérile entassée dans des cartons qui migrent au gré des besoins en espace des uns et des autres.
Sauf que la cellule informatique qui devait finaliser le cablage, ne m'avait pas prévenue que je devais fournir les cables ethernets, switch et autres gadgets permettant de se connecter, laissant la partie labo coupée du monde (sans téléphone, le responsable ne voyant pas l'intérêt d'un téléphone dans un labo...).
Sauf que les services techniques de la fac ne sont toujours pas venus changer le carreau cassé (tant que le labo était vide, il n'y avait pas urgence c'est logique!) ni élaguer l'arbre dont les branches bloquent deux autres fenêtres.
Sauf que la nature ayant horreur du vide, et mon emménagement ayant tardé, l'espace dans le -80°C qui m'était réservé avait été réquisitionné par une autre équipe. Tout le matériel biologique du groupe est donc localisé dans l'ancien batiment (nous espérons pouvoir faire le transfert cette semaine).

Coté bureaux, guère mieux, puisque j'ai fini par aller chercher scie sauteuse et perceuse chez moi pour terminer l'aménagement des locaux (ce qui m'a valu une engueulade sur le thème "c'est pas à toi de faire çà"; certes, mais quand ceux dont c'est le job ne font pas ...), que j'ai attendu plus d'une semaine les adresses IP pour mes machines, et que j'ai réalisé que nous avions 1 seule clé bureau pour 5 utilisateurs (détail qui a son importance quand celui qui a la clé part en verrouillant sans avoir vérifié qu'il était effectivement le dernier à partir...).

Et çà c'est pour les bonnes nouvelles...

La suite un autre jour, avec photos à l'appui.

Vous comprendrez je l'espère mon absence de communication bloguesque, mais là vraiment, le coeur n'y était pas.

Sinon mes nouvelles recrues sont hyper efficaces et bricoleuses ... heureusement !!

vendredi 10 octobre 2008

Un de plus

Faute de temps, j'arrive un peu après la bataille pour commenter l'attribution du Nobel de littérature à J-M. Le Clezio.
A ma grande honte, je dois avouer n'avoir jamais rien lu de cet auteur...
Comme il n'est jamais trop tard pour combler cette lacune culturelle, toute suggestion de lecture est la bienvenue.

lundi 6 octobre 2008

Cocorico

Deux nobels de médecine en plus pour notre petit pays: Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour leur découverte du VIH. Ils partageront la gloire et les sous avec un allemand, Harald zur Hausen, pour sa découverte du VPH.

De l'américain, Robert Gallo, avec qui Pasteur fut en bisbille pour les brevets liés au VIH point de trace. Voilà qui devrait clore définitivement la polémique sur le sujet ...

vendredi 3 octobre 2008

Orange aime ses vieux clients

Bon, tout de suite, je dois avouer qu'à mon retour de vacances j'ai craqué .... j'ai couru dans une boutique Orange m'offrir le petit dernier de la Pomme. Première surprise, le commercial (à vu de nez pas plus de 25 ans) me parle comme si j'étais une demeurée. Bon, certes mon ancien portable est un brin ringard (il me fallait un modèle à grosses touches rapport à la vue qui baisse) et le forfait ante déluvien (jamais changé depuis 2001, c'est dire), sans envoi de sms ! Mais il me convenait fort bien (le forfait) vu que je préfère un clavier d'ordi à un clavier de téléphone pour écrire quelque chose (je ne sais pas parler smeusse, je tape tous les mots en entier, un vrai dinosaure!).
Bref, le gentil garçon me classe illico dans la catégorie "dépassée par le progrès voulant frimer avec un iphone", et donc me parle comme si j'avais plus de 70 ans...

Hors, m'apprend-t'il, je dois changer de numéro de téléphone pour accéder à l'objet tant désiré. Parce que je dois prendre un nouveau forfait, le mien ne pouvant être transféré sur la F1 de la téléphonie mobile (rapport à la 3G ou un truc approchant). Je dois donc résilier mon abonnement actuel, qui se trouve expirer mi-octobre, et ouvrir un nouveau contrat. Le tout me permettant de ne payer QUE 149€ le joujou au lieu de 509€ hors forfait téléphonique (et là, je ne vois pas à quoi çà sert de se payer un iphone, mais c'est une autre histoire).

Très bien lui rétorqué-je, mais le portage de numéro permet de les conserver non?
(vieille peut être, mais quand même un peu au courant)
Ah non, me répond-il, le portage ne s'applique qu'aux clients venant de chez nos concurrents.
Quand je vous dit qu'Orange aime ses vieux clients ...

Là, je dois avouer que j'ai un peu hésité quand même (si vous connaissiez mon ancien numéro, vous comprendriez pourquoi!), mais bon, j'ai franchi le pas du changement de numéro. A l'annonce du nouveau, j'ai pleuré. Il est nul, je ne le mémoriserai jamais même après avoir envoyé un millier de smeusses annonçant à mes différents contacts que j'ai un nouveau numéro.

Lorsque je demandai ensuite au crétin vendeur si je pouvais me servir "worldwide" du bibelot (je ne trouvais tout simplement pas le mot français pour le dire, une semaine d'english speaking m'ayant reconnecté les neurones sur la langue de Shakespeare), j'eu comme réponse "vous parlez un peu anglais vous ? (sourire de tueur de Narayan commençant à ne plus trouver çà drôle) Vous voulez dire dans le monde entier ? ah non".

Comment diable peut on vendre un tel bijou sans rien y connaitre ?
J'insiste, en parlant plus clairement: vous voulez dire que je ne peux m'en servir qu'en France???
Ah... vous voulez téléphoner vers l'étranger ou de l'étranger ?
Les deux mon petit, les deux.
Ben non , ce n'est pas dans le forfait.
D'accord, mais si je paye en plus, je peux le faire non?
Ah bien sur dans ces conditions vous pouvez le faire. Enfin, pas partout. Afrique et Asie sont injoignables à partir de l'iphone.

Après une petite seconde de réflexion pour vérifier que je ne connais personne ni ne compte aller prochainement sur ces deux continents, je finis par accepter le deal, signe le nouveau contrat et paye mon joujou.

Et pour la résiliation de l'ancien contrat ? Ah, il faut que vous téléphoniez au service client parce que nous ne pouvons pas effectuer cette opération (très fort, non? Dans une boutique Orange, vous pouvez vous abonner, pas vous désabonner!).

Rentrée chez moi, je fais un peu bisquer Baloo avec l'objet tant convoité, puis un peu plus tard dans la soirée, j'appelle le service client (signalé fonctionner 7/7 et 24/24 sur mes factures). Je finis par avoir un opérateur qui après m'avoir demandé plein de renseignements, s'enquiert de ma requète (résiliation) et me répond qu'on ne peut résilier un abonnement qu'entre 8 heures et 20 heures !!!

Le lendemain, j'arrive finalement à joindre l'opérateur de résiliation:
Et puis-je savoir Madame, pourquoi vous nous quittez ?
Mais je ne vous quitte pas, en fait je viens d'acheter un iphone et j'ai donc dû prendre un nouveau contrat.
Mais c'est pas possiiiiiiible, c'est vraiment n'importe quoi ! (là je dois dire que j'étais un peu larguée)
Vous pouviez tout à fait faire évoluer votre forfait pour le rendre compatible Iphone. Un forfait xxxx çà ne se lâche pas!

De plus en plus perplexe, je lui dit que de toutes façons je n'avais pas assez de points sur le "changez de mobile" pour faire l'opération à un tarif raisonnable.
Que nenni, me répond-il (enfin pas textuellement, on est chez Orange), nous faisons une offre commerciale pour nos plus anciens clients qui ont un historique de paiement irréprochable (catégorie dans laquelle je rentrais vous l'aurez deviné). Vous seriez passé par le service client, tout aurait été résolu sans problème. En fait, les agences commerciales sont au courant de la promotion, mais comme la rémunération des commerciaux est calée sur les ouvertures de contrats, ils vous racontent n'importe quoi ...

Là j'ai marqué un grand silence ... puis,
Et donc, vous ne pouvez pas rattraper le coup ?
Ben non, c'était trop tard, si encore j'avais appelé la veille .... (je l'ai bien fait crétin, mais la notion du 24/24 chez Orange ne correspond pas à la mienne).

En résumé, Orange ne pratique le portage que pour piquer des clients à la concurrence.
Orange prévoit des conditions avantageuses pour ses anciens clients, mais ne juge pas utile de les prévenir (pas de courrier, pas de mail, pas de sms, aucune information même subliminale sur leur site web, nul à ch.. au demeurant), et quand le client s'aperçoit qu'il s'est fait avoir, n'a pas prévu non plus de geste commercial réparateur.

Quand je vous disais qu'Orange aime ses vieux clients ...

Sinon, l'Iphone c'est trop génial!

C'est la folie dans le labo

Et une structure qui pète, une!!

Bon, manque un petit bout qui résiste, mais normalement il devrait se révéler à nos yeux ébahis très bientôt (les bécanes tournent comme des malades pour boucler la modélisation).

On ne pouvait faire mieux pour la pendaison de crémaillère ... merci les cristallographes!

jeudi 2 octobre 2008

Piouthon

C'est pas cool du côté de la Bay area. Pas cool du tout, vu que le Piou s'est envoyé en l'air grâce à un conducteur imprudent.
On ne peut pas faire grand'chose (sauf à envoyer un kit antidépresseur à base de conserves de La Belle Chaurienne), mais on peut faire un tout petit geste (ou plusieurs) pour l'aider à racheter le matériel détruit dans l'accident: cliquer sur les liens pubs de google, dont la pertinence m'impressionne (clinique du genou, arthrose, prothèses !!).
C'est là qu'il faut aller.

A vos souris, et à votre bon coeur.

lundi 29 septembre 2008

D-day

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis en plein déménagement de labo...
Juste ce qu'il me fallait pour me remettre dans le rythme après mes voyages de septembre, et surtout juste à temps avant l'arrivée de deux nouveaux gentils membres ce mercredi, on est très joueurs au bord de la Mérantaise !

Je vous rassure, les travaux ne sont pas terminés, disons que le minimum vital est assuré (eau, gaz, électricité .. encore que la pièce machine soit loin d'être fonctionnelle). Il manque les placards, et quelques bricoles, mais bon, on fera sans.

Le vrai miracle est que tout s'est débloqué alors que j'étais aux USA. Tout çà grâce à un ultimatum stratégiquement envoyé à la direction de l'institut (sur le thème, si je n'ai pas déménagé le 30/09, je ne bouge plus dans les nouveaux locaux). Et quand on agace Dieu, il fait tomber sa colère sur ses ouailles ...

J'aurai dû y penser plus tôt ...

vendredi 26 septembre 2008

Mama mia !

Ne plus jamais dire de mal du taxi parisien. J'ai trouvé pire (ou mieux si l'on est adepte des émotions fortes): le taxi Barcelonais...

Sinon, beau temps, mer calme. Côté science en revanche, j'ai rarement été aussi mauvaise lors d'une présentation orale. On va mettre çà sur le compte du jet lag pas tout à fait récupéré. C'est vrai, c'est pas comme si j'avais terminé mes diapos à 2 h du matin pour me lever à 5h30...

mercredi 24 septembre 2008

Je craque

Entre les problèmes de déménagement de labo (que je développerai sous peu) et ma malédiction pérégrine, franchement j'envisage le Prozac ...

Donc, demain matin je dois quitter les berges de la Mérantaise dès l'aube pour aller prendre un avion direction l'Espagne. Par la grâce des marchés publics (que l'université nous impose toujours quand bien même la loi qui l'en dispense est en vigueur depuis un an), je n'ai pas trop mon mot à dire sur le choix du billet (juste le jour et la tranche horaire, ce qui est déjà pas mal en réfléchissant). Bref, je dois donc attraper un vol AF à CDG, double source de problèmes de voyage s'il en est.

Coté AF, tout à l'air normal.
Coté RER, il fallait s'en douter, une nouvelle grève est en vigueur depuis lundi, et comme de bien entendu, la connection RATP-SNCF n'est plus assurée gare du Nord.

J'en suis à me demander si je ne vais pas passer la nuit à l'hotel à Roissy pour être sure de ne pas rater mon vol de 9h...

Vu le nombre de billets qui s'accumulent sur mes galères de déplacements, je vais peut être créer un nouveau libellé...

mardi 23 septembre 2008

ira, ira pas?

Depuis le 9 septembre, la campagne d'inscription sur la liste de qualification est ouverte.
Date de clôture, le 14 octobre 2008, 17h heure de Paris.

Pour participer, c'est .

Perso, je me tâte ...

lundi 22 septembre 2008

Sea Science'n Sun

Voilà qui résume assez bien cette semaine de congrès outre Atlantique. Côté science, j'avoue supporter de moins en moins que ne soit présenté en plénière que ce qui est publié. Quand on est à jour de la biblio, on n'apprend pas grand'chose. Le seul topo présentant des résultats non publiés concernait une hypothèse foireuse qui n'a pas pu être validée (et ce n'est pas faute d'avoir réalisé des milliards de manips plus couteuses les unes que les autres). La nouveauté se trouvait plus sur les posters, et donne une idée de ce qui va bientôt sortir dans la littérature, et qui constituera donc l'essentiel du prochain congrès dans deux ans.

De la science donc, mais également beaucoup d'extra-science:
  1. Les derniers potins des labos, qui est avec qui, qui a quitté qui, éléments essentiels pour ne pas commettre d'impair lors des conversations autour du bar.
  2. Les complaintes sur les thésards et/ou post-docs qui ne sont plus ce qu'ils étaient (comprendre ce que nous étions) puisqu'ils osent prendre des vacances, des week end, et qu'ils passent leur vie au téléphone ou sur msn ... Complainte entonnée par tous les chefs avec qui j'ai abordé le sujet1. Bref, on se demande bien comment les labos américains arrivent toujours à sortir autant de Science ou Molecular Cell.
  3. Les complaintes sur les financements de plus en plus difficiles à obtenir. Là, j'avoue avoir été très surprise car la situation aux USA semble également compliquée, certains groupes qui sont des leaders dans mon domaine se retrouvant dans une situation budgétaire critique.
  4. Les prochains congrès ou l'on va aller, et où l'on se retrouvera pour tenir les mêmes discussions.
  5. Et bien sur, l'élection présidentielle à venir avec beaucoup de pessimisme quant aux chances qu'Obama a de l'emporter ...
Finalement, le seul vrai intérêt de ce workshop c'est de se faire connaitre (ou de se rappeler à la mémoire de certains), et de consolider ou agrandir son réseau, du politique pour au moins 80% donc.

Pour ceux qui n'évoluent pas dans le monde académique, je recommande vivement la lecture de David Lodge:
Changement de décor, Jeu de société, Un tout petit monde (tout particulièrement ce dernier centré sur les congrès).

Du pur bonheur!

1Mon ancien patron de post-doc m'a même dit que lorsque ses 3 PhD students auraient soutenu, il n'en reprendrait pas (they're not enough dedicated to science...), et ne fonctionnerait plus qu'avec des post-docs. Je me demande bien d'où sortiront les post-docs si plus personne ne veut former de doctorants ...

dimanche 21 septembre 2008

çà se bouscule au portillon

A mon tour de piquer ma crise....
Y sont devenu quoi mes lecteurs?? Z'avez vu le lien commentaire???
Franchement, si personne ne juge utile de se manifester, je vais peut-être jeter l'éponge...

Le pied

Quand je pense que des millions de voyageurs doivent se déchausser et déambuler pieds nus dans les aéroports parce que quelques années auparavant un crétin au cerveau reformaté espérait faire sauter un avion grâce à ses semelles piégées, je me dis que son club de fanatiques a remporté une petite victoire.


Note à moi même: ne plus prendre l'avion avec ma nouvelle paire de Converse à double laçage trop cool.

mercredi 17 septembre 2008

The Great Gig in the Sky

Dire que je n'ai chargé aucun morceau de Dark Side sur mon i-machin...
Un de plus à quitter ce qui est toujours malgré les années qui passent mon groupe préféré.
Tchao Rick.

dimanche 14 septembre 2008

Qu’est-ce que je disais …

? Rien de nouveau sous le soleil, la malédiction du voyageur est toujours en pleine activité comme vous allez le constater.

Je suis donc partie à Boston, faire une cure de science de l’autre coté de l’Atlantique. De toutes mes galères d’avion, je pense que ce dernier vol sera dans mes favoris. Environ trois heures après le décollage, nous avons eu une annonce : « y a t’il un médecin dans l’avion ? Si oui, qu’il se fasse connaître de toute urgence ».
A ce moment, je n'ai pu m’empêcher de penser qu’avec ma chance légendaire, le pilote devait être sub-claquant. Fort heureusement, la situation n’était pas aussi dramatique, bien que grave. La chef de cabine de la Business Class avait fait un malaise cardiaque, suffisamment sérieux pour que notre vol soit détourné sur l’Islande. Atterrissage sur l'aéroport de Keflavik, évacuation de la malade, re-fuel, puis attente d’un créneau pour pouvoir décoller vers Boston. A l’arrivée, 4h30 de retard (pour un vol censé durer 8 heures), et donc pas de shopping à Harvard Square …
Il ne me reste plus qu’à croiser les doigts pour le retour.

Bien entendu, nous avions également eu une galère en allant à Edimbourg, mais tellement classique qu’elle ne mérite pas d’être mentionnée.

vendredi 12 septembre 2008

Nouveau monde

Départ demain pour les USA, direction Boston puis Cape Cod, pour 8 jours de workshop ...
Au programme, de la science, encore de la science, rien que de la science.
Voila qui va me faire du bien!
Si en bonus la météo est clémente, ce sera parfait.

dimanche 7 septembre 2008

La rentrée de la rive droite

.. n'a rien eu à envier à celle de la rive gauche.

Outre la gestion psychologique du retour au rythme scolaire,
(le gnome dépèche toi tu vas être en retard; le gnome accélère tu vas être en retard; mais qu'est ce que j'ai fait pour avoir un enfant comme çà qui trouve malin d'être en retard à l'école dès le premier jour ??? en augmentant le volume sonore à chaque intervention puisqu'il est reconnu que le son est très efficace pour rattraper le temps perdu)
la gestion stratégique du remplissage de lave linge couplée au vidage de valise,
la gestion subtile du vide sidéral qui remplissait mon frigo,
(le vide remplit-il vraiment, je m'interroge?)

je devais préparer quelque peu ce week end, consacré exclusivement au jubilé de Baloo.
(comprendre fête le samedi, coma le dimanche, on n'a plus vingt ans ...)

Bref, une semaine d'enfer, où j'ai à peine eu le temps de faire ma revue de blogs et pas du tout le temps de me consacrer aux chroniques. Avec la semaine qui s'annonce, j'ai peur de continuer à avoir une production minimaliste ici bas, et pourtant, ce n'est pas par manque d'inspiration ...

Rentrée sur la rive gauche

Que dire de cette semaine de rentrée, sinon qu'elle a été terrible ?

Premier jour, ouverture de la boite mail ... il m'a fallu la journée pour trier 4 semaines de réception, et je tiens à remercier les ressources informatiques de l'université et l'efficacité de leur filtre anti-spam qui m'auront permis de ne pas manquer les dernières promotions sur le vie à gras, de prendre des nouvelles de Mmes Dallo, Babacar, Dimo et leurs copines qui me promettent régulièrement de gagner une fortune en leur rendant un infime service, et m'évitent la lecture inutile des "table of content" de PNAS, EMBO, Cell, Nature et autres revues perverses.
Passé l'étape de ré-adressage correct des catégories sus-citées, j'ai ensuite découvert que j'avais manqué une réunion importante pour l'évaluation AERES, réunion d'une telle portée stratégique qu'aucun des participants n'a jugé utile de faire un compte rendu pour les irresponsables (dont je fais partie) qui avaient choisi de prendre leurs vacances en Août.
J'ai également découvert avec bonheur que je devais proof-reader un papier, lire, corriger et modifier différents documents pour la veille, approuver des modifications budgétaires, etc etc.

J'ai donc passé 3 jours pleins à gérer les diverses situations qui étaient de fait devenues urgentissimes. Le quatrième jour m'a enfin permis de travailler sur le dernier papier en cours de rédaction, et de passer l'après midi en réunion (chic, çà me manquait).
Il n'y avait pas de 5ème jour, puisque j'avais eu la bonne idée de reprendre le mardi. D'ailleurs si quelqu'un sait mettre les enfants en stase les jours sans école et sans centre de loisir, je suis preneuse.

La semaine qui s'annonce risque d'être tout aussi occupée, avec ce que j'ai programmé (terminer la rédaction du papier), ce qui immanquablement va me tomber dessus en dernière minute, et les préparatifs liés à mon départ en congrès samedi prochain , direction Boston.

Tout bien considéré, et uniquement de ce coté de la Mérantaise, il est clair que disparaitre du monde moderne pendant quatre semaines était une erreur colossale ...

mardi 26 août 2008

Clichés d'Ecosse

Tradition oblige










La cathédrale de St Andrews (enfin ce qu'il en reste ...)

















Vue de Stirling, The Highland cow, William (Braveheart) Wallace

lundi 25 août 2008

Faire et défaire ...

... les valises, c'est toujours être en vacances.

Donc, après avoir vidé les valises écossaises (pulls, chaussettes, KWay), fait tourné deux machines aujourd'hui, je m'apprête à refaire les bagages pour la troisième fois des vacances.

Départ demain pour la Brie, destination certes peu exotique mais excellente pour le repos. J'explique. Je pars avec le Gnome me faire dorloter par ma môman (comprendre, je ne fais pas la bouffe, je ne mets pas le couvert, je ne fais pas la vaisselle, je ne fais RIEN).

Au programme, ballades en vélo si le temps le permet direction le très secret meilleur roncier producteur de mures sauvages, ramassage des dites mures, et confitures, confitures, confitures...

Et deux matinées exclusivement réservées à mon loisir favori, la photo à la chaine de l'état civil ancien d'un village voisin (prévu, la numérisation des registres de 1792 à 1802).

Après tout çà, il faudra se résoudre à rebrancher les neurones "boulot", l'évaluation AERES étant prévue mi-octobre ...

Flowers of Scotland

L'Ecosse c'est beau, mais c'est humide,
mais qu'est-ce que c'est beau, mais qu'est ce que c'est humide...

8 jours bien remplis, un peu de tourisme, un peu de science, re-un peu de tourisme, le tout sous un ciel gris plomb, des trombes d'eau et une température extérieure allant de 13°C les mauvais jours à 18°C LE jour de beau temps (nous étions alors à Edimbourg).

La très bonne surprise de ce séjour, aura été de découvrir que le Haggis, c'est bon! Je ne détaillerai pas sa composition par pitié pour les âmes sensibles, mais moi qui n'aime rien j'ai vraiment regretté de ne pas en avoir plus dans l'assiette.

Nous sommes devenus imbattables sur l'histoire de l'Ecosse. En gros, ils ont passé leur temps à se bastonner entre eux pour savoir qui serait le roi, jusqu'à ce que les anglais mettent tout le monde d'accord ... L'exception notable à ce résumé est la pâté que les Ecossais ont infligés à l'Angleterre (Braveheart pour ceux qui se cultivent uniquement au ciné), et qui est évoquée dans l'hymne "national" écossais, Flowers of Scotland.

O Flower of Scotland
When will we see
Your like again,
That fought and died for
Your wee bit Hill and Glen
And stood against him (ENGLAND !)
Proud Edward's Army,
And sent him homeward
Tae think again.

The Hills are bare now
And Autumn leaves lie thick and still
O'er land that is lost now
Which those so dearly held
That stood against him
Proud Edward's Army
And sent him homeward
Tae think again.


Those days are past now
And in the past they must remain
But we can still rise now
And be the nation again
That stood against him (ENGLAND !)
Proud Edward's Army
And sent him homeward,
Tae think again.

0 Flower of Scotland
When will we see
Your like again,
That fought and died for
Your wee bit Hill and Glen
And stood against him
Proud Edward's Army,
And sent him homeward
Tae think again.


En italique les couplets qui ne sont pas chantés lors des matches, et pour ceux qui veulent entendre ce que çà donne, c'est . Le England entre parenthèses n'est pas dans le texte, mais traditionnellement, les écossais le hurle lors des matches contre la perfide Albion (ils ont la rancune tenace !).

lundi 18 août 2008

Chroniques de la connerie ordinaire

Au bord de la rivière, il nous fut donner de côtoyer la famille candidatant pour le titre de « connard de l’année ». Alors que nous et d’autres parents passions notre temps à expliquer à nos rejetons que jeter des cailloux dans la rivière est certes un jeu passionnant pour peu qu’on soit génétiquement pourvu d’un X et d’un Y, il n’en demeurait pas moins que c’était un jeu con ET dangereux, certains nageurs ayant la stupide habitude de se mouvoir sous l’eau, donc d’être invisible aux yeux de l’apprenti lanceur de poids,
alors donc que nous tentions de tenir notre rôle d’éducateur, cette famille composée d’une brochette d’adultes décérébrés et d’une ribambelle d’enfants entre 18 mois et 15 ans (au jugé) avait érigé comme THE jeu de l’été de caillasser la partie de la famille se baignant.

Quand on a un peu suivi l’actualité fait-divers de l’été, on comprendra pourquoi un tel comportement eu vite fait de me faire voir rouge. A ma grande honte, je me suis abstenue de toute intervention, ayant le secret espoir qu’un de ces crétins se prendrait enfin un galet dans la tronche. L’apprentissage par l’erreur, est un des meilleurs à mon avis.
Làs, les lanceurs étaient d’une telle maladresse que jamais ils n’atteignirent leur but (heureusement soit dit en passant pour les innocents baigneurs qui se trouvaient à proximité).

Cela dit, l’actualité de Bonifacio est dramatique. Lisant les news web sur des sites de haute tenue (LCI, Yahoo, et j’en passe et des meilleures) je suis sidérée de la violence des commentaires laissés par les lecteurs. En bref, laissons ces ados pourrir en prison pour les 20 ans à venir, ils n’avaient qu’à réfléchir. Ben oui, mais le propre de la connerie est que si on réfléchissait …Loin de moi l’idée de ne pas sanctionner ces deux jeunes ados, dont la crétinerie sans borne a conduit au décès d’un bébé. Il me semble malheureusement que la prison n’est pas la bonne réponse, surtout dans ce cas précis où l’incarcération est préventive. On les voit mal retourner demain balancer des pavés dans la mer.
Et surtout, surtout, je suis sidérée de découvrir autant d’adultes responsables et respectueux des lois qui ont été auparavant des ados responsables et respectueux des lois.

dimanche 17 août 2008

Lectures estivales

En 16 jours, j’aurai avalé un certain nombre de pages, avec à la clé finalement pas mal de déception.

Millénium, ou comment ai-je pu me faire ballader ? Bon, je n’ai rien contre les best-sellers, mais forcément j’en attends beaucoup, souvent trop en fait. Bref, j’avais lu le tome 1 en Juillet, et avais été agréablement surprise. Sans états d’âmes, j’ai donc mis les tomes 2 et 3 dans les valises… Franchement, on peut très bien s’arrêter sur le premier. Le deuxième est plus convenu, le troisième limite chiant, sauf deux chapitres en fin de bouquin.

A genoux (M. Connelly) : LA déception du mois. Non pas que l’histoire ne soit pas intéressante, mais le père Connelly, sur ce coup là a fait du service minimum. Un Harry Bosch sans vague à l’âme, ni bitures sur la terrasse en écoutant un standard jazz (enregistrement 1958 sinon c’est nul), ni même engueulade avec la hiérarchie, çà fait bizarre. Ce qui m’a le plus déçu c’est d’avoir dès le deuxième chapitre compris qui était le meurtrier, bien que le mobile m’ai échappé (mais il est d’un tel convenu que j’espérai mieux). Surtout c’est torché, genre je ne vais pas faire 50 pages de plus.

Profondeurs (H. Mankell) : rien à dire, du grand Mankell, d’un déprimant ! Franchement, lire cet auteur ne donne pas envie d’aller vivre en Suède … Bon, un bon roman, d’une tristesse épouvantable (quoique, les ames grises sont bien pire dans le genre). A lire sous le soleil impérativement !

La course au mouton sauvage (H. Murakami) : Génial m’avait dit la libraire… comme somnifère oui, je confirme génial ! Bon, je n’accroche pas du tout à ce livre. Moralité, je l’ai commencé deux jours avant le départ, l’ai laissé tomber en cours de vacances pour lire tous les autres, puis m’y suis remise pour le voyage retour…Et bien, même en voiture je me suis endormie, moi qui suis une passagère flippée incapable de somnoler, on ne sait jamais, la mort pourrait me rattraper pendant le sommeil. Donc toujours pas fini, et à mon avis j’en serai au même point au retour d’Ecosse.

Le vrai problème de tout çà, est que je n’ai plus un seul livre en stock pour la suite des vacances, et pas le temps de passer au ravitaillement. Il me faudra donc soignement choisir quelques compagnons de relecture pour la semaine à venir.

samedi 16 août 2008

Ratatouille

C'est un de mes plats préférés, à réaliser et à déguster.
L'inconvénient, c'est qu'il faut avoir 1h30 devant soi pour se lancer.
L'avantage, c'est que pendant 1h30 on est indisponible.

Voila donc pour les gourmets qui passeraient par là, la recette de la Ratouille1 maison:

Prévoir:
Une belle aubergine
2 oignons jaunes
Un poivron (jaune pour l'esthétique du plat, mais rouge ou vert font l'affaire)
3 courgettes de bonne taille (pas trop grosses)
4 tomates charnues et juteuses (l'idéal est de prendre de l'olivette)

Huile d'olive, sel, poivre, ail, herbes de provence.
1 grande poële, un faitout (en fonte de préférence)

C'est parti pour 1h30 de boulot:

- Couper l'aubergine en rondelles (1/2 rondelles dans la partie la plus large). Les répartir sur un plat, saupoudrer de gros sel. Réserver.
- Emincer les oignons, les faire blondir à la poële dans de l'huile d'olive.
-Pendant qu'ils dorent, débiter le poivron en lamelles puis en dés. Bien ôter les pépins et les parties blanches à l'intérieur.
- Transférer les oignons dans le faitout en les égouttant.
- Faire revenir le poivron dans la poële (ajouter une goutte d'huile si les oignons ont tout bu)
- Pendant ce temps, débiter les courgettes en rondelles fines. Surveillez les poivrons, çà brule très vite...
- Transférer les poivrons dans le faitout en les égouttant.
- Faire revenir les courgettes dans la poële en ajoutant de l'huile si nécessaire. On arrive dans la partie consommatrice de temps, car je fais dorer toutes les tranches sur les deux faces.... donc, peu de courgettes à la fois dans la poële, et retourner chaque tranche une à une...
- Lorsque les tranches sont bien dorées, transférer dans le faitout, et continuer jusqu'à être venu à bout du stock de courgettes.
- Egoutter les aubergines qui ont dû rendre un peu d'eau. Ne pas hésiter à presser les tranches pour qu'elles dégorgent bien. Faire revenir l'aubergine dans la poële en ajoutant de l'huile d'olive régulièrement (incroyable ce que la chair d'aubergine peut pomper comme huile...). Comme pour les courgettes, veiller à ce que les tranches soient dorées des deux cotés.
- Transférer l'aubergine dans le faitout.

- Mélanger tous les légumes revenus à la spatule. Saler, poivrer, ajouter des herbes de provence (il faut être généreux) et l'ail (personnellement, j'utilise l'ail lyophilisée). Les puristes mettront une ou deux gousses d'ail et un bouquet garni, thym, persil, laurier.

- Débiter les tomates en quartiers, les mettre sur les légumes revenus. Couvrir le faitout, cuire 45 minutes à feu doux. Penser à touiller les légumes de temps en temps. Ce qu'il se passe pendant cette dernière étape, les tomates rendent du jus, les légumes rendent l'huile, le tout se mélangeant. Une bonne ratatouille n'est pas sèche, elle est juteuse.

- Après cuisson, soit on est raccord et on consomme immédiatement (je n'y arrive jamais), soit on réchauffe avant de servir...

S'il en reste c'est également très bon froid !

La semaine prochaine, la recette du Haggis, puisqu'après deux semaines dans les collines cévenoles nous partons nous geler dans les Highlands...



1Ainsi nommée désormais, car le Gnome lorsqu'il était plus jeune ne pouvait se sortir du "tatouille", et avait décidé de simplifier en Ratouille.