vendredi 6 février 2009

Science Fiction

Dans un commentaire du billet précédant, Aisling m'interpelle:
Concernant l'avenir du CNRS, le gouvernement a beau y aller au bulldozer, je serai quand meme etonnee qu'ils reussissent a degager l'ensemble des chercheurs du CNRS d'ici un an, pour en faire quoi? Les re-affecter dans les universites "autonomes"?

Alors, allons y d'un exercice de projection en partant du postulat que ce gouvernement aura la peau du CNRS. Cette hypothèse n'est pas surréaliste, le généralissime ayant annoncé dans son discours du 22 janvier, que nous devrions nous transformer en agence de moyen (traduire, devenir la NSF française, mais sans le budget faut quand même pas déconner). Reste le personnel, qu'il faudra bien recaser, vu qu'il a le mauvais gout de faire partie des fonctionnaires d'état.
Alors, allons y.

Première étape, très facile: Il l'a dit et répété ce jeudi, 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite ne sera pas remplacé. Les projections des départs en retraite chez nous sont assez claires, d'ici 5 ans, le CNRS devrait perdre (de mémoire) 20 à 25% de ses effectifs. Il suffit de ne pas les remplacer. Un sur deux au total, ne présume pas que toutes les administrations soient logées à la même enseigne.
Deuxième étape, pas très compliquée: dans le cadre de l'absorption des Sciences de la Vie par l'INSERM, on transfère ceux qui peuvent se recycler sans trop de mal. Ou bien, ceux que l'on juge dignes de l'excellence de l'INSERM (et qui donc échapperont à l'enseignement).
Troisième étape: On oblige les chercheurs à enseigner (dans le projet Pécresse, on parle de 64 hr d'enseignement). Et il y aura forcément des besoins d'enseignement, car les départs à la retraite coté fac sont encore plus importants qu'au CNRS. Là encore, il suffit de ne pas remplacer les partant. Si on veut de plus moduler les charges d'enseignement, à savoir les "bons" enseignent peu, les autres beaucoup, il faut bien fournir un réservoir d'intervenants.

Lissé sur 3 ans, je pense que c'est tout à fait jouable.

Bon, et bien il ne me reste plus qu'à commencer à réviser l'anatomie du cloporte pour assurer les TP de BA en L1 ...

jeudi 5 février 2009

Pendant ce temps au CNRS...

On se demande sérieusement si la maison passera 2009. Disons que les indices s'accumulent dangereusement:

  • La création des Instituts (d'ailleurs, SDV n'existe plus, remplacé par l'Institut des Sciences Biologiques sans que personne n'ai jugé utile de nous prévenir)
  • Bien entendu, le très fameux discours du 22 janvier.
  • La baisse sévère du recrutement 2009 (et celle annoncée pour 2010, une vraie peau de chagrin ces concours)
  • L'arrêt des post-docs CNRS. En 2009, c'est fini, a-pu. D'ailleurs, je le soupçonnais fortement puisque je n'avais obtenu qu'un an de financement pour mon labo précisé dès le départ comme non renouvellable.
  • Le courrier surréaliste que nous venons de recevoir concernant la monétisation de nos compte-épargne-temps.

Je vais détailler un peu ce dernier point, car j'en entends certains dire "c'est quoi ce compte?".
Facile, pour ceux qui (comme moi) n'arrivent pas à prendre la totalité de leurs jours de congé, surtout depuis l'instauration des ARTT, l'excédent de congés peut être placé sur un CET. Lorsqu'un nombre suffisant de jours a été épargné (40 de mémoire), le compte est activé. Ce qui veut dire que l'on dispose alors de 10 ans pour le vider ... Un truc un peu piège à c' vu que si on n'arrive pas à consommer 43 jours de congés en une année, je ne vois pas comment on peut consommer 43 + n (avec n>40), mais bon . Disons qu'au lieu de les perdre, bon nombre d'entre nous se sont dit... ben on verra, épargnons épargnons.
Hors donc, pour faire vivre le célèbre et risible "travailler plus pour gagner plus", le généralissime nous a autorisé l'an passé à nous faire payer 4 jours épargnés en 2007. Royal. En fait, çà a dû couter bonbon à l'état vu que beaucoup de fonctionnaires ont fait valoir leur droit (recherche, mais surtout hopital, et même justice). Bref, il fallait que cela cesse. D'où le changement de règle du jeu survenu cette année. C'est la dernière fois que nous pouvons demander le paiement des jours de congé épargnés. Ne seront éligibles que la moitié de ceux épargnés au 31/12/2007. Pour vous donner un ordre d'idée, en ce qui me concerne, on parle de 22 jours à se faire payer. A 125€ la journée, c'est presque un 13ème mois ... Alors bien sur je vais demander le paiement. Sauf que c'est comme dans les contrats, il y a toujours des clauses écrites en bas qui gachent un peu le tableau.
Je cite pour ne pas déformer (et je grasse ce qui m'inquiète un peu):
Conformément aux dispositions du décret, et sous réserve que le CNRS demeure votre employeur, le versement de l'indemnité s'effectuera par tranche maximale de quatre jours par an jusqu'à épuisement du solde de jours à indemniser.

C'est bien la première fois que cette précision apparait dans un courrier officiel du CNRS. Du coup, je me demande si le CNRS sera toujours mon employeur dans 5 ans, voire même un an en fait ...
Bon la bonne nouvelle c'est que nous serons fixés dans 11 mois.


mercredi 4 février 2009

De la part des mauvais

Voila quelques réponses de médiocres, anarcho-gauchistes à notre généralissime. et .
Il est souhaible de lire le premier avant d'écouter le second.
Ca ne changera rien, mais çà fait du bien.

lundi 2 février 2009

Du rififi sur la rive gauche

Et bien voila, çà devait finir comme çà. A force d'être traités comme des moins que rien par les plus hautes instances de notre pays, mes collègues enseignant-chercheurs ont décidé aujourd'hui que trop c'était trop.
Notre vénérable université, si chère au nain, est donc en grève générale depuis aujourd'hui et ce pour une semaine (reconductible) à 191 oui, 2 non, 7 abstentions.

Me voila face à un sacré dilemne, puisque je suis sensée faire cours mercredi matin ...

Certes, je suis totalement solidaire de mes collègues. Mais j'enseigne dans une UE longue (et on peut tout de même espérer que la grève sera terminée avant les examens fin avril), et surtout le cours que je donne est utilisé par tous les collègues qui me suivent (dont le principal intervenant qui ne souhaite pas faire grève de l'enseignement)... Bref, j'avoue ne pas trop savoir quoi faire.

Alors, une fois n'est pas coutume... j'aimerai bien savoir ce que vous feriez à ma place ...

jeudi 29 janvier 2009

Le mépris

Quand j'ai écouté çà (et que pour être sure de ne pas être victime d'hallucinations acoustiques, j'ai téléchargé le document pdf et l'ai relu), je dois avouer que la colère m'a gagné et n'est pas prête de me quitter.

Quelle arrogance, quelle suffisance, et pire que tout quel mépris pour un corps d'état qui travaille depuis des années dans des conditions déplorables, et qui malgré tout continue à produire des connaissances, les diffuser, et maintenir notre pays dans le top 10 de la recherche mondiale.

Ce soir, alors que j'allais poster ce bref billet, je viens de lire la prise de position d'Albert Fert sur l'excellent blog {sciences2} de Sylvestre Huet. Un peu de baume au coeur après l'agression commise par la plus haute autorité de notre pays. Merci à vous Mr Fert.

En direct de la Bastille

Enfin pour être tout à fait honnête, d'après notre envoyée spéciale à la Bastille, il semblerait que la manifestation de ce jour soit un raz de marée.
Le cortège Recherche et Enseignement Supérieur a quitté Jussieu à 14 hr pétantes, pour rallier la Bastille point de départ de la "The" manif'. A 16h30, il y est toujours coincé alors que les premiers partis de Bastille à 14 hr viennent d'atteindre Opéra.

Je n'ose vous communiquer le nombre de manifestants estimé par les RG tellement il semble ridiculement sous-évalué.

Cela dit, les sciences de la vie semblent avoir fait l'impasse sur ce rendez-vous. D'ailleurs, je suis "en grève" mais au boulot, des manips de la plus haute importance ne pouvaient être remises à plus tard. Comme quoi le personnel CNRS est prêt à aller travailler en milieu hospitalier ...

samedi 24 janvier 2009

Dieu, la Mort, les Hommes

On ne plaisante pas sur la rive droite avec les questions existentielles du Gnome, on essaye toujours d'y répondre le plus honnêtement possible.
Mais voila, depuis quelques mois, l'essentiel des états d'âmes du fiston tourne autour de la mort, de Dieu, et de l'avenir de l'humanité.
Impossible d'éviter de répondre (Comment çà est-ce que Dieu existe ??? File donc ranger ta chambre) c'est totalement contre productif, ce môme est une vraie teigne qui ne lâche pas le morceau. De plus, je n'ai pas (et son père non plus) franchement l'intention de créer des tabous.

Au milieu de toutes ces interrogations (ou affirmations) qui mine de rien le travaillent quand même, surgissent parfois des réflexions (de bon sens) qui ont l'art de nous faire mourir de rire.
Bon, quelles sont les sources d'informations de mon fils?
1- ses parents
2- ses copains (ceux qui vont au catéchisme en ce qui concerne le divin)
3- les documentaires sur la vie des méduses dont France 5 et Arte nous inondent

A l'aide de ce fonds documentaire, il tente de répondre à tout ce qui lui pose problème ....

Ma préférée est la suivante:
Vraiment Jésus il est idiot. Il veut revenir sur Terre quand tout le monde sera mort. Tu imagines?? Plus que de la poussière partout, oui même les os j'en suis sur. Franchement, il ferait mieux de revenir avant, ou alors il va vraiment s'ennuyer ...


Autre exemple:
- Maman, c'est vrai que quand on est mort, on monte au ciel ?
- Qu'en penses-tu mon bonhomme?1
- Ben non, sinon les morts se cogneraient dans les avions ... (ce qui n'était vraiment pas la réponse que j'attendais!)
- mnnnn2....
- Mais mon copain Alceste il dit que les morts vont au ciel avec Dieu, que c'est leur mnmnmnm, un truc qu'on a là (montre sa poitrine) qui reste à côté de Dieu comme çà les morts sont pas vraiment morts.
- Tu veux dire l'âme?
- Ouiiiiii, c'est çà !
- Et bien disons, qu'on n'est pas tout à fait mort tant que quelqu'un pense à nous. Tes papys sont morts, et pourtant tu penses beaucoup à eux, tu en parles beaucoup, donc tu vois ils sont toujours un peu présent parmi nous.
- Oui mais alors et Dieu ????
- .... certains croient que Dieu existe, et qu'il accueille tout le monde. D'autres n'y croient pas.
- ah.... et toi maman, qu'est ce que tu crois ?
- Peu importe ce que je crois mon bonhomme, ce que je te dis là c'est que chacun choisi de croire ou pas, et personne ne doit imposer son opinion sur la question.
- ah ... alors il faut que je décide si j'y crois ou pas?
(arrivé là j'avoue avoir jeté l'éponge...)

Je ne pensais pas que c'était si dur d'être parent...

1 & 2parfois j'ai l'impression de jouer le rôle du psy dans une mauvaise série télé...

vendredi 23 janvier 2009

Les experts : Bordeaux

Hier soir, nous sommes tombés sur une série française (diffusée par TF1, j'avoue) absolument hallucinante. Section de Recherche çà s'appelle. Uniquement parce que la prod' n'a pas dû oser l'appeler comme le titre de ce post.

Je vois bien une session brain-storming en production fiction.
Bon les cocos, les ricains ils ont ces séries qui cartonnent vous savez les Experts. A tel point qu'ils ont plusieurs séries parallèles. La ménagère adoooooore. Chez nous aussi on a une police scientifique, on pourrait faire une série sur leurs enquètes, non???
Ouais coco, super bonne idée!! Attends je me rencarde.

A la réunion suivante, coco2 annonce qu'il a trouvé, çà se passera à Bordeaux dans l'unité scientifique de la Gendarmerie Nationale.

Bon, voila j'ai tout dit, c'est déjà mort avant de commencer!! Franchement, çà vous fait rêver vous l'uniforme du Gendarme? Le même que celui qui vous fait flipper quand vous prenez l'autoroute un jour de grand départ, embusqué qu'il est tous les 200km ???

Bref, malgré tout certains en haut lieu ont dû trouver çà génial, et roule ma poule, Section de Recherche était née...

Disons le franchement, je ne m'étais pas autant marrée depuis fort longtemps. Et Balou aussi (à tel point qu'il en a oublié de dormir sur le canapé). Du coup, on a regardé la fin, les occasions de rigolade étant plutôt rares en cette période de crise.

Bref résumé (pour dire le niveau de l'intrigue, tu regardes les 15 dernières minutes et tu comprends tout...):
Le Capitaine Machepreau dirige la section de recherche de la Gendarmerie. La branche scientifique. D'ailleurs, son assistante a toujours une blouse blanche pour qu'on comprenne qu'elle est scientifique. Hier ils cherchaient à piéger un gigolo sérial killer de bourgeoise pré-ménopausée mais friquée. Et paf, voila-t'y pas qu'ils trouvent le bellâtre gisant poignardé dans une baignoire remplie d'eau teintée de son sang. Au début, l'assistante (cette naze) elle croit que l'assassin c'est celle qui aurait dû être la victime (la ménopausée, vous suivez?). D'ailleurs elle n'est pas dans la maison, c'est un indice. Bon, après ils trouvent un couteau de cuisine couvert de sang (lame et manche), rouge écarlate, sauf que le meurtre a dû être commis à 18h10 (et là il est 22h et des bretelles). Ils le savent car la montre du bellâtre s'est arrêtée sur 18h10 (gros plan sur le cadran), ben oui pas étanche la montre!! (pour les nuls du script: le sang aurait déjà dû être oxydé). Après, ils fouillent la maison déguisés en cosmonautes. Et là, le Capitaine Machepreau entre dans la cuisine, et il regarde le micro-onde avec un regard bovin du plus bel effet. Puis il regarde la pendule de la cuisine. Et encore le micro-onde. Pour qu'on comprenne tout, il y a des gros plans sur les heures affichées (ce ne sont pas les mêmes). Après il a une vision de tout ce qui s'est passé, et qui explique pourquoi les deux affichages sont différents. Et puis il sort de sa transe, et il explique comment le meurtre s'est passé. Ah ah, enfoncés les Experts américains!!
On a ensuite droit à un plan de coupe photo noir et blanc du capitaine (comme dans NCIS), et on se retrouve dans les locaux de la gendarmerie, ou quelqu'un amène la victime qui croit avoir tué le bellatre (bon, elle était droguée, elle s'est réveillée en tenant le couteau, et elle a du sang sur les bras et le décolleté - mais pas sur la robe). Machepreau la rassure, il sait qu'elle n'a rien fait. Puis arrive un type qui amène les résultats ADN (faudra qu'il me file le protocole pour extraire aussi vite de l'ADN et l'analyser). Et ensuite, un gendarme arrive avec les résultats de l'enquète de voisinage. Et paf, il y a des voisins qui ont vu un homme partir dans une 205 blanche immatriculée dans le 33 dont l'aile avant droite est enfoncée. Immédiatement, Machepreau a une nouvelle vision. De la voiture garée, et du proprio qui en sort... alors il part l'arrêter et fait avouer le vilain en moins de trois questions. Générique de fin.

Et je vous jure que cette narration est assez fidèle.

Ben moi je dis "trop forts les gendarmes!!"

mardi 20 janvier 2009

Comme d'habitude

Et bien voila, jeudi prochain je devais me rendre à Strasbourg pour une journée de réunion. Donc, selon la règle maintenant bien établie, la RATP et la SNCF ont déposé un préavis de grève pour le 29 (jeudi prochain donc pour ceux qui ont du mal avec les calendriers).

Or j'ai décidé qu'en 2009 j'en avais fini avec les galères de transports. Donc, j'ai annulé ma participation.

Finalement, c'est assez facile de dire non !

samedi 17 janvier 2009

Mea Culpa

Franchement, vous avez bien du mérite chers lecteurs à me rester fidèles vu l'indigence de ma production bloguesque de début d'année (qui ne déshonore pas celle de décembre 2008, vous l'aurez remarqué).

Et pourtant, je pourrai fournir une quantité phénoménale de billets sur la rive gauche: Opération Campus, réforme des Sciences du Vivant au CNRS, autonomie des Universités et son corollaire la mise en place de jurys de concours enfin indépendants-transparents-qualifiés (rayez les mentions inutiles), ineptie de l'évaluation AERES, et j'en oublie surement.
Je pourrai également tenter de vous faire sourire avec les anecdotes de la rive droite, qui se sont sérieusement accumulées ces deux derniers mois.

OU PAS...

Je ne peux invoquer un manque de temps: je viens de prendre 4 jours de vacances pour cause de grippe Gnomesque, et j'avoue m'être ennuyée à mourir dans mon rôle de mère dévouée assurant l'infirmerie et l'intendance, mais je n'ai pas trouvé une once de courage pour venir ici aligner quelques lignes.

Il me faut donc me remotiver sérieusement, ou bien disparaitre de la blogosphère ...

Alors, je pense que ma bonne résolution de 2009 sera d'être un peu plus régulière dans ma production. D'autant que comme toute drogue, l'écriture une fois qu'on la repratique redevient très vite addictive. Tenez là, hop, je me sentirai presque de faire un second billet. Mais il faut savoir raison garder, et reprendre en douceur afin de ne pas risquer le blog-wrist ....

vendredi 9 janvier 2009

Mon premier Troll

Cher anonyme 209.85.175.132 de Naha, Japon,

Merci de l’honneur fait à ce blog de penser qu’il est suffisamment lu pour que vous y épandiez votre prose et que votre « action » puisse ainsi bénéficier d’une meilleure lisibilité sur Google. J’eus en revanche préféré que vous ne me preniez pas pour une poire. Il n’y a pas trace de la moindre erreur de votre part dans votre commentaire, vous le savez et moi aussi. Contrairement à mon ami le Piou, je ne participerai pas, même indirectement, à la promotion de vos actions fangeuses, ce qui explique la suppression de votre commentaire.
Voyez vous, je pense comme le regretté Pierre Desproges, que si l’on peut rire de tout, on ne peut le faire avec tout le monde.

Sans aucune cordialité,

Narayan

mercredi 7 janvier 2009

Play it again

Certes c'est la saison des bonnes résolutions. Mais, lorsque suivant l'exemple du Piou j'ai repris ma liste 2008, j'ai réalisé que j'avais dû passer l'année à soigneusement ignorer mes résolutions; à moins que je n'ai une mémoire de poisson rouge ...

Tenues rive droite:
- Organisation des vacances. Je la garde pour 2009, elle n'est pas mal.
- Achat de Santons. Bon, pas en septembre, mais en novembre... et ils sont arrivés juste avant l'installation de la crèche. Je renouvelle donc pour 2009.
- Arrêt des achats déco (à faire). En fait, je n'ai pas dû mettre les pieds dans une boutique de tout 2008, donc c'était plutôt simple. Soyons fous, je remets çà en 2009.

Celles qui n'ont pas été tenues peuvent également se voir renouveler, bien que je soupçonne un certain blocage psychologique expliquant l'absence de résultats en 2008 ...

Tenues rive gauche:
Là c'est hyper simple; à part la demande à l'ANR (que je n'ai pas obtenu, sinon vous l'auriez su) je n'ai tenu AUCUNE des résolutions 2008. Et en plus, je les laisse tomber pour 2009 (sauf les papiers, parce qu'il y a des broutards™ qui attendent et qui commencent à trouver le temps long).

Quant aux petites fleurs, je commence à m'y habituer ...

Bon, finalement, les bonnes résolutions 2009 c'était facile.


Glagla-land

-11°C sur les berges de la Mérantaise ce matin ...
Il fallait être sacrément motivée pour sortir du lit, puis de l'appart'.
Et le pire, c'est que coté rive gauche nous sommes en panne de chauffage depuis deux jours. Si mes dents ne claquaient pas si fort j'en rirais presque.

lundi 5 janvier 2009

Le bonheur est dans le pré

Dix jours dans la patrie du canard, à profiter de la famille, voilà quel était le thème de cette pause hivernale.
De la fenêtre de ma chambre, les jours passaient sans se ressembler.

Coté cuisine, la variété était moindre. Disons que le thème général était canard (gras bien entendu), avec de subtiles variations sur le foie (gras également): cru, mi-cuit, cuit, cuit en cocotte, et j'en passe. J'ai échangé plein de recettes, expérimenté certaines (dont des huitres chaudes au sabayon, miam), en fait passé la majeure partie de mes journées en cuisine.
Nous avons donc copieusement cuisiné, copieusement mangé, copieusement bu, copieusement dormi. Le gnome s'est quant à lui fait une cure télé (merci le satellite ...).
Bref, c'était de vraies bonnes vacances, qui arrivaient à temps pour remonter le moral des troupes.

Le retour à la mine n'en est que plus dur ...

jeudi 1 janvier 2009

Au gui l'an neuf !

Je sais je me répète. Mais après s'être souhaité une bonne année sous le gui, je n'allais pas rompre avec la tradition.
Bonne année 2009 chers lecteurs, qu'elle vous soit douce et légère, et aux inconditionnels de la rive gauche, souhaitons que cette nouvelle année ne soit pas la dernière de notre vieille maison, ni de sa non moins vénérable commère, dame Universitas.

lundi 22 décembre 2008

L'évaluation AERES comme si vous y étiez

Donc, voilà, nous avons terminé l'année par cette satanée visite du comité d'évaluation. Deux jours plein, mais finalement peu de temps consacré aux équipes le comité ne s'étant divisé qu'en deux sous-sections contre 4 lors des précédentes évaluations (réalisées par le CNRS). En ce qui me concerne, j'avais donc 10 minutes de présentation et 5 de questions. Les "vraies" équipes (pas les aspirants) avaient 30 minutes de présentation et 10 de questions.En gros, nous avons tous eu les mêmes questions (excepté bien sur celles d'ordre scientifique):
  • quelles seront vos sources de financement?
  • qu'envisagez vous comme recrutement?
Je me marre! Donc, je me suis fait plaisir, en répondant que malheureusement n'étant pas Mme Irma, je ne pouvais aucunement prévoir de quels financements je disposerai à partir de 2010, et qu'il m'était totalement impossible de prédire un recrutement alors que les prédictions concernant les postes au CNRS dans les prochaines années sont plus qu'alarmantes. J'ai également fait remarquer que proposer des post-docs de un an non renouvelable était absolument stupide et contre productif. Cà ne règle pas le problème mais çà soulage! Donc, en ce qui concerne les personnes de l'équipe, nous continuerons à tourner avec des stagiaires (BTS, L2 et 3, M1 et M2 si possible). Pour les sous....un ou deux cierges brulés à Ste Rita ne feront pas de mal. De toutes façons, autant croire aux miracles dans la situation actuelle.

L'audition des 3 collèges a été édifiante. Les réunions se sont tenues en parallèle, et nous nous sommes aperçus après coup que nous avions tous eu les mêmes questions (au mot près!). La où c'est moins drôle c'est que nous n'avons pas vraiment donné les mêmes réponses! Quand on sait que tout tournait autour de l'organisation de l'institut....

Bref, après deux journées de dur labeur, le comité s'est enfermé pour délibérer, et a quitté l'institut sans que l'on en sache plus. Et oui, le débriefing de fin de comité est supprimé! Pour savoir ce que l'on aura pensé de nous, il nous faudra attendre février je pense, et la réception du rapport final.
Le seul commentaire que nous ayons eu a concerné la proportion de non publiants de l'institut. Alors que je pensais finalement être du bon coté de la barrière, les critères AERES disant que si le nombre d'or n'était pas atteint, mais que le chercheur avait signé en 1er ou dernier auteur dans de bons journaux il était repéché, je me suis donc vue rebasculer dans la catégorie des moutons noirs, ladite règle ayant été abandonnée.

Affaire à suivre donc...

Je suis tellement HS, que je n'ai pas réalisé que j'étais connectée comme "Narayan" alors que la riche gauche est chasse gardée de Roberta... Les lecteurs corrigeront d'eux même.

Alive !

A tous ceux qui auraient pu se poser des questions, je suis toujours en vie, et je n'ai pas décidé d'abandonner ce blog.
Bon, certes, ces derniers temps n'ont pas été hyper productifs, mais comment dire... la rive gauche était en mode "red alert", et la rive droite n'assurait plus un cachou.
Voilà, tout çà est donc de l'histoire ancienne, je peux partir en vacances ! En d'autres termes, l'activité des Chroniques risque d'être tout aussi peu fournie. Nul doute que ce sera mieux en janvier.

Demain départ vers la patrie du canard et du ballon ovale, pour des vacances bien méritées. Si j'ai du temps, du courage et un accès internet, je ne manquerai pas de me manifester...

lundi 15 décembre 2008

Tu parles d'un cadeau...

Dans un monde parfait, je serai en train de déguster un dîner en tête à tête, accompagné de breuvages nobles.

Dans la vraie vie, je répète et re-répète ma présentation AERES, je dépasse systématiquement de 1'30, j'en ai un peu marre de consulter le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots plus courts qui me permettraient de tenir dans le temps impartit.

Dans la vraie vie, l'information du portail Galaxie (sésame des qualifications) indiquait une dead line d'envoi des dossiers au 22 décembre (ce qui m'arrangeait plutôt bien) alors qu'en fait il fallait dire 15 décembre. J'ai été sauvée sur le fil dans une commission, mais j'ai déjà 50% de déchet à la candidature.

Bref, c'est une vraie journée pourrie, qui précède deux journées pourries.
Et pourtant, d'habitude c'est ma journée préférée.

lundi 8 décembre 2008

Et la marmotte....

On nous prend vraiment pour des poires dans les plus hautes allées du pouvoir.

Lu sur le site du 1er ministre (si, si on en a toujours un ...), et daté du 3 décembre :
Les universités les moins bien dotées en 2008 au regard de leur performance et de leur activité verront leurs crédits augmenter en moyenne de 38 % sur 2009-2011 et celles qui sont les mieux dotées de 12 %.

(pour lire l'intégralité c'est ici)

Reçu aujourd'hui en publipostage, de la présidence de l'université (je grasse):

Chers Collègues,
Nous avons reçu vendredi soir la notification des moyens de fonctionnement 2009 pour notre université.
Sur le plan budgétaire la dotation est en augmentation de 2,4% par rapport à 2008, en deçà du taux d'inflation annuelle de 2008, et surtout très en deçà du taux moyen annoncé (15% pour l'ensemble des universités).
Il est très difficile de faire une analyse comparative précise de la réalité de cette augmentation sur le fonctionnement de l'université, dans la mesure où la globalisation des crédits conduit maintenant le ministère à prendre en compte un périmètre élargie comprenant:
le contrat, le plan licence, le plan carrière, l'enveloppe des primes .... , av ec la Dotation Générale de Fonctionnement, qui elle même est calculée cette année sur la base de nouveaux critères qui ne sont pas renseignés pour notre université.
Plus inquiétante encore la prévision donnée sur l'évolution des crédits de fonctionnement pour 2010 et 2011: -0,2% pour 2010 et +0,0% pour 2011 !
Ces sommes n'intègrent pas encore la masse salariale, mais le courrier notifie également l'évolution de notre dotation d'emplois :
Sur 2009, l'université va perdre 11 emplois de titulaires, 3 IATOSS au titre des réductions nationales des emplois dans les universités, et 8 Enseignants-chercheurs au titre de redéploiements entre les universités.
Là aussi cette notification est accompagnée de prévisions sur 2010 et 2011: l'université perdrait ainsi à nouveau 8 emplois en 2010 et 8 emplois en 2011 !
Ce sont de très mauvaises nouvelles pour l'université, qui, par ailleurs, n'ont pas fait l'objet de concertation: qu'il s'agisse des concertations annuelles que nous avions chaque année avant la notification de la DGF ou de concertations à l'occasion de la campagne des emplois.
Qui plus est, nous voyons que ce qui aurait normalement dû être fixé à l'occasion de la négociation du contrat quadriennal est déjà fortement préempté.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre le sort fait à notre université, dans la logique d'une politique affichée cherchant à renforcer les capacités de nos établissements pour progresser dans la compétition internationale au plus haut niveau.
Veut-on nous punir d'avoir eu des Prix Nobel et Médaille Fields ? On peut se le demander.


Tiens, notre présidence commence à ouvrir les yeux !! Dommage, c'est un peu tard ...

Reste que la situation de la recherche va devenir vraiment ingérable, le budget CNRS étant probablement à la baisse, et la dotation de l'université (censée, je le rappelle pour ceux qui dormaient, porter l'excellence de la recherche) en pleine déroute.
Parti comme çà, je met la clé sous la paillasse fin 2009 ...

jeudi 4 décembre 2008

L'économie pour les nuls

On nous explique que le cours de l'essence à la pompe est directement lié au cours du baril de Brent. Certes. Qui pourrait m'expliquer alors pourquoi cet été (baril à 150$), je payais mon gazole 1,29 € au meilleur prix, alors que maintenant (baril à 45 $ hier) je le paye 1,05 € au meilleur prix?


On nous explique que les taux d'intérèts des emprunts des particuliers sont conditionnés par les taux directeurs des banques centrales. Certes. Qui pourrait alors m'expliquer pourquoi mon emprunt à taux variable indexé ne baisse pas alors que la BCE a réduit ses taux directeurs de 1% entre juillet et décembre ? (bon, OK, là je sais pourquoi. L'indexation n'a lieu qu'aux dates anniversaires ...)

mercredi 3 décembre 2008

Ridicule

Heureusement qu'il ne tue pas celui là, sinon la semaine passée nous aurions eu une hécatombe dans le microcosme de la recherche.

Ridicule, la présidente du CNRS et ses fausses pistes quant au lieu où se tiendrait le CA ...
Ridicule, le déménagement de dernière minute avec convocation par sms

Pour ne pas être en reste, la préfecture (du moins je suppose que ce genre de décision est préfectorale) avait déplacé 17 (oui dix sept, je les ai comptés) fourgons de gardes mobiles pour transformer un immeuble cossu du XVIème en Fort Knox. Déploiement de force totalement disproportionné, lorsque je suis arrivée sur les lieux, il y avait plus de pandores casqués que de manifestants.

Mais la journée n'était pas terminée, et les maigres troupes mobilisées (quoiqu'en disent les journaux et le site SLR) n'ont pas voulu être en reste.
Il faut en vouloir pour manifester de la montagne Ste Geneviève à la morgue ...

Ridicule enfin cette "occupation" du siège de l'ANR, avec ce slogan hallucinant: l'usine à précaires.

Soyons clairs, je suis convaincue que le monde de la recherche doit être réformé. De toute urgence. Je ne suis pas convaincue (pour rester polie) par le projet gouvernemental, qui fout en l'air ce qui marchait à peu près. Mais la ligne qui semble de plus en plus être défendue par SLR et les syndicats ne me convainc pas plus (pour continuer dans la version polie).

Obtenir un poste à la sortie de sa thèse me semble une hérésie. C'est le propre de la formation doctorale, c'est comme çà, mais il faut savoir couper le cordon qui relie le doctorant à son directeur de thèse. Il me semble crucial de sortir de cette réflexion fusionnelle qui finit toujours par s'établir. Et pour çà, le post-doc est essentiel.

J'entends déjà certains hurler ... Oui le post doc est essentiel, mais pour une durée raisonnable et surtout pour ensuite permettre d'obtenir un poste ici ou ailleurs en fonction des possibilités offertes et des inclinaisons particulières.

Je fais partie de la génération qui a commencé à essaimer à l'étranger faute de financement des post-docs en France. Notre seul choix concernait le pays qui allait nous accueillir. Qu'on présente l'ANR comme une usine à précaires, est absolument ridicule à mes yeux. C'est le système qui a le mérite de permettre que ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'expatrier puissent réaliser un post-doctorat en France.

Alors, si pour une fois on pouvait un peu penser positivement, regarder devant nous et proposer des réformes constructives, le quotidien de la recherche serait peut être moins difficile à supporter ...

jeudi 27 novembre 2008

Message personnel

Désolé pour tous les autres, c'est le seul moyen que j'ai trouvé ...

Dr Mouton, impossible de laisser de commentaires chez toi, y a un problème avec Word press ...

Donc, à la suite de ce post, mon commentaire (censuré chez toi) est :

Tu voulais savoir pourquoi je numérisais (et non, je n'ai pas oublié ta question ...) ? Pas pour savoir qui est le père de qui, c'est totalement anecdotique, plutôt pour savoir comment (on vivait, on mourrait) il y a plus de 100 ans, reconstituer la vie d'un village (ses familles, ses artisans etc ...), explorer le passé donc et s'imaginer la vie de ceux qui sont à l'origine de notre famille ...

Détails techniques prochainement, c'est promis !

lundi 24 novembre 2008

Un an déjà

Voila. Un an. Incroyable ce que le temps aura passé vite.
Je ne pensais pas en ouvrant ce blog écrire autant, ni même autant être lue. Certes, tout est relatif, mon audience est restreinte comparée à ceux qui m'ont donné envie de me lancer ... mais j'ai des lecteurs fidèles. Majoritairement silencieux (et çà me désole, car quand vous vous lancez, les échanges sont constructifs!) certes, mais fidèles.

Merci à vous, continuez à venir, je tacherai d'être à la hauteur.

Alors maintenant, place à la mauvaise nouvelle ... le calendrier est terriblement chargé jusqu'au 18 décembre. Chargé d'évènements professionnels importants (qualification, évaluation AERES, évaluation CNRS - et oui, on doublonne quelle chance, et toujours deux papiers à finir et envoyer)
Donc, je ne pense pas avoir beaucoup de temps pour fournir de nouveaux billets ...
Profitez en pour relire les anciens !!

dimanche 23 novembre 2008

A vot'bon coeur

Alors, il faut aller là:



çà ne vous coutera rien, mais çà fera des cadeaux pour des p'tits loups qui en ont bien besoin ...

samedi 22 novembre 2008

C'est Samedi, c'est Rugby

Après un après midi terrible (le Gnome et son équipe ont mangé chaud ... 3 match perdus, aucun essai marqué), l'équipe de France semble être au rendez vous ...
C'est la folie dans le salon, et exceptionnellement le Gnome n'est pas couché malgré l'heure tardive.
Cela dit, à voir les tampons et autres joyeusetés rugbystiques, je croise les doigts pour que mon bébé joue à l'arrière dans quelques années...


maj: finalement, la France s'est inclinée .. comme l'a diagnostiqué le Gnome "le sort s'acharne" ...

vendredi 21 novembre 2008

Toilettage

Avant d'avoir un an, il fallait bien faire un peu le ménage !

J'espère que la nouvelle organisation vous conviendra. En tous cas, moi je préfère ..

jeudi 20 novembre 2008

Abracadabra

J'adore mon iPhone. La nouvelle application mortelle qu'il faut avoir c'est Shazam.
Quoi çà disent ceux qui ne sont pas totalement Mac-addicted?
Shazam.
Vous entendez une musique trop cool, vous ne la connaissez pas et vous voulez savoir ce que c'est ... Ben voila, Shazam sert à çà (mais pas que). Vous utilisez l'iPhone pour capter la musique mystérieuse que vous aimez tant (en ayant au préalable lancé l'appli, ils sont forts chez la Pomme mais pas à ce point), et TALA ... Vous savez ce que c'est, il y a un lien sur youtube, et ... sur iTune.

Moi je trouve çà cool...

A Télérama en revanche, ils trouvent pas çà cool du tout. C'est vrai quoi, quelle honte, une application gratuite qui permet d'accéder si on le veut à un site d'achat de musique en ligne. Et en plus, quelle honte, il n'y a pas tout sur iTune, donc parfois Shazam n'est même pas capable de te dire quel lied de Schubert tu es en train de découvrir.

mardi 18 novembre 2008

A quoi çà tient

... d'être non publiant pour l'AERES ? A pas grand'chose.
Voila ce que cette formidable machine nous demande:

Production scientifique du 15/10/2004 au 15/10/2008 sauf quand l’unité a été créée entre temps

Ben voila, il va falloir apprendre à viser ... parce qu'en 2004, mon dernier papier est sorti en Juillet.
Donc, à 2 mois et demi près j'aurai été publiante sur le quadriennal.

Si c'est pas merveilleux la bibliométrie comme mesure de productivité !

L'AERES, l'essayer c'est l'adopter

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'arrivée du comité AERES. Comment dire ?? Allez, soyons sobre, je me marre !

Donc l'AERES, rappelez vous, c'est l'organisme qui gère une évaluation impartiale, transparente1, basée sur des experts internationaux. D'ailleurs, afin de faciliter la tache de ces experts internationaux, nous avons dû rédiger en anglais bilan et projet.

Hier, nous avons pris connaissance de la liste de nos 14 évaluateurs (et oui, la taille de notre institut justifie un comité de cette ampleur). Sauf erreur de ma part, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Paris et Marseille sont toujours dans les frontières du pays. Je cherche donc où se sont cachés nos experts étrangers impartiaux ...

De plus, certains de nos évaluateurs collaborent avec des équipes de l'institut, cherchez l'erreur...

Enfin je me demande pourquoi nous avons dû rédiger des tonnes de documents en anglais pour un public français ou a minima francophone2.

Cerise sur le gâteau de l'impartialité, il nous est demandé de procéder à notre auto-évaluation (auto-critique devant le polit'bureau?), sur différents critères en utilisant une grille de notation de 1 (mauvais) à 5 (génial). Les dites grilles seront ensuite validées par les membres du comité d'évaluation. Un des critères est bien entendu publiant vs non publiant. Et là, je suis bien embêtée, puisque je n'ai que 3 articles quand il m'en faudrait 4 ... Le quatrième justement, je suis en train de l'écrire, ou plutôt j'ai arrêté de l'écrire pour cause d'évaluation et de qualification. Ce qui pourrait me sauver, c'est que l'HDR compte dans les publis ... Tiens, je vais creuser l'idée !

1Tellement transparente, que les résultats d'évaluation sont disponibles de manière totalement aléatoire.
2L'absurde de la situation pourrait même aller jusqu'à nous obliger à faire les présentations en anglais!


samedi 15 novembre 2008

j'me la pete

L’utilisation des nouveaux medias me semble particulièrement appropriée à l’hétérogénéité des parcours engendrée par la réforme "LMD". En particulier, la mise en ligne de support d’information voire la mise à disposition des étudiants de DVD reprenant cours et/ou TD (voir par exemple le système mis en place en PCEM1 à Grenoble), s’approchent beaucoup de l’esprit de l’auto-enseignement que j’avais pratiqué en formation continue. La démarche n’exclut pas l’enseignant bien au contraire, elle tient compte en revanche des différences de niveau ou de connaissance d’étudiants souhaitant tous suivre le même enseignement. Fournir à chacun les outils permettant de suivre une UE dans les meilleures conditions, est à mon sens une démarche qui ne peut que bénéficier aux acteurs de l’université, les étudiants et leurs enseignants.
Bon, je sais pas si la CNU appréciera mais je me suis éclatée en écrivant çà!

mardi 11 novembre 2008

Mémoire des Hommes

Mon grand-père, Roger P** peintre décorateur, a participé à la guerre de 1914-1918 au sein du 94e RI. Il est “ Mort pour la France ” en 1926, des séquelles de blessures de guerre, laissant une femme et 2 petites filles de 6 et 4 ans.
Ce texte, écrit en 1915 à l'âge de 18 ans, a été retrouvé sur son carnet de chansons. En voici la transcription aussi fidèle que possible ; les points d'interrogations et les annotations entre crochets ont été ajoutés (© Famille P** /Narayan) :

La bataille de Soissons

Entre l'eau et le feu

Soissons 15 Janvier 1915

Notre première attaque le 8 Janvier contre l'éperon 132 n'avait été qu'une offensive locale. Ce jour là, seules avaient pris part à l'action quelques compagnies françaises occupant la ferme de St Paul. Le 9, le 10 et le 11 le combat se poursuivait autour du même point, avec des alternatives violentes d'avance et de recul sans que rien toutefois fit prévoir autre chose qu'une lutte de tranchées. Le 12 une de nos colonnes avait atteint le village de Crouy d'où elle pouvait diriger un tir heureux contre la pente est de l'éperon, occupée par l'ennemi, lorsque brusquement à 11 heures du matin un violent bombardement éclata sur la droite.

En même temps le plateau de Vrégny se couvrit des flocons blancs des batteries allemandes. Mais les projectiles adverses n'étaient pas destinés aux assaillants de l'éperon. Les "Marmites" tombaient sur villages de [illisible], de Moncet et de Ste Marguerite, vers lesquels tous nos contingents de la plaine de Venizel se dirigeaient en masses compactes. Notre aile droite avaient suivies [sic] le mouvement en avant sur la route de Chivres. A une heure toutes nos forces se trouvaient massées sur la ligne Crouy-Missy. C'étaient [sic] la lutte générale coûte que coûte. Un front de huit kilomètres le long duquel les canons tonnent, les mitrailleuses claquent, les fusils crépitent. Les Allemands occupent en face de nous des positions formidables. Leurs obus nous arrivent en rafales. Ils tirent à l'abri. Quelques uns de nos 75 qui ont tenté de prendre position vers le Moncel doivent pointer presque verticalement, comme s'ils chassaient le taube [avions allemands]. Nos pièces de campagne de la rive droite ne peuvent faire utile besogne. Seule notre artillerie lourde en place de l'autre côté de l'Aisne peut répondre aux batteries de Vregny. Nos obusiers répondent splendidement guidés par nos escadrilles d'avions qui survolent le champ de bataille. La cavalerie elle-même est représentée par quelques pelotons de chasseurs qui sont arrivés au galop dès le début de l'action.

Les ponts sautent

Un duel d'artillerie au dessus de la plaine de Venizel, au dessus de nos têtes. Nos obus franchissent l'Aisne, fouillent le plateau. A 4 heures une explosion vers Vrégny. Un de nos projectiles a fait sauter un parc à munitions. Une des batteries prussiennes se tait. Notre succès est de courte durée. La voie ferrée de Laon par Anizy le Chateau ravitaille l'ennemi sur le champ même du combat. Un de nos avions signale des trains adverses amenant des renforts. Il reçoit l'ordre d'attaquer. Le monoplan s'élève plane, se rapproche laisse tomber sur le convoi des bombes fulgurantes. Mais les mitrailleuses ennemies veillent. Les auto-canons se mettent de la partie ronflent sur la route à la chasse de l'oiseau français. Un projectile l'atteint. Il est frappé à mort ? Non il se redresse. Mais il est frappé pourtant. De nos lignes on entend le moteur s'arrêter net. L'appareil descend mal, il tombe plutôt qu'il n'atterrit au nord de Ste Marguerite. Une de nos sections doit sortir du village aller de l'avant à la baïonnette. Le temps de détacher de son siège le pilote blessé de le porter à l'ambulance. L'appareil ne vaut guère mieux, le réservoir percé d'une balle. Les poignées de commande sont rouges du sang de l'homme. Rien ne peut empêcher les renforts allemands d'arriver. Ils arrivent sans arrêt et se massent au dessus de nous. Pour les joindre il nous faudrait gravir des pentes escarpées battues par les shnapnells. Et sur ces pentes des fossés, des kilomètres de fils de fer, peut-être des mines. Ils sont là-haut inaccessibles et nous n'avons pour tout point d'appui qu'un talus de chemin de fer, une route. Comme abri des villages en ruines, Bucy dont la moitié des murs sont écroulés, le Moncel qui sert point de mire aux 77, Ste Marguerite dont les toits de chaume flambent. Comme chemin de retraite nous en possédons deux le pont de Venizel et celui de Missy. Du moins la chose était ainsi à 4 heures. Dix minutes plus tard, le passage de Venizel n'existait plus. Le courant avait rompu les amarres et les barques s'en allaient à la dérive. L'eau montait toujours. A 5 heures c'était le tour du pont de Missy. Nous sommes coupés de la rive gauche.

Demain, Demain

Nos fantassins depuis midi n'ont pas cessé de tirer. Les épaules sont meurtries par le recul de la crosse, les doigts sont brulés par la chaleur de l'acier. Depuis midi nos artilleurs ont manié leurs pièces. Après chaque bordée il fallait se défiler en vitesse. Sitôt les quatre premiers coups nos batteries étaient déjà repérées. Où prendre position ? Un terrain nu, une ferme en feu une meule de paille. C'est tout;

Le soir est venu le duel se continue à coups de canon. Dans le ciel les marmites sifflent éclatent. Des fusées, des incendies. Du froid. Les motocyclettes des agents des agents [sic] de liaison glissent sur la route. Des renforts, envoyez des renforts !... Mais la rivière monte, monte... Attendez que le front soit rétabli ! Le génie travaillera toute la nuit. Demain il y aura sur la rive droite de l'Aisne des réserves fraîches, il y aura des balles dans les cartouchières, il y aura aussi des ravitaillements. Ce soir les lignards se sont contentés d'un morceau de biscuit et d'un peu de viande froide. La réserve du fond du sac. Le colonel commandant les batteries de campagne réclame des boîtes à mitraille ? Demain. Le médecin, chef des services de l'avant a des blessés à faire évacuer sur l'arrière. Demain. Les pontonniers manœuvrent dans l'eau glacée. L'eau noire, traitresse, qui roule ne torrent. Vers Venizel impossible de rétablir un pont. L'Aisne n'est plus une rivière c'est une mer. Vers Missy l'inondation est moindre. Le cours est moins large mais plus violent. On va tenter quand même. Le salut d'une armée en dépend. Sur la rive droite, l'infanterie qui s'est battue tout le jour travaille toute la nuit. La pioche, la pelle. Des tranchées

Ce témoignage d'une journée de guerre s'arrête brutalement sur ces mots.

Photo de groupe en 1916 (© Famille P**/Narayan)
Roger P** est debout dans la rangée du haut, à droite du personnage central tenant un fume cigarette, à gauche du personnage à la capote sombre.

Texte au dos de la photo de groupe :

Souvenir de la Trotte [?] 27/9/1916
Cher père
Je t'envoie une photo prise d'il y a quelques jours avec toute l'équipe de mitrailleurs du 173ème. A ma gauche 2 copains. Le 1er est celui qui a été blessé avec moi, l'autre un caporal. Nous sortons toujours ensemble. Comment nous trouves-tu ? As-tu reçu ma lettre ? J'ai appris le malheur arrivé à mon oncle Léon*, c'est terrible tout de même ! Quand donc tout çà finira. J'espère bientôt te lire en attendant je t'embrasse bien des fois. Ton fils qui t'aime et pense souvent à toi.
Roger

* : Léon P** soldat de 2ème classe au service routier de la 2ème armée, mort pour la France à Landrecourt arrondissement de Verdun, le 16 septembre 1916, à l'âge de 47 ans.


Principaux engagements et combats du 94ème Régiment d'Infanterie de Ligne : 1914
Vers Charleroi : Charleroi, Longuyon
Bataille de la Marne, 5 au 13 septembre : Mondement, Fère-Champenoise, marais de Saint-Gond, puis à la Pompelle
Bataille des Flandres : Nieuport, Dixmude, Steenstraate
1915
Offensive de la 4e Armée en Champagne : Vauquois
Opérations en Argonne (mai-novembre) : La Gruerie (dite “ la Tuerie ”), Four-de-Paris
Opérations et bataille de Champagne : Auberive (25 septembre)
1916
Bataille de Verdun : Haudremont, Thiaucourt, Mort-Homme
Bataille de la Somme : Raucourt, Sailly-Saillisel, Bois Saint-Pierre-Vaast
1917
Aisne : Berry-au-Bac (16-18 avril)
Verdun : Bois des Fosses (20 août), Bois de Beaumont (26 août)
1918
Somme; Offensive de Roye (8-13 août), Offensive d'Argonne (du 1er au 3 Novembre).
Le régiment a obtenu la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.



Ma mémoire en ce jour va à tous ceux qui ont laissé leur vie dans ce conflit. Tous. Y compris ceux fusillés pour l’exemple, ces 600 dont la nation plus de 90 ans après les faits ne daigne toujours pas réhabiliter le souvenir.

lundi 10 novembre 2008

Bénévolat

Décidemment, chers lecteurs, vous devriez vous manifester plus souvent, vos commentaires me permettant de fournir ce blog en billets !
Donc, Aisling m’interpelle dans les commentaires de celui-ci, concernant mon activité bénévole d’enseignement sur les berges de la Mérantaise.

Désolée d'être bassement matérielle, mais quel est l'intérêt pour vous de donner des cours non-rémunérés? - A priori, même les thésards évitent ce genre d'arnaque! Est-ce la gloire de l'enseignement? Est-ce la possibilité d'observer les étudiants pour récupérage potentiel éclairé d'étudiants de Master/Thèse? Est-ce pour étoffer un dossier de qualif PR en cas de besoin? N'y a-t-il aucun moyen d'obtenir ces maigres avantages en étant justement rémunéré? Déjà que les vacations sont payées modestement, et ce au mieux 6 mois après le début des cours, j'ai du mal à concevoir le volontariat généralisé que vous décrivez. Même si pour 8h eq TD par an, on peut se dire, "bon..." j'aimerai aussi savoir comment l'université peut comptabiliser ce volontariat dans les heures effectives d'enseignement? Est-ce que les heures d'enseignement ne doivent pas correspondre au service de chacun des intervenants, PR, MCF, vacataires, moniteurs etc.?

La première des raisons, n’est pas dans la liste des possibles énumérés. Elle est affligeante de banalité, et tient dans cette phrase « j’aime enseigner ». J’aime quand je vois une lueur d’intérêt s’allumer dans les regards, j’aime l’idée de faire progresser l’élève non seulement dans l’étendue de ses connaissances mais également dans son mode de réflexion. Oui, c’est utopique, et non je n’ai pas une âme de missionnaire. C’est pourquoi certaines des autres hypothèses sont également correctes.
Enseigner, c’est se faire connaître des étudiants, et pouvoir éventuellement les attirer au laboratoire, pour des stages M1 et/ou M2. Pour l’instant, cette stratégie n’a pas été hyper payante (une stagiaire volontaire M1). C’est se faire connaître des collègues enseignants, qui seront plus enclins à envoyer des étudiants dans le labo d’un « apprenti » collègue (bien plus efficace, 2 stagiaires M1 un stagiaire M2).
Enseigner, c’est faire du bien à son CV pour une éventuelle qualification PR, c’est indéniable, l’avenir dira si cette stratégie est efficace.

Au delà de ces diverses considérations, il est clair que je préfèrerais largement être rémunérée, ce d’autant plus que certain enseignant-chercheur de ma connaissance a réussi à se faire verser des heures complémentaires alors même qu’il n’effectuait pas un service complet à l’université. Mais bon, je fais beaucoup moins peur !!
Ce qui m’a été dit (que je n’ai jamais vérifié de près) est que je ne peux pas être rémunérée parce que je travaille sur le campus. Comme je l’ai dit précédemment, si j’enseignais ailleurs en France, je serais sans aucun doute payée et remboursée de mon transport. Le pourquoi de la règle m’échappe, mais c’est ainsi, et je le savais en acceptant. Quant à parler de volontariat généralisé, c’est un peu abusif, nous sommes finalement peu à intervenir dans les UE. Et j’imagine que mes collègues intervenants sont tout autant altruistes que moi.

Comment sont décomptées ces heures au niveau de l’université, j’avoue n’en avoir aucune idée … mais peut-être des enseignants-chercheurs lisant ce blog pourront-ils nous l’expliquer.

jeudi 6 novembre 2008

Une journée de vacances

C'est ce que je m'étais accordé hier, afin d'assurer au Gnome une journée "calme" avant le retour à la mine.
Que dire de cette journée? Qu'elle fut finalement presque ordinaire.
Lever 7 hr, je voulais bosser un peu sur le papier avant le réveil du Gnome.
10 hr, appel du labo. Urgence. Je négocie de n'arriver qu'une heure plus tard, histoire d'avoir le temps de lancer une lessive, prendre une douche, bref de l'ordinaire d'une journée de mère au foyer.
Retour à la maison 13h30 (merci Miyazaki d'avoir assuré le baby-sitting; Le voyage de Chihiro, pas mon préféré mais bon...). Préparer le déjeuner, déjeuner, étendre la lessive...
Tiens, si je regardais mes mails ? Erreur colossale, puisque j'ai du coup pris connaissance d'un message urgent, me demandant de modifier un document pour l'évaluation AERES qui se profile.
Décision de m'y atteler sans plus tarder (merci Miyazaki d'assurer l'occupation du Gnome; Le château ambulant, j'aime bien). Envoi du document en fin d'après midi.
Ah tiens, il fait déjà nuit ...
Alors que le Gnome prenait son bain, appel concernant la réunion de travail qui aura lieu demain. Mise au point de détails d'importance.
Préparer le dîner, et se nourrir sans attendre Balou dont le retour était prévu à pas d'heure. Remplir le lave vaisselle, le démarrer, coucher le Gnome.
Coup de téléphone du labo, problème de température excessive dans une pièce. Heureusement, je n'ai pas eu à me déplacer.
Arrivée de Balou, deuxième service.
Tiens, il est 21 hr ... je suis aussi fatiguée qu'à la fin d'une journée de boulot. Bon, allez, je vais me vautrer devant Grey's anatomy, après tout, je peux bien m'offrir une soirée de vacances ...

mercredi 5 novembre 2008

Interlude technologique

Pour ceux qui ne dissèquent pas les commentaires laissés par le Piou, et les subtiles allusions que je laisse trainer de temps en temps, j'ai craqué pour l'iPhone. Et mes problèmes existentiels ont été miraculeusement résolus après que l'écran de mon fidèle PowerBook à propulsion Motorola ait décidé de se mettre aux abonnés absents de manière aléatoire. J'ai été contrainte et forcée de dilapider l'argent du contribuable pour acheter son remplaçant, un MacBook Pro qui carbure à Intel et tourne sous Léopard. J'en suis (pour l'instant) très satisfaite, même si dans l'affaire j'ai perdu la dernière version d'un article suite à une monstrueuse erreur de ma part lors du transfert des données ...

et pendant que je donne dans l'interlude, n'oubliez pas de passer par et de participer!

mardi 4 novembre 2008

Le retour du foutage de gueule

Tout d'abord, en réponse à Aisling qui s'inquiète de savoir si un chercheur prodiguant quelques heures d'enseignement est rémunéré, je dirai que çà dépend d'où il enseigne...
Prenons un exemple que je connais bien (ma pomme pour ceux qui dorment déjà en lisant ces lignes). Si j'enseignais disons à Neverland, université où sévit Anthropopotame, non seulement cette université couvrirait mes frais de TGV, mais encore elle me verserait des espèces sonnantes et trébuchantes pour une prestation variant du médiocre au pas trop mauvais selon l'humeur de l'étudiant suivant le cours. Malheureusement pour moi, j'enseigne à l'université de la Mérantaise, attendu que je trouve plus simple de traverser le couloir pour accéder à la salle de cours que de dépendre de la SNCF pour réaliser le même exercice. Et bien c'est financièrement stupide, puisque les 8 hrs d'enseignement que je prodigue bon an mal an ne me sont pas payées. Rien, nada, juste la gloire. Et comme je fais partie d'une espèce particulièrement crétine, pour le même prix, je mets mes cours en ligne en ajoutant des informations pour ceux qui voudraient approfondir le sujet.

Mais reprenons donc l'analyse des promesses de lendemains qui chantent émanant de notre chère ministre (que 10 000 diodes éclairent ses pensées).
Un autre moyen de gagner plus pour le chercheur, serait de bénéficier de la prime d'excellence scientifique (celle là même qui va remplacer la prime d’encadrement doctoral et de recherche) au titre justement de l'excellence scientifique. Donc plus besoin d'enseigner, dans ce cas il suffit de collectionner les Science et Nature. On apprend aussi que:
Les lauréats de distinctions scientifiques internationales ou conférées par les organismes de recherche devraient naturellement bénéficier de la prime d’excellence scientifique, dont le montant pourrait alors atteindre 25 000 €.

On imaginera sans peine la joie d'Albert Fert de toucher 25 000 € après avoir reçu 500 000 € de la main du roi de Norvège Suède ...
Toutes ces bonnes nouvelles nous amènent à la fin de la page 14, et ... rien. On parle ensuite des personnels techniques, administratifs et des bibliothèques, du nouveau mode de recrutement des Maitres de Conférence (lié à l'application de la LRU), de l'amélioration de la carrière des Professeurs ...
Page 19, on retrouve un vague espoir qu'une solution est prévue pour améliorer les carrières des chercheurs "de base", sur le thème "La nécessité d’offrir des perspectives de carrière". Bon, je vous rassure, c'est plié en 5 lignes sur le document d'origine. Les voici:
Les maîtres de conférences peuvent naturellement postuler sur des emplois de professeurs libérés par le départ à la retraite de leur titulaire, mais les possibilités peuvent être augmentées en transformant des emplois vacants de maîtres de conférences en professeurs, sur la base des demandes formulées par les universités. Il en est de même pour les emplois de directeurs de recherche dont le nombre sera accru au bénéfice des chargés de recherche.

Ben voila, la solution est simple. Pour nous offrir des perspectives de carrière, il suffit de prendre des postes frais pour les jeunes, et les transformer en postes moins frais pour les vieux. Je suis vraiment désolée pour tous ceux qui espèrent obtenir un poste, mais il est très clair que l'amélioration des carrières des personnels de recherche (enfin de quelques heureux élus) se fera au détriment de leur recrutement.
Et voila c'est fini. Mais me dirons ceux qui ont survécu à la lecture de ces deux billets indigestes, le rapport fait 23 pages et tu n'en es qu'à la page 19 ... Naïfs que vous êtes. Les dernières pages sont consacrées aux promotions des PRAG, des BIATOS, et à la revalorisation des salaires des Présidents d'Université.
Ce qui tombe plutôt bien finalement, car je commençais à me lasser de la lecture de ce ramassis de solutions miracles à deux balles.

lundi 3 novembre 2008

Foutage de gueule

Reçu aujourd'hui de la direction du CNRS, les nouvelles dispositions visant à améliorer le salaire des chercheurs.
Franchement, notre ministre à nous nous prend carrément pour des poires (et je me censure), même si elle n'est pas Dior addict.

Petit retour sur ce qui devrait être accueilli par les hourras de la foule en délire. Pour aller à l'essentiel, ce n'est pas au CNRS qu'il faut bosser pour avoir une chance de voir son salaire augmenter (même au "mérite").

Commençons par citer Valérie Pécresse (que la peste bubonique lui soit épargnée):
Les lois du 18 avril 2006 et du 10 août 2007 constituent le socle sur lequel les uuiversités et les organismes de recherche construisent leur développement respectif qui a vocation à s'inscrire dans un partenariat fructueux et équilibré entre ces établissements.
Or, ce développement dépend tout entier de ceux qui font leur richesse, en l'occurrence pour les organismes de recherche, les chercheurs, les ingénieurs, les personnels d'encadrement,techniques et administratifs.
Par voie de conséquence, je considère que le «Plan Carrières 2009-2011» que j'ai le plaisir de vous transmettre, constitue un volet indispensable du mouvement de réforme aujourd'hui engagé.
Je souhaite, au travers de celui-ci, reconnaître et valoriser l'engagement professionnel, les compétences, et l'excellence des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Les mesures qui le déclinent ont ainsi pour objectif affirmé d'attirer et de garder les meilleurs d'une génération en rendant les métiers attractifs, en début de carrière et tout au long de celle ci, par un avancement accéléré et une politique indemnitaire de qualité.
Mon action est guidée par la triple ambition d'harmoniser par le haut les grilles de rémunération et les régimes indemnitaires afin de garantir l'équité, de promouvoir une transparence accrue des décisions et de reconnaître la qualité de la recherche.

C'est émouvant, non??

Une fois rangés les mouchoirs, voici ce qui nous est proposé concrètement:

Le document pdf s'intitule "Fiches sur les mesures du plan Carrières". Mais quand on l'ouvre, le titre est: Attirer les talents à l'Université. Déjà, sans être devin, on se dit qu'on est en train de se moquer de nous.
La première proposition est Offrir un vrai contrat de travail pour les Doctorants. Donc, jusqu'à présent, les bulletins de paie que les élus du ministère recevaient ne devaient pas correspondre à un contrat de travail. Plus sérieusement, je sais pertinament que nombre de doctorants préparent leur thèse dans des conditions épouvantables, et je suis ravie de lire que tous auront un contrat de travail. Mais celà signifie t'il que les universités auront obligation de refuser l'inscription d'un étudiant sans contrat? Que nenni, puisque c'est l'inscription qui conditionnera l'accès au contrat! (en tout cas, c'est ce que je comprends)

▪ Le contrat doctoral sera applicable dans les universités comme dans les organismes de recherche, sous la forme d’un contrat de droit public de trois ans, conditionné par l’inscription en doctorat.
▪ Ce contrat pourra être prolongé d’un an pour circonstances exceptionnelles dans le déroulement de l’activité de recherche. Il le sera en outre de droit, en cas de congé de maternité, de paternité, de congé d’adoption ou de congé maladie de longue durée.
▪ La rémunération minimale fixée sur le plan national pourra être augmentée au-delà de ce montant plancher au bénéfice des doctorants et de l’attractivité des établissements.
▪ Le contrat doctoral pourra prévoir que le doctorant assure les missions qui sont le propre des métiers de la recherche, à savoir la valorisation, les missions de conseil ou d'expertise pour les entreprises ou les collectivités publiques, et bien sûr l'enseignement.
Dans le cadre de ce contrat, l'employeur devra proposer au doctorant toutes les formations nécessaires à l'accomplissement de ses missions (préparation de sa thèse et/ou activités complémentaires qui lui sont confiées), et assurer une préparation à l'insertion professionnelle.
De mention d'un salaire minimum décent, d'une indexation quelconque soit sur le SMIC soit sur le point d'indice, aucune trace...
Mais bon, me direz vous, il ne s'agit que de doctorants, pas de personnel permanent.

Nous y voila dans la section suivante, qui concerne la revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs. Oyez oyez, futurs candidats, notre gouvernement dans son infinie bonté vous recrutera directement au 2ème échelon. ah non, je plaisantais!!! Vous serez toujours recruté au 1er échelon, mais il ne durera qu'un an (contre deux actuellement). On respire. Mais vous pourrez faire valoir vos activités antérieures (thèse, post-doc, ATER, privé) pour gagner des années d'ancienneté qui vous propulseront dans les hauteurs de la grille indiciaire.
Ce qui donne, toujours selon le document envoyé par notre ministre (le grassage est ministériel),
la rémunération sera augmenté d’autant : rémunération minimale (sur la base du seul doctorat): 2328 € au lieu de 2068 € actuellement, rémunération maximale : 2838 € au lieu de 2328 € actuellement. Au total, au lieu d’être recruté aux premiers échelons du corps des maîtres de conférences, le docteur qui aura eu des expériences professionnelles antérieures, sera reclassé selon le cas, au 2e, au 3e, voire au 4e échelon.


Quelle générosité! Ce recrutement royal ne sera applicable qu'aux concours 2009, mais ils vérifieront que ceux recrutés les années précédentes ne soient pas lésés. Donc, ami post-doctorant, si tu veux gagner ta vie ... ben, vas donc voir dans un autre pays parce que ce n'est toujours pas ici que tu auras des fins de mois sans souffrance.

Ensuite vient l'épisode des chaires université-organismes de recherches. Je vous renvoie chez Anthropopotame et chez le Piou pour mesurer l'impact de la mesure. L'impact réel de la mesure, est que ces postes seront pris sur le contingent des postes CNRS, mais çà on se garde bien de le préciser. Donc, résumons, le CNRS embauche des enseignants-chercheurs qui n'enseigneront pas (non, n'exagérons rien, qui enseigneront peu).
En utilisant les possibilités offertes par les comités de sélection créés par la loi du 10 août 2007, une université et un organisme de recherche pourront recruter ensemble un maître de conférences dont le profil aura été défini dans le cadre d’une politique scientifique concertée :
▪ Ce jeune maître de conférences, recruté à parité par des représentants de l’université et de l’organisme, sera ensuite placé, de droit, en délégation auprès de l’organisme, et déchargé pour 2/3 de sa charge d’enseignement.
▪ Il bénéficiera d’une prime significative de 6 000 à 15 000 € par an (prime de recherche et d’encadrement doctoral) et de crédits destinés à soutenir sa recherche (de 10 à 20 000 € par an), l’organisme remboursant à l’université une quotité de la masse salariale.

Au passage, ce sont les mêmes qui refusent d'acter qu'avec la charge d'enseignement des universitaires, il est quasi miraculeux de faire de la recherche compétitive ...

La mesure suivante concerne l'Institut Universitaire de France (IUF), et donc s'adresse à des enseignants-chercheurs seniors (comprendre professeurs).

Bon, mais et les chercheurs?? On y arrive avec la section suivante, "Accélérer l’avancement de tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche en élargissant les possibilités de promotion".
Je traduis, pour ceux qui ne maitrisent pas le langage ministériel: on va augmenter les promotions à masse salariale constante. Donc, pour que je sois mieux payée, désolée les jeunes, mais vous aurez moins de postes. Ah non, tiens, je ne serai pas mieux payée:
Cette mesure s’applique à tous les personnels, c'est-à-dire :
▪ aux enseignants-chercheurs pour l’accès à la hors classe des maîtres de conférences, à la 1ère classe et à la classe exceptionnelle des professeurs ;
▪ aux chercheurs pour l’accès à la première classe des chargés de recherche ; pour l’accès à la 1ère classe et à la classe exceptionnelle des directeurs de recherche;
▪ aux personnels administratifs, techniques et des bibliothèques pour l’accès au grade ou au corps supérieur dans les universités comme dans les organismes de recherche.

Pas d'amélioration du passage CR1 - DR ni MdC-PR ... et toujours pas de création d'une hors classe pour les CR. Bon, c'est plus facile quelque part, je sais que je vais perdre en salaire d'année en année jusqu'à mes 65 (euh 70 merci l'UMP) ans. Sacrément motivant non?

D'ailleurs, histoire que les choses soient bien claires, notre ministre nous donne des exemples:
Exemples pour les enseignants-chercheurs : doublement des taux de promotion
▪ Accès à la Hors classe des Maîtres de conférences : ratio actuel : 10%
Mesures du plan : 15% en 2009, 17,5% en 2010 et 20% en 2011
▪ Accès à la 1ère classe des professeurs : ratio actuel : 10%
Mesures du plan : 12% en 2009 ; 13,5% en 2010 et 15% en 2011
▪ Accès à la classe exceptionnelle des professeurs: ratio actuel : 8%
Mesures du plan : 10% en 2009 ; 12,5% en 2010 et 15% en 2011
Exemples pour les personnels BIATOS : augmentation de tous les taux de promotion
Une grande disparité existe aujourd’hui dans les taux de promotion selon le corps auquel appartient l’agent. Cette situation, absolument inéquitable, ne peut perdurer car elle induit des blocages incompréhensibles pour certains :
▪ taux de passage à la hors classe des ingénieurs de recherche : 4,3%
▪ taux de passage à la hors classe des ingénieurs d’études: 20 %
→ Il s’agit naturellement d’augmenter progressivement le taux de promotion des ingénieurs de recherche en amplifiant une stratégie amorcée dés 2008.

Ne cherchez pas, nulle trace de la situation dans les EPST non universitaires.

Il faut se rendre à la page 13 du document (sur 23) pour arriver enfin à ce qui m'interesse (mon compte en banque): "Les mesures indemnitaires pour les chercheurs"

voila de quoi il s'agit (j'hésite franchement à hurler de rire...)
L’évolution de la prime d’encadrement doctoral et de recherche en une prime d’excellence scientifique permettra d’en faire bénéficier les chercheurs.
Naturellement, les principes d’attribution et les aspects financiers seront strictement identiques pour les enseignants-chercheurs et pour les chercheurs :
▪ Nécessité d’accomplir au moins le tiers d’un service d’enseignement, soit 64 heures TD.
▪ Evaluation tous les quatre ans par une instance collégiale pour avis,
▪ Décision de la direction de l’établissement munie de cette évaluation et des critères validés par les instances de l’établissement,
▪ Modulation possible entre un taux plancher de 3500 euros et taux plafond de 15000 euros.
▪ Possibilités d’abonder l’enveloppe budgétaire grâce aux ressources propres, notamment provenant des contrats de recherche.

Donc, résumons. Si je veux gagner plus, je dois travailler plus (çà me rappelle quelque chose, mais quoi ? ). Pour 64 hr TD, il s'agit de 3800 € (dont on ne sait s'il s'agit de brut ou de net), soit environ 59 € de l'heure. Sachant, que pour assurer 64 hr d'enseignement, il faut compter du temps de préparation, et que l'énervé de service qui tient ses comptes nous indique que pour 44 hr d'enseignement il lui a fallu 78 hr de préparation, gnnnnn règle de trois, compter 113 hr, çà nous met l'heure d'enseignement supérieur à presque 34 €. C'est mon coté épicier, on ne se refait pas; franchement, je ne trouve pas que ce soit attractif.

Compte tenu de l'heure et du fait qu'il me reste environ 10 pages à commenter, je m'en vais saucissonner ce papier.
Suite donc au prochain épisode ...

samedi 1 novembre 2008

Wish List

Cher lecteur, chère lectrice,

Dans un peu moins d'un mois, ce blog soufflera sa première bougie.
A cette occasion, nous aimerions bien que tu t'exprimes un peu (et pas que la petite dizaine de commentateurs réguliers). Comment es-tu arrivé ici, es-tu lecteur occasionnel ou régulier, préfères tu la rive droite ou la rive gauche, doivent elles continuer à cohabiter ???
Autant de questions existentielles qui nous tarautent ...

Mais soyons clairs, ici ce n'est pas l'école des Fans, notre intention n'est pas de nous repaître de commentaires laudateurs (même si nous prendrons plaisir à les lire !), juste de faire connaissance avec toi qui nous lis.

Narayan et Roberta

Houla, la schizophrénie me guette ...

jeudi 30 octobre 2008

Petit retard de biblio

Heureusement que je lis le Piou tous les jours... J'apprends ce soir que je suis en retard sur ma biblio "sauvons Léon". Donc, demain matin j'irai acheter le journal qui en sait plus que les interessés, pour mesurer l'étendue des dégats.

Je suis toujours surprise par les hasards de calendrier cela dit. Quand on sait que nous serons en évaluation AERES (l'agence qui lave plus blanc que blanc) les 16 et 17 décembre, il devenait urgent de relancer le buzz ...

jeudi 23 octobre 2008

Le temps de lire...

... les 63 billets écrits par des magistrats (mais pas exclusivement) en colère contre leur ministre, et je reviens en ligne...
Allez chez Eolas, lisez, et peut être serez vous frappés comme moi des similitudes de l'exaspération de la justice et de la recherche.
Il serait temps que ce gouvernement prenne conscience qu'à traiter comme des moins que rien des personnes qualifiées et motivées par leur métier, l'Etat ne sortira pas vainqueur. Et derrière l'Etat, il y a des citoyens.

lundi 20 octobre 2008

Un nouveau labo

Normalement, on pourrait s'attendre quand on emménage dans de nouveaux locaux réhabilités, à ce que:

1- l'installation corresponde aux plans établis
2- les normes minimales de sécurité en vigueur soient respectées
3- les équipements aient été vérifiés
4- le chantier ait été nettoyé

Mais il faut se rendre à l'évidence, sur les berges de la Mérantaise, ces standards n'ont pas cours. Avec deux ans de retard sur la date prévue, nous avons enfin pu nous installer dans nos nouveaux locaux dont je savais déjà que la pièce principale ne correspondait pas à ce que j'avais demandé.
Il se trouve que la pièce technique est un pur cauchemar. Elle ne ressemble que très moyennement à ce qui était demandé, et surtout elle comporte un florilège de réalisations dangereuses pour les utilisateurs:

- Fil dénudé trainant au sol (bon, en fait pas si grave, vu que la hotte n'a pas été raccordée électricité ... raccordement devant être réalisé en priorité)
- Ma préférée, bloc de prises au dessus de l'évier
- Pas de lumière dans les locaux, rendant les manipulations après le coucher du soleil hum, comment dire aléatoires?
- Trou dans le mur extérieur (30 x 30 quand même), nous permettant d'avoir une chambre froide naturelle, faute d'avoir obtenu l'installation de celle qu'on nous avait promis (trop cher parait-il). Prévoir un budget mitaines et grog pour cet hiver.

Franchement c'est vrai, pourquoi installer deux équipes juniors de biochimie et leur donner des conditions décentes de travail? Nous craignons tous l'évaluation de l'AERES, mais en fait le travail de sape est bel et bien initié au niveau local.

Je ne perds pas espoir que la situation s'améliore dans le moyen terme. J'ai en effet eu l'agréable surprise de voir le vitrier ce matin. Il est finalement venu remplacer un carreau cassé il y a 18 mois, intervention qui avait été reclassée "urgentissime" il y a deux semaines par la responsable sécurité. Donc maintenant, j'ai l'échelle de temps utilisée sur le campus... dans un an, si tout va bien, les locaux devraient être conformes à mes besoins.

Je renonce finalement à publier des photos. Par pitié pour l'honneur de notre institut et de l'université dont il dépend.

dimanche 19 octobre 2008

décriptons le nouveau logotype

Donc le CNRS (le cnrs devrais-je dire) change son image de communication. Un tout nouveau logotype présenté hier ici même dans sa version petit format.
Version grand format, voila ce que çà donne:



Afin de décripter ce visuel, je vous livre ce que le Journal du CNRS nous apprend:

Les lettres sont en minuscule pour démysthifier l'institut et le rendre plus accessible. Dingue, il fallait y penser. Je persiste à dire que je perçois le CNRS comme un truc tout petit avec ce graphisme. Sans compter qu'un acronyme est en général indiqué en majuscule mais bon... Ainsi, pour démysthifier nos différents ministères, je propose qu'on les signale en minuscules, mesr, mae, minefi, rien à dire, tout de suite je m'en sens plus proche.
Les lettres sont inscrites dans une forme arrondie et compacte qui exprime l'unité que conservera le cnrs (va falloir s'habituer à le minusculer...). Je vous passe le reste du signifiant de la forme pas tout à fait ronde, ceux qui veulent tout savoir peuvent aller .
Quant à la barre blanche (qui m'évoque un nez dans un visage triste sur le petit format) elle est remplacée par ce qui devrait être notre leitmotiv à venir "dépasser les frontières" ou en version internationale "advancing the frontiers" (est-ce vraiment correct en anglais? Je trouve que çà sonne bizarre).

Si avec tout çà on ne fait pas de bonne science, c'est que nous sommes vraiment des parasites.

samedi 18 octobre 2008

lifting

Notre bonne vieille maison change son image.
De çà

on passe à çà

Je n'étais pas particulièrement fan du premier, mais depuis 30 ans qu'on l'avait sous les yeux il était devenu indissociable de la maison.
Le nouveau me semble un peu ridicule, et contrairement à l'argumentaire développé par ses concepteurs, je le trouve petit et réducteur. Un tout petit cnrs enfermé dans sa bulle, voila ce que m'évoque ce visuel.
Et vous?

jeudi 16 octobre 2008

ah ben dis donc!!

Bon, le Piou fait du Roberta!! Et moi je fais ma feignasse (normal hein quand on bosse au CNRS..).
Alors allez lire son dernier papier, je n'ai rien à y ajouter, en fait j'aurais presque pu l'écrire si j'avais eu le courage...

Franchement, elle se moque de qui notre ministre (que mille synchrotrons rayonnent sur sa tête1) ?


1 Y a pas de raison qu'il n'y en ait que pour l'autre d'abord!

lundi 13 octobre 2008

Bricol'girls

Certes, je suis silencieuse depuis le début du mois. Mais les journées sont plus que courtes pour qui déménage un labo...

Résumé des épisodes précédents:
Ici, je racontais comment les travaux qui avaient déjà un an de retard allaient tourner au cauchemar
, je confirmais que mes pires prévisions étaient encore trop optimistes
Enfin, j'adoptais une nouvelle stratégie pour pouvoir déménager avant que les locaux précédents ne s'apparentent à un meublé sordide pour clandestins.

Et donc, la semaine du 29 septembre au 3 octobre nous déménageâmes enfin...

Dit comme cela, tout est simple. En fait, la situation fut bien plus éprouvante nerveusement.
Alors que j'étais en congrès aux états-unis, je reçu un appel au secours de mon thésard, à qui on avait dit que le déménagement se ferait le 22 septembre non négociable si l'on voulait l'aide des hommes en bleu. Sauf qu'il était hors de question que j'accepte un tel dictat alors que j'attendais depuis 2 ans. Cette date que l'on tentait de nous imposer tombait pile entre deux avions.
Après un échange de mails d'une amabilité toute relative, et un passage éclair au labo, je réussi à imposer les 29 et 30 septembre comme jours de transumance.

Il me semblait évident que si ce déménagement se précipitait c'est que les travaux étaient enfin fini-n-i-ni.

Je n'ai vraiment pas été déçue!

En deux jours nous avons bougé tout le lourd et tout réinstallé ...
Sauf que les meubles muraux du nouveau labo (choisis début septembre) n'avaient pas été commandés... et donc de rangement aucun. A ce jour, la situation est toujours en stand-by, et la vaisselle stérile entassée dans des cartons qui migrent au gré des besoins en espace des uns et des autres.
Sauf que la cellule informatique qui devait finaliser le cablage, ne m'avait pas prévenue que je devais fournir les cables ethernets, switch et autres gadgets permettant de se connecter, laissant la partie labo coupée du monde (sans téléphone, le responsable ne voyant pas l'intérêt d'un téléphone dans un labo...).
Sauf que les services techniques de la fac ne sont toujours pas venus changer le carreau cassé (tant que le labo était vide, il n'y avait pas urgence c'est logique!) ni élaguer l'arbre dont les branches bloquent deux autres fenêtres.
Sauf que la nature ayant horreur du vide, et mon emménagement ayant tardé, l'espace dans le -80°C qui m'était réservé avait été réquisitionné par une autre équipe. Tout le matériel biologique du groupe est donc localisé dans l'ancien batiment (nous espérons pouvoir faire le transfert cette semaine).

Coté bureaux, guère mieux, puisque j'ai fini par aller chercher scie sauteuse et perceuse chez moi pour terminer l'aménagement des locaux (ce qui m'a valu une engueulade sur le thème "c'est pas à toi de faire çà"; certes, mais quand ceux dont c'est le job ne font pas ...), que j'ai attendu plus d'une semaine les adresses IP pour mes machines, et que j'ai réalisé que nous avions 1 seule clé bureau pour 5 utilisateurs (détail qui a son importance quand celui qui a la clé part en verrouillant sans avoir vérifié qu'il était effectivement le dernier à partir...).

Et çà c'est pour les bonnes nouvelles...

La suite un autre jour, avec photos à l'appui.

Vous comprendrez je l'espère mon absence de communication bloguesque, mais là vraiment, le coeur n'y était pas.

Sinon mes nouvelles recrues sont hyper efficaces et bricoleuses ... heureusement !!

vendredi 10 octobre 2008

Un de plus

Faute de temps, j'arrive un peu après la bataille pour commenter l'attribution du Nobel de littérature à J-M. Le Clezio.
A ma grande honte, je dois avouer n'avoir jamais rien lu de cet auteur...
Comme il n'est jamais trop tard pour combler cette lacune culturelle, toute suggestion de lecture est la bienvenue.

lundi 6 octobre 2008

Cocorico

Deux nobels de médecine en plus pour notre petit pays: Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour leur découverte du VIH. Ils partageront la gloire et les sous avec un allemand, Harald zur Hausen, pour sa découverte du VPH.

De l'américain, Robert Gallo, avec qui Pasteur fut en bisbille pour les brevets liés au VIH point de trace. Voilà qui devrait clore définitivement la polémique sur le sujet ...

vendredi 3 octobre 2008

Orange aime ses vieux clients

Bon, tout de suite, je dois avouer qu'à mon retour de vacances j'ai craqué .... j'ai couru dans une boutique Orange m'offrir le petit dernier de la Pomme. Première surprise, le commercial (à vu de nez pas plus de 25 ans) me parle comme si j'étais une demeurée. Bon, certes mon ancien portable est un brin ringard (il me fallait un modèle à grosses touches rapport à la vue qui baisse) et le forfait ante déluvien (jamais changé depuis 2001, c'est dire), sans envoi de sms ! Mais il me convenait fort bien (le forfait) vu que je préfère un clavier d'ordi à un clavier de téléphone pour écrire quelque chose (je ne sais pas parler smeusse, je tape tous les mots en entier, un vrai dinosaure!).
Bref, le gentil garçon me classe illico dans la catégorie "dépassée par le progrès voulant frimer avec un iphone", et donc me parle comme si j'avais plus de 70 ans...

Hors, m'apprend-t'il, je dois changer de numéro de téléphone pour accéder à l'objet tant désiré. Parce que je dois prendre un nouveau forfait, le mien ne pouvant être transféré sur la F1 de la téléphonie mobile (rapport à la 3G ou un truc approchant). Je dois donc résilier mon abonnement actuel, qui se trouve expirer mi-octobre, et ouvrir un nouveau contrat. Le tout me permettant de ne payer QUE 149€ le joujou au lieu de 509€ hors forfait téléphonique (et là, je ne vois pas à quoi çà sert de se payer un iphone, mais c'est une autre histoire).

Très bien lui rétorqué-je, mais le portage de numéro permet de les conserver non?
(vieille peut être, mais quand même un peu au courant)
Ah non, me répond-il, le portage ne s'applique qu'aux clients venant de chez nos concurrents.
Quand je vous dit qu'Orange aime ses vieux clients ...

Là, je dois avouer que j'ai un peu hésité quand même (si vous connaissiez mon ancien numéro, vous comprendriez pourquoi!), mais bon, j'ai franchi le pas du changement de numéro. A l'annonce du nouveau, j'ai pleuré. Il est nul, je ne le mémoriserai jamais même après avoir envoyé un millier de smeusses annonçant à mes différents contacts que j'ai un nouveau numéro.

Lorsque je demandai ensuite au crétin vendeur si je pouvais me servir "worldwide" du bibelot (je ne trouvais tout simplement pas le mot français pour le dire, une semaine d'english speaking m'ayant reconnecté les neurones sur la langue de Shakespeare), j'eu comme réponse "vous parlez un peu anglais vous ? (sourire de tueur de Narayan commençant à ne plus trouver çà drôle) Vous voulez dire dans le monde entier ? ah non".

Comment diable peut on vendre un tel bijou sans rien y connaitre ?
J'insiste, en parlant plus clairement: vous voulez dire que je ne peux m'en servir qu'en France???
Ah... vous voulez téléphoner vers l'étranger ou de l'étranger ?
Les deux mon petit, les deux.
Ben non , ce n'est pas dans le forfait.
D'accord, mais si je paye en plus, je peux le faire non?
Ah bien sur dans ces conditions vous pouvez le faire. Enfin, pas partout. Afrique et Asie sont injoignables à partir de l'iphone.

Après une petite seconde de réflexion pour vérifier que je ne connais personne ni ne compte aller prochainement sur ces deux continents, je finis par accepter le deal, signe le nouveau contrat et paye mon joujou.

Et pour la résiliation de l'ancien contrat ? Ah, il faut que vous téléphoniez au service client parce que nous ne pouvons pas effectuer cette opération (très fort, non? Dans une boutique Orange, vous pouvez vous abonner, pas vous désabonner!).

Rentrée chez moi, je fais un peu bisquer Baloo avec l'objet tant convoité, puis un peu plus tard dans la soirée, j'appelle le service client (signalé fonctionner 7/7 et 24/24 sur mes factures). Je finis par avoir un opérateur qui après m'avoir demandé plein de renseignements, s'enquiert de ma requète (résiliation) et me répond qu'on ne peut résilier un abonnement qu'entre 8 heures et 20 heures !!!

Le lendemain, j'arrive finalement à joindre l'opérateur de résiliation:
Et puis-je savoir Madame, pourquoi vous nous quittez ?
Mais je ne vous quitte pas, en fait je viens d'acheter un iphone et j'ai donc dû prendre un nouveau contrat.
Mais c'est pas possiiiiiiible, c'est vraiment n'importe quoi ! (là je dois dire que j'étais un peu larguée)
Vous pouviez tout à fait faire évoluer votre forfait pour le rendre compatible Iphone. Un forfait xxxx çà ne se lâche pas!

De plus en plus perplexe, je lui dit que de toutes façons je n'avais pas assez de points sur le "changez de mobile" pour faire l'opération à un tarif raisonnable.
Que nenni, me répond-il (enfin pas textuellement, on est chez Orange), nous faisons une offre commerciale pour nos plus anciens clients qui ont un historique de paiement irréprochable (catégorie dans laquelle je rentrais vous l'aurez deviné). Vous seriez passé par le service client, tout aurait été résolu sans problème. En fait, les agences commerciales sont au courant de la promotion, mais comme la rémunération des commerciaux est calée sur les ouvertures de contrats, ils vous racontent n'importe quoi ...

Là j'ai marqué un grand silence ... puis,
Et donc, vous ne pouvez pas rattraper le coup ?
Ben non, c'était trop tard, si encore j'avais appelé la veille .... (je l'ai bien fait crétin, mais la notion du 24/24 chez Orange ne correspond pas à la mienne).

En résumé, Orange ne pratique le portage que pour piquer des clients à la concurrence.
Orange prévoit des conditions avantageuses pour ses anciens clients, mais ne juge pas utile de les prévenir (pas de courrier, pas de mail, pas de sms, aucune information même subliminale sur leur site web, nul à ch.. au demeurant), et quand le client s'aperçoit qu'il s'est fait avoir, n'a pas prévu non plus de geste commercial réparateur.

Quand je vous disais qu'Orange aime ses vieux clients ...

Sinon, l'Iphone c'est trop génial!

C'est la folie dans le labo

Et une structure qui pète, une!!

Bon, manque un petit bout qui résiste, mais normalement il devrait se révéler à nos yeux ébahis très bientôt (les bécanes tournent comme des malades pour boucler la modélisation).

On ne pouvait faire mieux pour la pendaison de crémaillère ... merci les cristallographes!

jeudi 2 octobre 2008

Piouthon

C'est pas cool du côté de la Bay area. Pas cool du tout, vu que le Piou s'est envoyé en l'air grâce à un conducteur imprudent.
On ne peut pas faire grand'chose (sauf à envoyer un kit antidépresseur à base de conserves de La Belle Chaurienne), mais on peut faire un tout petit geste (ou plusieurs) pour l'aider à racheter le matériel détruit dans l'accident: cliquer sur les liens pubs de google, dont la pertinence m'impressionne (clinique du genou, arthrose, prothèses !!).
C'est là qu'il faut aller.

A vos souris, et à votre bon coeur.