jeudi 24 juillet 2008

Avant, après

Le dernier post du Piou, m’a inspiré un commentaire fort long, que j’ai décidé du coup de republier ici (p’tite flemme moi avec cette chaleur).
Commencez donc par lire le texte d’origine ici. Ma réaction ne concerne que la partie concernant l'enseignement universitaire en France.

Avant, la formation universitaire permettait l’obtention de cinq diplômes.

Le premier cycle universitaire, permettait d’obtenir le DEUG (Diplôme d’études Universitaires Générales) en deux ans. On avait droit à 1 redoublement (1ere ou 2eme année), soit diplômer en 2 ou 3 ans.
Le DEUG permettait de s’inscrire en Second cycle universitaire, sans sélection (sauf pour les MST, qui ne permettaient pas de contracter une Maladie Se-xuel-lement Transmissible, mais d’obtenir une Maitrise de Sciences et Techniques).

Le second cycle universitaire permettait d’obtenir deux diplômes :
La Licence en 1 an, soit Bac +3 (qu’on pouvait redoubler ou tripler), puis
La Maitrise, en 1 an, soit Bac + 4 (qu’on pouvait également redoubler ou tripler, les deux diplômes étant dissociés).
Il était également possible de passer deux licences ou deux maitrises pour les inconscients courageux.

Une fois la Maitrise en poche, on candidatait pour l’entrée en DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies), première année du troisième cycle universitaire. Seuls les meilleurs des maitrises étaient pris après sélection sur dossier et entretien.

A titre d’exemple, j’ai obtenu une Maitrise de Biochimie de l’Université Paris VI. Nous étions environ 180 étudiants en maitrise, dont un tiers primants, doublants et triplants confondus a obtenu le sésame (environ 90). Chaque DEA accueillant environ 20 étudiants (toutes universités confondues). Ainsi, dans le DEA que j’ai suivi seules 3 places étaient réservées aux étudiants de Paris VI sur un total de 24… En d’autres termes, les 90 lauréats n’entraient pas tous en troisième cycle.

Ensuite, il « suffisait » de sortir dans les premiers de la promotion de DEA (autour de 20), pour obtenir une bourse de doctorat, la bourse étant attribuée principalement au mérite de l’étudiant, et accessoirement au sujet de thèse qu’il avait choisi (par exemple, une de mes amies ayant suivi le DEA de virologie dont elle était sortie 2eme, s’est vu refuser sa bourse de thèse parce qu’elle avait choisi un sujet d’immunologie).
Une fois attribuée la fameuse bourse de thèse du ministère (dont le nom changeait en fonction de l’inspiration des gouvernements) on avait deux ans, renouvelable une troisième année, pour obtenir des résultats brillants nous promettant un avenir radieux permettant de partir en post-doctorat à l’étranger, l’ANR n’existant pas encore.

Après, on est passé en LMD. (je copie le commentaire laissé chez le Piou, j’ai la flemme de ré-écrire)

L = licence, obtenue après 3 ans d'études (L1, L2, L3); exit le DEUG.
M = Master, obtenu après 2 ans d'études (M1, M2); exit maitrise et DEA
D= Doctorat, en principe à boucler en 3 ans.

Bon, ce n'est pas que du marketing. Parce que les gus qui ont une licence, s'inscrivent en master (il y a un tri des dossiers en théorie, mais vu les baisses d'effectif... c'est un peu l'école des fans). Le master est un diplome en 2 ans. Donc, si tu as ta 1ere année, tu passes en 2eme (celle qui remplace le DEA). Bref, plus de sélection pour cette année de préparation à la recherche. En revanche, c'est toujours sur le principe du DEA, cours/TP recherche, séminaires, et stage labo. Soutenance orale et écrite. Si tu foires ta 2eme année (çà arrive …) tu redoubles ! Inutile en revanche de vouloir tenter d’obtenir une bourse de thèse dans ce cas.

Tout çà pour dire, que des blaireaux t'en voit pas mal en M2...

Pour avoir une bourse de thèse, il ne suffit plus d'être bien classé en Master (donc différent du DEA). Il faut passer le concours de l'école doctorale. Et là (au moins dans l'ED dont je dépends) c'est le délire total! Parce que c'est franchement d'un niveau 2 à 3 log au dessus du master, et qu'on demande aux impétrants de maitriser leur sujet de thèse du bout des doigts (celle là même qu'ils n'ont pas encore commencé...). Il faut avoir prévu le plan B, au cas où le projet ne marcherait pas comme prévu, etc etc...
Vu la longueur de mon commentaire, je vais me le poster chez moi, hein...avec deux ou trois détails de plus du coup !

Alors, c'était-y mieux avant ou après? difficile de trancher. L'objectif était d'harmoniser un peu les formations universitaires en Europe. Un des grosses différences avec le système précédant, est que chaque année il faut obtenir un certain nombre d'ECST (si des universitaires pouvaient me donner la traduction...). Donc, théoriquement on gagne en flexibilité. 60 ECST de l'université de Lamotte-Beuvron seront reconnues partout (enfin, il parait... j'ai un peu de doutes sur la question). Ainsi, au lieu d'avoir trois enseignements en maitrise, ils en ont 150 beaucoup en M1, composés d'EC courtes et d'EC longues (50 heures d'enseignement). Nos amis professeurs ont du se casser la tête pour découper leurs enseignements précédents. Le résultat est un morcellement complet, qui fait que trouver deux gus qui ont suivi exactement le même parcours relève de l'exploit.

Pour conclure, je pense qu'il est encore un peu tôt pour faire un bilan (chez nous, la réforme a 4 ans, autrement dit, on verra sortir les premiers doctorants à la fin de l'année. Ce qui est cependant très perceptible c'est la différence notable de niveau et d'implication qui existe entre le M2 et le DEA.

mercredi 23 juillet 2008

SOS plomberie

Je fais face à de sérieux problèmes de tuyaux.

J'adore les purifications, toujours une galère à l'horizon.
Quand la pression monte, le débit doit baisser...
Et 0.2 ml/min c'est bien moins rapide que 0.5 ml/min...

Pourvu que çà ne colmate pas, pourvu que çà ne colmate pas.

Heureusement que je n'ai pas d'horaire cette semaine. Mais bon, j'aurai préféré une soirée ciné ou resto (surtout resto, le frigo est vide) à une soirée labo ...

dimanche 20 juillet 2008

T'as voulu voir Vierzon...

Ben en fait, non pas trop, mais je n'ai pas eu le choix...

Ce matin le Gnome partait en colo. Lever 7h30, préparation un peu au radar, nous avions rendez vous à 8h45 pas très loin de la maison.
8h30, brossage de dent Gnomesque, et ...
Papa, il y a un truc qui me gratte dans le cou
Auscultation paternelle suivie d'un
Mais c'est quoi cette merde ?
Contre expertise maternelle, verdict
P de B de M ... c'est une tique
(la salope s'était planquée dans la nuque sous les cheveux)
Aussitôt panique à bord, parce que la tique chez nous on n'aime pas, mais alors pas du tout. Appel à la maison médicale de garde, consultation téléphonique (surtout, n'y touchez pas - ben non puisqu'on appelle...), conciliabule médical se concluant par
Il faut que vous alliez au urgences pédiatriques
Bien, super, mais alors pour un départ à 9h30 çà va pas le faire ...

Nous sommes passés prevenir les accompagnateurs que nous devions aller à l'hopital avant de leur confier notre petit, et qu'il y avait de fortes chances que nous ne puissions être revenus à temps.
Puis nous sommes allés perdre une heure aux urgences (ben non, Doug Ross n'était pas de garde), heure pendant laquelle la saloperie de tique overdosée au sang de mon fils lassée d'attendre le doc s'est décrochée seule, et traine donc désormais quelque part dans un couloir du service de pédiatrie.
Après deux avis médicaux, il a finalement été décidé de pratiquer 10 jours d'antibiothérapie à haute dose (merci les docs de ne pas vouloir prendre de risques, sérieux je vous aurai presque embrassées).
Ensuite, chasse à la pharmacie de garde, puis départ pour Lamotte-Beuvron (à proximité de Vierzon). Il n'y a jamais que 2 heures d'autoroute ... 4 avec le retour...

Franchement, on n'aurait pu trouver mieux comme activité pour notre premier jour de vacances (par vacances, comprendre semaine sans enfant ...)
Et au retour de colo, coupe para pour le Gnome

samedi 19 juillet 2008

Mission impossible

Sur les berges de la Mérantaise, nous sommes plutôt enclins à télécharger légalement.

Ainsi, nous sommes de fidèles clients de l'iTune Music Store.
Nous sommes également de grands fans de Lost (vous allez voir le rapport très vite).

La saison 4 vient de commencer sur TF1, chaine que nous ne regardons au demeurant quasiment pas vu l'indigence des programmes proposés. Par un malheureux concours de circonstances, nous n'étions pas chez nous les deux derniers week ends, et avons totalement oublié de programmer le magnétoscope pour pouvoir visionner les épisodes un soir de semaine.

Je me suis donc mise en quête d'un moyen d'obtenir les 4 épisodes ratés. C'est ainsi que j'ai pu trouver que la chaine sus-nommée proposait un service de VOD, moyennant un cout modique (2€ l'épisode).
Amère constatation, je dois payer pour avoir le droit de regarder pendant 48 heures un épisode que j'aurais pu regarder ad nauseam si j'avais plus de mémoire qu'un poisson rouge.
Néanmoins, hier soir je me suis lancée dans la récupération des épisodes.

Première étape: créer un compte. Je remplis minutieusement le questionnaire, et choisis de NE PAS m'abonner à la newsletter. Réception du mail de confirmation:

Cher(e) client(e),

Félicitations, votre inscription au site TF1VISION et à sa newsletter est validée.

Voici le rappel de vos identifiants :

(...)

Vous serez régulièrement informé de nos offres spéciales et de notre actualité !

Merci de votre confiance.

L’équipe TF1VISION.

Dire que çà m'énerve est un euphémisme...
Néanmoins, je décide de continuer, et là l'aventure a pris un coté, comment dire..... merdo-softesque.

Deuxième étape, vérification du système d'exploitation: je me fais recaler, le seul système supporté est windows XP (donc utilisateur sous vista, tu te feras également jeter...)
Comme je suis du genre tétue, je suis allée faire les yeux doux à Baloo pour qu'il me laisse poser mes doigts effilés1 sur son clavier relié à une bécane homologuée. Et tout allant pour le mieux, nous passons l'inspection.
Troisième étape, validation du navigateur: de nouveau jetée, puisque nous avons le mauvais gout de préférer Firefox à IE...
Retour à la case départ, en lançant le navigateur ad hoc. Moment de joie intense quand je valide les trois premiers tests... làs, nous voila recalés au 4ème qui vérifie le soft de lecture, un truc répondant au doux nom de WMP, si vous voyez de quoi je veux parler... Et oui, soit disant notre version est trop ancienne pour nous permettre de lire le fichier que nous finirons peut être par acheter...
Ne reculant devant aucun sacrifice, Baloo décide de charger la dernière version du soft en question. A partir de là, la situation m'a quelque peu échappé, trente milliards de fenêtres s'ouvrant pour nous demander si nous voulions réellement entreprendre l'action que nous avions commandé, et tous les risques liés à ladite action, bref, du merdosoft dans toute sa splendeur...
Bilan de presque deux heures de bataille acharnée: nous avons réussi l'upgrade, qui pour une raison qui m'échappe n'a pas été reconnu par le site. Donc impossible d'acheter les épisodes convoités. De plus toutes les tentatives pour désinstaller la version WMP qui cause problème ont échoué, la version la plus récente étant systématiquement restaurée (merci qui?).

Au final, force m'est de constater que l'honnêteté n'est pas vraiment récompensée, et que si je veux voir les quatre premiers épisodes manqués, il me faudra m'orienter vers une autre solution....

1Penser à arrêter de lire B. Cartland à l'occasion...

mise à jour: après 24 heures de recherches laborieuses n'ayant abouti à rien, je viens de trouver (enfin) un moyen légal de voir les épisodes ratés. Je suis furieuse de ne pas y avoir pensé plus tôt. Mais c'est sans surprise finalement... merci la pomme !

jeudi 17 juillet 2008

Demandez le programme

Plus que deux semaines pour plier le premier jet d'un papier, et faire les manips que je n'ai pas le temps de lancer hors période d'été traditionnellement plus calme.

Autant dire mission impossible...

Après, deux semaines de vacances (fromage de chêvre, kayak, bulle)

Une semaine de congrès en Ecosse

Re-une semaine de vacances (confitures, vélo, archives)

Rentrée des classes, deux semaines d'écriture

Une semaine de congrès à coté de Boston
(d'ailleurs si mes lecteurs de la Boston area avaient une adresse d'un hôtel correct et pas trop cher pour une nuit à Boston ... )

Deux jours de remise en forme

Cinq jours de congrès en Espagne

Arrivée de deux nouveaux gentils membres dans le groupuscule

Ben je vais pas m'ennuyer moi... m'est avis que demain je vais m'apercevoir qu'on est déjà le 1er octobre...

Deux sur trois

Bilan du 1er semestre 2008:

Un papier accepté (voila qui me rapproche du statut de publiant...)

Demande de création d'équipe acceptée

Demande de financement ANR planté


Sentiment plus que mitigé, il faut que j'accélère ma production, j'écris trop lentement.
Il faut aussi que j'obtienne un financement l'an prochain, c'est impératif sinon en 2010 je me mets au macramé.

Bon, ben je vais retourner à mes publis alors...

Drame existentiel

L'iPhone 3G vient de sortir aujourd'hui.

C'est la première fois que je flashe sur un téléphone portable (mais est-ce vraiment un téléphone, je vous le demande ?)

Le prix a considérablement baissé depuis la sortie du 1er iPhone.

Le premier forfait est toujours surdimensionné pour mon utilisation.

Oui, mais, il me fait VRAIMENT envie...

Oui mais, la compatibilité ordi nécessite au minimum l'OS 10.4.1, et j'en suis toujours au 10.3.9 sur le power book...

Bref, si je veux craquer sur l'iPhone, il faut que je change d'ordinateur portable....

Et là du coup, ce n'est plus du tout raisonnable.

C'est vraiment dur d'être Mac-addicted...

lundi 7 juillet 2008

Même pas drôle

Ce soir, j’ai fait un flop. Un de ceux dont on a du mal à se relever.

Flash back : le diner, au moment du dessert (des fraises à la chantilly). Soudain, le Gnome se penche sur son assiette, pour humer le mélange. Et là, le réflexe atavique, directement issu du cerveau reptilien… je lui pousse la tête dans la chantilly.
Il n’a pas trouvé çà drôle, son père non plus d’ailleurs (moi en revanche…)
Il a quitté la cuisine en courant, et est parti pleurer dans sa chambre.
De là il a hurlé
Je ne mangerai PLUS JAMAIS de fraises à la crème fouettée !

J’ai donc dû me fendre d’une autocritique, et présenter mes plus plates excuses.
Cà n’a pas suffit.
Il a décidé de m’infliger une punition.
Après une longue réflexion, il a finalement choisi de me condamner à écrire 50 fois
Je ne mets pas la tête des autres dans leur assiette.

Aucun humour ce môme…

vendredi 4 juillet 2008

Pourquoi tant de haine?

Je découvre un peu en retard un article du Monde intitulé « Le CNRS adopte une réforme qui évite son démembrement ». Ce n’est pas tant l’article qui m’a perturbé, que les commentaires des lecteurs. Je pensais que le Monde était un journal plutôt de centre gauche, lu par un lectorat plutôt situé dans les catégories dites intellectuelles. A la lecture des commentaires, je vais quelque peu réviser mon opinion.

Malheureusement, il n’est possible de laisser une contribution que lorsqu’on est abonné au journal. Et je n’ai aucune intention de prendre un abonnement dans l’unique but de répondre à des personnes qui de toutes façons ne liront pas ma réponse, ou bien penseront que je mens, ou que je suis atteinte de corporatisme aïgu, ou…. Toute ressemblance avec une situation récente n’est absolument pas fortuite. De part et d’autre, c’est la même intolérance.

Ici, je suis chez moi, et je ne vais pas me priver de reprendre certains arguments et d’y répondre.


De l’incapacité des chercheurs à produire des résultats:
(fautes d’orthographe d’origine)
« que l'on casse cette clique qui, en cinquante ans, n'a produit en France aucune decouverte majeure dans aucun domaine »
« Effectivement, il faut cesser de qualifier ces gens de "chercheurs". On a besoin de "Trouveurs". Comme personne n'est capable de lui fixer des objectifs, qualitatifs comme quantitatifs, le CNRS vogue vaguement, ne faisant parler de lui que lorsque ses mesquins avantages sont remis periodiquement en question. »
« PICASSO aimait dire "je ne cherche pas ! je trouve" tout le contraire des fonctionnaires du CNRS qui eux pouraient s'exclamer en coeur " on ne trouve RIEN on cherche !!! " »
« ce que refusent de voir la pluspart d'entre vous, c'est que la recherche française n'est PAS à un niveau mondial convenable. »

Bon, donc nous ne trouvons rien, nous ne produisons rien de correct et ce depuis la nuit des temps. Laissons de coté les prix Nobel et médailles Fields.
Morceaux choisis sur 2008 (source journal du CNRS):

Juillet 08 : James Badro, chargé de recherche du CNRS à l'Institut de Minéralogie et de Physique des Milieux Condensés, médaille de bronze 2007 du CNRS, lauréat "Jeunes Chercheurs" 2008 de l' ERC, vient de se voir attribuer la médaille Macelwane de l'AGU (American Geophysical Union), la plus haute distinction pour un jeune géophysicien aux Etats-Unis. Il est le 2e Français à recevoir cet honneur depuis la fondation de la médaille en 1962.
Juillet 08 : Cancer du sein : Comment les cellules tumorales rompent les amarres pour aller former des métastases. L'équipe de Philippe Chavrier, directeur de recherche CNRS, vient de découvrir une des « clés » permettant aux cellules cancéreuses mammaires de briser les liens qui les relient à la tumeur.
Juin 08 : Un logiciel pour mieux diagnostiquer la maladie d'Alzheimer au stade précoce. Des chercheurs CNRS du Laboratoire de neurosciences cognitives et d'imagerie cérébrale ont mis au point un logiciel de traitement d'images permettant la mesure automatique du volume de l'hippocampe, une structure cérébrale atrophiée aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer. A l'avenir, cet outil pourrait aider efficacement les médecins à établir un diagnostic précoce de cette maladie.
Juin 08 : Du nouveau dans les premiers peuplements eurafricains ? Une mandibule complète d'Homo erectus a été découverte par une équipe franco-marocaine co-dirigée par Jean-Paul Raynal, directeur de recherche au CNRS.
Juin 08 : le glaciologue Claude Lorius, directeur de recherche émérite CNRS, est le premier français à recevoir le Prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement.
Fevrier 08 : Joseph Sifakis, directeur de recherche au CNRS médaillé d'argent du CNRS en 2001, vient de se voir décerner le Prix Turing 2007, la plus haute distinction en Informatique, prix prestigieux considéré comme l'équivalent du prix Nobel de ce domaine.

Je pense que cela se passe de commentaires supplémentaires.

Des salaires et de la sécurité de l’emploi :
« Que des gens puissent choisir de se faire payer à vie par ceux qui bossent et produisent […] »
« Les chercheurs à vie peuvent continuer à dormir tranquille, leur statut n'est pas menacé »
« il suffit de rencontrer des gens du CNRS quand on bosse en entreprise pour comprendre leur rejet du monde réel (sauf leur paie) »
« Derrière quelques pointures scientifiques de renommée mondiale se cachent la forêt des petits malins, bien ou moyennement payés, qui profitent d'un système […] »

J’ai fait 10 ans d’études après le bac, je me suis expatriée deux ans aux USA. J’ai eu mon premier emploi stable à 30 ans. J’ai dû, à plus de 40 ans, repasser un diplôme pour pouvoir continuer à encadrer des doctorants.
Lorsque je suis entrée au CNRS, j’ai consenti une baisse salariale de plus de 20%.
Je suis en poste depuis 17 ans, et depuis un an j’ai terminé ma carrière en terme de rémunération. Ce qui signifie que les 18 prochaines années seront à salaire constant.
A l’heure de la retraite, n’ayant cotisé que 38 ans (35 ans de CNRS plus 3 ans de doctorat), je me verrai appliquer une décote non négligeable. Et vous savez quoi ? J’ai de la chance ! La moyenne d’âge au recrutement ne cesse de s’élever (je dirai à la louche autour de 35 ans).

Je suis royalement payée 24€ net de l’heure (primes incluses) sur la base de 38h30 hebdomadaire. Mes semaines de travail se trouvent être bien plus entre 42 et 45 heures, ce qui veut dire que je travaille plus pour gagner moins.

N’importe quel cadre d’une banque doit avoir un salaire équivalent voire supérieur au mien, un travail à vie (un CDI quoi !), et profite d’avantages réels (faibles taux d’intérèts sur les emprunts, 13ème voire 14ème mois…). Qui s’insurge de cette situation ?

Alors qu’on me parle de ma paie, qu’on considère que je suis bien payée, que je profite du système me fait vomir. Lequel de ces donneurs de leçons aurait accepté de partir vivre à l’étranger sur un contrat où du jour au lendemain on peut être remercié ? Lequel de ces donneurs de leçons accepterait d’aller travailler le week end, ou de passer ses soirées à tenter de rattraper le retard accumulé, sans envisager une minute que cela conduise à un meilleur salaire ou à des jours de récupération ? Lequel de ces donneurs de leçons accepterait à niveau socio-professionnel équivalent d’avoir un salaire horaire à peine deux fois supérieur au salaire que demande une femme de ménage en région parisienne ? Malgré tout, les revendications des chercheurs n’ont jamais concerné leur salaire, mais se sont toujours concentrées sur les crédits leur permettant de travailler.

Croyez vous que nous faisions ce choix pour profiter du système ? Non, aussi stupide que cela puisse paraître, c’est parce que nous aimons la science, que nous sommes avides de connaissance, que nous avons foi en l’avenir. Et pour cela, nous sommes prèts à consentir d’énormes sacrifices dans notre vie privée, et pas seulement pécuniers.

Nous ne demandons pas qu’on nous admire ou qu’on nous sanctifie, nous demandons juste qu’on cesse de nous mépriser.

mercredi 2 juillet 2008

Libertad !

Ingrid Betancourt vient d'être libérée après plus de 6 ans de captivité.

Je renonce à trouver les mots justes pour célébrer cet évènement. Le seul qui tourne et retourne dans ma tête est

ENFIN....

Qui l'eut cru?

En lisant un article du Point, j'apprends que
les reponsables militaires considèrent que le processus de réforme a été très mal engagé, même s'ils n'en contestent pas la nécessité sur le fond.

Incroyable, cela fait un point commun entre les chercheurs et la grande muette....

mardi 1 juillet 2008

Nouveau plan stratégique au CNRS

Je viens de télécharger le plan stratégique du CNRS adopté ce matin par le CA. Le temps de lire et digérer ses 54 pages, et j'essaierai d'en faire une présentation.
Mais pas ce soir, car j'ai une soirée "de filles", et qu'on a des trucs autrement plus importants à discuter que la réforme de la maison....
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, vous le trouverez .

lundi 30 juin 2008

On prend les mêmes et on recommence

Dernières nouvelles de la réforme du CNRS:

Demain matin 9hr, nouveau CA au siège du CNRS. Le nouveau plan stratégique prend en considération le maintien de toutes les disciplines au CNRS à égalité de traitement, la responsabilité entière de la direction de l’organisme dans la création de toute nouvelle structure et la répartition de leurs moyens, la constitution de conseils scientifiques composés pour partie d’élus, la mission de coordination avec des établissements partenaires du même champ disciplinaire.

En ce qui me concerne, je trouve celà plutôt positif mais le problème est qu'on cherche où est la réforme... Il est vrai que les délais de ré-écriture ont été brefs, et on peut se demander quel est la raison d'une telle précipitation.

Cela dit, je ne sais pas si l'appel à manifester sera autant suivi que le précédent. En ce qui me concerne, c'est tout vu, je suis en purification, je ne peux pas me libérer dans un délai aussi court, sauf à perdre une semaine de boulot. Et là, franchement, c'est non. De plus, je ne suis pas vraiment convaincue par le mot d'ordre, qui ratisse un peu trop large. Dans un premier temps, acceptons le nouveau schéma stratégique, dans un second temps battons nous pour des budgets et des salaires décents.

PS: ceci est une réaction à chaud, j'avoue avoir lu un peu en diagonale les arguments des syndicats et de SLR, mais aujourd'hui je suis victime du timer ...

vendredi 27 juin 2008

Manipulation

Appelons le Léon1. Léon est jeune enseignant chercheur, chef d’équipe dans notre institut. Sa production scientifique, n’est disons, pas tout à fait à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre de quelqu’un ayant bénéficié de gros soutiens financiers, d’un post-doctorant pendant 3 ans, d’un doctorant sur une bourse flêchée par l’école doctorale, et d’une décharge d’un demi-service d’enseignement pendant deux ans. Cependant, nous savons tous nous « jeunes » scientifiques (enfin jeunes selon les nouveaux critères, ce qui ne fait pas de nous des trentenaires…) qu’il arrive que les projets ne démarrent pas comme on le pensait, que nous ne sommes pas à l’abri de périodes difficiles, et que finalement même si c’est dur à entendre nos pairs considèrent que nous aurions dû mieux faire.
Il se trouve que Léon, outre ses activités d’enseignant chercheur est également militant très engagé dans la lutte contre certaines espèces que d’aucuns vont faucher au son des mégaphones2.
Ce qui est son droit le plus strict et ne regarde que lui.
Il se trouve également que Léon est un collègue un peu difficile à cotoyer, pratiquant trop l’invective et l’injure dans les discussions pour lier des amitiés indéfectibles dans son environnement professionnel.
Il se trouve enfin que l’équipe de direction de notre institut, et particulièrement la direction actuelle, n’est pas non plus du genre à faire dans la dentelle au niveau relationnel.

Prenez toutes ces constatations, secouez bien fort, et vous obtiendrez une situation explosive à souhait. Depuis maintenant 2 ans, Léon est en conflit ouvert avec l’institut. Après de nombreux épisodes, la future équipe de direction (en préparation du quadriennal) a signifié à Léon qu’il devrait se trouver un nouveau point d’accueil dans un laboratoire de l’université, mais que, non merci, il ne ferait plus partie de l’institut à partir du 1er janvier 2010.


Après ce long préambule, venons en aux faits que je souhaite aborder ici.

Léon a de nombreux relais politiques, et a donc lancé une grande offensive médiatique, où il se présente en victime de ses opinions et engagements militants, qui conduisent à son éviction de l’institut. Nous avons régulièrement des buzz, sur le thème. Un certain nombre de journaux se sont fendus d’articles dont le niveau était quelque peu affligeant en terme de contre-enquète. Le pompon dans cette catégorie est revenu à Libé, journal que je lisais depuis plus de 30 ans (c’est fini je ne le lis plus), puisqu’à la suite d’un article sur le sujet je me suis vue censurer un commentaire qui pointait quelques erreurs dans les faits présentés. J’avais alors adressé un courriel à la journaliste, pour m’étonner de ces pratiques éditoriales…. J’attends toujours une réponse de sa part. Dont acte, j’ai rayé Libé de mes lectures matutinales.

Cerise sur le gâteau, nous avons eu cette semaine une grande manifestation de soutien (environ une centaine de personne) à la cause de Léon. Toute la fine fleur de mouvements anti-vous savez quoi, et la présence du Grand Gourou himself s’il vous plait !
La première victime collatérale de ce rassemblement a été le parterre de fleurs devant le bâtiment… Les secondes victimes ont été des étudiants passant un examen dans la salle de conférence. Mais, je cite, "une manifestation c’est fait pour gêner les autres"… Vu sous cet angle, effectivement…
Une réunion a finalement eu lieu avec des représentants des deux parties. Pendant près de 3 heures, tous les points conflictuels ont été discutés, sereinement selon plusieurs de mes taupes. Le debriefing du côté manifestants a été édifiant, les membres du conseil scientifique qui étaient présents, se demandant si finalement ils avaient bien passé 3 heures à discuter avec les mêmes personnes. Et je laisserai de côté les attaques personnelles injurieuses dont certains ont été la cible.

Je suis atterrée de l’agressivité de ces personnes, de leur absolue partialité, des méthodes qu’ils emploient et du mépris qu’ils ont de la liberté de pensée. Vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous êtes l’ennemi, à la solde du grand capital, dépourvu de courage. Ils ont raison, probablement parce qu’ils parlent plus fort que vous. Ils vous disent ne pas tout comprendre du fonctionnement (administratif) de la recherche, mais lorsque vous tentez de leur expliquer pourquoi certaines de leurs affirmations sont totalement fantaisistes3, leur réponse est "c’est vous qui le dîtes". Vous leur proposez de voir des documents officiels appuyant vos propos, et vous vous entendez répondre "ce n’est pas la peine".

Non, la démocratie ne consiste pas à demander en permanence son avis à tout le monde. N’en déplaise à certains, le vote des citoyens définit une majorité et une minorité. C’est la majorité qui décide. C’est comme çà, même si la majorité n’a pas les mêmes opinions que l’individu Léon ou Roberta.
La prise de pouvoir collective, les commissaires politiques et tout le reste, tout cela on le connaît, çà s’appelle la dictature du prolétariat. Et moi quand j’entends dictature, je ne supporte pas.


1je ne dérogerai pas aux règles d’anonymat ayant cours ici.
2ne soyez pas trop surpris par le style, je tiens juste à éviter que certains mots clés tapés dans google ne dirigent sur cette page.
3à titre d’exemple des inepties colportées, j’ai relevé "la confiscation de la totalité de [ses] reliquats de crédits pour 2008 et 2009". Trop fort l’ami Léon, il sait déjà en juin 2008 qu’il aura des reliquats de crédit (attribués en mars 2009) qui lui seront confisqués en décembre 2009 ! Sans compter qu’avec la mise en application de la LOLF fin 2006, la possibilité de report budgétaire a disparu…

jeudi 26 juin 2008

Interlude

Panne totale d'ADSL sur la rive droite de la Mérantaise, et beaucoup d'évènements perturbants sur la rive gauche, me réduisent momentanément au silence.
Soyez patients, la situation devrait s'améliorer très prochainement.

jeudi 19 juin 2008

On n'est pas fatigués

Et voilà, c'est reparti comme en 2004...
Ce matin donc, j'ai revêtu ma panoplie de chercheur en colère pour aller avec un bon millier de mes collègues bloquer la tenue du CA du CNRS.
Tout surpris d'être autant à une heure aussi matinale, et assurés que le CA ne se réunirait pas, il fut décider d'aller dire bonjour à la ministre, qui c'est pas de chance, était en fait à Singapour (enfin je crois, elle voyage beaucoup cette dame).
C'est donc fort sagement que nous avons pris le métro jusqu'à Odéon (en faisant la queue pour acheter des billets, on ne se refait pas...), où par un prompt renfort nous étions bien plus que dans les jardins du CNRS.
Petite manifestation improvisée qui n'a pas stressé outre mesure la maréchaussée, mais qui a tout de même mis sérieusement le bazar dans le quartier latin.
Nous avons donc tenté de rejoindre le ministère (là haut sur la montagne Ste Geneviève), mais les bonnes choses ayant une fin, nous sommes finalement tombés sur un gisement de CRS qui empêchaient l'accès au ministère.
Après de longs moments passés à attendre que quelqu'un du ministère daigne répondre au téléphone, nous avons finalement appris que nous ne serions pas reçus, peut être demain mais rien de sur... C'est dire comme on fait peur sous les lambris.
Nous avons donc terminé la matinée en faisant le tour de la montagne Ste Geneviève, puis avons finalement rejoint la place Jussieu où la manifestation s'est dispersée.
J'ai ainsi eu l'occasion de voir le grand chantier qu'est devenu la fac qui m'a vue grandir. C'est plus qu'impressionnant, je vous laisse juger de l'état de la tour centrale (tout en haut, ce qui est reconstruit).
Je pense que nous aurons très bientôt de nouvelles occasions de nous promener dans les rues, car le gag de la journée c'est que l'ordre du jour du CA annulé, sera représenté au prochain CA...

Réforme du CNRS : le torchon brûle

Comme je le signalais le 21 mai, notre ministre a donc décidé seule et rendu public son choix quant à la réforme du CNRS. Les orientations et choix stratégiques qu’elle entend imposer à notre maison, ont déclenché une nouvelle vague de fronde dans un milieu plutôt calme en général, et préférant toujours s’occuper de science que de battre le pavé.

Petit retour sur les faits.

Une lettre de mission du 27 février 2008 demandait à la direction du CNRS de réfléchir à une réforme de la maison et de faire des propositions explorant la possibilité de créer des Instituts Nationaux.
Phase de consultation du personnel ouverte par la direction, avec possibilité de contribuer sur un site dédié (édifiant au demeurant : la plupart des propositions visant à dire ou démontrer qu’il ne faut rien changer). Dans la lettre adressée au personnel, la direction stipulait que :
L’objectif de la concertation est d’aboutir à des propositions concrètes, à partir de principes clairs et partagés, afin de finaliser le Plan stratégique du CNRS « Horizon 2020 » et de le faire adopter, après accord de la Tutelle, au conseil d’administration du 19 juin 2008.

Le 14 mai, le Conseil Scientifique (CS) du CNRS appelé à se prononcer sur le projet de réforme proposé par la direction, émettait la recommandation suivante votée à l’unanimité :
Future organisation du CNRS

Le Conseil Scientifique a été informé par la gouvernance du CNRS des projets de réorganisation du CNRS.
Dans le cas de la création d’instituts, le Conseil scientifique recommande instamment que les conditions suivantes soient respectées:
- que la politique scientifique du CNRS soit placée sous la responsabilité de la direction du CNRS s’appuyant sur l’avis du Conseil scientifique;
- que les moyens financiers et humains soient attribués et arbitrés au niveau de la direction générale;
- que les directeurs des instituts soient nommés par la gouvernance du CNRS;
- que ces instituts soient nationaux pour assurer une couverture et une coordination nationales dans leur champ disciplinaire en concertation avec les autres organismes concernés.

Par ailleurs, le Conseil scientifique recommande :
- qu’un rééquilibrage intervienne entre les moyens attribués à l’ANR et ceux attribués au CNRS afin que celui-ci puisse assurer sa mission de recherche sur le long terme;
- qu’un plan pluriannuel des emplois soit mis en œuvre.

Destinataires : Ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur ; Présidente et Directeur général du CNRS ; Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPEST).

Avis du Conseil : 19 votants (19 Oui, 0 Non, 0 abstention )

En d’autres termes, le CS renvoyait la copie à l’expéditeur pour qu’elle soit revue. Petite parenthèse de rapide présentation du CS : Le conseil scientifique, placé auprès du CNRS, est une instance de conseil qui intervient en matière de politique générale, de structures et de personnel de l’établissement. (plus de détails sur sa mission ici. Il est composé de 30 membres, dont 11 sont élus par les personnels propres du CNRS et ceux qui hors CNRS sont présents dans des UMR, les 19 autres membres (dont 8 personnalités étrangères) étant nommés par le ministre de tutelle. Bref, un conseil pas vraiment à la solde des syndicats si prompts à déclencher la hire du gouvernement.

Ce vote ruinant quelque peu les plans préparés au ministère allait précipiter les évènements.

Faisant fi de la procédure toujours en cours, notre ministre (la Tutelle) annonçait dans le Monde daté du 20 mai, SA réforme du CNRS, rendant caduque le processus de concertation et la réflexion sur la réforme qui étaient engagés. Le bras de fer était engagé.
Catherine Bréchignac, dont la marge de manœuvre se trouve extrêmement réduite, se fendit d’un article dans Libération.

Néanmoins, les travaux permettant d’enteriner la réforme annoncée continuaient, et le CS était de nouveau saisi pour donner son avis, le 11 juin. Cette fois ci il refusait de voter:

Sujet : Plan stratégique du CNRS

Le Conseil scientifique du CNRS a pris connaissance de la version du 6 Juin 2008 du projet de plan stratégique. C’est un projet qui engage l’avenir de la recherche française.

Le Conseil scientifique a décidé de ne pas voter sur le projet de texte pour les raisons suivantes:

- mise en cause de l’autonomie nécessaire de l’organisme pour définir sa stratégie scientifique et son organisation interne;
- identification d’un certain nombre d’incohérences et de contradictions fondamentales entre différentes sections du texte;
- non prise en compte des recommandations exprimées lors du Conseil scientifique du 14 mai;
- absence de précision sur le concept d’institut.

Le Conseil scientifique du CNRS demande qu’une nouvelle version du plan stratégique lui soit soumise tenant compte des points ci-dessus et de l’ensemble de ses recommandations, incluant:
- que la politique scientifique du CNRS soit placée sous la responsabilité de la direction du CNRS s’appuyant sur l’avis du Conseil scientifique;
- que les moyens financiers et humains soient attribués et arbitrés au niveau de la direction générale;
- que les directeurs des instituts soient nommés par la gouvernance du CNRS;
- que ces instituts soient nationaux pour assurer une couverture et une coordination nationales dans leur champ disciplinaire en concertation avec les autres organismes concernés;
- que toutes les disciplines soient maintenues au CNRS;
- que chaque groupe de disciplines soit reconnu par des statuts équivalents tels qu’un institut national;
- que, selon les dispositions du décret d’organisation du CNRS de 1982, les instituts soient créés par le CNRS.

Destinataires : Ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur, Gouvernance du CNRS.

Avis du Conseil: 18 votants (17 Oui, 0 Non, 1 abstention)

Et histoire d’être vraiment clair, le CS a émis la motion suivante:

Sujet : Point d’étape sur la politique du CNRS sur les instituts nationaux

Le Conseil scientifique a pris connaissance avec stupéfaction du document intitulé « Point d’étape sur la politique du CNRS sur les instituts nationaux » du 6 juin 2008 placé sur son espace de travail, sans d’ailleurs qu’aucune indication ne soit donnée sur l’origine ni sur le statut de ce texte.
Il estime que l’approche de l’organisation du CNRS véhiculée par ce texte, qui tend à opposer les communautés scientifiques au sein du CNRS les unes contre les autres, est déstructurante et dangereuse et refuse catégoriquement de le considérer comme un document de travail.

Avis du Conseil : 14 votants (12 Oui, 0 Non, 2 abstentions)

Le CS a de nouveau été réuni d’urgence lundi 16 mai pour enfin se décider à répondre OUI à la question qui lui est posée avec insistance depuis un mois. A l’heure où j’écris, je n’ai pas d’information sur cette réunion, bien que selon SLR, le CS ait voté contre le plan stratégique (7 pour, 10 contre, 1 abst.)

Malgré ces déboires à répétition, le Conseil d’Administration devant entériner le plan stratégique est prévu aujourd’hui 19 juin. La réponse des chercheurs à ce désir de passage en force, est de tout faire pour bloquer la tenue du CA.

Voilà pourquoi, ce matin je retourne battre le pavé parisien. Je n’ai guère d’illusions sur nos chances d’infléchir le mouvement, nous n’avons aucun pouvoir de nuisance, et sommes des personnes trop bien éduquées pour semer la panique dans les beaux quartiers. De plus, quand on voit les effectifs policiers qui ont récemment été mobilisés, j’en viens même à douter que nous pourrons nous approcher du siège. Mais il ne sera pas dit que je n’aurai pas été solidaire du Conseil Scientifique et de ses prises de positions, ni même que le sort du CNRS ne me concerne plus.

vendredi 13 juin 2008

Communiquer

C'est ce qui semble être de plus en plus le nerf de la guerre...
Coté chercheurs, en général ce n'est pas top. Mais là, je salue l'imagination de mes confrères.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir eu trop de relais média. Ce n'est pas grave, c'est un début, il faut perséverer!

Désinformation

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin en découvrant l’article de l’Express intitulé «Universités : les meilleurs labos». Bien entendu, il m’a immédiatemment semblé essentiel de regarder de plus près ce classement des unités classées A+ selon le ministère, et relayé par l’Institut Montaigne, particulièrement connu pour son impartialité et ses compétences à juger la qualité de la recherche en France. Institut Montaigne qui s’est empressé de transmettre ce document confidentiel au news-magasine… Une fois de plus, on verra le talent journalistique qui consiste à diffuser une telle information sans réelle contre-enquète.

Quelle est la validité d’un tel classement ? Disons que les laboratoires y apparaissant sont très certainement classés dans le haut de la pyramide… Le seul léger problème est que certains (tous ? j’avoue ne pas avoir le temps pour vérifier de manière exhaustive) ne sont pas des laboratoires universitaires, mais des UMR université-CNRS. J’ai bien entendu regardé attentivement les résultats pour le pôle «Biologie, médecine, santé». Il se trouve que je connais particulièrement bien trois laboratoires classés (et je confirme qu’il s’agit d’excellents laboratoires, tous trois UMR). J’ai commencé à hurler dans la cuisine1, en voyant les effectifs d’enseignants chercheurs affichés. Histoire de ne pas dire n’importe quoi, je suis allée vérifier les données sur les sites web respectifs de ces trois laboratoires. Voilà les résultats de cette rapide contre-enquète :

LEBS : source express : 20 enseignants chercheurs (dont 19 publiants) ; source laboratoire : 18 CNRS, 1 INSERM, 1 MCF Paris 6, 1 Pr Paris 11, soit 2 enseignants chercheurs (de deux universités différentes)

LMGM : source express : 26 enseignants chercheurs (dont 18 publiants) ; source laboratoire : 13 enseignants chercheurs UPS, 15 CNRS

LBME : source Express : 22 enseignants chercheurs (dont 20 publiants); source laboratoire : 6 enseignants chercheurs UPS, 2 INSERM, 16 CNRS.

Que voit-on immédiatement ? C’est que plus le nombre d’enseignants chercheurs est élevé, plus le ratio de publiants diminue …. C’est normal, nos collègues EC ne sont pas moins bon que les CNRS, ils ont simplement moins de temps à consacrer à la recherche.

Moralité, l’excellence des laboratoires universitaires est strictement liée à leur labélisation UMR et à la quantité de chercheurs présents dans la structure.

Le plus fort dans la catégorie désinformation revient cependant au pôle «agronomie, production animales et végétales, agroalimentaire», puisqu’un des laboratoires attribué à l’université Paris-11, l’ISV, est en fait une UPR (soit une unité propre CNRS !!!), où la majorité des enseignants chercheurs qui y travaillent sont de l’université Paris-7.

A votre avis, que se passera-t’il quand le CNRS ne sera plus qu’un souvenir, et que les universités seront seules responsables de la recherche ?…


1 oui, je lisais cet article en prenant mon petit déjeuner, grave erreur !

maj: je réalise que j'use de l'acronyme comme si tout un chacun connaissait les laboratoires dont je parle. Donc pour clarifier:
LEBS: Laboratoire d'Enzymologie et Biochimie Structurales (UMR CNRS-Paris 11)
LMGM: Laboratoire de Microbiologie et Génétique Moléculaire (UMR CNRS-Toulouse 3)
LBME: Laboratoire de Biologie Moléculaire Eucaryote (UMR CNRS-Toulouse 3)
ISV: Institut des Sciences du Végétal (UPR CNRS)


mercredi 4 juin 2008

AERES mode d’emploi

Nous sommes donc dans la dernière ligne droite du dossier de contractualisation à remettre à l’AERES.
Finalement, les consignes pour la vague D sont très simples1…. Chaque équipe dispose d’une page pour donner sa composition, faire le bilan des avancées majeures des quatre années passées, lister ses publications triées selon les critères suivant (je copie colle):

ACL: Articles dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture répertoriées dans les bases de données internationales (ISI Web of Knowledge, Google Scholar, Harzing Publish or Perish, Pub Med…)
Le facteur d’impact de la revue pourra être indiqué, en précisant la source de données utilisée.
ACLN: Articles dans des revues avec comité de lecture non répertoriées dans des bases de données internationales.
ASCL: Articles dans des revues sans comité de lecture,
INV: Conférences données à l’invitation du Comité d’organisation dans un congrès national ou international.
ACT: Communications avec actes dans un congrès international ou national
COM: Communications orales sans actes dans un congrès international ou national
AFF: Communications par affiche dans un congrès international ou national
OS: Ouvrages scientifiques (ou chapitres de ces ouvrages)
OV: Ouvrages de vulgarisation (ou chapitres de ces ouvrages)
DO: Directions d’ouvrages
AP: Autres publications
TH: Thèses soutenues

Et c'est tout !
Pas de bilan un peu plus détaillé, pas d’évaluation des équipes, pas d’évaluation des chercheurs et enseignant-chercheurs. On se demande bien d’ailleurs pourquoi nous avons dû renseigner la fiche individuelle, puisqu’elle ne sera pas utilisée pour l’évaluation. Et surtout, pas de projet scientifique pour le quadriennal suivant. Pas d’évaluation de la pertinence des sujets proposés. Nous sommes nombreux à penser que si cette partie est totalement omise, c’est parce que ce sera l’ANR, via l’attribution de ses financements, qui se chargera de cette évaluation. Autrement dit, dans quatre ans, l’AERES validera la pertinence des choix de l’ANR en comptant les publications obtenues dans le cadre des contrats. La boucle est bouclée.

Bref, je ne vois pas trop l’intérêt de déplacer un comité d’évaluation dans ces conditions. Ils n’ont qu’à nous donner un accès en ligne qui nous permette de remplir directement le tableau Excel™ que l’AERES ne manquera pas d’établir en bilan de notre activité passée, et qui sera utilisé pour nous attribuer une note (A, B ou C). Cette note sera ensuite transmise à nos instances de tutelle qui décideront d’en tenir compte ou pas pour définir nos budgets.
Car la grande nouvelle est bien celle ci, l’AERES ne juge pas, elle évalue. Elle n’émet pas de recommandation (bienveillante ou désobligeante), elle donne une note point barre. Franchement, je trouve qu’ils sont bien nombreux à l’AERES pour ne faire ni plus ni moins qu’un boulot comptable.


1 : je passe les tonnes de tableaux à compléter, la partie admistrative du dossier est de loin la plus conséquente.