lundi 20 avril 2009

Les chiens ne font pas des chats

Ces vacances m'auront permis d'établir de manière définitive, que ma mauvaise foi légendaire m'a été transmise par la Reine Mère (85 ans le 8 avril, pour situer le personnage). Quant à savoir si c'est de l'héritage mitochondrial ou non, il faudra attendre un peu que le Gnome grandisse.

Bref, pour ces vacances pascales, nous avons conduit ma mère dans la maison de famille, ré-ouverture après ces (longs) mois d'hiver, ménage intense à l'intérieur et jardinage extensif en extérieur. Depuis quelques années, la Baby-boomeuse et moi lobbyons comme des forcenées pour que le terrain réservé aux cultures maraichères voit sa surface quelque peu réduite. L'an passé, nous avons remporté une petite (toute petite) victoire, la Reine Mère ayant consenti de laisser une bande de terrain en jachère (en vert sur la figure A). A la fin de l'été, elle a reconnu que n'ayant plus vingt ans, il lui faudrait diminuer la surface cultivée la saison prochaine (soit en 2009). Il fut même évoqué de diminuer de MOITIE ladite culture, au plus fort de l'hiver alors que le moral maternel était au plus bas. Je révais donc de pouvoir négocier les projets B ou C lors des semis printaniers.
Mais les jours passant, et les rayons de légumes à planter/semer s'additionnant, je finis par faire part de ma perplexité quand au mode de réduction potagère envisagé. Outre le fait que je me suis fait copieusement engueuler, la Reine Mère dans toute sa splendeur finit par m'asséner que cette année, le plan de mise en jachère serait le suivant:




No comment....

vendredi 10 avril 2009

OK je vois le genre

Je ne voudrais pas dire mes chers lecteurs, mais j'ai eu deux fois plus de visite le jour où je donnais des recettes de cocktails que le jour où j'ai parlé de mon évaluation Aeres....

Des fois, on se sent vachement soutenu.

Allez, joyeuses Pâques quand même pour ceux qui pratiquent et bonne chasse aux oeufs pour les impies.

Quant à moi je (re)pars en vacances (mais avec boulot sinon le 20 avril je vais pleurer).

jeudi 9 avril 2009

Douce France

Au titre des évènements ayant contribués à ma morosité printanière, est l'histoire de Mody. Mody est malien, il était homme de ménage dans notre vénérable institut, dûment salarié de l'entreprise de nettoyage ayant obtenu le marché public de l'université. Il était en France depuis 2004, entré en toute régularité, salarié dès le début, parlant parfaitement Français, ayant un logement (ne rêvons pas, dans un foyer type Sonacotra, mais bon). Il avait laissé femme et enfant au Mali, conscient que ses revenus ne lui permettraient pas d'assurer une vie décente à sa famille dans notre beau pays. Il ne profitait donc en aucune manière du système social de notre société (ce que l'on entend régulièrement dès que le sujet de l'immigration est abordé). L'an passé, il est rentré au Mali ayant pris des congés cumulés au fil des années augmentés d'un sans solde. Malheureusement, son visa n'a alors pas été renouvellé. Moralité, il est revenu sur un titre qui le condamnait de fait à l'illégalité, et a repris son travail qu'il faisait fort bien. L'histoire se termine mal, vous l'aurez deviné depuis longtemps. Il a été contrôlé début mars, placé en centre de rétention, puis finalement expulsé le 27 mars, direction Bamako. Les lettres de soutien, pétition (plus de 2000 signataires), et preuves de son emploi n'y ont rien changé.

Hier matin, Mr Eric Besson ministre sinistre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire (ça ne s'invente pas...) était invité sur France Inter. Je l'ai ainsi entendu justifier l'injustifiable, et surtout pointer le fait que la régularisation au cas par cas des sans papiers se faisait principalement lorsque les personnes avaient un emploi (jusque là OK) et une famille en France. Cette deuxième condition exclut de fait Mody d'une quelconque possibilité de régularisation. Dont acte.

Je me demande maintenant, quelle autre clause secrète est requise, qui aurait permis à Ismail d'être régularisé. Parce que dans ce dernier cas, on est carrément dans le dégueulasse...

Ismail, habitant de Gif-sur-Yvette, vit avec sa compagne Paloma. Avec elle, il a eu une petite fille, Magdalena, qui a maintenant 2 ans ½.
Paloma, la compagne d’Ismail, est française. Magdalena, la fille d’Ismail, est française. Mais Ismail est turc, il est arrivé en France en 2002 avec un visa touristique, et il n’a jamais pu obtenir un titre de séjour régulier.

Il vit en France depuis plusieurs années, c’est ici qu’il construit sa vie et son avenir. La France est le pays de sa compagne, celui de sa fille, et aussi le sien maintenant. Nous devons l’aider à y rester !!!

Il vient de recevoir de la préfecture d’Évry un refus de séjour comportant Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF).
Au moindre contrôle d’identité, ce qui est fréquent dans les gares RER, il sera placé en centre de rétention avant d’être expulsé dans son pays d’origine.


Pour plus de détails sur le droit des étrangers, et les conditions de traitement des personnes interpellées, je vous renvoie au blog d'Eolas, vous verrez que c'est édifiant!


mercredi 8 avril 2009

Le verdict

Ne désespérez pas, je n'ai pas décidé de mettre la clé sous la porte, mais comment dire ... ces derniers temps ma vie est devenue un peu trop remplie et fatiguante pour que j'ai le courage de poster.

Cela dit, la grande nouvelle des deux dernières semaines, c'est que nous avons finalement reçu le rapport de l'évaluation AERES (qui datait du 16 et 17 décembre quand même).

Disons le tout net, cet organisme impartial sensé oser dire les choses que les comités CNRS partiaux n'osaient aborder, ne se distingue pas vraiment desdits comités. On ne va pas se plaindre non plus, mais finalement nous avons eu un gentil rapport. Quelques équipes ont des problèmes et ils sont identifiés, mais le tout est présenté sans aucune agressivité ni négativisme. En fait, nous sommes plutôt agréablement surpris par le niveau qualitatif qui nous est implicitement attribué.
Reste à voir, comment cela se traduira à l'interclassement, l'AERES étant sensé classer non seulement les instituts mais également les équipes de chaque institut. M'est avis que l'exercice sera périlleux.

Je suis donc officiellement acceptée comme nouvelle équipe dans la maison, et je suis très contente de l'évaluation que j'ai obtenu. Pas trop laudative, pointant les problèmes potentiels, bref, en la lisant j'étais vraiment heureuse. Cerise sur le gateau, j'ai obtenu un financement (petit mais stratégique) qui nous permettra de boucler 2009 sans soucis...


Allez, je ne résiste pas... voici l'évaluation du groupuscule (ceux qui me connaissent pourront le lire sur le site de l'Aeres de toutes façons) édité de manière à préserver un tout petit peu l'anonymat de la taulière :

Cette jeune équipe, créée à l’occasion du quadriennal 2010-2013, regroupe un chercheur CR1 CNRS, un technicien (AJT), un post-doc CNRS et un étudiant en thèse.
Le projet vise à réaliser par une approche pluridisciplinaire (résumé du projet) ...

Points forts : au cours du présent quadriennal, cette équipe a réussi à assurer une bonne production scientifique malgré un contexte difficile. Elle a établi de fructueuses collaborations nationales et internationales, accompagnées de financements. Elle a pu recruter des étudiants (M1, M2, thésard et post doc). Le projet proposé est en adéquation avec l’environnement scientifique du laboratoire.
Points faibles : Les travaux récents sur les gnagnagna n’ont pas encore été publiés, ce qui pourrait nuire à l’obtention de financements pour soutenir le projet de cette équipe.
Recommandations : le comité recommande à cette équipe dynamique de finaliser ces premiers travaux afin de pourvoir au financement futur de son projet de recherche. Il recommande à la direction du laboratoire d’apporter, au moins pour un temps, un soutien logistique, financier et en personnel, afin que cette jeune équipe puisse développer sereinement son projet.

Bon ben "yapuka" écrire tous les papiers en retard, et la vie sera vraiment tip top sur la rive gauche...

mercredi 1 avril 2009

Le petit chimiste (2)

Bon, le moins que l'on puisse dire est que le sujet d'examen n'a pas inspiré nombre de mes lecteurs... Savoir si cette indifférence est due au sujet ou à ma longue absence de la blogosphère restera un mystère. Mais bon, je tiens parole, et vous livre les protocoles des quelques combinaisons que nous avons testées pour vous (la science ne recule devant aucun sacrifice, cela va sans dire). Toutes les proportions indiquées sont pour un verre.

Sans alcool:
Bora Bora Brew:
- 12 cl de jus d'ananas frais
- 3 cl de Canada Dry
- 1 cl de grenadine.
Mettre les glaçons dans un verre, ajouter les ingrédients, mélanger à la cuillère.

Shirley Temple:
- 8 cl de Canada dry
- 8 cl de Seven Up
- 1 cl de grenadine
- 1/8 de citron vert
Mettre les glaçons dans un verre, ajouter les ingrédients, mélanger à la cuillère.

Bull's Eye:
- 4 cl de jus d'orange pressée
- 1 cl de sirop de sucre de canne (oublié dans la liste des ingrédients)
- 13 cl de Canada dry
Mettre les glaçons dans un verre, ajouter les ingrédients, mélanger à la cuillère.

Avec du Rhum:
Citrus cooler:
- 3 cl de rhum blanc
- 3 cl de jus d'orange pressée
- 1 cl de jus de citron vert pressé
- 1 cl de triple sec
- 10 cl de Seven Up
Mettre les glaçons, le rhum, les jus de fruit et le triple sec dans le shaker. Secouer vivement. Verser sans filtrer dans le verre, ajouter le Seven Up dans le verre et mélanger à la cuillère.

Daiquiri: (ma recette, ou Daiquiri n°6 en toute modestie)
- 4 cl de rhum blanc
- 2 cl de sirop de sucre de canne
- 2 cl de jus de citron jaune pressé
- 6 glaçons pilés
Mettre dans le mixeur, et mixer jusqu'à homogénéité. Verser dans le verre sans filtrer.

Avec du Whisky:
Lynchburg Lemonade:
- 4 cl de whisky
- 2 cl de jus de citron pressé
- 1 cl de triple sec
- 1 cl de Seven Up
Mettre les glaçons dans un verre, ajouter les ingrédients, mélanger à la cuillère. (en fait assez proche de la réponse du Piou, mea culpa)

Avec du Gin:
Honolulu Punch:
- 4 cl de gin
- 8 cl de jus d'ananas
- 4 cl de jus d'orange pressée
- 1 cl de citron jaune pressé
- 1 cl de sirop de sucre de canne
Mettre les glaçons et tous les ingrédients dans le shaker. Secouer vivement. Servir au verre en filtrant.

Parisian:
- 4 cl de gin
- 2 cl de vermouth dry
- 1 cl de crème de cassis
- 1 zeste de citron jaune
Mettre les glaçons et les alcools dans un verre à mélange. Remuer à la cuillère. Servir au verre en filtrant. Lever le zeste et le presser au dessus du verre, puis le placer dans le verre.



Quelques commentaires et recommandations :
Vocabulaire: dans les recettes, le seven up est appelé " lemon-lime soda" et le canada dry "ginger ale". Le triple sec le plus connu en France est le Cointreau, et le vermouth dry est le Martini blanc ou le Noilly Prat pour les nostalgiques.
Il manque trois cocktails réalisables avec les ingrédients proposés, mais nous ne les avons pas testé (caïpirinha, que j'aime beaucoup; un au whisky et un au gin dont les noms m'échappent).

J'ai testé la "lecture rapide" sur le Citrus cooler, et ai mis le soda dans le shaker.... inondation garantie sur le lieu de préparation.

Le Parisian est le seul short drink de la liste, et il cogne salement !!! C'est une variante du Dry Martini. Vous pouvez donc le réaliser au shaker ("Shaken not stirred" comme chacun sait ...), même si la recette préconise l'usage de la cuillère à mélange.

Je n'ai pas tout gouté, mais parmi ceux testés j'ai bien aimé le Bora Bora, le Citrus cooler, le Daiquiri (mais c'est ma recette, donc normal que j'aime ...) et le Parisian (plus doux au gout que le Dry Martini). En revanche, j'ai trouvé le Honolulu Punch trop sucré.

mardi 31 mars 2009

Le petit chimiste

Produits de départ:

Gin, Rhum, Whisky, Triple sec, Crème de Cassis
Jus d'ananas, orange, citron jaune et citron vert pressés, grenadine, seven up, canada dry
Glaçons à profusion


Alors, avec tout ça on peut faire quoi???

(réponse demain...)

maj 22h37: j'avais oublié le vermouth (martini blanc)...
Nan c'est super important. Sinon, pour le Piou, celui là on ne l'a pas gouté.

dimanche 29 mars 2009

Open bar

Afin de fêter la fin de l'heure d'hiver, j'avais invité les forces vives du labo à dîner hier soir. Mot d'ordre (par égard aux conjoints présents également) PAS DE SCIENCE... nous avons malgré tout dérapé sur un problème de qualité d'eau, ce qui est surprenant quand on pense à ce que nous avons bu pendant la soirée.
J'ai en effet profité de l'occasion pour tester mes qualités de bar tender, option cocktail. Y compris, sans alcool. Bref, la dégustation a été tout à fait réussie, mais la journée suivante un peu dure à négocier. Impression permanente que le Gnome parlait dans un mégaphone, si vous voyez ce que je veux dire...
On ne m'otera pas de l'idée que le vrai problème c'est l'heure qu'on nous a volé pendant la nuit...

mardi 24 mars 2009

Forza !

L'ami Mouton est en train de plancher...

Une petite pensée positive, faute de pouvoir arroser ça en fin de journée.

Farewell



Sloop John B

We come on the sloop John B
My grandfather and me
Around Nassau town we did roam
Drinking all night
Got into a fight
Well I feel so broke up
I wanna go home

So hoist up the John B's sail
See how the mainsail sets
Call for the captain ashore
Let me go home, let me go home
I wanna go home, yeah yeah
Well I feel so broke up
I wanna go home

The first mate he got drunk
And broke in the captain's trunk
The constable had to come and take him away
Sheriff John Stone
Why dont you leave me alone, yeah yeah
Well I feel so broke up I wanna go home

So hoist up the John B's sail
See how the mainsail sets
Call for the captain ashore
Let me go home, let me go home
I wanna go home, let me go home
Why dont you let me go home
(hoist up the John B's sail)
Hoist up the John B
I feel so broke up I wanna go home
Let me go home

The poor cook he caught the fits
And threw away all my grits
And then he took and he ate up all of my corn
Let me go home
Why dont they let me go home
This is the worst trip I've ever been on

So hoist up the John B's sail
See how the mainsail sets
Call for the captain ashore
Let me go home, let me go home
I wanna go home, let me go home
Why dont you let me go home

lundi 23 mars 2009

Rien ne va plus

Je me fais violence pour poster un billet. Après tout, malgré mon long silence, vous êtes encore quelque uns à passer ici.
Pourquoi ce silence? Disons que tout est dans le titre. Je ne vais pas bien. Et j'ai horreur des blogs pleureurs.
Je suis d'une humeur maussade, et tout ce que je pourrai écrire en ce moment que ce soit rive droite ou rive gauche ne serait pas vraiment à classer dans la grosse marrade.
Je vous laisse juges:
  • Je pourrais écrire sur cette (censurée) évaluation AERES pour laquelle nous n'avons toujours aucun retour. Et rien n'est pire pour les nerfs que l'incertitude.
  • Je pourrais écrire sur la mise en place de la réforme du CNRS bien que la direction ne juge pas utile de nous tenir informés.
  • Je pourrais écrire sur la grève qui s'étire et me semble de plus en plus vaine, mais la lecture du blog d'Anthropopotame est bien assez déprimante sans que j'en remette une couche.
  • Je pourrais écrire sur un papier en préparation pour lequel je viens de subir un chantage assez gerbant qui me fait perdre la position de dernier auteur (alors que j'ai assuré et porté toute la direction scientifique du projet).
  • Je pourrais écrire sur l'absolue incohérence du système des HDR et des qualifications (ah oui, au fait, je ne suis pas qualifiée).
  • Je pourrais écrire sur l'état d'esprit français qui n'autorise absolument aucune erreur à aucun moment de sa vie.
  • Je pourrais écrire sur la crise qui s'installe dans le pays, les magasins qui ferment dans ma ville, les prix qui montent et mon salaire qui baisse.
  • Je pourrais écrire sur les amis qui nous quittent brutalement, et nous font durement prendre conscience que nous avons peut être moins de temps devant nous que nous n'en avons derrière.

Je pourrais écrire sur tous ces sujets, mais avouez que ce serait d'un déprimant...

mercredi 18 mars 2009

Chienne de Vie (2)

On aurait bien aimé que ce soit un évènement exceptionnel. Mais voilà, il semble que Mars soit un mois particulièrement apprécié de la Camarde.

Un autre ami nous tire sa révérence. Comme ça, brutalement.

La seule chose qui tourne dans ma tête depuis bientôt une heure, est cette réplique des Virtuoses
"... et John Lennon est mort alors que Margaret Thatcher est toujours vivante."

Parce que franchement, quitte à payer son tribut à la Faucheuse, j'aurai largement préféré qu'un(e) autre en fasse les frais.

jeudi 12 mars 2009

Palais en péril

Je ne pourrai pas y être malheureusement. Mais peut être certains de mes lecteurs le pourront-ils?

Madame, Monsieur, chers amis

Vous avez exprimé votre soutien au Palais lorsqu’il a été menacé de disparition il y a un an.
Après 6 mois d’un silence ministériel assez mystérieux qui laissait espérer un abandon des mesures envisagées, voilà le Palais à nouveau en danger. Un décret instituant sa fusion avec la Cité des Sciences et de l’Industrie est prévu début avril, fusion qui prend la tournure d’une absorption pure et simple par la Cité.
Bien sûr, la flamme si particulière qui souffle au Palais n’y survivrait pas.

Un lieu qui déplace des limites, où l’horizon se fait plus vaste est nécessaire.
Ne laissons pas le gouvernement le détruire.

Aujourd’hui, si nous laissons faire ce gâchis, le Palais risque à tout jamais d’être victime d’une « fausse bonne idée » de rationalisation, lancée à-la-va-vite mais que rien ne justifie, ni sur le plan scientifique et culturel, ni sur le plan économique. Comment comprendre qu’en pleine crise, le gouvernement maintienne une mesure qui pourrait coûter 6 millions d’euros, puis plus de 2 millions d’euros par an de coûts supplémentaires de fonctionnement ?

Comment comprendre cette forme de colonisation, alors que le Palais va bien, qu’il bouge et continue de faire bouger les esprits ?
Sa fréquentation est excellente. Les rapports officiels de la Cour des Comptes et autres Inspections saluent sa réactivité et son dynamisme. Loin de l’immobilisme et du statu quo, il est activement engagé dans une rénovation ambitieuse. De grands scientifiques dont plusieurs Prix Nobel, et des dizaines de milliers de personnes ont exprimé fortement leur attachement à ce qui s’y passe.

Alors, venez soutenir le Palais en participant à la grande soirée organisée dans son enceinte mardi 24 mars, à partir de 19 heures.

Des personnalités scientifiques et de la culture, des amis du Palais y parleront de ce qu’il représente pour eux, pour la science et pour la culture.
Des médiateurs du Palais, avec la complicité de personnalités « cobayes », vous convieront à des exposés exceptionnels, pour vivre un moment de science, comme le Palais sait le faire.

Transmettez ce message autour de vous, venez très nombreux.


Pendant que j'y suis, pour s'abonner à la liste d'information, c'est là.

Sur ce, je retourne à la lecture de la thèse (rapport à rendre demain) qui me tient éloignée de ces pages.

jeudi 5 mars 2009

EdNat, ton univers impitoyaableu

On a un problème, un sérieux problème même. Je sors d'un rendez-vous avec la maitresse du Gnome (à ma demande), et je suis totalement atterrée. Depuis le début de sa scolarité, nous avions l'habitude d'être convoqués relativement tôt dans l'année par les différentes institutrices. Toujours pour le même problème d'indiscipline. Oui, dès la petite section, notre fiston était un fauteur de trouble, rompait l'ordre de la classe, bref nous devions faire montre d'autorité, nous substituer parfois à l'enseignant pour "punir" à la maison des actes survenus à l'école. En général, après un premier trimestre houleux, la situation allait s'améliorant. Comprenez par là que le Gnome adoptait la stratégie du "attendons que ça se passe", et faute de devenir l'élève attentif et motivé façon Hermione Granger, parvenait à ne plus se faire remarquer quitte à ce qu'on lui reproche d'être ailleurs...
Bref, ça c'était jusqu'à l'an passé. Cette année, les jours, les semaines puis les mois ont passé sans que la maitresse ne nous convoque. Nous avons trouvé ça tout à fait encourageant, avons stupidement pensé que le Gnome avait grandi (enfin, muri) et qu'il avait finalement adopté un comportement adapté à l'apprentissage scolaire, sans enthousiasme certes mais sans révolte stérile non plus...
Jusqu'au début des vacances scolaires. Alors que je nettoyais son cartable, j'ai trouvé tout au fond un morceau de papier format 13x2 (si, si, j'ai mesuré), pré-imprimé mais complété manuellement, nous informant qu'à partir d'aujourd'hui, et à raison de deux fois par semaines, le Gnome bénéficierait désormais de l'aide personnalisée en Maths. D'explication aucune. Il faut savoir que la seule matière que notre fils aime, c'est les maths, qu'il est très à l'aise avec les opérations (et qu'il adore calculer), la géométrie, etc... , que ses notes d'évaluations sont plutôt bonnes, et que son cahier de maths est émaillé de "tb" en rouge dans la marge. D'où notre surprise.
Je passerai sur le niveau de communication frôlant le zéro absolu de son enseignante, qui a eu le don d'énerver au plus haut point le géniteur. Rendez vous a donc été pris de toute urgence pour clarifier la situation, et comprendre où était le problème de notre petit chéri. Bah oui, mais maintenant que le samedi matin a été supprimé, on fait comment pour rencontrer les maitres? Surtout quand ils ne participent pas à l'étude? Surtout quand on travaille? Réponse, on obtient un rendez vous à 8hr du matin...
Or donc, je viens d'apprendre (vérifiez la date du jour, c'est édifiant) que depuis le début de l'année, le Gnome a de sérieux problèmes en classe, qu'il se plaint en permanence d'être "épuisé", qu'il somnole, ne participe pas (ou alors est à coté de la plaque), est plus que lent, ne termine aucun devoir, a du mal avec l'apprentissage des leçons, ... dois-je continuer? Vous voyez le problème? Non?

Le problème, c'est que nous avons des mots ou des convocations quand il y a perturbation de la classe. Quand visiblement il y a un problème de scolarité, personne ne juge utile de nous en parler. C'est vrai, pourquoi tirer la sonnette d'alarme alors que l'enfant ne "gène" plus?


mercredi 4 mars 2009

Le plein de super

Enfin j'espère... parce que je commençais à me lasser de la relecture.
Samedi je me suis donc rendue chez mon libraire favori, munie d'une liste d'une quinzaine de titres établie par ma belle-soeur bibliothécaire. J'ai laissé le libraire en choisir 2 (le critère étant "disponible en poche"), qui sont venus compléter deux sorties récentes. Je me suis limitée à quatre, parce que Mars est un peu chargé au labo, donc les soirées risquent d'être occupées.

Bref, voila ce que j'ai ramené:
  • No country for old men de Cormac McCarthy
  • Suite française de Irène Némirovsky
  • Hiver arctique de Analdur Indridason (ce qui me fait penser que j'ai oublié de vous dire tout le bien que je pense de son précédent bouquin, "l'homme du lac")
  • La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coe
Je ne manquerai pas de vous faire part de mes impressions dès que j'aurai tout lu. En attendant, si certains d'entre vous ont déjà consommé l'un ou l'autre de ces titres, je vous encourage à nous dire ce que vous en pensez dans les commentaires. Personnellement, je n'ai rien lu des deux premiers auteurs de cette liste, c'est donc de la pure découverte.

Je dois maintenant affronter le dilemne suivant: par lequel commencer ?

jeudi 26 février 2009

Philo express

Ce soir, la cuisine s'est transformée en café philosophique, le Gnome assurant le discours.

Dieu c'est le bien et le Diable le mal. Mais si le Diable n'est pas là, on n'a pas besoin de Dieu.

Il y a eu le Big Bang, et puis la planète a été créée. Mais Dieu et le Diable sont arrivés bien après... (et quand donc?) Après les dinosaures qui étaient trop bêtes. Ils ont attendu l'homme.

Et oui fils, tu as bien raison. Dieu est arrivé après l'homme (qui l'a fait à son image, mais c'est une autre histoire), animal doué de langage et de raison, rationnel mais suffisamment irrationnel pour avoir besoin de Dieu. D'ailleurs, c'est écrit noir sur blanc dans la Bible, et personne ne le remarque ...
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu (Jean 1.1)


mercredi 25 février 2009

Une organisation sans faille

Ouf, je viens enfin de terminer tout ce que je devais boucler avant le 31 janvier. C'est cool, je vais pouvoir m'occuper de tout ce que je dois boucler avant le 28 février, et pour la première fois de ce mois je me retrouve en avance.

Parfois, mon organisation m'impressionne vraiment.

samedi 21 février 2009

La poisse

Il fait beau, la neige est abondante et d'excellente qualité, le gnome est (presque) sage, Baloo est (presque) détendu ... et moi je suis malade, cloitrée à attendre que la troupe rentre de sa journée de ski.

Maudite, je dois être maudite...



samedi 14 février 2009

St Valentin, update

l'an dernier, si vous vous souvenez, la St Valentin n'était pas tip top sur les berges de la Mérantaise. En direct live voici les nouveautés de l'année:
Ma copine désespérée n°1 est toujours avec le même mec ...
Ma copine désespérée n°2 est toujours avec le même mec ...

Quant à moi, je suis toujours avec le même mec, mais cette année nous avons changé de resto...

Juste à coté de chez nous, cadre moins grand style mais repas largement au dessus de l'année passée.

Comme quoi, les années passent et ne se ressemblent pas...

vendredi 13 février 2009

Pourquoi je vous délaisse

Via le blog de Mouton, Anthropopotame me fait remarquer que les toiles d'araignées commencent à s'accumuler sur les berges de la Mérantaise.

Donc, voici un embryon d'explication:
  • Rapport d'activité à 4 ans à rendre au CNRS le 17 février
  • Demande de financement à l'IFR avant le 1er mars
  • Demande de financement PEPS à rendre au plus vite
  • De temps en temps, et assez régulièrement ces derniers temps, AG, manifs, pétitions, la routine quoi.
  • Et surtout, .... manips!!!
Et oui, depuis début janvier j'ai fait mon come-back à la paillasse, avec plein de résultats hyper méga excitants, qui font que je délaisse les points sus-mentionnés dans la journée... et que le soir venu, je me vautre dans un canapé pour lire la prose des copains, et vaguement travailler (très vaguement pour être honnête).

Pour couronner le tout, je vais me payer une tranche de vacances la semaine prochaine. Donc, je laisserai la lumière allumée et le chauffage branché pour ceux d'entre vous qui passeront par là, mais j'ai peur de ne pas vous fournir beaucoup de lecture (quoi qu'il suffise que je dise cela pour aussitôt retrouver l'énergie d'écrire).

lundi 9 février 2009

La fronde

Le pompier pyromane qui dirige notre pays, a déclenché un mouvement qui va croissant.
Passe encore de gagner des clopinettes, de bricoler en permanence pour palier aux baisses de crédit, d'accumuler des heures à rédiger des demandes de financement, justificatifs de financement, demande d'autorisations de détention de chimiques, radio-activité, organismes génétiquement modifiés, etc etc,
Mais se faire traiter de feignasse, là c'était trop. Et voila Anthropopotame muant en Che Guevara et moi même endossant les vètements de Louise Michel... on croit rêver!

Pour information, voici la mise au point d'Axel Kahn dont les propos ont quelque peu été détournés par le généralissime lors de son interview du 5 février:

Paris, le 7 février 2009
Communiqué de presse d'AXEL KAHN - Président de l'Université Paris Descartes

J'ai été cité par le Président de la République lors de son émission à la télévision le Jeudi 5 février 2009. Le Président de la République s'est déclaré renforcé dans ses opinions par la Tribune publiée dans le Monde par moi-même et trois autres Présidents d'universités, Alain Beretz, Université de Strasbourg, Yvon Berlan, Université de la Méditerranée, et Jean-Charles Pomerol, Université Pierre et Marie Curie.


Je désire par conséquent préciser les points suivants :

1. Je suis favorable depuis longtemps, dans son principe, à la modification du Décret de 1984 fixant les services des enseignants-chercheurs à l'Université.

2. En effet, une telle modification est indispensable pour prendre en compte dans la promotion des enseignants-chercheurs l'éventail de leurs activités (recherche, enseignement, pilotage) et non plus seulement la recherche.

3. L'évaluation des activités selon des critères discutés collégialement et sous la responsabilité d'une instance nationale est la contrepartie d'une réelle prise en compte des services, et le seul garde-fou contre l'arbitraire.

4. La présentation initiale par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche de la réforme du Décret de 1984 semblait indiquer que l'augmentation des charges d'enseignement serait la punition infligée aux mauvais chercheurs ; une telle vision n'est pas acceptable.

5. De plus, la décision prise par l'Etat de supprimer deux-cent cinquante postes dans les universités alors même que les besoins s'accroissent du fait du passage à l'autonomie, a donné du poids à la crainte d'une mesure comptable, compensant l'insuffisance des effectifs par des surcharges de service.

6. Dans son allocution sur la recherche et l'innovation française, le Président de la République a, le 22 janvier 2009, gravement blessé les chercheurs et les enseignants-chercheurs par des considérations qui remettaient en cause, souvent, l'engagement de toute une vie.

7. Dans ces circonstances, la communauté universitaire s'est très massivement dressée contre les modifications proposées du Décret de 1984, et cela malgré d'incontestables améliorations de ce texte.

8. Mon analyse est que la reprise du dialogue sur la nécessaire évolution de ce décret, dans le contexte d'exaspération et de mobilisation actuel, exige le retrait du texte adressé au Conseil d'Etat et une reprise à zéro des discussions.

9. La Conférence des Présidents d'Universités doit aussi porter très haut la revendication d'une annulation de la suppression des postes et d'un plan pluriannuel d'embauches afin d'accompagner le passage à l'autonomie et toutes les charges nouvelles que cela entraîne.

Et puis quand on n'a plus grand'chose à perdre, on en vient à oser l'inimaginable:
pétitionner pour obtenir des excuses d'un chef d'état ....

dimanche 8 février 2009

Quine!

Week end 100% rugby sur la rive droite. Hier était prévu un match du Gnome (auquel j'ai refusé qui aille, rapport à la neige... mon pôv' bébé), deux rencontres du tournoi des six nations (Angleterre-Italie, 36-11; et Irlande-France, 30-21), et l'évènement du mois... le loto du club de rugby du Gnome.
La chance souriant aux débutants, le Gnome a gagné par deux fois le carton (pour les règles, c'est ici). Je dois reconnaitre que nous avons effectivement été chanceux, puisque nous avons échappé aux 35 kg de pommes de terre, et au cuissot de sanglier...

En vrac, nous avons ramené deux DVD*, 4 tee-shirts, des stylos pour écrire jusqu'à la nuit des temps, des lunettes de soleil, une radio, un cartable, un parapluie, une casquette, des porte-clés, une lampe torche, et j'en oublie.

Aujourd'hui nous restons donc dans le rythme, puisque se joue actuellement Ecosse-Pays de Galles...
maj: mauvais week end, les 3 équipes que je soutiens se sont prises une tôle (Ecosse-Pays de Galles, 13-26)

*dont un est composé de deux nanards italiens des années 50-60... un pur bonheur pour les fans de nanards que nous sommes!

vendredi 6 février 2009

Science Fiction

Dans un commentaire du billet précédant, Aisling m'interpelle:
Concernant l'avenir du CNRS, le gouvernement a beau y aller au bulldozer, je serai quand meme etonnee qu'ils reussissent a degager l'ensemble des chercheurs du CNRS d'ici un an, pour en faire quoi? Les re-affecter dans les universites "autonomes"?

Alors, allons y d'un exercice de projection en partant du postulat que ce gouvernement aura la peau du CNRS. Cette hypothèse n'est pas surréaliste, le généralissime ayant annoncé dans son discours du 22 janvier, que nous devrions nous transformer en agence de moyen (traduire, devenir la NSF française, mais sans le budget faut quand même pas déconner). Reste le personnel, qu'il faudra bien recaser, vu qu'il a le mauvais gout de faire partie des fonctionnaires d'état.
Alors, allons y.

Première étape, très facile: Il l'a dit et répété ce jeudi, 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite ne sera pas remplacé. Les projections des départs en retraite chez nous sont assez claires, d'ici 5 ans, le CNRS devrait perdre (de mémoire) 20 à 25% de ses effectifs. Il suffit de ne pas les remplacer. Un sur deux au total, ne présume pas que toutes les administrations soient logées à la même enseigne.
Deuxième étape, pas très compliquée: dans le cadre de l'absorption des Sciences de la Vie par l'INSERM, on transfère ceux qui peuvent se recycler sans trop de mal. Ou bien, ceux que l'on juge dignes de l'excellence de l'INSERM (et qui donc échapperont à l'enseignement).
Troisième étape: On oblige les chercheurs à enseigner (dans le projet Pécresse, on parle de 64 hr d'enseignement). Et il y aura forcément des besoins d'enseignement, car les départs à la retraite coté fac sont encore plus importants qu'au CNRS. Là encore, il suffit de ne pas remplacer les partant. Si on veut de plus moduler les charges d'enseignement, à savoir les "bons" enseignent peu, les autres beaucoup, il faut bien fournir un réservoir d'intervenants.

Lissé sur 3 ans, je pense que c'est tout à fait jouable.

Bon, et bien il ne me reste plus qu'à commencer à réviser l'anatomie du cloporte pour assurer les TP de BA en L1 ...

jeudi 5 février 2009

Pendant ce temps au CNRS...

On se demande sérieusement si la maison passera 2009. Disons que les indices s'accumulent dangereusement:

  • La création des Instituts (d'ailleurs, SDV n'existe plus, remplacé par l'Institut des Sciences Biologiques sans que personne n'ai jugé utile de nous prévenir)
  • Bien entendu, le très fameux discours du 22 janvier.
  • La baisse sévère du recrutement 2009 (et celle annoncée pour 2010, une vraie peau de chagrin ces concours)
  • L'arrêt des post-docs CNRS. En 2009, c'est fini, a-pu. D'ailleurs, je le soupçonnais fortement puisque je n'avais obtenu qu'un an de financement pour mon labo précisé dès le départ comme non renouvellable.
  • Le courrier surréaliste que nous venons de recevoir concernant la monétisation de nos compte-épargne-temps.

Je vais détailler un peu ce dernier point, car j'en entends certains dire "c'est quoi ce compte?".
Facile, pour ceux qui (comme moi) n'arrivent pas à prendre la totalité de leurs jours de congé, surtout depuis l'instauration des ARTT, l'excédent de congés peut être placé sur un CET. Lorsqu'un nombre suffisant de jours a été épargné (40 de mémoire), le compte est activé. Ce qui veut dire que l'on dispose alors de 10 ans pour le vider ... Un truc un peu piège à c' vu que si on n'arrive pas à consommer 43 jours de congés en une année, je ne vois pas comment on peut consommer 43 + n (avec n>40), mais bon . Disons qu'au lieu de les perdre, bon nombre d'entre nous se sont dit... ben on verra, épargnons épargnons.
Hors donc, pour faire vivre le célèbre et risible "travailler plus pour gagner plus", le généralissime nous a autorisé l'an passé à nous faire payer 4 jours épargnés en 2007. Royal. En fait, çà a dû couter bonbon à l'état vu que beaucoup de fonctionnaires ont fait valoir leur droit (recherche, mais surtout hopital, et même justice). Bref, il fallait que cela cesse. D'où le changement de règle du jeu survenu cette année. C'est la dernière fois que nous pouvons demander le paiement des jours de congé épargnés. Ne seront éligibles que la moitié de ceux épargnés au 31/12/2007. Pour vous donner un ordre d'idée, en ce qui me concerne, on parle de 22 jours à se faire payer. A 125€ la journée, c'est presque un 13ème mois ... Alors bien sur je vais demander le paiement. Sauf que c'est comme dans les contrats, il y a toujours des clauses écrites en bas qui gachent un peu le tableau.
Je cite pour ne pas déformer (et je grasse ce qui m'inquiète un peu):
Conformément aux dispositions du décret, et sous réserve que le CNRS demeure votre employeur, le versement de l'indemnité s'effectuera par tranche maximale de quatre jours par an jusqu'à épuisement du solde de jours à indemniser.

C'est bien la première fois que cette précision apparait dans un courrier officiel du CNRS. Du coup, je me demande si le CNRS sera toujours mon employeur dans 5 ans, voire même un an en fait ...
Bon la bonne nouvelle c'est que nous serons fixés dans 11 mois.


mercredi 4 février 2009

De la part des mauvais

Voila quelques réponses de médiocres, anarcho-gauchistes à notre généralissime. et .
Il est souhaible de lire le premier avant d'écouter le second.
Ca ne changera rien, mais çà fait du bien.

lundi 2 février 2009

Du rififi sur la rive gauche

Et bien voila, çà devait finir comme çà. A force d'être traités comme des moins que rien par les plus hautes instances de notre pays, mes collègues enseignant-chercheurs ont décidé aujourd'hui que trop c'était trop.
Notre vénérable université, si chère au nain, est donc en grève générale depuis aujourd'hui et ce pour une semaine (reconductible) à 191 oui, 2 non, 7 abstentions.

Me voila face à un sacré dilemne, puisque je suis sensée faire cours mercredi matin ...

Certes, je suis totalement solidaire de mes collègues. Mais j'enseigne dans une UE longue (et on peut tout de même espérer que la grève sera terminée avant les examens fin avril), et surtout le cours que je donne est utilisé par tous les collègues qui me suivent (dont le principal intervenant qui ne souhaite pas faire grève de l'enseignement)... Bref, j'avoue ne pas trop savoir quoi faire.

Alors, une fois n'est pas coutume... j'aimerai bien savoir ce que vous feriez à ma place ...

jeudi 29 janvier 2009

Le mépris

Quand j'ai écouté çà (et que pour être sure de ne pas être victime d'hallucinations acoustiques, j'ai téléchargé le document pdf et l'ai relu), je dois avouer que la colère m'a gagné et n'est pas prête de me quitter.

Quelle arrogance, quelle suffisance, et pire que tout quel mépris pour un corps d'état qui travaille depuis des années dans des conditions déplorables, et qui malgré tout continue à produire des connaissances, les diffuser, et maintenir notre pays dans le top 10 de la recherche mondiale.

Ce soir, alors que j'allais poster ce bref billet, je viens de lire la prise de position d'Albert Fert sur l'excellent blog {sciences2} de Sylvestre Huet. Un peu de baume au coeur après l'agression commise par la plus haute autorité de notre pays. Merci à vous Mr Fert.

En direct de la Bastille

Enfin pour être tout à fait honnête, d'après notre envoyée spéciale à la Bastille, il semblerait que la manifestation de ce jour soit un raz de marée.
Le cortège Recherche et Enseignement Supérieur a quitté Jussieu à 14 hr pétantes, pour rallier la Bastille point de départ de la "The" manif'. A 16h30, il y est toujours coincé alors que les premiers partis de Bastille à 14 hr viennent d'atteindre Opéra.

Je n'ose vous communiquer le nombre de manifestants estimé par les RG tellement il semble ridiculement sous-évalué.

Cela dit, les sciences de la vie semblent avoir fait l'impasse sur ce rendez-vous. D'ailleurs, je suis "en grève" mais au boulot, des manips de la plus haute importance ne pouvaient être remises à plus tard. Comme quoi le personnel CNRS est prêt à aller travailler en milieu hospitalier ...

samedi 24 janvier 2009

Dieu, la Mort, les Hommes

On ne plaisante pas sur la rive droite avec les questions existentielles du Gnome, on essaye toujours d'y répondre le plus honnêtement possible.
Mais voila, depuis quelques mois, l'essentiel des états d'âmes du fiston tourne autour de la mort, de Dieu, et de l'avenir de l'humanité.
Impossible d'éviter de répondre (Comment çà est-ce que Dieu existe ??? File donc ranger ta chambre) c'est totalement contre productif, ce môme est une vraie teigne qui ne lâche pas le morceau. De plus, je n'ai pas (et son père non plus) franchement l'intention de créer des tabous.

Au milieu de toutes ces interrogations (ou affirmations) qui mine de rien le travaillent quand même, surgissent parfois des réflexions (de bon sens) qui ont l'art de nous faire mourir de rire.
Bon, quelles sont les sources d'informations de mon fils?
1- ses parents
2- ses copains (ceux qui vont au catéchisme en ce qui concerne le divin)
3- les documentaires sur la vie des méduses dont France 5 et Arte nous inondent

A l'aide de ce fonds documentaire, il tente de répondre à tout ce qui lui pose problème ....

Ma préférée est la suivante:
Vraiment Jésus il est idiot. Il veut revenir sur Terre quand tout le monde sera mort. Tu imagines?? Plus que de la poussière partout, oui même les os j'en suis sur. Franchement, il ferait mieux de revenir avant, ou alors il va vraiment s'ennuyer ...


Autre exemple:
- Maman, c'est vrai que quand on est mort, on monte au ciel ?
- Qu'en penses-tu mon bonhomme?1
- Ben non, sinon les morts se cogneraient dans les avions ... (ce qui n'était vraiment pas la réponse que j'attendais!)
- mnnnn2....
- Mais mon copain Alceste il dit que les morts vont au ciel avec Dieu, que c'est leur mnmnmnm, un truc qu'on a là (montre sa poitrine) qui reste à côté de Dieu comme çà les morts sont pas vraiment morts.
- Tu veux dire l'âme?
- Ouiiiiii, c'est çà !
- Et bien disons, qu'on n'est pas tout à fait mort tant que quelqu'un pense à nous. Tes papys sont morts, et pourtant tu penses beaucoup à eux, tu en parles beaucoup, donc tu vois ils sont toujours un peu présent parmi nous.
- Oui mais alors et Dieu ????
- .... certains croient que Dieu existe, et qu'il accueille tout le monde. D'autres n'y croient pas.
- ah.... et toi maman, qu'est ce que tu crois ?
- Peu importe ce que je crois mon bonhomme, ce que je te dis là c'est que chacun choisi de croire ou pas, et personne ne doit imposer son opinion sur la question.
- ah ... alors il faut que je décide si j'y crois ou pas?
(arrivé là j'avoue avoir jeté l'éponge...)

Je ne pensais pas que c'était si dur d'être parent...

1 & 2parfois j'ai l'impression de jouer le rôle du psy dans une mauvaise série télé...

vendredi 23 janvier 2009

Les experts : Bordeaux

Hier soir, nous sommes tombés sur une série française (diffusée par TF1, j'avoue) absolument hallucinante. Section de Recherche çà s'appelle. Uniquement parce que la prod' n'a pas dû oser l'appeler comme le titre de ce post.

Je vois bien une session brain-storming en production fiction.
Bon les cocos, les ricains ils ont ces séries qui cartonnent vous savez les Experts. A tel point qu'ils ont plusieurs séries parallèles. La ménagère adoooooore. Chez nous aussi on a une police scientifique, on pourrait faire une série sur leurs enquètes, non???
Ouais coco, super bonne idée!! Attends je me rencarde.

A la réunion suivante, coco2 annonce qu'il a trouvé, çà se passera à Bordeaux dans l'unité scientifique de la Gendarmerie Nationale.

Bon, voila j'ai tout dit, c'est déjà mort avant de commencer!! Franchement, çà vous fait rêver vous l'uniforme du Gendarme? Le même que celui qui vous fait flipper quand vous prenez l'autoroute un jour de grand départ, embusqué qu'il est tous les 200km ???

Bref, malgré tout certains en haut lieu ont dû trouver çà génial, et roule ma poule, Section de Recherche était née...

Disons le franchement, je ne m'étais pas autant marrée depuis fort longtemps. Et Balou aussi (à tel point qu'il en a oublié de dormir sur le canapé). Du coup, on a regardé la fin, les occasions de rigolade étant plutôt rares en cette période de crise.

Bref résumé (pour dire le niveau de l'intrigue, tu regardes les 15 dernières minutes et tu comprends tout...):
Le Capitaine Machepreau dirige la section de recherche de la Gendarmerie. La branche scientifique. D'ailleurs, son assistante a toujours une blouse blanche pour qu'on comprenne qu'elle est scientifique. Hier ils cherchaient à piéger un gigolo sérial killer de bourgeoise pré-ménopausée mais friquée. Et paf, voila-t'y pas qu'ils trouvent le bellâtre gisant poignardé dans une baignoire remplie d'eau teintée de son sang. Au début, l'assistante (cette naze) elle croit que l'assassin c'est celle qui aurait dû être la victime (la ménopausée, vous suivez?). D'ailleurs elle n'est pas dans la maison, c'est un indice. Bon, après ils trouvent un couteau de cuisine couvert de sang (lame et manche), rouge écarlate, sauf que le meurtre a dû être commis à 18h10 (et là il est 22h et des bretelles). Ils le savent car la montre du bellâtre s'est arrêtée sur 18h10 (gros plan sur le cadran), ben oui pas étanche la montre!! (pour les nuls du script: le sang aurait déjà dû être oxydé). Après, ils fouillent la maison déguisés en cosmonautes. Et là, le Capitaine Machepreau entre dans la cuisine, et il regarde le micro-onde avec un regard bovin du plus bel effet. Puis il regarde la pendule de la cuisine. Et encore le micro-onde. Pour qu'on comprenne tout, il y a des gros plans sur les heures affichées (ce ne sont pas les mêmes). Après il a une vision de tout ce qui s'est passé, et qui explique pourquoi les deux affichages sont différents. Et puis il sort de sa transe, et il explique comment le meurtre s'est passé. Ah ah, enfoncés les Experts américains!!
On a ensuite droit à un plan de coupe photo noir et blanc du capitaine (comme dans NCIS), et on se retrouve dans les locaux de la gendarmerie, ou quelqu'un amène la victime qui croit avoir tué le bellatre (bon, elle était droguée, elle s'est réveillée en tenant le couteau, et elle a du sang sur les bras et le décolleté - mais pas sur la robe). Machepreau la rassure, il sait qu'elle n'a rien fait. Puis arrive un type qui amène les résultats ADN (faudra qu'il me file le protocole pour extraire aussi vite de l'ADN et l'analyser). Et ensuite, un gendarme arrive avec les résultats de l'enquète de voisinage. Et paf, il y a des voisins qui ont vu un homme partir dans une 205 blanche immatriculée dans le 33 dont l'aile avant droite est enfoncée. Immédiatement, Machepreau a une nouvelle vision. De la voiture garée, et du proprio qui en sort... alors il part l'arrêter et fait avouer le vilain en moins de trois questions. Générique de fin.

Et je vous jure que cette narration est assez fidèle.

Ben moi je dis "trop forts les gendarmes!!"

mardi 20 janvier 2009

Comme d'habitude

Et bien voila, jeudi prochain je devais me rendre à Strasbourg pour une journée de réunion. Donc, selon la règle maintenant bien établie, la RATP et la SNCF ont déposé un préavis de grève pour le 29 (jeudi prochain donc pour ceux qui ont du mal avec les calendriers).

Or j'ai décidé qu'en 2009 j'en avais fini avec les galères de transports. Donc, j'ai annulé ma participation.

Finalement, c'est assez facile de dire non !

samedi 17 janvier 2009

Mea Culpa

Franchement, vous avez bien du mérite chers lecteurs à me rester fidèles vu l'indigence de ma production bloguesque de début d'année (qui ne déshonore pas celle de décembre 2008, vous l'aurez remarqué).

Et pourtant, je pourrai fournir une quantité phénoménale de billets sur la rive gauche: Opération Campus, réforme des Sciences du Vivant au CNRS, autonomie des Universités et son corollaire la mise en place de jurys de concours enfin indépendants-transparents-qualifiés (rayez les mentions inutiles), ineptie de l'évaluation AERES, et j'en oublie surement.
Je pourrai également tenter de vous faire sourire avec les anecdotes de la rive droite, qui se sont sérieusement accumulées ces deux derniers mois.

OU PAS...

Je ne peux invoquer un manque de temps: je viens de prendre 4 jours de vacances pour cause de grippe Gnomesque, et j'avoue m'être ennuyée à mourir dans mon rôle de mère dévouée assurant l'infirmerie et l'intendance, mais je n'ai pas trouvé une once de courage pour venir ici aligner quelques lignes.

Il me faut donc me remotiver sérieusement, ou bien disparaitre de la blogosphère ...

Alors, je pense que ma bonne résolution de 2009 sera d'être un peu plus régulière dans ma production. D'autant que comme toute drogue, l'écriture une fois qu'on la repratique redevient très vite addictive. Tenez là, hop, je me sentirai presque de faire un second billet. Mais il faut savoir raison garder, et reprendre en douceur afin de ne pas risquer le blog-wrist ....

vendredi 9 janvier 2009

Mon premier Troll

Cher anonyme 209.85.175.132 de Naha, Japon,

Merci de l’honneur fait à ce blog de penser qu’il est suffisamment lu pour que vous y épandiez votre prose et que votre « action » puisse ainsi bénéficier d’une meilleure lisibilité sur Google. J’eus en revanche préféré que vous ne me preniez pas pour une poire. Il n’y a pas trace de la moindre erreur de votre part dans votre commentaire, vous le savez et moi aussi. Contrairement à mon ami le Piou, je ne participerai pas, même indirectement, à la promotion de vos actions fangeuses, ce qui explique la suppression de votre commentaire.
Voyez vous, je pense comme le regretté Pierre Desproges, que si l’on peut rire de tout, on ne peut le faire avec tout le monde.

Sans aucune cordialité,

Narayan

mercredi 7 janvier 2009

Play it again

Certes c'est la saison des bonnes résolutions. Mais, lorsque suivant l'exemple du Piou j'ai repris ma liste 2008, j'ai réalisé que j'avais dû passer l'année à soigneusement ignorer mes résolutions; à moins que je n'ai une mémoire de poisson rouge ...

Tenues rive droite:
- Organisation des vacances. Je la garde pour 2009, elle n'est pas mal.
- Achat de Santons. Bon, pas en septembre, mais en novembre... et ils sont arrivés juste avant l'installation de la crèche. Je renouvelle donc pour 2009.
- Arrêt des achats déco (à faire). En fait, je n'ai pas dû mettre les pieds dans une boutique de tout 2008, donc c'était plutôt simple. Soyons fous, je remets çà en 2009.

Celles qui n'ont pas été tenues peuvent également se voir renouveler, bien que je soupçonne un certain blocage psychologique expliquant l'absence de résultats en 2008 ...

Tenues rive gauche:
Là c'est hyper simple; à part la demande à l'ANR (que je n'ai pas obtenu, sinon vous l'auriez su) je n'ai tenu AUCUNE des résolutions 2008. Et en plus, je les laisse tomber pour 2009 (sauf les papiers, parce qu'il y a des broutards™ qui attendent et qui commencent à trouver le temps long).

Quant aux petites fleurs, je commence à m'y habituer ...

Bon, finalement, les bonnes résolutions 2009 c'était facile.


Glagla-land

-11°C sur les berges de la Mérantaise ce matin ...
Il fallait être sacrément motivée pour sortir du lit, puis de l'appart'.
Et le pire, c'est que coté rive gauche nous sommes en panne de chauffage depuis deux jours. Si mes dents ne claquaient pas si fort j'en rirais presque.

lundi 5 janvier 2009

Le bonheur est dans le pré

Dix jours dans la patrie du canard, à profiter de la famille, voilà quel était le thème de cette pause hivernale.
De la fenêtre de ma chambre, les jours passaient sans se ressembler.

Coté cuisine, la variété était moindre. Disons que le thème général était canard (gras bien entendu), avec de subtiles variations sur le foie (gras également): cru, mi-cuit, cuit, cuit en cocotte, et j'en passe. J'ai échangé plein de recettes, expérimenté certaines (dont des huitres chaudes au sabayon, miam), en fait passé la majeure partie de mes journées en cuisine.
Nous avons donc copieusement cuisiné, copieusement mangé, copieusement bu, copieusement dormi. Le gnome s'est quant à lui fait une cure télé (merci le satellite ...).
Bref, c'était de vraies bonnes vacances, qui arrivaient à temps pour remonter le moral des troupes.

Le retour à la mine n'en est que plus dur ...

jeudi 1 janvier 2009

Au gui l'an neuf !

Je sais je me répète. Mais après s'être souhaité une bonne année sous le gui, je n'allais pas rompre avec la tradition.
Bonne année 2009 chers lecteurs, qu'elle vous soit douce et légère, et aux inconditionnels de la rive gauche, souhaitons que cette nouvelle année ne soit pas la dernière de notre vieille maison, ni de sa non moins vénérable commère, dame Universitas.

lundi 22 décembre 2008

L'évaluation AERES comme si vous y étiez

Donc, voilà, nous avons terminé l'année par cette satanée visite du comité d'évaluation. Deux jours plein, mais finalement peu de temps consacré aux équipes le comité ne s'étant divisé qu'en deux sous-sections contre 4 lors des précédentes évaluations (réalisées par le CNRS). En ce qui me concerne, j'avais donc 10 minutes de présentation et 5 de questions. Les "vraies" équipes (pas les aspirants) avaient 30 minutes de présentation et 10 de questions.En gros, nous avons tous eu les mêmes questions (excepté bien sur celles d'ordre scientifique):
  • quelles seront vos sources de financement?
  • qu'envisagez vous comme recrutement?
Je me marre! Donc, je me suis fait plaisir, en répondant que malheureusement n'étant pas Mme Irma, je ne pouvais aucunement prévoir de quels financements je disposerai à partir de 2010, et qu'il m'était totalement impossible de prédire un recrutement alors que les prédictions concernant les postes au CNRS dans les prochaines années sont plus qu'alarmantes. J'ai également fait remarquer que proposer des post-docs de un an non renouvelable était absolument stupide et contre productif. Cà ne règle pas le problème mais çà soulage! Donc, en ce qui concerne les personnes de l'équipe, nous continuerons à tourner avec des stagiaires (BTS, L2 et 3, M1 et M2 si possible). Pour les sous....un ou deux cierges brulés à Ste Rita ne feront pas de mal. De toutes façons, autant croire aux miracles dans la situation actuelle.

L'audition des 3 collèges a été édifiante. Les réunions se sont tenues en parallèle, et nous nous sommes aperçus après coup que nous avions tous eu les mêmes questions (au mot près!). La où c'est moins drôle c'est que nous n'avons pas vraiment donné les mêmes réponses! Quand on sait que tout tournait autour de l'organisation de l'institut....

Bref, après deux journées de dur labeur, le comité s'est enfermé pour délibérer, et a quitté l'institut sans que l'on en sache plus. Et oui, le débriefing de fin de comité est supprimé! Pour savoir ce que l'on aura pensé de nous, il nous faudra attendre février je pense, et la réception du rapport final.
Le seul commentaire que nous ayons eu a concerné la proportion de non publiants de l'institut. Alors que je pensais finalement être du bon coté de la barrière, les critères AERES disant que si le nombre d'or n'était pas atteint, mais que le chercheur avait signé en 1er ou dernier auteur dans de bons journaux il était repéché, je me suis donc vue rebasculer dans la catégorie des moutons noirs, ladite règle ayant été abandonnée.

Affaire à suivre donc...

Je suis tellement HS, que je n'ai pas réalisé que j'étais connectée comme "Narayan" alors que la riche gauche est chasse gardée de Roberta... Les lecteurs corrigeront d'eux même.

Alive !

A tous ceux qui auraient pu se poser des questions, je suis toujours en vie, et je n'ai pas décidé d'abandonner ce blog.
Bon, certes, ces derniers temps n'ont pas été hyper productifs, mais comment dire... la rive gauche était en mode "red alert", et la rive droite n'assurait plus un cachou.
Voilà, tout çà est donc de l'histoire ancienne, je peux partir en vacances ! En d'autres termes, l'activité des Chroniques risque d'être tout aussi peu fournie. Nul doute que ce sera mieux en janvier.

Demain départ vers la patrie du canard et du ballon ovale, pour des vacances bien méritées. Si j'ai du temps, du courage et un accès internet, je ne manquerai pas de me manifester...

lundi 15 décembre 2008

Tu parles d'un cadeau...

Dans un monde parfait, je serai en train de déguster un dîner en tête à tête, accompagné de breuvages nobles.

Dans la vraie vie, je répète et re-répète ma présentation AERES, je dépasse systématiquement de 1'30, j'en ai un peu marre de consulter le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots plus courts qui me permettraient de tenir dans le temps impartit.

Dans la vraie vie, l'information du portail Galaxie (sésame des qualifications) indiquait une dead line d'envoi des dossiers au 22 décembre (ce qui m'arrangeait plutôt bien) alors qu'en fait il fallait dire 15 décembre. J'ai été sauvée sur le fil dans une commission, mais j'ai déjà 50% de déchet à la candidature.

Bref, c'est une vraie journée pourrie, qui précède deux journées pourries.
Et pourtant, d'habitude c'est ma journée préférée.

lundi 8 décembre 2008

Et la marmotte....

On nous prend vraiment pour des poires dans les plus hautes allées du pouvoir.

Lu sur le site du 1er ministre (si, si on en a toujours un ...), et daté du 3 décembre :
Les universités les moins bien dotées en 2008 au regard de leur performance et de leur activité verront leurs crédits augmenter en moyenne de 38 % sur 2009-2011 et celles qui sont les mieux dotées de 12 %.

(pour lire l'intégralité c'est ici)

Reçu aujourd'hui en publipostage, de la présidence de l'université (je grasse):

Chers Collègues,
Nous avons reçu vendredi soir la notification des moyens de fonctionnement 2009 pour notre université.
Sur le plan budgétaire la dotation est en augmentation de 2,4% par rapport à 2008, en deçà du taux d'inflation annuelle de 2008, et surtout très en deçà du taux moyen annoncé (15% pour l'ensemble des universités).
Il est très difficile de faire une analyse comparative précise de la réalité de cette augmentation sur le fonctionnement de l'université, dans la mesure où la globalisation des crédits conduit maintenant le ministère à prendre en compte un périmètre élargie comprenant:
le contrat, le plan licence, le plan carrière, l'enveloppe des primes .... , av ec la Dotation Générale de Fonctionnement, qui elle même est calculée cette année sur la base de nouveaux critères qui ne sont pas renseignés pour notre université.
Plus inquiétante encore la prévision donnée sur l'évolution des crédits de fonctionnement pour 2010 et 2011: -0,2% pour 2010 et +0,0% pour 2011 !
Ces sommes n'intègrent pas encore la masse salariale, mais le courrier notifie également l'évolution de notre dotation d'emplois :
Sur 2009, l'université va perdre 11 emplois de titulaires, 3 IATOSS au titre des réductions nationales des emplois dans les universités, et 8 Enseignants-chercheurs au titre de redéploiements entre les universités.
Là aussi cette notification est accompagnée de prévisions sur 2010 et 2011: l'université perdrait ainsi à nouveau 8 emplois en 2010 et 8 emplois en 2011 !
Ce sont de très mauvaises nouvelles pour l'université, qui, par ailleurs, n'ont pas fait l'objet de concertation: qu'il s'agisse des concertations annuelles que nous avions chaque année avant la notification de la DGF ou de concertations à l'occasion de la campagne des emplois.
Qui plus est, nous voyons que ce qui aurait normalement dû être fixé à l'occasion de la négociation du contrat quadriennal est déjà fortement préempté.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre le sort fait à notre université, dans la logique d'une politique affichée cherchant à renforcer les capacités de nos établissements pour progresser dans la compétition internationale au plus haut niveau.
Veut-on nous punir d'avoir eu des Prix Nobel et Médaille Fields ? On peut se le demander.


Tiens, notre présidence commence à ouvrir les yeux !! Dommage, c'est un peu tard ...

Reste que la situation de la recherche va devenir vraiment ingérable, le budget CNRS étant probablement à la baisse, et la dotation de l'université (censée, je le rappelle pour ceux qui dormaient, porter l'excellence de la recherche) en pleine déroute.
Parti comme çà, je met la clé sous la paillasse fin 2009 ...

jeudi 4 décembre 2008

L'économie pour les nuls

On nous explique que le cours de l'essence à la pompe est directement lié au cours du baril de Brent. Certes. Qui pourrait m'expliquer alors pourquoi cet été (baril à 150$), je payais mon gazole 1,29 € au meilleur prix, alors que maintenant (baril à 45 $ hier) je le paye 1,05 € au meilleur prix?


On nous explique que les taux d'intérèts des emprunts des particuliers sont conditionnés par les taux directeurs des banques centrales. Certes. Qui pourrait alors m'expliquer pourquoi mon emprunt à taux variable indexé ne baisse pas alors que la BCE a réduit ses taux directeurs de 1% entre juillet et décembre ? (bon, OK, là je sais pourquoi. L'indexation n'a lieu qu'aux dates anniversaires ...)

mercredi 3 décembre 2008

Ridicule

Heureusement qu'il ne tue pas celui là, sinon la semaine passée nous aurions eu une hécatombe dans le microcosme de la recherche.

Ridicule, la présidente du CNRS et ses fausses pistes quant au lieu où se tiendrait le CA ...
Ridicule, le déménagement de dernière minute avec convocation par sms

Pour ne pas être en reste, la préfecture (du moins je suppose que ce genre de décision est préfectorale) avait déplacé 17 (oui dix sept, je les ai comptés) fourgons de gardes mobiles pour transformer un immeuble cossu du XVIème en Fort Knox. Déploiement de force totalement disproportionné, lorsque je suis arrivée sur les lieux, il y avait plus de pandores casqués que de manifestants.

Mais la journée n'était pas terminée, et les maigres troupes mobilisées (quoiqu'en disent les journaux et le site SLR) n'ont pas voulu être en reste.
Il faut en vouloir pour manifester de la montagne Ste Geneviève à la morgue ...

Ridicule enfin cette "occupation" du siège de l'ANR, avec ce slogan hallucinant: l'usine à précaires.

Soyons clairs, je suis convaincue que le monde de la recherche doit être réformé. De toute urgence. Je ne suis pas convaincue (pour rester polie) par le projet gouvernemental, qui fout en l'air ce qui marchait à peu près. Mais la ligne qui semble de plus en plus être défendue par SLR et les syndicats ne me convainc pas plus (pour continuer dans la version polie).

Obtenir un poste à la sortie de sa thèse me semble une hérésie. C'est le propre de la formation doctorale, c'est comme çà, mais il faut savoir couper le cordon qui relie le doctorant à son directeur de thèse. Il me semble crucial de sortir de cette réflexion fusionnelle qui finit toujours par s'établir. Et pour çà, le post-doc est essentiel.

J'entends déjà certains hurler ... Oui le post doc est essentiel, mais pour une durée raisonnable et surtout pour ensuite permettre d'obtenir un poste ici ou ailleurs en fonction des possibilités offertes et des inclinaisons particulières.

Je fais partie de la génération qui a commencé à essaimer à l'étranger faute de financement des post-docs en France. Notre seul choix concernait le pays qui allait nous accueillir. Qu'on présente l'ANR comme une usine à précaires, est absolument ridicule à mes yeux. C'est le système qui a le mérite de permettre que ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'expatrier puissent réaliser un post-doctorat en France.

Alors, si pour une fois on pouvait un peu penser positivement, regarder devant nous et proposer des réformes constructives, le quotidien de la recherche serait peut être moins difficile à supporter ...

jeudi 27 novembre 2008

Message personnel

Désolé pour tous les autres, c'est le seul moyen que j'ai trouvé ...

Dr Mouton, impossible de laisser de commentaires chez toi, y a un problème avec Word press ...

Donc, à la suite de ce post, mon commentaire (censuré chez toi) est :

Tu voulais savoir pourquoi je numérisais (et non, je n'ai pas oublié ta question ...) ? Pas pour savoir qui est le père de qui, c'est totalement anecdotique, plutôt pour savoir comment (on vivait, on mourrait) il y a plus de 100 ans, reconstituer la vie d'un village (ses familles, ses artisans etc ...), explorer le passé donc et s'imaginer la vie de ceux qui sont à l'origine de notre famille ...

Détails techniques prochainement, c'est promis !

lundi 24 novembre 2008

Un an déjà

Voila. Un an. Incroyable ce que le temps aura passé vite.
Je ne pensais pas en ouvrant ce blog écrire autant, ni même autant être lue. Certes, tout est relatif, mon audience est restreinte comparée à ceux qui m'ont donné envie de me lancer ... mais j'ai des lecteurs fidèles. Majoritairement silencieux (et çà me désole, car quand vous vous lancez, les échanges sont constructifs!) certes, mais fidèles.

Merci à vous, continuez à venir, je tacherai d'être à la hauteur.

Alors maintenant, place à la mauvaise nouvelle ... le calendrier est terriblement chargé jusqu'au 18 décembre. Chargé d'évènements professionnels importants (qualification, évaluation AERES, évaluation CNRS - et oui, on doublonne quelle chance, et toujours deux papiers à finir et envoyer)
Donc, je ne pense pas avoir beaucoup de temps pour fournir de nouveaux billets ...
Profitez en pour relire les anciens !!

dimanche 23 novembre 2008

A vot'bon coeur

Alors, il faut aller là:



çà ne vous coutera rien, mais çà fera des cadeaux pour des p'tits loups qui en ont bien besoin ...

samedi 22 novembre 2008

C'est Samedi, c'est Rugby

Après un après midi terrible (le Gnome et son équipe ont mangé chaud ... 3 match perdus, aucun essai marqué), l'équipe de France semble être au rendez vous ...
C'est la folie dans le salon, et exceptionnellement le Gnome n'est pas couché malgré l'heure tardive.
Cela dit, à voir les tampons et autres joyeusetés rugbystiques, je croise les doigts pour que mon bébé joue à l'arrière dans quelques années...


maj: finalement, la France s'est inclinée .. comme l'a diagnostiqué le Gnome "le sort s'acharne" ...

vendredi 21 novembre 2008

Toilettage

Avant d'avoir un an, il fallait bien faire un peu le ménage !

J'espère que la nouvelle organisation vous conviendra. En tous cas, moi je préfère ..

jeudi 20 novembre 2008

Abracadabra

J'adore mon iPhone. La nouvelle application mortelle qu'il faut avoir c'est Shazam.
Quoi çà disent ceux qui ne sont pas totalement Mac-addicted?
Shazam.
Vous entendez une musique trop cool, vous ne la connaissez pas et vous voulez savoir ce que c'est ... Ben voila, Shazam sert à çà (mais pas que). Vous utilisez l'iPhone pour capter la musique mystérieuse que vous aimez tant (en ayant au préalable lancé l'appli, ils sont forts chez la Pomme mais pas à ce point), et TALA ... Vous savez ce que c'est, il y a un lien sur youtube, et ... sur iTune.

Moi je trouve çà cool...

A Télérama en revanche, ils trouvent pas çà cool du tout. C'est vrai quoi, quelle honte, une application gratuite qui permet d'accéder si on le veut à un site d'achat de musique en ligne. Et en plus, quelle honte, il n'y a pas tout sur iTune, donc parfois Shazam n'est même pas capable de te dire quel lied de Schubert tu es en train de découvrir.

mardi 18 novembre 2008

A quoi çà tient

... d'être non publiant pour l'AERES ? A pas grand'chose.
Voila ce que cette formidable machine nous demande:

Production scientifique du 15/10/2004 au 15/10/2008 sauf quand l’unité a été créée entre temps

Ben voila, il va falloir apprendre à viser ... parce qu'en 2004, mon dernier papier est sorti en Juillet.
Donc, à 2 mois et demi près j'aurai été publiante sur le quadriennal.

Si c'est pas merveilleux la bibliométrie comme mesure de productivité !

L'AERES, l'essayer c'est l'adopter

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'arrivée du comité AERES. Comment dire ?? Allez, soyons sobre, je me marre !

Donc l'AERES, rappelez vous, c'est l'organisme qui gère une évaluation impartiale, transparente1, basée sur des experts internationaux. D'ailleurs, afin de faciliter la tache de ces experts internationaux, nous avons dû rédiger en anglais bilan et projet.

Hier, nous avons pris connaissance de la liste de nos 14 évaluateurs (et oui, la taille de notre institut justifie un comité de cette ampleur). Sauf erreur de ma part, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Paris et Marseille sont toujours dans les frontières du pays. Je cherche donc où se sont cachés nos experts étrangers impartiaux ...

De plus, certains de nos évaluateurs collaborent avec des équipes de l'institut, cherchez l'erreur...

Enfin je me demande pourquoi nous avons dû rédiger des tonnes de documents en anglais pour un public français ou a minima francophone2.

Cerise sur le gâteau de l'impartialité, il nous est demandé de procéder à notre auto-évaluation (auto-critique devant le polit'bureau?), sur différents critères en utilisant une grille de notation de 1 (mauvais) à 5 (génial). Les dites grilles seront ensuite validées par les membres du comité d'évaluation. Un des critères est bien entendu publiant vs non publiant. Et là, je suis bien embêtée, puisque je n'ai que 3 articles quand il m'en faudrait 4 ... Le quatrième justement, je suis en train de l'écrire, ou plutôt j'ai arrêté de l'écrire pour cause d'évaluation et de qualification. Ce qui pourrait me sauver, c'est que l'HDR compte dans les publis ... Tiens, je vais creuser l'idée !

1Tellement transparente, que les résultats d'évaluation sont disponibles de manière totalement aléatoire.
2L'absurde de la situation pourrait même aller jusqu'à nous obliger à faire les présentations en anglais!


samedi 15 novembre 2008

j'me la pete

L’utilisation des nouveaux medias me semble particulièrement appropriée à l’hétérogénéité des parcours engendrée par la réforme "LMD". En particulier, la mise en ligne de support d’information voire la mise à disposition des étudiants de DVD reprenant cours et/ou TD (voir par exemple le système mis en place en PCEM1 à Grenoble), s’approchent beaucoup de l’esprit de l’auto-enseignement que j’avais pratiqué en formation continue. La démarche n’exclut pas l’enseignant bien au contraire, elle tient compte en revanche des différences de niveau ou de connaissance d’étudiants souhaitant tous suivre le même enseignement. Fournir à chacun les outils permettant de suivre une UE dans les meilleures conditions, est à mon sens une démarche qui ne peut que bénéficier aux acteurs de l’université, les étudiants et leurs enseignants.
Bon, je sais pas si la CNU appréciera mais je me suis éclatée en écrivant çà!

mardi 11 novembre 2008

Mémoire des Hommes

Mon grand-père, Roger P** peintre décorateur, a participé à la guerre de 1914-1918 au sein du 94e RI. Il est “ Mort pour la France ” en 1926, des séquelles de blessures de guerre, laissant une femme et 2 petites filles de 6 et 4 ans.
Ce texte, écrit en 1915 à l'âge de 18 ans, a été retrouvé sur son carnet de chansons. En voici la transcription aussi fidèle que possible ; les points d'interrogations et les annotations entre crochets ont été ajoutés (© Famille P** /Narayan) :

La bataille de Soissons

Entre l'eau et le feu

Soissons 15 Janvier 1915

Notre première attaque le 8 Janvier contre l'éperon 132 n'avait été qu'une offensive locale. Ce jour là, seules avaient pris part à l'action quelques compagnies françaises occupant la ferme de St Paul. Le 9, le 10 et le 11 le combat se poursuivait autour du même point, avec des alternatives violentes d'avance et de recul sans que rien toutefois fit prévoir autre chose qu'une lutte de tranchées. Le 12 une de nos colonnes avait atteint le village de Crouy d'où elle pouvait diriger un tir heureux contre la pente est de l'éperon, occupée par l'ennemi, lorsque brusquement à 11 heures du matin un violent bombardement éclata sur la droite.

En même temps le plateau de Vrégny se couvrit des flocons blancs des batteries allemandes. Mais les projectiles adverses n'étaient pas destinés aux assaillants de l'éperon. Les "Marmites" tombaient sur villages de [illisible], de Moncet et de Ste Marguerite, vers lesquels tous nos contingents de la plaine de Venizel se dirigeaient en masses compactes. Notre aile droite avaient suivies [sic] le mouvement en avant sur la route de Chivres. A une heure toutes nos forces se trouvaient massées sur la ligne Crouy-Missy. C'étaient [sic] la lutte générale coûte que coûte. Un front de huit kilomètres le long duquel les canons tonnent, les mitrailleuses claquent, les fusils crépitent. Les Allemands occupent en face de nous des positions formidables. Leurs obus nous arrivent en rafales. Ils tirent à l'abri. Quelques uns de nos 75 qui ont tenté de prendre position vers le Moncel doivent pointer presque verticalement, comme s'ils chassaient le taube [avions allemands]. Nos pièces de campagne de la rive droite ne peuvent faire utile besogne. Seule notre artillerie lourde en place de l'autre côté de l'Aisne peut répondre aux batteries de Vregny. Nos obusiers répondent splendidement guidés par nos escadrilles d'avions qui survolent le champ de bataille. La cavalerie elle-même est représentée par quelques pelotons de chasseurs qui sont arrivés au galop dès le début de l'action.

Les ponts sautent

Un duel d'artillerie au dessus de la plaine de Venizel, au dessus de nos têtes. Nos obus franchissent l'Aisne, fouillent le plateau. A 4 heures une explosion vers Vrégny. Un de nos projectiles a fait sauter un parc à munitions. Une des batteries prussiennes se tait. Notre succès est de courte durée. La voie ferrée de Laon par Anizy le Chateau ravitaille l'ennemi sur le champ même du combat. Un de nos avions signale des trains adverses amenant des renforts. Il reçoit l'ordre d'attaquer. Le monoplan s'élève plane, se rapproche laisse tomber sur le convoi des bombes fulgurantes. Mais les mitrailleuses ennemies veillent. Les auto-canons se mettent de la partie ronflent sur la route à la chasse de l'oiseau français. Un projectile l'atteint. Il est frappé à mort ? Non il se redresse. Mais il est frappé pourtant. De nos lignes on entend le moteur s'arrêter net. L'appareil descend mal, il tombe plutôt qu'il n'atterrit au nord de Ste Marguerite. Une de nos sections doit sortir du village aller de l'avant à la baïonnette. Le temps de détacher de son siège le pilote blessé de le porter à l'ambulance. L'appareil ne vaut guère mieux, le réservoir percé d'une balle. Les poignées de commande sont rouges du sang de l'homme. Rien ne peut empêcher les renforts allemands d'arriver. Ils arrivent sans arrêt et se massent au dessus de nous. Pour les joindre il nous faudrait gravir des pentes escarpées battues par les shnapnells. Et sur ces pentes des fossés, des kilomètres de fils de fer, peut-être des mines. Ils sont là-haut inaccessibles et nous n'avons pour tout point d'appui qu'un talus de chemin de fer, une route. Comme abri des villages en ruines, Bucy dont la moitié des murs sont écroulés, le Moncel qui sert point de mire aux 77, Ste Marguerite dont les toits de chaume flambent. Comme chemin de retraite nous en possédons deux le pont de Venizel et celui de Missy. Du moins la chose était ainsi à 4 heures. Dix minutes plus tard, le passage de Venizel n'existait plus. Le courant avait rompu les amarres et les barques s'en allaient à la dérive. L'eau montait toujours. A 5 heures c'était le tour du pont de Missy. Nous sommes coupés de la rive gauche.

Demain, Demain

Nos fantassins depuis midi n'ont pas cessé de tirer. Les épaules sont meurtries par le recul de la crosse, les doigts sont brulés par la chaleur de l'acier. Depuis midi nos artilleurs ont manié leurs pièces. Après chaque bordée il fallait se défiler en vitesse. Sitôt les quatre premiers coups nos batteries étaient déjà repérées. Où prendre position ? Un terrain nu, une ferme en feu une meule de paille. C'est tout;

Le soir est venu le duel se continue à coups de canon. Dans le ciel les marmites sifflent éclatent. Des fusées, des incendies. Du froid. Les motocyclettes des agents des agents [sic] de liaison glissent sur la route. Des renforts, envoyez des renforts !... Mais la rivière monte, monte... Attendez que le front soit rétabli ! Le génie travaillera toute la nuit. Demain il y aura sur la rive droite de l'Aisne des réserves fraîches, il y aura des balles dans les cartouchières, il y aura aussi des ravitaillements. Ce soir les lignards se sont contentés d'un morceau de biscuit et d'un peu de viande froide. La réserve du fond du sac. Le colonel commandant les batteries de campagne réclame des boîtes à mitraille ? Demain. Le médecin, chef des services de l'avant a des blessés à faire évacuer sur l'arrière. Demain. Les pontonniers manœuvrent dans l'eau glacée. L'eau noire, traitresse, qui roule ne torrent. Vers Venizel impossible de rétablir un pont. L'Aisne n'est plus une rivière c'est une mer. Vers Missy l'inondation est moindre. Le cours est moins large mais plus violent. On va tenter quand même. Le salut d'une armée en dépend. Sur la rive droite, l'infanterie qui s'est battue tout le jour travaille toute la nuit. La pioche, la pelle. Des tranchées

Ce témoignage d'une journée de guerre s'arrête brutalement sur ces mots.

Photo de groupe en 1916 (© Famille P**/Narayan)
Roger P** est debout dans la rangée du haut, à droite du personnage central tenant un fume cigarette, à gauche du personnage à la capote sombre.

Texte au dos de la photo de groupe :

Souvenir de la Trotte [?] 27/9/1916
Cher père
Je t'envoie une photo prise d'il y a quelques jours avec toute l'équipe de mitrailleurs du 173ème. A ma gauche 2 copains. Le 1er est celui qui a été blessé avec moi, l'autre un caporal. Nous sortons toujours ensemble. Comment nous trouves-tu ? As-tu reçu ma lettre ? J'ai appris le malheur arrivé à mon oncle Léon*, c'est terrible tout de même ! Quand donc tout çà finira. J'espère bientôt te lire en attendant je t'embrasse bien des fois. Ton fils qui t'aime et pense souvent à toi.
Roger

* : Léon P** soldat de 2ème classe au service routier de la 2ème armée, mort pour la France à Landrecourt arrondissement de Verdun, le 16 septembre 1916, à l'âge de 47 ans.


Principaux engagements et combats du 94ème Régiment d'Infanterie de Ligne : 1914
Vers Charleroi : Charleroi, Longuyon
Bataille de la Marne, 5 au 13 septembre : Mondement, Fère-Champenoise, marais de Saint-Gond, puis à la Pompelle
Bataille des Flandres : Nieuport, Dixmude, Steenstraate
1915
Offensive de la 4e Armée en Champagne : Vauquois
Opérations en Argonne (mai-novembre) : La Gruerie (dite “ la Tuerie ”), Four-de-Paris
Opérations et bataille de Champagne : Auberive (25 septembre)
1916
Bataille de Verdun : Haudremont, Thiaucourt, Mort-Homme
Bataille de la Somme : Raucourt, Sailly-Saillisel, Bois Saint-Pierre-Vaast
1917
Aisne : Berry-au-Bac (16-18 avril)
Verdun : Bois des Fosses (20 août), Bois de Beaumont (26 août)
1918
Somme; Offensive de Roye (8-13 août), Offensive d'Argonne (du 1er au 3 Novembre).
Le régiment a obtenu la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.



Ma mémoire en ce jour va à tous ceux qui ont laissé leur vie dans ce conflit. Tous. Y compris ceux fusillés pour l’exemple, ces 600 dont la nation plus de 90 ans après les faits ne daigne toujours pas réhabiliter le souvenir.

lundi 10 novembre 2008

Bénévolat

Décidemment, chers lecteurs, vous devriez vous manifester plus souvent, vos commentaires me permettant de fournir ce blog en billets !
Donc, Aisling m’interpelle dans les commentaires de celui-ci, concernant mon activité bénévole d’enseignement sur les berges de la Mérantaise.

Désolée d'être bassement matérielle, mais quel est l'intérêt pour vous de donner des cours non-rémunérés? - A priori, même les thésards évitent ce genre d'arnaque! Est-ce la gloire de l'enseignement? Est-ce la possibilité d'observer les étudiants pour récupérage potentiel éclairé d'étudiants de Master/Thèse? Est-ce pour étoffer un dossier de qualif PR en cas de besoin? N'y a-t-il aucun moyen d'obtenir ces maigres avantages en étant justement rémunéré? Déjà que les vacations sont payées modestement, et ce au mieux 6 mois après le début des cours, j'ai du mal à concevoir le volontariat généralisé que vous décrivez. Même si pour 8h eq TD par an, on peut se dire, "bon..." j'aimerai aussi savoir comment l'université peut comptabiliser ce volontariat dans les heures effectives d'enseignement? Est-ce que les heures d'enseignement ne doivent pas correspondre au service de chacun des intervenants, PR, MCF, vacataires, moniteurs etc.?

La première des raisons, n’est pas dans la liste des possibles énumérés. Elle est affligeante de banalité, et tient dans cette phrase « j’aime enseigner ». J’aime quand je vois une lueur d’intérêt s’allumer dans les regards, j’aime l’idée de faire progresser l’élève non seulement dans l’étendue de ses connaissances mais également dans son mode de réflexion. Oui, c’est utopique, et non je n’ai pas une âme de missionnaire. C’est pourquoi certaines des autres hypothèses sont également correctes.
Enseigner, c’est se faire connaître des étudiants, et pouvoir éventuellement les attirer au laboratoire, pour des stages M1 et/ou M2. Pour l’instant, cette stratégie n’a pas été hyper payante (une stagiaire volontaire M1). C’est se faire connaître des collègues enseignants, qui seront plus enclins à envoyer des étudiants dans le labo d’un « apprenti » collègue (bien plus efficace, 2 stagiaires M1 un stagiaire M2).
Enseigner, c’est faire du bien à son CV pour une éventuelle qualification PR, c’est indéniable, l’avenir dira si cette stratégie est efficace.

Au delà de ces diverses considérations, il est clair que je préfèrerais largement être rémunérée, ce d’autant plus que certain enseignant-chercheur de ma connaissance a réussi à se faire verser des heures complémentaires alors même qu’il n’effectuait pas un service complet à l’université. Mais bon, je fais beaucoup moins peur !!
Ce qui m’a été dit (que je n’ai jamais vérifié de près) est que je ne peux pas être rémunérée parce que je travaille sur le campus. Comme je l’ai dit précédemment, si j’enseignais ailleurs en France, je serais sans aucun doute payée et remboursée de mon transport. Le pourquoi de la règle m’échappe, mais c’est ainsi, et je le savais en acceptant. Quant à parler de volontariat généralisé, c’est un peu abusif, nous sommes finalement peu à intervenir dans les UE. Et j’imagine que mes collègues intervenants sont tout autant altruistes que moi.

Comment sont décomptées ces heures au niveau de l’université, j’avoue n’en avoir aucune idée … mais peut-être des enseignants-chercheurs lisant ce blog pourront-ils nous l’expliquer.

jeudi 6 novembre 2008

Une journée de vacances

C'est ce que je m'étais accordé hier, afin d'assurer au Gnome une journée "calme" avant le retour à la mine.
Que dire de cette journée? Qu'elle fut finalement presque ordinaire.
Lever 7 hr, je voulais bosser un peu sur le papier avant le réveil du Gnome.
10 hr, appel du labo. Urgence. Je négocie de n'arriver qu'une heure plus tard, histoire d'avoir le temps de lancer une lessive, prendre une douche, bref de l'ordinaire d'une journée de mère au foyer.
Retour à la maison 13h30 (merci Miyazaki d'avoir assuré le baby-sitting; Le voyage de Chihiro, pas mon préféré mais bon...). Préparer le déjeuner, déjeuner, étendre la lessive...
Tiens, si je regardais mes mails ? Erreur colossale, puisque j'ai du coup pris connaissance d'un message urgent, me demandant de modifier un document pour l'évaluation AERES qui se profile.
Décision de m'y atteler sans plus tarder (merci Miyazaki d'assurer l'occupation du Gnome; Le château ambulant, j'aime bien). Envoi du document en fin d'après midi.
Ah tiens, il fait déjà nuit ...
Alors que le Gnome prenait son bain, appel concernant la réunion de travail qui aura lieu demain. Mise au point de détails d'importance.
Préparer le dîner, et se nourrir sans attendre Balou dont le retour était prévu à pas d'heure. Remplir le lave vaisselle, le démarrer, coucher le Gnome.
Coup de téléphone du labo, problème de température excessive dans une pièce. Heureusement, je n'ai pas eu à me déplacer.
Arrivée de Balou, deuxième service.
Tiens, il est 21 hr ... je suis aussi fatiguée qu'à la fin d'une journée de boulot. Bon, allez, je vais me vautrer devant Grey's anatomy, après tout, je peux bien m'offrir une soirée de vacances ...