samedi 19 juillet 2008

Mission impossible

Sur les berges de la Mérantaise, nous sommes plutôt enclins à télécharger légalement.

Ainsi, nous sommes de fidèles clients de l'iTune Music Store.
Nous sommes également de grands fans de Lost (vous allez voir le rapport très vite).

La saison 4 vient de commencer sur TF1, chaine que nous ne regardons au demeurant quasiment pas vu l'indigence des programmes proposés. Par un malheureux concours de circonstances, nous n'étions pas chez nous les deux derniers week ends, et avons totalement oublié de programmer le magnétoscope pour pouvoir visionner les épisodes un soir de semaine.

Je me suis donc mise en quête d'un moyen d'obtenir les 4 épisodes ratés. C'est ainsi que j'ai pu trouver que la chaine sus-nommée proposait un service de VOD, moyennant un cout modique (2€ l'épisode).
Amère constatation, je dois payer pour avoir le droit de regarder pendant 48 heures un épisode que j'aurais pu regarder ad nauseam si j'avais plus de mémoire qu'un poisson rouge.
Néanmoins, hier soir je me suis lancée dans la récupération des épisodes.

Première étape: créer un compte. Je remplis minutieusement le questionnaire, et choisis de NE PAS m'abonner à la newsletter. Réception du mail de confirmation:

Cher(e) client(e),

Félicitations, votre inscription au site TF1VISION et à sa newsletter est validée.

Voici le rappel de vos identifiants :

(...)

Vous serez régulièrement informé de nos offres spéciales et de notre actualité !

Merci de votre confiance.

L’équipe TF1VISION.

Dire que çà m'énerve est un euphémisme...
Néanmoins, je décide de continuer, et là l'aventure a pris un coté, comment dire..... merdo-softesque.

Deuxième étape, vérification du système d'exploitation: je me fais recaler, le seul système supporté est windows XP (donc utilisateur sous vista, tu te feras également jeter...)
Comme je suis du genre tétue, je suis allée faire les yeux doux à Baloo pour qu'il me laisse poser mes doigts effilés1 sur son clavier relié à une bécane homologuée. Et tout allant pour le mieux, nous passons l'inspection.
Troisième étape, validation du navigateur: de nouveau jetée, puisque nous avons le mauvais gout de préférer Firefox à IE...
Retour à la case départ, en lançant le navigateur ad hoc. Moment de joie intense quand je valide les trois premiers tests... làs, nous voila recalés au 4ème qui vérifie le soft de lecture, un truc répondant au doux nom de WMP, si vous voyez de quoi je veux parler... Et oui, soit disant notre version est trop ancienne pour nous permettre de lire le fichier que nous finirons peut être par acheter...
Ne reculant devant aucun sacrifice, Baloo décide de charger la dernière version du soft en question. A partir de là, la situation m'a quelque peu échappé, trente milliards de fenêtres s'ouvrant pour nous demander si nous voulions réellement entreprendre l'action que nous avions commandé, et tous les risques liés à ladite action, bref, du merdosoft dans toute sa splendeur...
Bilan de presque deux heures de bataille acharnée: nous avons réussi l'upgrade, qui pour une raison qui m'échappe n'a pas été reconnu par le site. Donc impossible d'acheter les épisodes convoités. De plus toutes les tentatives pour désinstaller la version WMP qui cause problème ont échoué, la version la plus récente étant systématiquement restaurée (merci qui?).

Au final, force m'est de constater que l'honnêteté n'est pas vraiment récompensée, et que si je veux voir les quatre premiers épisodes manqués, il me faudra m'orienter vers une autre solution....

1Penser à arrêter de lire B. Cartland à l'occasion...

mise à jour: après 24 heures de recherches laborieuses n'ayant abouti à rien, je viens de trouver (enfin) un moyen légal de voir les épisodes ratés. Je suis furieuse de ne pas y avoir pensé plus tôt. Mais c'est sans surprise finalement... merci la pomme !

jeudi 17 juillet 2008

Demandez le programme

Plus que deux semaines pour plier le premier jet d'un papier, et faire les manips que je n'ai pas le temps de lancer hors période d'été traditionnellement plus calme.

Autant dire mission impossible...

Après, deux semaines de vacances (fromage de chêvre, kayak, bulle)

Une semaine de congrès en Ecosse

Re-une semaine de vacances (confitures, vélo, archives)

Rentrée des classes, deux semaines d'écriture

Une semaine de congrès à coté de Boston
(d'ailleurs si mes lecteurs de la Boston area avaient une adresse d'un hôtel correct et pas trop cher pour une nuit à Boston ... )

Deux jours de remise en forme

Cinq jours de congrès en Espagne

Arrivée de deux nouveaux gentils membres dans le groupuscule

Ben je vais pas m'ennuyer moi... m'est avis que demain je vais m'apercevoir qu'on est déjà le 1er octobre...

Deux sur trois

Bilan du 1er semestre 2008:

Un papier accepté (voila qui me rapproche du statut de publiant...)

Demande de création d'équipe acceptée

Demande de financement ANR planté


Sentiment plus que mitigé, il faut que j'accélère ma production, j'écris trop lentement.
Il faut aussi que j'obtienne un financement l'an prochain, c'est impératif sinon en 2010 je me mets au macramé.

Bon, ben je vais retourner à mes publis alors...

Drame existentiel

L'iPhone 3G vient de sortir aujourd'hui.

C'est la première fois que je flashe sur un téléphone portable (mais est-ce vraiment un téléphone, je vous le demande ?)

Le prix a considérablement baissé depuis la sortie du 1er iPhone.

Le premier forfait est toujours surdimensionné pour mon utilisation.

Oui, mais, il me fait VRAIMENT envie...

Oui mais, la compatibilité ordi nécessite au minimum l'OS 10.4.1, et j'en suis toujours au 10.3.9 sur le power book...

Bref, si je veux craquer sur l'iPhone, il faut que je change d'ordinateur portable....

Et là du coup, ce n'est plus du tout raisonnable.

C'est vraiment dur d'être Mac-addicted...

lundi 7 juillet 2008

Même pas drôle

Ce soir, j’ai fait un flop. Un de ceux dont on a du mal à se relever.

Flash back : le diner, au moment du dessert (des fraises à la chantilly). Soudain, le Gnome se penche sur son assiette, pour humer le mélange. Et là, le réflexe atavique, directement issu du cerveau reptilien… je lui pousse la tête dans la chantilly.
Il n’a pas trouvé çà drôle, son père non plus d’ailleurs (moi en revanche…)
Il a quitté la cuisine en courant, et est parti pleurer dans sa chambre.
De là il a hurlé
Je ne mangerai PLUS JAMAIS de fraises à la crème fouettée !

J’ai donc dû me fendre d’une autocritique, et présenter mes plus plates excuses.
Cà n’a pas suffit.
Il a décidé de m’infliger une punition.
Après une longue réflexion, il a finalement choisi de me condamner à écrire 50 fois
Je ne mets pas la tête des autres dans leur assiette.

Aucun humour ce môme…

vendredi 4 juillet 2008

Pourquoi tant de haine?

Je découvre un peu en retard un article du Monde intitulé « Le CNRS adopte une réforme qui évite son démembrement ». Ce n’est pas tant l’article qui m’a perturbé, que les commentaires des lecteurs. Je pensais que le Monde était un journal plutôt de centre gauche, lu par un lectorat plutôt situé dans les catégories dites intellectuelles. A la lecture des commentaires, je vais quelque peu réviser mon opinion.

Malheureusement, il n’est possible de laisser une contribution que lorsqu’on est abonné au journal. Et je n’ai aucune intention de prendre un abonnement dans l’unique but de répondre à des personnes qui de toutes façons ne liront pas ma réponse, ou bien penseront que je mens, ou que je suis atteinte de corporatisme aïgu, ou…. Toute ressemblance avec une situation récente n’est absolument pas fortuite. De part et d’autre, c’est la même intolérance.

Ici, je suis chez moi, et je ne vais pas me priver de reprendre certains arguments et d’y répondre.


De l’incapacité des chercheurs à produire des résultats:
(fautes d’orthographe d’origine)
« que l'on casse cette clique qui, en cinquante ans, n'a produit en France aucune decouverte majeure dans aucun domaine »
« Effectivement, il faut cesser de qualifier ces gens de "chercheurs". On a besoin de "Trouveurs". Comme personne n'est capable de lui fixer des objectifs, qualitatifs comme quantitatifs, le CNRS vogue vaguement, ne faisant parler de lui que lorsque ses mesquins avantages sont remis periodiquement en question. »
« PICASSO aimait dire "je ne cherche pas ! je trouve" tout le contraire des fonctionnaires du CNRS qui eux pouraient s'exclamer en coeur " on ne trouve RIEN on cherche !!! " »
« ce que refusent de voir la pluspart d'entre vous, c'est que la recherche française n'est PAS à un niveau mondial convenable. »

Bon, donc nous ne trouvons rien, nous ne produisons rien de correct et ce depuis la nuit des temps. Laissons de coté les prix Nobel et médailles Fields.
Morceaux choisis sur 2008 (source journal du CNRS):

Juillet 08 : James Badro, chargé de recherche du CNRS à l'Institut de Minéralogie et de Physique des Milieux Condensés, médaille de bronze 2007 du CNRS, lauréat "Jeunes Chercheurs" 2008 de l' ERC, vient de se voir attribuer la médaille Macelwane de l'AGU (American Geophysical Union), la plus haute distinction pour un jeune géophysicien aux Etats-Unis. Il est le 2e Français à recevoir cet honneur depuis la fondation de la médaille en 1962.
Juillet 08 : Cancer du sein : Comment les cellules tumorales rompent les amarres pour aller former des métastases. L'équipe de Philippe Chavrier, directeur de recherche CNRS, vient de découvrir une des « clés » permettant aux cellules cancéreuses mammaires de briser les liens qui les relient à la tumeur.
Juin 08 : Un logiciel pour mieux diagnostiquer la maladie d'Alzheimer au stade précoce. Des chercheurs CNRS du Laboratoire de neurosciences cognitives et d'imagerie cérébrale ont mis au point un logiciel de traitement d'images permettant la mesure automatique du volume de l'hippocampe, une structure cérébrale atrophiée aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer. A l'avenir, cet outil pourrait aider efficacement les médecins à établir un diagnostic précoce de cette maladie.
Juin 08 : Du nouveau dans les premiers peuplements eurafricains ? Une mandibule complète d'Homo erectus a été découverte par une équipe franco-marocaine co-dirigée par Jean-Paul Raynal, directeur de recherche au CNRS.
Juin 08 : le glaciologue Claude Lorius, directeur de recherche émérite CNRS, est le premier français à recevoir le Prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement.
Fevrier 08 : Joseph Sifakis, directeur de recherche au CNRS médaillé d'argent du CNRS en 2001, vient de se voir décerner le Prix Turing 2007, la plus haute distinction en Informatique, prix prestigieux considéré comme l'équivalent du prix Nobel de ce domaine.

Je pense que cela se passe de commentaires supplémentaires.

Des salaires et de la sécurité de l’emploi :
« Que des gens puissent choisir de se faire payer à vie par ceux qui bossent et produisent […] »
« Les chercheurs à vie peuvent continuer à dormir tranquille, leur statut n'est pas menacé »
« il suffit de rencontrer des gens du CNRS quand on bosse en entreprise pour comprendre leur rejet du monde réel (sauf leur paie) »
« Derrière quelques pointures scientifiques de renommée mondiale se cachent la forêt des petits malins, bien ou moyennement payés, qui profitent d'un système […] »

J’ai fait 10 ans d’études après le bac, je me suis expatriée deux ans aux USA. J’ai eu mon premier emploi stable à 30 ans. J’ai dû, à plus de 40 ans, repasser un diplôme pour pouvoir continuer à encadrer des doctorants.
Lorsque je suis entrée au CNRS, j’ai consenti une baisse salariale de plus de 20%.
Je suis en poste depuis 17 ans, et depuis un an j’ai terminé ma carrière en terme de rémunération. Ce qui signifie que les 18 prochaines années seront à salaire constant.
A l’heure de la retraite, n’ayant cotisé que 38 ans (35 ans de CNRS plus 3 ans de doctorat), je me verrai appliquer une décote non négligeable. Et vous savez quoi ? J’ai de la chance ! La moyenne d’âge au recrutement ne cesse de s’élever (je dirai à la louche autour de 35 ans).

Je suis royalement payée 24€ net de l’heure (primes incluses) sur la base de 38h30 hebdomadaire. Mes semaines de travail se trouvent être bien plus entre 42 et 45 heures, ce qui veut dire que je travaille plus pour gagner moins.

N’importe quel cadre d’une banque doit avoir un salaire équivalent voire supérieur au mien, un travail à vie (un CDI quoi !), et profite d’avantages réels (faibles taux d’intérèts sur les emprunts, 13ème voire 14ème mois…). Qui s’insurge de cette situation ?

Alors qu’on me parle de ma paie, qu’on considère que je suis bien payée, que je profite du système me fait vomir. Lequel de ces donneurs de leçons aurait accepté de partir vivre à l’étranger sur un contrat où du jour au lendemain on peut être remercié ? Lequel de ces donneurs de leçons accepterait d’aller travailler le week end, ou de passer ses soirées à tenter de rattraper le retard accumulé, sans envisager une minute que cela conduise à un meilleur salaire ou à des jours de récupération ? Lequel de ces donneurs de leçons accepterait à niveau socio-professionnel équivalent d’avoir un salaire horaire à peine deux fois supérieur au salaire que demande une femme de ménage en région parisienne ? Malgré tout, les revendications des chercheurs n’ont jamais concerné leur salaire, mais se sont toujours concentrées sur les crédits leur permettant de travailler.

Croyez vous que nous faisions ce choix pour profiter du système ? Non, aussi stupide que cela puisse paraître, c’est parce que nous aimons la science, que nous sommes avides de connaissance, que nous avons foi en l’avenir. Et pour cela, nous sommes prèts à consentir d’énormes sacrifices dans notre vie privée, et pas seulement pécuniers.

Nous ne demandons pas qu’on nous admire ou qu’on nous sanctifie, nous demandons juste qu’on cesse de nous mépriser.

mercredi 2 juillet 2008

Libertad !

Ingrid Betancourt vient d'être libérée après plus de 6 ans de captivité.

Je renonce à trouver les mots justes pour célébrer cet évènement. Le seul qui tourne et retourne dans ma tête est

ENFIN....

Qui l'eut cru?

En lisant un article du Point, j'apprends que
les reponsables militaires considèrent que le processus de réforme a été très mal engagé, même s'ils n'en contestent pas la nécessité sur le fond.

Incroyable, cela fait un point commun entre les chercheurs et la grande muette....

mardi 1 juillet 2008

Nouveau plan stratégique au CNRS

Je viens de télécharger le plan stratégique du CNRS adopté ce matin par le CA. Le temps de lire et digérer ses 54 pages, et j'essaierai d'en faire une présentation.
Mais pas ce soir, car j'ai une soirée "de filles", et qu'on a des trucs autrement plus importants à discuter que la réforme de la maison....
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, vous le trouverez .

lundi 30 juin 2008

On prend les mêmes et on recommence

Dernières nouvelles de la réforme du CNRS:

Demain matin 9hr, nouveau CA au siège du CNRS. Le nouveau plan stratégique prend en considération le maintien de toutes les disciplines au CNRS à égalité de traitement, la responsabilité entière de la direction de l’organisme dans la création de toute nouvelle structure et la répartition de leurs moyens, la constitution de conseils scientifiques composés pour partie d’élus, la mission de coordination avec des établissements partenaires du même champ disciplinaire.

En ce qui me concerne, je trouve celà plutôt positif mais le problème est qu'on cherche où est la réforme... Il est vrai que les délais de ré-écriture ont été brefs, et on peut se demander quel est la raison d'une telle précipitation.

Cela dit, je ne sais pas si l'appel à manifester sera autant suivi que le précédent. En ce qui me concerne, c'est tout vu, je suis en purification, je ne peux pas me libérer dans un délai aussi court, sauf à perdre une semaine de boulot. Et là, franchement, c'est non. De plus, je ne suis pas vraiment convaincue par le mot d'ordre, qui ratisse un peu trop large. Dans un premier temps, acceptons le nouveau schéma stratégique, dans un second temps battons nous pour des budgets et des salaires décents.

PS: ceci est une réaction à chaud, j'avoue avoir lu un peu en diagonale les arguments des syndicats et de SLR, mais aujourd'hui je suis victime du timer ...

vendredi 27 juin 2008

Manipulation

Appelons le Léon1. Léon est jeune enseignant chercheur, chef d’équipe dans notre institut. Sa production scientifique, n’est disons, pas tout à fait à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre de quelqu’un ayant bénéficié de gros soutiens financiers, d’un post-doctorant pendant 3 ans, d’un doctorant sur une bourse flêchée par l’école doctorale, et d’une décharge d’un demi-service d’enseignement pendant deux ans. Cependant, nous savons tous nous « jeunes » scientifiques (enfin jeunes selon les nouveaux critères, ce qui ne fait pas de nous des trentenaires…) qu’il arrive que les projets ne démarrent pas comme on le pensait, que nous ne sommes pas à l’abri de périodes difficiles, et que finalement même si c’est dur à entendre nos pairs considèrent que nous aurions dû mieux faire.
Il se trouve que Léon, outre ses activités d’enseignant chercheur est également militant très engagé dans la lutte contre certaines espèces que d’aucuns vont faucher au son des mégaphones2.
Ce qui est son droit le plus strict et ne regarde que lui.
Il se trouve également que Léon est un collègue un peu difficile à cotoyer, pratiquant trop l’invective et l’injure dans les discussions pour lier des amitiés indéfectibles dans son environnement professionnel.
Il se trouve enfin que l’équipe de direction de notre institut, et particulièrement la direction actuelle, n’est pas non plus du genre à faire dans la dentelle au niveau relationnel.

Prenez toutes ces constatations, secouez bien fort, et vous obtiendrez une situation explosive à souhait. Depuis maintenant 2 ans, Léon est en conflit ouvert avec l’institut. Après de nombreux épisodes, la future équipe de direction (en préparation du quadriennal) a signifié à Léon qu’il devrait se trouver un nouveau point d’accueil dans un laboratoire de l’université, mais que, non merci, il ne ferait plus partie de l’institut à partir du 1er janvier 2010.


Après ce long préambule, venons en aux faits que je souhaite aborder ici.

Léon a de nombreux relais politiques, et a donc lancé une grande offensive médiatique, où il se présente en victime de ses opinions et engagements militants, qui conduisent à son éviction de l’institut. Nous avons régulièrement des buzz, sur le thème. Un certain nombre de journaux se sont fendus d’articles dont le niveau était quelque peu affligeant en terme de contre-enquète. Le pompon dans cette catégorie est revenu à Libé, journal que je lisais depuis plus de 30 ans (c’est fini je ne le lis plus), puisqu’à la suite d’un article sur le sujet je me suis vue censurer un commentaire qui pointait quelques erreurs dans les faits présentés. J’avais alors adressé un courriel à la journaliste, pour m’étonner de ces pratiques éditoriales…. J’attends toujours une réponse de sa part. Dont acte, j’ai rayé Libé de mes lectures matutinales.

Cerise sur le gâteau, nous avons eu cette semaine une grande manifestation de soutien (environ une centaine de personne) à la cause de Léon. Toute la fine fleur de mouvements anti-vous savez quoi, et la présence du Grand Gourou himself s’il vous plait !
La première victime collatérale de ce rassemblement a été le parterre de fleurs devant le bâtiment… Les secondes victimes ont été des étudiants passant un examen dans la salle de conférence. Mais, je cite, "une manifestation c’est fait pour gêner les autres"… Vu sous cet angle, effectivement…
Une réunion a finalement eu lieu avec des représentants des deux parties. Pendant près de 3 heures, tous les points conflictuels ont été discutés, sereinement selon plusieurs de mes taupes. Le debriefing du côté manifestants a été édifiant, les membres du conseil scientifique qui étaient présents, se demandant si finalement ils avaient bien passé 3 heures à discuter avec les mêmes personnes. Et je laisserai de côté les attaques personnelles injurieuses dont certains ont été la cible.

Je suis atterrée de l’agressivité de ces personnes, de leur absolue partialité, des méthodes qu’ils emploient et du mépris qu’ils ont de la liberté de pensée. Vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous êtes l’ennemi, à la solde du grand capital, dépourvu de courage. Ils ont raison, probablement parce qu’ils parlent plus fort que vous. Ils vous disent ne pas tout comprendre du fonctionnement (administratif) de la recherche, mais lorsque vous tentez de leur expliquer pourquoi certaines de leurs affirmations sont totalement fantaisistes3, leur réponse est "c’est vous qui le dîtes". Vous leur proposez de voir des documents officiels appuyant vos propos, et vous vous entendez répondre "ce n’est pas la peine".

Non, la démocratie ne consiste pas à demander en permanence son avis à tout le monde. N’en déplaise à certains, le vote des citoyens définit une majorité et une minorité. C’est la majorité qui décide. C’est comme çà, même si la majorité n’a pas les mêmes opinions que l’individu Léon ou Roberta.
La prise de pouvoir collective, les commissaires politiques et tout le reste, tout cela on le connaît, çà s’appelle la dictature du prolétariat. Et moi quand j’entends dictature, je ne supporte pas.


1je ne dérogerai pas aux règles d’anonymat ayant cours ici.
2ne soyez pas trop surpris par le style, je tiens juste à éviter que certains mots clés tapés dans google ne dirigent sur cette page.
3à titre d’exemple des inepties colportées, j’ai relevé "la confiscation de la totalité de [ses] reliquats de crédits pour 2008 et 2009". Trop fort l’ami Léon, il sait déjà en juin 2008 qu’il aura des reliquats de crédit (attribués en mars 2009) qui lui seront confisqués en décembre 2009 ! Sans compter qu’avec la mise en application de la LOLF fin 2006, la possibilité de report budgétaire a disparu…

jeudi 26 juin 2008

Interlude

Panne totale d'ADSL sur la rive droite de la Mérantaise, et beaucoup d'évènements perturbants sur la rive gauche, me réduisent momentanément au silence.
Soyez patients, la situation devrait s'améliorer très prochainement.

jeudi 19 juin 2008

On n'est pas fatigués

Et voilà, c'est reparti comme en 2004...
Ce matin donc, j'ai revêtu ma panoplie de chercheur en colère pour aller avec un bon millier de mes collègues bloquer la tenue du CA du CNRS.
Tout surpris d'être autant à une heure aussi matinale, et assurés que le CA ne se réunirait pas, il fut décider d'aller dire bonjour à la ministre, qui c'est pas de chance, était en fait à Singapour (enfin je crois, elle voyage beaucoup cette dame).
C'est donc fort sagement que nous avons pris le métro jusqu'à Odéon (en faisant la queue pour acheter des billets, on ne se refait pas...), où par un prompt renfort nous étions bien plus que dans les jardins du CNRS.
Petite manifestation improvisée qui n'a pas stressé outre mesure la maréchaussée, mais qui a tout de même mis sérieusement le bazar dans le quartier latin.
Nous avons donc tenté de rejoindre le ministère (là haut sur la montagne Ste Geneviève), mais les bonnes choses ayant une fin, nous sommes finalement tombés sur un gisement de CRS qui empêchaient l'accès au ministère.
Après de longs moments passés à attendre que quelqu'un du ministère daigne répondre au téléphone, nous avons finalement appris que nous ne serions pas reçus, peut être demain mais rien de sur... C'est dire comme on fait peur sous les lambris.
Nous avons donc terminé la matinée en faisant le tour de la montagne Ste Geneviève, puis avons finalement rejoint la place Jussieu où la manifestation s'est dispersée.
J'ai ainsi eu l'occasion de voir le grand chantier qu'est devenu la fac qui m'a vue grandir. C'est plus qu'impressionnant, je vous laisse juger de l'état de la tour centrale (tout en haut, ce qui est reconstruit).
Je pense que nous aurons très bientôt de nouvelles occasions de nous promener dans les rues, car le gag de la journée c'est que l'ordre du jour du CA annulé, sera représenté au prochain CA...

Réforme du CNRS : le torchon brûle

Comme je le signalais le 21 mai, notre ministre a donc décidé seule et rendu public son choix quant à la réforme du CNRS. Les orientations et choix stratégiques qu’elle entend imposer à notre maison, ont déclenché une nouvelle vague de fronde dans un milieu plutôt calme en général, et préférant toujours s’occuper de science que de battre le pavé.

Petit retour sur les faits.

Une lettre de mission du 27 février 2008 demandait à la direction du CNRS de réfléchir à une réforme de la maison et de faire des propositions explorant la possibilité de créer des Instituts Nationaux.
Phase de consultation du personnel ouverte par la direction, avec possibilité de contribuer sur un site dédié (édifiant au demeurant : la plupart des propositions visant à dire ou démontrer qu’il ne faut rien changer). Dans la lettre adressée au personnel, la direction stipulait que :
L’objectif de la concertation est d’aboutir à des propositions concrètes, à partir de principes clairs et partagés, afin de finaliser le Plan stratégique du CNRS « Horizon 2020 » et de le faire adopter, après accord de la Tutelle, au conseil d’administration du 19 juin 2008.

Le 14 mai, le Conseil Scientifique (CS) du CNRS appelé à se prononcer sur le projet de réforme proposé par la direction, émettait la recommandation suivante votée à l’unanimité :
Future organisation du CNRS

Le Conseil Scientifique a été informé par la gouvernance du CNRS des projets de réorganisation du CNRS.
Dans le cas de la création d’instituts, le Conseil scientifique recommande instamment que les conditions suivantes soient respectées:
- que la politique scientifique du CNRS soit placée sous la responsabilité de la direction du CNRS s’appuyant sur l’avis du Conseil scientifique;
- que les moyens financiers et humains soient attribués et arbitrés au niveau de la direction générale;
- que les directeurs des instituts soient nommés par la gouvernance du CNRS;
- que ces instituts soient nationaux pour assurer une couverture et une coordination nationales dans leur champ disciplinaire en concertation avec les autres organismes concernés.

Par ailleurs, le Conseil scientifique recommande :
- qu’un rééquilibrage intervienne entre les moyens attribués à l’ANR et ceux attribués au CNRS afin que celui-ci puisse assurer sa mission de recherche sur le long terme;
- qu’un plan pluriannuel des emplois soit mis en œuvre.

Destinataires : Ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur ; Présidente et Directeur général du CNRS ; Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPEST).

Avis du Conseil : 19 votants (19 Oui, 0 Non, 0 abstention )

En d’autres termes, le CS renvoyait la copie à l’expéditeur pour qu’elle soit revue. Petite parenthèse de rapide présentation du CS : Le conseil scientifique, placé auprès du CNRS, est une instance de conseil qui intervient en matière de politique générale, de structures et de personnel de l’établissement. (plus de détails sur sa mission ici. Il est composé de 30 membres, dont 11 sont élus par les personnels propres du CNRS et ceux qui hors CNRS sont présents dans des UMR, les 19 autres membres (dont 8 personnalités étrangères) étant nommés par le ministre de tutelle. Bref, un conseil pas vraiment à la solde des syndicats si prompts à déclencher la hire du gouvernement.

Ce vote ruinant quelque peu les plans préparés au ministère allait précipiter les évènements.

Faisant fi de la procédure toujours en cours, notre ministre (la Tutelle) annonçait dans le Monde daté du 20 mai, SA réforme du CNRS, rendant caduque le processus de concertation et la réflexion sur la réforme qui étaient engagés. Le bras de fer était engagé.
Catherine Bréchignac, dont la marge de manœuvre se trouve extrêmement réduite, se fendit d’un article dans Libération.

Néanmoins, les travaux permettant d’enteriner la réforme annoncée continuaient, et le CS était de nouveau saisi pour donner son avis, le 11 juin. Cette fois ci il refusait de voter:

Sujet : Plan stratégique du CNRS

Le Conseil scientifique du CNRS a pris connaissance de la version du 6 Juin 2008 du projet de plan stratégique. C’est un projet qui engage l’avenir de la recherche française.

Le Conseil scientifique a décidé de ne pas voter sur le projet de texte pour les raisons suivantes:

- mise en cause de l’autonomie nécessaire de l’organisme pour définir sa stratégie scientifique et son organisation interne;
- identification d’un certain nombre d’incohérences et de contradictions fondamentales entre différentes sections du texte;
- non prise en compte des recommandations exprimées lors du Conseil scientifique du 14 mai;
- absence de précision sur le concept d’institut.

Le Conseil scientifique du CNRS demande qu’une nouvelle version du plan stratégique lui soit soumise tenant compte des points ci-dessus et de l’ensemble de ses recommandations, incluant:
- que la politique scientifique du CNRS soit placée sous la responsabilité de la direction du CNRS s’appuyant sur l’avis du Conseil scientifique;
- que les moyens financiers et humains soient attribués et arbitrés au niveau de la direction générale;
- que les directeurs des instituts soient nommés par la gouvernance du CNRS;
- que ces instituts soient nationaux pour assurer une couverture et une coordination nationales dans leur champ disciplinaire en concertation avec les autres organismes concernés;
- que toutes les disciplines soient maintenues au CNRS;
- que chaque groupe de disciplines soit reconnu par des statuts équivalents tels qu’un institut national;
- que, selon les dispositions du décret d’organisation du CNRS de 1982, les instituts soient créés par le CNRS.

Destinataires : Ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur, Gouvernance du CNRS.

Avis du Conseil: 18 votants (17 Oui, 0 Non, 1 abstention)

Et histoire d’être vraiment clair, le CS a émis la motion suivante:

Sujet : Point d’étape sur la politique du CNRS sur les instituts nationaux

Le Conseil scientifique a pris connaissance avec stupéfaction du document intitulé « Point d’étape sur la politique du CNRS sur les instituts nationaux » du 6 juin 2008 placé sur son espace de travail, sans d’ailleurs qu’aucune indication ne soit donnée sur l’origine ni sur le statut de ce texte.
Il estime que l’approche de l’organisation du CNRS véhiculée par ce texte, qui tend à opposer les communautés scientifiques au sein du CNRS les unes contre les autres, est déstructurante et dangereuse et refuse catégoriquement de le considérer comme un document de travail.

Avis du Conseil : 14 votants (12 Oui, 0 Non, 2 abstentions)

Le CS a de nouveau été réuni d’urgence lundi 16 mai pour enfin se décider à répondre OUI à la question qui lui est posée avec insistance depuis un mois. A l’heure où j’écris, je n’ai pas d’information sur cette réunion, bien que selon SLR, le CS ait voté contre le plan stratégique (7 pour, 10 contre, 1 abst.)

Malgré ces déboires à répétition, le Conseil d’Administration devant entériner le plan stratégique est prévu aujourd’hui 19 juin. La réponse des chercheurs à ce désir de passage en force, est de tout faire pour bloquer la tenue du CA.

Voilà pourquoi, ce matin je retourne battre le pavé parisien. Je n’ai guère d’illusions sur nos chances d’infléchir le mouvement, nous n’avons aucun pouvoir de nuisance, et sommes des personnes trop bien éduquées pour semer la panique dans les beaux quartiers. De plus, quand on voit les effectifs policiers qui ont récemment été mobilisés, j’en viens même à douter que nous pourrons nous approcher du siège. Mais il ne sera pas dit que je n’aurai pas été solidaire du Conseil Scientifique et de ses prises de positions, ni même que le sort du CNRS ne me concerne plus.

vendredi 13 juin 2008

Communiquer

C'est ce qui semble être de plus en plus le nerf de la guerre...
Coté chercheurs, en général ce n'est pas top. Mais là, je salue l'imagination de mes confrères.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir eu trop de relais média. Ce n'est pas grave, c'est un début, il faut perséverer!

Désinformation

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin en découvrant l’article de l’Express intitulé «Universités : les meilleurs labos». Bien entendu, il m’a immédiatemment semblé essentiel de regarder de plus près ce classement des unités classées A+ selon le ministère, et relayé par l’Institut Montaigne, particulièrement connu pour son impartialité et ses compétences à juger la qualité de la recherche en France. Institut Montaigne qui s’est empressé de transmettre ce document confidentiel au news-magasine… Une fois de plus, on verra le talent journalistique qui consiste à diffuser une telle information sans réelle contre-enquète.

Quelle est la validité d’un tel classement ? Disons que les laboratoires y apparaissant sont très certainement classés dans le haut de la pyramide… Le seul léger problème est que certains (tous ? j’avoue ne pas avoir le temps pour vérifier de manière exhaustive) ne sont pas des laboratoires universitaires, mais des UMR université-CNRS. J’ai bien entendu regardé attentivement les résultats pour le pôle «Biologie, médecine, santé». Il se trouve que je connais particulièrement bien trois laboratoires classés (et je confirme qu’il s’agit d’excellents laboratoires, tous trois UMR). J’ai commencé à hurler dans la cuisine1, en voyant les effectifs d’enseignants chercheurs affichés. Histoire de ne pas dire n’importe quoi, je suis allée vérifier les données sur les sites web respectifs de ces trois laboratoires. Voilà les résultats de cette rapide contre-enquète :

LEBS : source express : 20 enseignants chercheurs (dont 19 publiants) ; source laboratoire : 18 CNRS, 1 INSERM, 1 MCF Paris 6, 1 Pr Paris 11, soit 2 enseignants chercheurs (de deux universités différentes)

LMGM : source express : 26 enseignants chercheurs (dont 18 publiants) ; source laboratoire : 13 enseignants chercheurs UPS, 15 CNRS

LBME : source Express : 22 enseignants chercheurs (dont 20 publiants); source laboratoire : 6 enseignants chercheurs UPS, 2 INSERM, 16 CNRS.

Que voit-on immédiatement ? C’est que plus le nombre d’enseignants chercheurs est élevé, plus le ratio de publiants diminue …. C’est normal, nos collègues EC ne sont pas moins bon que les CNRS, ils ont simplement moins de temps à consacrer à la recherche.

Moralité, l’excellence des laboratoires universitaires est strictement liée à leur labélisation UMR et à la quantité de chercheurs présents dans la structure.

Le plus fort dans la catégorie désinformation revient cependant au pôle «agronomie, production animales et végétales, agroalimentaire», puisqu’un des laboratoires attribué à l’université Paris-11, l’ISV, est en fait une UPR (soit une unité propre CNRS !!!), où la majorité des enseignants chercheurs qui y travaillent sont de l’université Paris-7.

A votre avis, que se passera-t’il quand le CNRS ne sera plus qu’un souvenir, et que les universités seront seules responsables de la recherche ?…


1 oui, je lisais cet article en prenant mon petit déjeuner, grave erreur !

maj: je réalise que j'use de l'acronyme comme si tout un chacun connaissait les laboratoires dont je parle. Donc pour clarifier:
LEBS: Laboratoire d'Enzymologie et Biochimie Structurales (UMR CNRS-Paris 11)
LMGM: Laboratoire de Microbiologie et Génétique Moléculaire (UMR CNRS-Toulouse 3)
LBME: Laboratoire de Biologie Moléculaire Eucaryote (UMR CNRS-Toulouse 3)
ISV: Institut des Sciences du Végétal (UPR CNRS)


mercredi 4 juin 2008

AERES mode d’emploi

Nous sommes donc dans la dernière ligne droite du dossier de contractualisation à remettre à l’AERES.
Finalement, les consignes pour la vague D sont très simples1…. Chaque équipe dispose d’une page pour donner sa composition, faire le bilan des avancées majeures des quatre années passées, lister ses publications triées selon les critères suivant (je copie colle):

ACL: Articles dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture répertoriées dans les bases de données internationales (ISI Web of Knowledge, Google Scholar, Harzing Publish or Perish, Pub Med…)
Le facteur d’impact de la revue pourra être indiqué, en précisant la source de données utilisée.
ACLN: Articles dans des revues avec comité de lecture non répertoriées dans des bases de données internationales.
ASCL: Articles dans des revues sans comité de lecture,
INV: Conférences données à l’invitation du Comité d’organisation dans un congrès national ou international.
ACT: Communications avec actes dans un congrès international ou national
COM: Communications orales sans actes dans un congrès international ou national
AFF: Communications par affiche dans un congrès international ou national
OS: Ouvrages scientifiques (ou chapitres de ces ouvrages)
OV: Ouvrages de vulgarisation (ou chapitres de ces ouvrages)
DO: Directions d’ouvrages
AP: Autres publications
TH: Thèses soutenues

Et c'est tout !
Pas de bilan un peu plus détaillé, pas d’évaluation des équipes, pas d’évaluation des chercheurs et enseignant-chercheurs. On se demande bien d’ailleurs pourquoi nous avons dû renseigner la fiche individuelle, puisqu’elle ne sera pas utilisée pour l’évaluation. Et surtout, pas de projet scientifique pour le quadriennal suivant. Pas d’évaluation de la pertinence des sujets proposés. Nous sommes nombreux à penser que si cette partie est totalement omise, c’est parce que ce sera l’ANR, via l’attribution de ses financements, qui se chargera de cette évaluation. Autrement dit, dans quatre ans, l’AERES validera la pertinence des choix de l’ANR en comptant les publications obtenues dans le cadre des contrats. La boucle est bouclée.

Bref, je ne vois pas trop l’intérêt de déplacer un comité d’évaluation dans ces conditions. Ils n’ont qu’à nous donner un accès en ligne qui nous permette de remplir directement le tableau Excel™ que l’AERES ne manquera pas d’établir en bilan de notre activité passée, et qui sera utilisé pour nous attribuer une note (A, B ou C). Cette note sera ensuite transmise à nos instances de tutelle qui décideront d’en tenir compte ou pas pour définir nos budgets.
Car la grande nouvelle est bien celle ci, l’AERES ne juge pas, elle évalue. Elle n’émet pas de recommandation (bienveillante ou désobligeante), elle donne une note point barre. Franchement, je trouve qu’ils sont bien nombreux à l’AERES pour ne faire ni plus ni moins qu’un boulot comptable.


1 : je passe les tonnes de tableaux à compléter, la partie admistrative du dossier est de loin la plus conséquente.

jeudi 29 mai 2008

Rouge total, le retour

Entre les concours MCF, les corrections d'un article qui sont urgentissimes, la préparation d'un séminaire pour une grand'messe sur le campus (lundi, pas commencé...), et la lecture d'une thèse (pas commencée non plus..) quasi pour demain, on ne peut pas dire que j'ai le temps de m'ennuyer.

Il vous faudra donc être patients, et attendre que la situation se calme un peu.

Je reviendrai très bientôt sur la révolution qui est en train de secouer le CNRS, ou tout du moins un quart du CNRS, à savoir la disparition programmée des Sciences du Vivant de cette vénérable institution. Dire que le moral des troupes est au plus bas relève quelque peu de l'euphémisme.

dimanche 25 mai 2008

Petit poème en prose

Ce matin, m'attendaient sur la table du petit déjeuner, un gros bouquet de fleurs, et une carte décorée avec amour par le gnome.

Vraiment, une très jolie carte, où l'on peut mesurer l'effort de coloriage choix de couleur harmonieux, bref, le genre de carte qui fait fondre le coeur d'une mère. Je vous laisse juge:

Ouvrant cette carte, j'ai pu lire un (tout) petit poème copié avec application, qui ne pouvait qu’embuer les yeux d’une mère,


L’enthousiasme avec lequel le Gnome avait ajouté sa touche personnelle, ce « C’est vrai ! » allait presque déclencher une minute lacrymale, lorsque refermant la carte, je découvris la quatrième de couverture….
Et là, plus de larmes, mais un grand blanc (non, je rève…) se terminant dans un éclat de rire….
L’âme de poète de mon fils suit parfois des curieux chemins d’expression



Le dessin est barré, car les copains du Gnome lui ont dit que çà ne me ferai pas plaisir…. Disons que le texte est1 ... surprenant pour une fête des mères. Je l’ai assuré du contraire (en évitant de trop glousser quand même)…

A coté de cette œuvre, le collier de nouilles hein….

1: je ne sais pas s'il est lisible.

jeudi 22 mai 2008

Fitness

Contrairement à ce que j'avais annoncé, j'ai repris Gipsy aujourd'hui (oui elle a un nom, y a pas de raison). Retour en arrière:

Rive gauche:
Pour cause de grève (transports, écoles, etc) mon séminaire a été annulé à la dernière minute, ce qui m'a bien arrangé vu que je n'avais pas commencé terminé ma présentation...

Rive droite:
Baloo: demain si tu veux, je te déposerai au labo (comprendre, j'ai besoin de la voiture)
Moi: ah oui, il y a grève.... mais c'est inutile, j'irai bosser à bicyclette...
Baloo: t'es sure? (comprendre, tu te souviens comme c'était dur lundi)
Moi: oui, ce n'est vraiment pas un problème (comprendre, je saurai bien te rappeler ce sacrifice un jour où l'on ressortira les affaires classées...), surtout que je pense arriver à changer de plateau maintenant que j'ai compris les problèmes de tension de chaîne (vachement moins compliqué que le point de croix, comprenne qui pourra...)


Donc, ce matin, re-sport (je m'étonnerai toujours...). Petit bilan de cette deuxième tentative:
  • Bien qu'il fasse moins chaud que lundi et que je me sois moins couverte, j'ai encore eu trop chaud.
  • Le plateau intermédiaire est bien plus adapté au trajet que le petit.
  • J'ai changé de parcours sur le campus, et n'ai plus que 300 mètres avec voiture.
  • J'ai réussi à monter une petite côte (que j'avais évité lundi), mais de nouveau calé dans la dernière. Pour me motiver, j'ai remarqué que j'avais dû faire 50 cm de plus que lors de ma première tentative (on ne rit pas).
  • Je n'étais pas en apnée en arrivant devant le bâtiment.

Moralité: je recommence demain!!

mercredi 21 mai 2008

De profundis

Le département des Sciences du Vivant du CNRS est bien condamné à mort. Des rumeurs un peu déprimantes tournaient depuis le fameux « discours d’Orsay », alimentées entre autres par les prémices de restructuration pilotées par la direction en place au CNRS.

Ceux qui espéraient malgré tous ces indices, peuvent ranger leurs espoirs.

En effet, ceux qui lisent Le Monde, auront pu découvrir en avant-première dans le journal daté du 20 mai que le département des Sciences du Vivant du CNRS était rayé de la carte avec (pour faire bonne mesure) celui d’Informatique.

Sur la forme : le titre de l’article en dit long sur la concertation vue du côté gouvernemental.

Sur la méthode : je suis réellement choquée qu’un ministre se permette d’annoncer 3 jours avant dans un journal (oui, le Monde daté du 20 est sorti le 19..) le contenu d’une réforme qui doit être discutée lors du CA du CNRS du 22 mai (c’est à dire demain).

Sur le fond : les personnels des Sciences du Vivant du CNRS ne sont donc pas performants, une fois de plus, çà fait toujours plaisir de l’apprendre dans le journal… Notre département représente 23% des personnels CNRS, une paille… Dorénavant, nous dépendrons de l’INSERM, ou de l’INRA ou du CEA (ce n’est pas très clair). On peut facilement comprendre ce qui nous est demandé : faire en sorte de faire entrer nos thématiques de recherche dans les cases sus-nommées. En ce qui me concerne, je suis très perplexe… (et pourtant, j’ai une imagination assez féconde en général).

Dommages collatéraux : comment écrit-on un projet de contractualisation quadriennale quand notre organisme de tutelle est voué à disparaître à très brève échéance ?
Que va devenir le recrutement des chercheurs en SDV ? Post-docs, vous avez maintenant des signaux très forts de votre pays d’origine, vous encourageant soit à partir en biomédical soit à franchir le pas et vous installer définitivement à l’étranger….

mardi 20 mai 2008

Pédale douce

En dépit des commentaires sarcastiques du Piou, et conformément à mes engagements, je suis donc allée au boulot en vélo… hier.

Première constatation, quand on prend son vélo pour une ballade, on est tranquille. Quand on va bosser, il ne faut pas que le temps de trajet devienne délirant, donc on fonce. Et là on maudit les blondasses qui joggent avec leur copine en occupant toute la largeur du chemin (et qui n’envisagent pas du tout de se rabattre pour laisser un passage) ou celles qui n’ont pas trouvé de copine, et sont donc avec leur clébard pas en laisse… Et le chien, c’est atavique, il voit un vélo, il se précipite dessus.

Deuxième constatation, quand on habite sur les berges de la Mérantaise, et que l’on travaille sur la colline, forcément à un moment on rencontre une cote. Et là, malgré mes 21 vitesses réparties sur 3 plateaux, j’ai du mettre pied à terre et pousser les 15 kg de cycle (plus les 3 kgs dans le sac à dos). Et oui, la technologie ne suffit pas, il faut également un minimum de condition physique pour monter une cote. A l’arrivée, plus de souffle (penser à la bonne résolution de début d’année), et très très TRES chaud…J’aurai bien aimé pouvoir prendre une douche… mais à moins d’utiliser les systèmes anti-incendie, ce n’est pas possible. Donc, moyen niveau confort personnel.

Troisième constatation, la descente c’est plus cool… j’ai gagné 5 minutes sur le trajet retour. Cela dit, le retour m’a également permis de réaliser que je ne sais pas changer de plateau…moralité, beaucoup de roue libre, je pourrai être bien plus performante si seulement je comprenais comment çà fonctionne. Appel à mes lecteurs : qui peut m’expliquer sur quelle vitesse il faut se placer pour pouvoir changer de plateau sans que la chaine saute ????

Aujourd’hui et demain, voiture. J’ai des impératifs Gnomesques incompatibles avec la petite reine. Jeudi, je donne un séminaire donc on oublie également le vélo…. Je ferai donc une deuxième tentative vendredi, ce qui vous laisse largement le temps de me donner des conseils techniques, non ?

lundi 19 mai 2008

Palais de la découverte

Il semblerait que le Palais de la Découverte soit menacé de fermeture... Je n'ai pas eu le temps de vérifier plus cette information relayée par ma baby-boomeuse de frangine (et quand il s'agit de pétitionner, cette génération est hyper réactive!), mais bon..

J'ai des souvenirs d'enfance et d'adolescence fabuleux liés au Palais (et oui, à l'époque la cité des Sciences n'existait pas), que ce soit le Planétarium, la loterie génétique, les salles d'expériences d'optique, etc...

Il y a quelques années, nous avions emmené le padawan voir l'exposition sur les dinosaures qui était vraiment géniale.

J'espère que le Gnome pourra également découvrir ce lieu magique, et donc du coup, j'ai ajouté ma signature à la pétition. Si cela vous tente, c'est ici.

samedi 17 mai 2008

Mon nouveau joujou

Voilà ce que j'ai acheté aujourd'hui:



Bon, une partie est mon cadeau de fête des mères, car le modèle choisi était un peu plus cher que le budget que je voulais consacrer à l'achat d'un cycle...
Mais vu mon grand âge, les arguments relatifs au confort ont eu raison de mon porte-monnaie...
Cela dit, je suis restée raisonnable, il y a beaucoup plus cher!

Lundi, je me transformerai en éco-citoyenne, et j'irai bosser à bicyclette...

vendredi 16 mai 2008

Grand Oral

Les résultats sont tombés ; vous êtes sélectionné pour passer l’audition du concours au poste de maitre de conférence.
Cette fois ci je dois être dans les temps pour vous donner deux ou trois conseils pour cet oral de tous les dangers.
Tout d’abord, précisons que ce qui est vrai pour un recrutement en biologie, peut être totalement à coté de la plaque pour d’autres disciplines. Une fois de plus, je ne m’engage que sur ce que je pratique… Néanmoins, certains de ces conseils sont de pur bon sens (mais toujours bon à rappeler…) et devraient convenir au plus grand nombre.

Vous avez donc été sélectionné, et savez où, quand et à quelle heure vous devez passer l’audition.
Si vous arrivez de l’étranger (ou de l’autre bout de la France), demandez vous si vous pourrez être à l’heure (horaires trains, avions…). Il n’y a aucune honte à demander au président de la commission de changer l’horaire de votre audition pour ce type de raison. La commission où je siège est en général très conciliante sur ce point.

Vous devez maintenant impérativement contacter le laboratoire d’accueil et le correspondant enseignement. Il faut vous manifester. Si possible, essayez d’obtenir un rendez-vous pour rencontrer ces personnes, ou avoir un entretien téléphonique avec eux.
Vous devez également vous pencher sérieusement sur la bibliographie du projet de recherche, en commençant par les papiers du laboratoire d’accueil cela va sans dire !

Si cela n’a pas été précisé, demandez au président de la commission le temps imparti à la présentation, et le type de support utilisé. Si les « slide show » sont autorisés, pensez néanmoins à prévoir des transparents (quitte à avoir une version un peu différente des dias pour cause de lisibilité…). On n’est jamais à l’abri d’une panne, et parler sans aucun support un jour de concours est plus que déstabilisant.

Partons du principe que vous aurez 10 minutes de présentation, et 10 min de questions (ce que nous pratiquons). Oui, je sais il est délirant de jouer son avenir en 20 minutes, mais cette règle s’applique aussi à vos concurrents…

Règle n°1 : Il ne faut pas dépasser le temps imparti. C’est une partie de l’exercice… Ce qui veut dire que vous devez avoir répété, chronométré, qu’il n’y a aucune place pour l’improvisation. D’expérience, je pense qu’écrire un texte est une bonne solution MAIS il faut arriver à dépasser le « par cœur » et donner l’impression que l’expression est naturelle. Il faut donc faire très attention à l’interprétation !

Règle n°2 : Vous candidatez pour être enseignant, et l’oral permet de mesurer vos qualités de communication. Quand vous parlez, regardez la salle (le fond de préférence, cela vous obligera à lever la tête, et chacun aura l’impression que vous vous adressez à lui). Surtout, ne parlez pas à l’écran (c’est détestable, et en général on n’entend rien !). Pensez également au volume de votre voix, mais ne hurlez pas pour autant ! N’oubliez pas la gestuelle : obligez vous lors des répétitions à pointer sur le support, à vous repositionner face au public etc. Attention aux tics gestuels ou de langage. Oui c’est dur, mais répéter est la clé de l’aisance. Si vous utilisez des transparents, évitez ceux qui ont la feuille papier collée (ou alors, décollez avant l’audition !).

Règle n°3 : 10 minutes pour parler de son parcours, et proposer un projet de recherche c’est très court, très très court. Surtout si vous avez déjà deux post-docs derrière vous (de plus en plus le cas ces derniers temps). Il faut donc faire des choix, et laisser de coté ce qui n’est pas essentiel ni pertinent par rapport au poste, tout en l’ayant mentionné…. La quadrature du cercle en quelque sorte. La préparation des supports visuels est donc de la plus haute importance. Il est totalement déraisonnable d’avoir plus de 10 slides, ou que tout soit écrit en caractères minuscules (donc illisibles…). Une bonne solution est de commencer par un type « CV » : thèse / labos/ mots clé et post-doc / labo/ mots clés en précisant oralement (si nécessaire) ce dont vous ne parlerez pas. Attention, ne pas parler d’une partie de votre travail ne signifie pas que vous n’aurez pas de questions dessus… donc prévoir des visuels supplémentaires au cas où ! Evitez les CV commençant au bac…. Si vous avez une thèse, on se doute bien que vous avez eu le bac (et le DEUG, etc…). Il faut également un visuel pour l’enseignement (si vous avez déjà pratiqué), à mon avis à placer au début. Si vous n’avez jamais enseigné, profitez du visuel de conclusion pour montrer en quoi votre expérience professionnelle passée vous permettra de vous insérer dans les enseignements.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon courage pour cette épreuve.
May the force be with you.


mardi 13 mai 2008

week end chargé

Un week end de trois jours, il faut bien le remplir....
Chez nous, nous avons choisi de vider. Le meilleur sans aucun doute était celui là:

Egalement au tableau de chasse, un champagne de petit producteur pas mal du tout, et un rosé pour voir.
Personnellement, je ne suis pas fan de rosé. Faute d'avoir trouvé celui qui fait se pâmer le Piou, nous avons goûté le "suivez moi jeune homme" (Domaine des Annibals) recommandé par le caviste.
Je n'ai pas changé d'opinion....
En revanche, j'aurai aimé que le St Estèphe ne fut pas orphelin....

samedi 10 mai 2008

Mes stats à moi

Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai fait une analyse des résultats aux concours des postes MCF relevant de la commission où je sévis(sais).

De 2004 à 2007, nous avons attribué 18 postes. Sachant que l'on classe en général de 4 à 5 personnes, nous avons classé 15 locaux sur un total de 77 (soit 19,5%). Sur ces 18 postes, 6 sont revenus à des candidats locaux selon nos critères (et pas ceux du ministère).
Petit rappel, pour le ministère est un candidat local celui qui a obtenu son doctorat dans l'université qui le recrute. Pour nous, est candidat local toute personne étant présente dans le laboratoire au moment de son recrutement (comprendre post-doc dans le labo d'accueil).
Voila, on est donc à 33% (beaucoup moins si l'on applique la définition ministérielle).

Surtout, les résultats sont très variables d'une année à l'autre. Une année à 5 postes, aura vu l'élimination de 4 candidats locaux. Une autre année (toujours à 5 postes), aura vu 3 locaux recrutés.


vendredi 9 mai 2008

Pandanlag

Il y a des jours où franchement j'enverrai bien tout péter.
Des jours où je me dis que les nuits écourtées, les journées à rallonge, les week-end à bosser, sont du temps de perdu.

Des jours d'abattement,
Des jours de découragement.
Des jours sans, autrement dit.

Des jours comme aujourd'hui...


Note à moi même: ne jamais poser de question dont on ignore la réponse.

mercredi 7 mai 2008

Le localisme fléau du recrutement universitaire ?

Je rebondis sur les commentaires de mon billet précédents qui font état d’un article paru dans le Monde du 2 mai, et intitulé :
« La cooptation des universitaires est mise en cause »

Dire que j’ai un peu de problèmes avec les journalistes parlant de science ou d’institution scientifiques est un euphémisme. Je ne me suis donc pas contentée de lire la prose de la journaliste qui sentait un peu trop le sensionnalisme à mon goût :
« A l'université, on recrute entre soi »
« Toutes universités et disciplines confondues, les candidats locaux ont dix-huit fois plus de chances que les candidats extérieurs d'obtenir un poste »

Il est clair qu’en lisant cela on se dit que pour être recruté il vaut mieux rester sur place….

Comme le rapport sur lequel est basé l’article en question est librement téléchargeable sur le net, j’en ai entrepris la lecture…. édifiante.

Certes, je ne suis pas sociologue, et peut être quelque chose m’a-t’il échappé dans la démarche des auteurs. Mais quand même, je suis assez étonnée des conclusions tirées au regard des valeurs de départ. Quant au traitement que fait la journaliste de cette information, comme toujours, c’est dans la dentelle…

Reprenons. Les auteurs de l’étude commencent fort mal à mes yeux, puisque la citation en exergue de leur étude n’est pas attribuée au bon auteur. Passons, ce n’est pas le propos.
Lorsque je lis (c’est moi qui grasse)
« Dans un premier temps, nous montrerons que les données statistiques habituelles ne permettent pas de mesurer complètement le phénomène. La mesure du différentiel de taux de succès n’est pas simple et nécessite des hypothèses d’approximation. On essaiera de donner une évaluation approximative du localisme pour les docteurs ayant soutenu entre 1972 et 1996 à partir d’une base de données originale, la base des thèses soutenues en France. Une fois acceptées nos hypothèses d’approximation, il apparaît que les candidats locaux sont très nettement favorisés dans le monde académique français. »

je coince un peu, car je comprends « les données statistiques utilisées ne nous permettent pas de démontrer notre postulat de départ, qui est que les universités pratiquent fortement l’endogamie. Nous appliquons donc des approximations qui vont réconcilier les données disponibles avec nos a priori ». Mais je dois faire du mauvais esprit…

Justement ces données, d’où sortent-elles et que disent-elles?
La source, c’est le ministère qui depuis 2002 publie une étude sur l’origine des enseignants-chercheurs recrutés (PR et MCF). J’ai poussé la conscience professionnelle jusqu’à télécharger et lire l’étude 2007.
Les auteurs eux ont compilé les données de 2002 à 2007, toutes disciplines et toutes universités confondues. Résultat (je ne parlerai pas des concours PR) :
30% des nouveaux maitres de conférence sont recrutés dans l’université dans laquelle ils ont soutenu leur thèse. Bon, on tourne à 1/3 d’endogamie (au sens très large), franchement il n’y a pas de quoi hurler au scandale, et surtout on est très très loin du 18 fois plus de chance pour des locaux annoncé par la journaliste...
Les auteurs de l’étude ne sont pas stupides, ils voient bien qu’avec ces valeurs le scandale de l’endogamie n’est pas près d’éclater. Qu’à cela ne tienne, ils vont émettre des hypothèses d’approximation. En d’autres termes, ils décident que ces données ne sont pas significatives, et qu’il faut leur appliquer un traitement supplémentaire. Ainsi, 7 hypothèses d’approximation vont être appliquées aux données. En conclusion de ce travail, on peut lire (je grasse):
« Notre estimation manque de précision et souffre de la fragilité de certaines de nos hypothèses sur la structuration de la concurrence et sur l’identification des recrutements. (…)Le taux de recrutement local « attendu » de 8% que nous avons estimé sur nos données ne doit pas être très différent de celui que nous pourrions calculer si nous disposions des données sur les candidatures et les recrutements au poste de maîtres de conférences au cours des six dernières années. Il peut être mis en regard avec le taux constaté de 30% entre 2002 et 2005 qui lui est 5 fois supérieur (au sens de l’odds ratio). »

Je suis ravie de voir que les auteurs reconnaissent la fragilité de certaines de leurs hypothèses mais surprise de constater que cela ne les gène pas pour valider leur méthode.

Surtout, je ne trouve toujours pas les 18 fois plus de chance au recrutement local annoncé dans l’article du Monde…mais peut être ai-je raté une marche ?

Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai ensuite regardé de plus près les valeurs 2007 fournies par le ministère, et le traitement qui a été réalisé. Vu l’heure tardive, je me suis limitée aux données concernant l’Ile-de-France. Que constate -t’on ? Que la situation est variable selon les disciplines, les Lettres arrivant en tête dans le recrutement local (au sens large), suivies du Droit puis des Sciences.

Reprenons. Nous avons trois disciplines (Lettres, Droit, Science) et trois catégories de recrutement : Doctorat de la même université (intra), Doctorat obtenu en IDF, Doctorat obtenu hors IDF (j’y ait ajouté les diplomes obtenus à l’étranger pour simplifier). L’endogamie au sens strict serait le % de recrutement de Docteurs de la même université, et au sens large de Docteurs de l’IDF. Rappelons au passage, que la région IDF comporte trois rectorats, et 13 universités, ce qui à mes yeux réduit un peu la portée de l’endogamie au sens large… (en sciences on compte 5 ou 6 universités – j’ai un doute sur Paris 12 ?).
Roulement de tambours, voici les valeurs :

Sciences : Intra, 23%, IDF, 39%, hors IDF, 38%, soit endogamie stricte de 23%, large de 62%
Droit : Intra, 38%, IDF, 40%, hors IDF, 22%, soit endogamie stricte de 38%, large de 78%
Lettres : Intra, 35%, IDF, 47%, hors IDF, 18%, soit endogamie stricte de 35%, large de 82%

Donc, candidats scientifiques à un poste de MCF, ne stressez pas trop, le jeu est assez ouvert ! En revanche, les juristes et les littéraires sont plus à plaindre… Tiens au fait, la sociologie se range dans quelle catégorie ?

PS1 : je tiens à disposition de qui veut se faire sa propre opinion les fichiers pdf des documents que j’ai lu pour ce billet (et franchement, je ne le referrai pas tous les jours…)
PS2: En fait, ce qui me fait sourire, c'est que pour moi un candidat local n'est pas un candidat qui a un doctorat de l'université qui le recrute, mais un candidat qui est déjà dans le laboratoire qui va accueillir le poste.... mais là j'ai peur que les données statistiques permettant l'analyse ne soient pas disponibles....

mardi 6 mai 2008

Conseils de dernière minute aux candidats au poste de Maître de Conférence

Tous les ans, c’est la même histoire. Je peste contre 80% des dossiers de candidature que j’ai à évaluer. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont ou vont candidater au poste de Maitre de Conférences, ni même s’il est encore temps. Dans le doute voici quelques conseils de Roberta pour monter un dossier, conseils qui à mon humble avis resteront valables pour les nouvelles procédures de recrutement.

Sachez d’abord que la procédure de recrutement à l’université n’est pas la même que celle appliquée au CNRS. La différence majeure est que le candidat doit correspondre au profil du poste ouvert au concours, tant au niveau recherche qu’au niveau enseignement. La première tache de la commission de spécialistes (qui va disparaître avec l’application de la LRU) est de sélectionner un certain nombre de dossiers parmi tous ceux reçus. Seuls les candidats retenus seront convoqués pour audition. Il est donc de la plus haute importance de ne pas négliger le dossier de candidature afin de pouvoir passer la première étape. Il est également important de convaincre votre (ou vos) rapporteurs que votre candidature est sérieuse, afin qu’ils se battent pour vous. Faciliter le travail du rapporteur est donc de la plus haute importance.

Conseil n°1 : N’oubliez pas que vous candidatez pour être enseignant. Votre dossier doit donc impérativement comporter une section consacrée à l’enseignement.
Soit vous n’avez aucune expérience d’enseignement dans votre parcours, et il vous faudra donc expliciter votre choix et les raisons pour lesquelles vous n’avez jamais enseigné. Dans ce cas, vous veillerez à avoir un dossier particulièrement didactique pour mettre en valeur vos qualités de communication et de transmission des connaissances. Le plus important est de ne pas faire l’autruche.
Soit vous avez déjà enseigné, et vous devez indiquer le nombre d’heures, les matières enseignées et sous quelle forme, le public concerné par l’enseignement.
Dans tous les cas, vous devrez mettre en valeur l’adéquation entre le profil du poste et votre expérience (que vos acquis soient sur votre formation initiale, votre expérience de recherche ou vos activités d’enseignement passées).

Conseil n°2 : N’oubliez pas que vous candidatez aussi pour être chercheur. Il est à mon avis inutile d’envoyer un dossier pour un poste sur lequel vous n’avez aucune aptitude de recherche. Autant il est possible de convaincre que l’on a les qualités nécessaires à l’enseignement (et sur dossier et à l’oral), autant il est quasi certain que votre dossier ne sera pas retenu si vos activités de recherche ne correspondent pas au profil publié. La sentence « hors profil » est sans appel, même avec un dossier de publication à rendre jaloux les membres de la commission. La raison majeure de ce couperet est que vous consacrerez beaucoup de temps à l’enseignement (surtout la ou les premières années) et que la commission veille donc à ce que vous soyez opérationnel sur la partie recherche. Quand on connaît les conséquences d’une absence de publication prolongée sur une carrière, ce critère est loin d’être injuste ou déraisonnable. Pensez en revanche à argumenter votre adéquation au profil recherché (techniques maitrisées, connaissances générales, etc). En général, avant sélection pour l’oral vous n’aurez pas contacté le labo d’accueil. Avoir fait une biblio rapidee et proposer quelques pistes de recherche utilisant vos compétences est pour moi un atout ; n’en faites pas trop cependant, les génies des alpages ont tendance à irriter les rapporteurs plutôt que les convaincre. L’objectif est de montrer que vous vous interessez au poste auquel vous candidatez, pas que vous allez prendre la direction du labo.

Conseil n° 3 : Tout doit se justifier, les rapporteurs ne sont pas extra-lucides. Le rapporteur de votre dossier sera votre porte-parole devant la commission. Vous devez donc tout faire pour lui fournir les arguments qu’il pourra utiliser. Vous devez également faire en sorte qu’il ne passe pas 10 heures sur votre dossier pour reconstruire votre histoire. Soyez concis, pertinent, didactique.
Un post-doctorat sans publication ? Il faut argumenter, il y a toujours une raison (le labo concurrent vous a scoopé, vous n’avez obtenu que des résultats négatifs dont on sait bien qu’ils sont plus délicats à publier,..).
Un changement radical de thématique ? C’est à mes yeux un atout, mais je ne veux pas en faire une généralité. En revanche, expliquez la raison de votre choix (quitte à ré-écrire l’histoire, Dumas l’a fait avant vous !), afin de ne pas donner l’impression que vous avez pris ce qui se présentait mais que vous aviez bien un projet derrière la tête.

Conseil n°4 : N’envoyez pas un dossier de plus de 20 pages, il y a peu de chances que votre rapporteur le lise in extenso. Cela dit, évitez de tomber dans l’excès inverse du CV développé en quatre pages. Veillez également à ne pas utiliser du Arial 10 en interligne simple pour votre manuscript. La moyenne d’age des membres des commissions est plus proche des 50s que des 20s !


J’espère que ces conseils tardifs seront malgré tout utiles, et souhaite bonne chance à tous les candidats en lice pour la campagne de recrutement 2008….

vendredi 25 avril 2008

Une semaine de vacances...

qui se termine demain, puisque nous récupérons le Gnome à 6 hr du matin à Paris.

Rapide calcul, gngngng, il faut se lever à 5hr15, l'horreur totale. J'ai bien fait une tentative sur le thème "on n'est peut être pas obligés d'y aller à deux?....", mais pas vraiment couronnée de succès... "Pourquoi, tu n'es pas pressée de revoir TON fils ?"

Qui peut m'expliquer en quoi le Gnome est plus mon fils que celui de son père à 5hr du matin?

Le pire de l'histoire, c'est que nous n'aurons strictement rien fait de notre semaine de liberté. Pas de ciné, pas de théatre, pas d'expo, RIEN.

bon d'accord, j'ai un peu passé mes soirées au labo, mais quand même...

Planqué de fonctionnaire

Pour le prouver, je m'offre une semaine de vacances, après un nombre indécent de jours d'arrêt maladie!
Voila.

Si je suis courageuse, je mettrai un ou deux billets en ligne ce week end....

jeudi 24 avril 2008

La Trinité se passe…

…. mironton, mironton, mirontaine…
Le labo n’arrive pas (bis).

Et ce n’est franchement pas drôle. Suite donc du chantier permanent qui est sensé être mon labo.

Rappel des épisodes précédents pour ceux qui n’ont pas suivi, et n’ont pas le courage de lire l’article original :
Mon groupuscule doit déménager dans de nouveaux locaux, hyper-top et fonctionnels après travaux.
La société chargée de la fabrication et de l’installation des paillasses, fait faillite en cours de chantier. Tout s’arrête.

Les nouveaux épisodes :

Où je crois enfin que la situation se débloque :
Après moult démélées avec l’adjudicateur, nous arrivons à négocier qu’une autre société puisse terminer le chantier sans que cela ne nous coute un centime (facture à déduire de ce que nous devions régler au faillitaire). Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous trouvons même une société qui accepte cette reprise de chantier, et qui intervient dans des délais raisonnables (début mars quand même…).

Où je doute que le labo soit livré à Pâques :
La société ne reprend pas l’installation électrique, laissée à charge de l’atelier interne. Pas gagné, et effectivement pas réalisé à Pâques. Entretemps, je suis mise hors service par une infame spyrochète qui trainait dans la même forêt que moi… Pendant un mois, je ne ferai plus de suivi de chantier, erreur fatale nous allons le voir.

Où j’espère contre toute logique, que nous déménagerons avant la Trinité :
Mais si ma p’tite dame, vous inquiétez pas, y’a plus grand’chose à faire, vous pourrez déménager pendant la semaine 17 (en clair, cette semaine là, tout de suite maintenant). Ce qui me laisse un peu perplexe, vu que le chauffe-eau n’est pas raccordé, le compteur électrique pas installé, la pièce technique toujours intouchée (hotte non raccordée, paillasses non installées, électricité et plomberie à faire…). Mais parfois, on a envie de croire ce qu’on entend, c’est bon pour le moral.

Où je comprends qu’on a du temps pour faire les paquets :
Début de semaine passée, un autre labo de l’institut entre en travaux… Je me permets un commentaire un peu acerbe sur la date à laquelle nous pourrons prendre possession des locaux, et m’entends répondre qu’il doit y avoir belle lurette que je ne suis pas allée voir les locaux et que "çà a bien avancé"… l’espoir renait, nous pourrions peut-être y être mi-mai ??? M’en vais aller voir çà de plus près.

Où j’hésite entre pleurer, hurler, et/ou tout casser :
Zen….(moi aussi zen beaucoup). C’est la première chose qui m’a traversé l’esprit
Avant que je n’aille pleurer sur une épaule compatissante, me suicider par over-dose de glace caramel au beurre salé, trucider la cellule travaux à coup de pipetman, rayez la mention inutile, je vous laisse juge de ce que je voulais (à gauche) et de ce que j’ai (à droite) :

En gros, une salle de TP vu la quantité de postes gaz (les G dans les points vert) installés et raccordés, sinon ce n’est pas drôle. En revanche, çà ne gène personne de me supprimer des prises sous-paillasse pour brancher frigos et congélos, ni de me mettre les deux éviers côte à côte… Les forces vives du labo n’auront qu’à s’équiper de rollers s’ils trouvent que les distances à parcourir à longueur de journée sont trop importantes…Et encore, je ne commente même pas le fait qu'ayant demandé des paillasses PS1 j'ai récupéré des Curie (petite arnaque du faillitaire pas détectée par les personnes ayant validé le devis...).

Mais je vous rassure, hein, il n’y a toujours pas l’électricité dans la pièce ! Quant à la pièce technique, on n’en parle même plus….

lundi 21 avril 2008

Aphorismes Gnomesques

APHORISME, subst. masc.
Didact. Proposition résumant à l'aide de mots peu nombreux, mais significatifs et faciles à mémoriser, l'essentiel d'une théorie, d'une doctrine, d'une question scientifique.
P. ext., lang. cour. Proposition concise formulant une vérité pratique couramment reçue.

C’est stystématique, je vois un champignon, j’ai peur.

Je la prendrai gentille, pas trop jolie et je ferai attention à elle.
(à propos de sa future compagne. Pas trop jolie parce que les très jolies, on croit qu'elles sont gentilles, et des fois c'est pas vrai)

Je n’ai pas fait tout ce chemin pour entendre çà.
(de sa naissance à ce jour, pour se faire "insulter" par un copain)

J’ai des bonnes manières maintenant, avant j’aurais dit "vieille".
(à propos de sa grand’mère, qu’il avait qualifiée d’agée)

Même affamé il aurait pu se retenir.
(à propos de son frère qui avait fait une descente de nuit dans le stock de saucisson)

Le rugby à la télé, ce n’est pas de mon âge.
(ben non, lui c’est encore sur le terrain…pas comme son père…)

jeudi 17 avril 2008

L’AERES lave plus blanc

Les informations nous arrivent enfin en ce qui concerne les rapports d’activité des chercheurs à joindre au rapport d’activité de l’institut. (Il était temps, le dossier est à rendre pour fin juin..)

Heureusement que l’on nous a bien expliqué que ce nouvel organisme allait mieux nous évaluer que nos anciennes structures, parce qu’il faut bien avouer que çà ne saute pas aux yeux lorsqu’on consulte le document que nous devons fournir…

Avant (et une fois encore je ne dis pas que le système précédent était parfait et qu’il ne fallait rien changer, loin de là), nous étions soumis tous les ans à une évaluation rapide via les «CRAC» (Compte Rendu Annuel d’activité des Chercheurs), et tous les deux ans à une évaluation approfondie (rapport à 2 ans ou rapport à 4 ans, ce dernier étant en phase avec le quadriennal de l’institut) où en plus du CRAC nous devions écrire un rapport d’activité plus détaillé, où nous devions justifier de nos orientations scientifiques et stratégiques.
Revenons aux CRAC. Qu’y trouvait-on? Une série de renseignements administratifs pré-remplis (et oui, le CRAC se remplissait online…), un paragraphe concernant les «points forts de votre recherche», une section sur les articles publiés dans l’année, une sur les congrès où nous étions allés, une sur les financements obtenus, une sur les collaborations, une sur les activités de management de la recherche (expertise pour des agences, referring d’articles, appartenance à des instances d’évaluation de différents organismes,…), une sur les responsabilités locales (intra institut), une sur la valorisation.

Heureusement l’AERES va enfin permettre d’évaluer correctement et impartialement les chercheurs, à l’aide notamment de …. de quoi au juste?
Le rapport individuel à 4 ans ? Non, ils n’en veulent pas.
Le rapport des chefs d’équipe sur les activités passées et futures? Ben non, ils n’en veulent pas non plus.
Grâce à la «Fiche individuelle d’activité concernant les quatre dernières années»… Une super CRAC en quelque sorte. Sauf, que cette fiche ne doit pas dépasser 4 pages (une par année?) et qu’une note de bas de page stipule que
"Les fiches individuelles compléteront la présentation de l’unité et ne sont pas destinées à l’évaluation des personnes. Elles seront jointes au dossier bilan et au dossier de demande de reconnaissance."

J’avoue ne pas trop comprendre…

Que trouve-t’on dans cette fiche? Une page de renseignements administratifs, puis nous devons renseigner les sections suivantes:
"1) Points forts de vos activités de recherche et résultats marquants :
Thèmes de recherche développés; précisez le cas échéant les collaborations nationales ou internationales associées.
2) Production scientifique :
Liste (auteurs, titres, références) de vos principales publications au cours des quatre dernières années, dans et hors le cadre de l’activité du laboratoire d’appartenance :
Des indicateurs bibliométriques (facteur d’impact de la revue, citations…) pourront être fournis par l’enseignant-chercheur ou le chercheur s’il le souhaite, en précisant la ou les bases de données utilisées.
Autres formes de production (brevets, ouvrages, rapports d’expertise,…)
3) Points forts de vos activités relevant des missions autres que la recherche :
Par exemple responsabilité pédagogique, enseignement, diffusion d’information scientifique et technique et autres actions de promotion de la science, actions de valorisation et de transfert, engagements contractuels, responsabilités administratives locales, nationales ou internationales, travaux d’expertise…"

C’est tout? Oui, c’est tout, mais comme on ne dispose que de 3 pages (une est pour l’administratif, rappel pour ceux qui dorment en me lisant), c’est finalement bien assez.
J’aime tout particulièrement les recommandations concernant les publications. Il faut d’ailleurs préciser si les journaux sont à comité de lecture ou non. M’enfin quoi, je ne publie pas dans JDM1.

Nous sommes nombreux à avoir décidé de refuser de fournir les facteurs d’impact et nombre de citations de nos papiers. Si l’AERES a choisi de faire de l’évaluation strictement bibliométrique de notre activité, c’est son problème qu’elle le fasse. Mais sans moi, merci.

Seule avancée positive à mes yeux, ce document doit être rempli par les enseignant-chercheurs, chercheurs, et grande nouveauté par les ingénieurs de recherche.

Sinon, je persiste à dire que je préférai l’ancien système, à mon avis bien plus sérieux sur la forme et sur le fond malgré toutes ses imperfections.

1Journal de Mickey, blague de commission de spécialistes…

vendredi 11 avril 2008

And Ze Winner is….

.... La maladie de Lyme

Suite et fin donc de mes problèmes de santé, puisque finalement le diagnostic est tombé (merci Pasteur analyses). Cette saloperie de Borreliose m’aura bien pourri ces trois dernières semaines, et je devrais continuer à trainer cette fatigue infinie pendant encore 2 à 3 semaines, quelle chance.
Cela dit, de la chance j’en ai eu, et je remercie vraiment mon bon docteur et la pertinence de ses diagnostics (ou du moins de ses intuitions). En effet, j’ai eu la bonne antibiothérapie très vite, aux bonnes doses, et dans la durée requise, ce qui devrait normalement me mettre à l’abri des rechutes en phase aigue. Et puis, maintenant qu’on le sait, tout ce qui pourrait évoquer une phase dite III, pourra être traité sans tarder.

Quand même, le mystère restant sera celui de la contamination, bien que la semaine de rando puisse être le moment fatal…
Je n’ai pas fini de m’en vouloir d’avoir dérogé à ma règle du «pas de sport», je savais bien pourtant que c’était mauvais pour la santé…

dimanche 6 avril 2008

Nombrilisme

En cette fin de week end froid et pluvieux, histoire de me remonter le moral qui a pris racine dans les chaussettes, je voudrai fêter la 1000ème visite de ce blog depuis que je flique mes visiteurs, c'est à dire depuis .

1000 visites! Je n'en reviens pas. Franchement, je suis d'autant plus surprise qu'on ne peut pas dire que vous soyez des visiteurs bruyants.... Justement, ramené en nombre de visiteurs vous êtes 408 à être passés me lire. D'aucuns sont repartis, mais vous êtes sommes toutes assez nombreux à être fidèles aux Chroniques. Pour un blog démarré dans le quasi secret, je dois avouer ma fierté de vous compter aussi nombreux autour de moi.

On ne se refait pas, quand j'ai des résultats, il faut que je les analyse, c'est plus fort que moi!
L'essentiel des visites a lieu en semaine, le week-end c'est plus calme. 34% d'entre vous venez directement, 65 % à partir de sites référents, ce blog, mais aussi celui ci et celui là qui me font l'honneur de me référencer, mais également des agrégateurs de flux. Le 1% restant a trouvé son chemin jusqu'ici par l'intermédiaire de moteur de recherche.
D'où venez vous? A 53% de France, à 41% des USA, les 6% restant se répartissent sur 11 pays.

A vous tous merci. Passé ce moment d'autosatisfaction, votre fidélité m'oblige à ne pas vous décevoir. Il y aura toujours du léger sur la rive droite, et du plus sérieux sur la rive gauche, je pense avoir trouvé mon rythme dans ce mélange des genres. Enfin, je resterai schizophrène, même si parfois je râle des contraintes techniques liées à cette double signature.

vendredi 4 avril 2008

L’étiquette d’infamie

Ce qui nous fait tous trembler actuellement, c’est d’être répertorié « chercheur non-publiant » par l’AERES.
Car une fois l’étiquette collée, on peut prédire sans peine que l’avenir des chercheurs ou enseignants-chercheurs concernés va tourner au cauchemar.

Nous avons déjà vu la répercution d’un non-publiant sur le budget d’un institut.
La conséquence directe de ce plombage budgétaire est que les instituts n’ont aucun intérêt à accueillir une telle personne, bien au contraire puisqu’elle diminuerait leur performance bibliométrique.
D’un autre coté, et toujours selon la même logique, les instituts ont tout intérêt à se défaire de leurs chercheurs ou enseignants-chercheurs non productifs.

Mais où vont donc aller ces personnes si personne ne souhaite les accueillir ? Le problème est de taille, d’autant que faisant partie du corps des fonctionnaires, il faut bien trouver une solution.

D’aucuns suggèrent de réserver aux non-publiants la charge de l’enseignement dans les premières années universitaires. En d’autres termes, ils se consacreraient totalement à l’enseignement, et n’auraient plus aucune activité de recherche. Certes, mais la spécificité de l’enseignement universitaire est justement d’être intimement liée à la recherche.
De plus, on appréciera le paradoxe qui consiste d’une part à juger des personnes inefficaces et de s’empresser d’autre part de les envoyer former les futurs diplomés de l’enseignement supérieur…

A moins que la solution soit encore plus noire, et surtout non publicisée… rumeur ou réalité, l’avenir nous le dira très vite.