jeudi 3 avril 2008

L’AERES, ou comment évaluer impartialement

Dans la série, réformons pour atteindre l’excellence, l’AERES représente la pière angulaire du nouveau dispositif. Au prétexte que les instances actuelles d’évaluation seraient partiales (comprendre corporatistes) puisque composées (en partie) de membres élus, le gouvernement a décidé de les remplacer par une agence impartiale, puisque composée de membres nommés, qui sera en charge de l’évaluation de tous les organismes de recherche de notre pays.
Comme toujours, je réduirai ma présentation au cas que je connais le mieux, à savoir l’évaluation des unités CNRS et des personnels qui y sont affectés.

Auparavant, les chercheurs et les unités de recherches étaient évalués par des instances issues de leurs organismes de tutelle.
Tous les 4 ans, les chercheurs et enseignants chercheurs affectés dans une unité CNRS (UMR ou UPR) élisent une partie des membres de la section scientifique à laquelle ils sont rattachés (il y a en tout 40 sections réparties sur 6 départements scientifiques). Sur 21 membres de la section scientifique, 7 sont nommés par le Ministre chargé de la Recherche, et 14 sont élus selon le découpage suivant :
3 au titre du collège A1 (directeurs de recherche du CNRS)
3 au titre du collège A2 (professeurs des Universités)
3 au titre du collège B1 (chargés de recherche du CNRS)
3 au titre du collège B2 (maîtres de conférences des Universités)
2 au titre du collège C (ITA du CNRS)

Si le corporatisme protectionniste du CNRS devait s’exprimer, il représenterait 8 voies parmi les membres élus et nécessiterait d’obtenir 3 voies supplémentaires parmi les nommés pour être majoritaire. Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas impossible arithmétiquement parlant. C’est juste improbable, car malheureusement, lorsque le corporatisme s’exprime, il créé également des divisions. Ainsi, les intérêts des élus B ou C ne sont pas forcément en accord avec ceux des élus A, et réciproquement… De plus, afin d’éviter le protectionnisme, la règle suivante (disponible sur le site du CNRS) était appliquée :
"Les membres de la section n'écoutent pas le rapport sur leur propre formation et ne votent pas sur leur propre formation. De même, ils ne votent pas sur toute formation pour laquelle ils n'ont pas pu entendre les rapports."
Les critères d’évaluation des chercheurs et unités de recherches peuvent varier d’une section scientifique à l’autre. Néanmoins, la procédure d’évaluation était la même pour tous. Le comité d’évaluation réuni par la section scientifique principale, dont certains représentants étaient proposés par l’institut (comprendre, le CNRS choisissait certains évaluateurs parmi une liste de spécialistes proposés), après visite dans l’institut rédigeait un rapport remis à la section scientifique pour contre-évaluation, et classement de l’institut. Pour mémoire, voici ce que j’en disais il y a peu :
«Le comité d’évaluation venait passer deux jours dans l’institut. Après une présentation de l’unité par l’ancien directeur, le comité se séparait en sous jurys qui écoutaient les différents chefs d’équipes relevant de leurs compétences, présenter leur bilan des 4 années précédentes, et leur projet scientifique pour les 4 années suivantes.»
Voilà pour le passé…

Abordons maintenant le présent, c’est à dire la nouvelle procédure d’évaluation mise en œuvre par l’AERES, dans un souci je le rappelle d’améliorer les procédures d’évaluation en les rendant indépendantes.
L’indépendance me laisse rêveuse quand on sait que tous les membres de l’AERES sont nommés par le ministère, mais gardons nous des procès d’intention et faisons crédit de cette indépendance à la nouvelle structure.

Quelles sont les nouvelles procédures d’évaluation mises en place ? Il est bien difficile de répondre à cette question, puisque les procédures en question sont à géométrie variable. En effet, comme je l’ai déjà dit ici , les universités et EPST fonctionnent par contrats quadriennaux. Toutes ces composantes sont donc évaluées par « vagues » (A, B, C, D). En 2007, début de l’activité de l’AERES, les établissements de la vague B étaient concernés.
Compte tenu des délais de mise en place, lors de l’année 2007 l’AERES n’a évalué que les universités et les écoles doctorales associées, laissant le soin aux EPST d’évaluer leurs propres composantes.
En 2008, année de la vague C, l’AERES évalue en plus les unités CNRS (UPR et UMR) et très probablement les unités INSERM, INRA, INRIA, etc…
Pour cette évaluation, les règles décrites (disponibles sur le site de l’AERES) sont purement administratives : composition des comités d’évaluation, personnes à contacter, etc. A titre d’exemple, la composition des comités est la suivante :

« Exemple pour une unité de recherche de taille moyenne (60 membres) :
• Président(e) désigné(e) par l’AERES ;
• 5 experts désignés par l’AERES ;
• 1 expert proposé par le CNU si des enseignants-chercheurs figurent dans l’organigramme de l’Unité ;
• 1 expert proposé par le Comité national CNRS, la Commission spécialisée INSERM…, des Unités rattachées au CNRS, à l’INSERM…

Exemple pour une unité de recherche de très grande taille ( > 400 membres) :
• Président(e) désigné(e) par l’AERES ;
• 9 experts désignés par l’AERES ;
• 1 expert proposé par le CNU si des enseignants-chercheurs figurent dans l’organigramme de l’Unité ;
• 1 expert proposé par le Comité national CNRS, la Commission spécialisée INSERM…dans le cas des Unités
rattachées au CNRS, à l’INSERM…

En cas de rattachement à plusieurs sections du CNU ou du comité national ou… prendre le représentant de la section principale et il n’est alors pas interdit de choisir un expert qui est dans l’autre section. »

On notera que quand la taille de l’institut augmente, la représentation des instances dans le comité (CNRS, Université, etc) diminue, ce qui me surprend un peu.
Un de mes collègues qui vient de passer l’évaluation m’en a dit un peu plus. La durée de la visite et le mode de fonctionnement du comité ont été identiques à ce que le CNRS pratiquait. La différence majeure est venue des experts nommés. Il semble que certains d’entre eux étaient peu à pas compétents dans les domaines d’activité de l’institut concerné, et surtout que nombre d’experts étaient assez agressifs (ma source de renseignement est très productive scientifiquement et a un très bon niveau de publications, ce qui laisse perplexe..). Dont acte, on ne va pas se marrer…
Depuis leur évaluation il n’y a eu aucun retour, la cérémonie du débriefing de fin d’évaluation ayant été supprimée. En fait, ils vont devoir attendre longtemps, car la nouveauté est que tous les centres évalués cette année doivent être interclassés…
Quant aux équipes, elles seraient classées dans leurs instituts, et peut être également interclassées (sous réserve dans la mesure où cette information n’est pas accessible).
L’évaluation des chercheurs en temps qu’individus a également été modifiée. Selon le site de l’AERES, et vu ce qui est décrit, il y a fort à penser qu’elle ne soit que bibliométrique (exit donc le fameux rapport à 4 ans). La règle a été fixée, et est plus contraignante que celle qu’adoptait la section scientifique dont je dépends. Pour être considéré comme publiant, un chercheur en Sciences du Vivant (SDV) doit avoir quatre articles en quatre ans. Un enseignant-chercheur doit pour sa part avoir deux articles. SDV c’est vaste, et si certaines disciplines permettent largement de remplir cet objectif, d’autres ont du souci à se faire…
Objectivement, une évaluation purement bibliométrique est strictement impartiale. Une machine peut même le faire. Pour ce qui est de la science en revanche, on repassera. Le démarrage d’une nouvelle thématique, la prise de risque scientifique, sont à classer dans les comportements dangereux pour une carrière, et seront voués à disparaître vu les conséquences d’un étiquetage ‘chercheur non-publiant’.

Voilà pour ce qui est de l’évaluation de la vague C.

Mon institut fait partie de la vague D (évaluation en 2009). Nous venons d’apprendre que les règles de la vague C ne seront pas appliquées. Pourquoi ce changement de fonctionnement ? Très probablement parce que l’AERES n’a pas les moyens en temps et en personnes pour pratiquer les évaluations telles qu’elles étaient menées par les EPST (rappelons que l’AERES évalue tout le monde !).
Le comité ne viendrait passer qu’une demi à une journée dans l’institut. De plus, le dossier de contractualisation ne devra pas dépasser 50 pages. Donc, exit les évaluations d’équipe faute de temps (évaluation orale) et de place (évaluation écrite). Il semble donc que ne seront évalués que les individus avec les règles bibliométriques précitées.

J’ai franchement beaucoup de mal à trouver l’amélioration apportée au système précédent dans ce mode de fonctionnement.
En revanche, je peux me faire appeler Mme Irma, et prédire que notre institut aura un nombre considérables de non-publiants1, et de fait verra ses crédits diminuer voire perdra son label UMR …

L’avenir est loin d’être radieux.


1A ce jour, je suis non-publiante pour l’AERES, sauf à avoir un papier supplémentaire d’ici la fin de l’année (ce qui n’est pas gagné)

mardi 1 avril 2008

Teaser

Un grand merci à vous qui passez malgré l'absence de billets.

Il semble que je vienne finalement à bout des virus et bactéries qui m'ont honteusement agressée, mais je dois avouer que je termine la bataille dans un état peu brillant...

Promis, très bientôt seront mis en ligne deux billets consacrés respectivement à l'AERES et à l'ANR.


maj: bon, je suis la seule à voir une amélioration... le bon docteur n'est pas d'accord. Donc grand jeu, en plus des rituels vampiriques, je me vois contrainte au scanner... C'est pas mon humeur qui va s'améliorer (ni le moral d'ailleurs..)


mercredi 26 mars 2008

Chienne de vie

Il y a toujours des premières fois dans la vie
Le premier copain qui se marie
Le premier copain qui a un môme
Le premier copain qui divorce parfois…

Et puis il y a des premières fois qu’on aurait aimé ne pas connaître,
Du moins dans très longtemps, quand on serait tous grand-parents

Le premier copain qui tire sa révérence
Celui qui vous invite à fêter ses 50 ans, tu verras on se marrera bien,
Celui qui de fait n’aura jamais 50 ans
Celui qui sera le premier que nous conduirons à la dernière demeure

Chienne de vie

mardi 25 mars 2008

c'est pas joli-joli, moi j'dis

Il est tout content de lui le volatile... Il a fait bisquer la moitié de sa blogosphère, rien que pour m'énerver... (je prends du grade d'un coup!).

Sauf que, même si je dois admettre qu'en d'autres circonstances j'aurais été verte, là çà me laisse de glace (enfin façon de parler vu mon état).

Voilà donc SEPT jours que je yoyotte entre 38°5 et 40°. C'est long, c'est très long, et comme je ne suis pas réputée pour ma patience, c'est également très long (et très chiant) pour mon entourage. Le seul autre symptôme est une douleur sous-costale gauche permanente (oui oui, tout le temps..)

Mon véto médecin préféré m'a mis aux abonnés absents, et commence la valse des examens qui rythmaient mes dimanches soir du temps d'ER (NFS, iono chimie standard..)... sauf que c'est mon sang qu'on pompe, mes poumons qu'on flashe, etc etc

Bref, disé-je, je suis d'une humeur massacrante. Alors j'étais RAVIE que le week end de Paques soit pourri (5-6° et pluie neigeuse) puisque de toutes façons JE ne pouvais pas sortir. En plus je déteste le chocolat, et supporter tous ces gens se gavant de cacao m'aurait énervé... là j'avais une excuse, j'étais au fond du lit.

Non, franchement, quand on en arrive sur un mélange citron pressé-cassonnade à ajouter de l'eau plutôt que du rhum et 1'30 de micro-onde à la place des glaçons, c'est vraiment qu'on est au bord de la rupture....


Bon, OK le Piou, j'ai quand même été un tout petit peu vénerd
....

jeudi 20 mars 2008

En direct du château d’Arggll (1)

Je suis en train de m’éteindre dans l’indifférence générale. Une sournoise attaque virale, a déplacé mon Zeimer vers un Parking son(of a…)2, et des pics de fièvre oscillant entre 38° et 40° C selon la dose d’antipyrétique absorbée dans l’heure passée.

Sûr que je ne passerai pas un contrôle anti-dopage (çà tombe bien, je ne suis pas sportive..).

Diagnostic du Gnome : ‘t’as la grippe aviaire’

Donc, note à moi même, prendre RV chez le véto plutôt que chez notre bon docteur…



1 même à l’agonie, je ne peux m’empêcher de trouver des références, hum, culturelles ?
2 oui elle est facile, mais je ne peux pas faire mieux

lundi 17 mars 2008

Heil Zeimer

Quand je pense que je me suis moquée de mon chat....

Depuis mon retour de vacances, c'est la catastrophe intégrale:

  • J'ai déjà oublié deux fois de préparer le goûter du Gnome pour l'étude
  • J'ai oublié Oggy toute une journée (de pluie) sur le balcon
  • J'ai oublié que cette semaine je donnais un cours (qu'il faut que je prépare là tout de suite, c'est mercredi)
  • J'ai oublié que cette semaine je donnais un séminaire (qu'il faut que je prépare là tout de suite, c'est jeudi)

Pfff, çà me déprime tellement que je vais aller me coucher... au point où j'en suis...

vendredi 14 mars 2008

Une excuse comme une autre

Spéciale dédicace à Arbre & Matin, inspirateurs de ce billet.

J’ai plein de projets de billets, pertinents, interessant, bien entendu rédigés d’une plume alerte avec ce qu’il faut d’ironie, de sous-entendus, et de documentation (certains sont d’ailleurs en cours de rédaction).
Roberta1 tout pareil…
Le seul problème, c’est que je manque de temps, sauf à réduire mes heures de sommeil. Mais là, faut pas rêver.
Je manque de temps, parce qu’en général je prépare mes billets le soir. Et mes soirées en ce moment sont totalement occupées.
Pas encore par un énième rush professionnel (çà c’est ce qui va se passer en avril, et uniquement en avril si tout va bien…)
Pas par des activités domestiques ultra importantes et prioritaires

Non, non, par quelque chose de bien plus essentiel….

La saison 5 de The Shield est dans notre lecteur DVD. On attend la saison 6 (pré-commandée).
Et chez nous, The Shield, c’est sacré.

Vous voyez bien que je ne peux vraiment pas produire un billet par jour dans ces conditions…


1la schizophrénie de l’auteur ne vous aura pas échappé

Une UMR comment çà marche ?

Le titre exact serait plutôt « comment çà marchait ? », puisque nous sommes actuellement en plein dans la tourmente des réformes affichées ou occultes...

Une UMR, c’est une Unité Mixte de Recherche. Mixte ne fait pas référence au fait que des hommes et des femmes y travaillent, mais au fait que plusieurs organismes en assurent la tutelle.
L’institut où je brode travaille, est une unité mixte CNRS - Université. Nos deux tutelles nous versent donc des fonds, nous affectent du personnel chercheur ou enseignant-chercheur, ITA (ingénieurs, techniciens, administratifs) ou ITARF (ingénieurs, techniciens, administratifs de recherche et formation). Ces ressources sont attribuées dans le cadre d’un contrat quadriennal. C’est à dire, que tous les 4 ans l’unité doit préparer un document scientifique et administratif faisant le point des réalisations des quatre années passées (évaluation a posteriori) et développant un projet pour les quatre prochaines années (évaluation a priori). Ce dossier est très lourd à monter, et se fait sous la houlette de l’ancien directeur (bilan) et du futur directeur (projet). Dans certains cas, il s’agit d’une seule et même personne.
Ce dossier (du type pavé indigeste) sera le support de travail du comité chargé de l’évaluation.
Jusque là, le comité d’évaluation était composé de personnes nommées par nos instances (président du comité imposé par la section principale de rattachement au CNRS, représentant de l’Université, représentants de chaque section scientifique de rattachement) et de personnes proposées par l’unité et choisies par le président du comité d’évaluation. Soit, en général composé d’un panel de scientifiques couvrant les domaines de recherche de l’unité et spécialistes desdits domaines. Chez nous, nous avions toujours dans ces évaluateurs des personnalitées venant de l’étranger, parce que même pas peur !
Le comité d’évaluation venait passer deux jours dans l’institut. Après une présentation de l’unité par l’ancien directeur, le comité se séparait en sous jurys qui écoutaient les différents chefs d’équipes relevant de leurs compétences, présenter leur bilan des 4 années précédentes, et leur projet scientifique pour les 4 années suivantes. De plus, les représentants des sections scientifiques du comité national rencontraient les élus des différents collèges1 pour faire le point sur les aspirations, récriminations, …, spécifiques de chaque catégorie professionnelle.
Le président du comité faisait également le point avec l’ancien et le futur directeur, sur les parties budgétaires, et gestion des personnels (y compris les futurs recrutements).
Enfin, le comité se réunissait pour faire le bilan, et produire un rapport. En gros, ce rapport devait prendre en compte les points suivants :
- L’activité scientifique globale de l’unité est-elle correcte ? Si non, quelles sont les recommandations du comité (restructuration ou fermeture) ?
- L’activité scientifique de chaque équipe est-elle correcte ? Si non, quelles sont les recommandations du comité (fermeture d’équipe par exemple) ?
- Le projet scientifique déposé est-il cohérent, et permettra –t’il à l’unité de se maintenir dans une recherche de qualité internationale ?
Ce pré-rapport était présenté à l’assemblée générale de l’unité, puis dans sa version définitive transmis aux sections scientifiques de rattachement de l’unité. Le président du comité devait formuler un avis sur la qualité de l’unité, et émettre des recommandations. Il est important de noter que le président devait également assurer un suivi de l’unité évaluée sur le quadriennal suivant (en cas de renouvellement) ou sur les deux années suivantes (en cas de fermeture d’unité ou de restructuration).
La section scientifique du comité national (en général une 20aine de membres des trois collèges, élus et nommés au niveau national) se réunissait alors pour évaluer, à partir des rapports des comités d’évaluation, les différentes unités qui lui sont attachées, et produire un classement de ces unités (A, top qualité ; B, attention problème ; C : fermeture). De ce classement dépendait nos financements récurrents des 4 années à venir : augmentation du budget si l’on veut soutenir une unité performante, budget constant ou diminué voire supprimé.

Je ne dis pas que ce système était parfait, mais il présentait l’avantage d’une double évaluation…

Ce mode de fonctionnement est désormais caduque, l’évaluation des unités (et celle des personnels) dépendant dorénavant de l’AERES.

A suivre…


1collège A : Professeurs d’Université et Directeurs de Recherche ; collège B : Maîtres de Conférences et Chargés de Recherche ; collège C : Ingénieurs, Techniciens et Administratifs.
Chaque collège élit pour 4 ans des représentants au conseil d’Institut.

mercredi 12 mars 2008

La Virade du Batistou

Ce qui est sans surprise quand on est en vacances avec 5 instits retraités et un éducateur retraité, c'est qu'on n'échappe pas au culturel. Même au bout du monde. Même en Ardèche donc...
Pour motiver le Gnome, nous avons donc commencé notre semaine par une petite randonnée de 6 km, conçue pour les enfants. La virade du Batistou nous emmène dans la montagne Cévenole, en passant des ruisseaux à gué, et en grimpant à flanc de montagne entre les murets de pierre délimitant châtaigneraies, pâtures ou lopins de cultures. Le principe est simple: on suit le chemin emprunté par un enfant pour apporter des caillettes1 à sa grand'mère, habitant un hameau en haut de la montagne. A différentes étapes, un peu d'histoire locale, d'explication du mode de vie rurale au début du XXème siècle dans les Cévennes. Le tout agrémenté de charades, devinettes, et exercices d'observation.
Nous avons appris plein de trucs ... le Gnome, lui, s'en moquait éperdument. La seule chose qui l'intéressait était de faire péter le chrono, il a bien failli avoir notre peau l'animal...


Malheureusement, le temps n'était pas au beau fixe, et après un départ sous le soleil, nous avons rencontré la grêle, la pluie puis de la neige fondue à partir de 400 m... avec un vent du nord bien mordant.
Malgré tout, cette petite randonnée était fort agréable, et nous a fait passer par des hameaux perdus où la plupart des maisons sont fermées, ni l'allemand ni le batave ne descendant à cette période de l'année. Les quelques habitants du cru vivent vraiment isolés du monde...

1trop bon les caillettes! J'en avais également rapporté, mais elles n'ont pas passé lundi soir...

Morceaux choisis



A quoi sert cette pierre?


Solution de l'énigme: c'est un gong gond!

mardi 11 mars 2008

Retour à la normale

Et bien voila, c'est terminé...
De retour dimanche, reprise sur les chapeaux de roues lundi (j'ai bien peur d'ailleurs que tout le bénéfice de ces vacances ne soit perdu à la fin de la semaine) où j'ai enchainé les réunions, et renoué avec la joie des rapports ou déclarations d'intention à fournir pour hier, et aujourd'hui, c'est mardi c'est gadoue...

Ce que je n'aime pas dans les vacances, surtout lorsqu'elles sont vraiment reposantes et relaxantes, c'est qu'il faut fournir un effort surhumain pour se remettre dans le rythme.

Bref, cette semaine aura été une vraie parenthèse dans la vie de dingue qui est mienne depuis quelque temps. La bonne surprise aura été que le Gnome a beaucoup aimé randonner, ce qui n'était pas vraiment gagné au départ.

Et puis, en plus des souvenirs, des photos, et toutes ces sortes de choses, j'ai rapporté quelques bricoles pour le pôvre Baloo resté seul à la maison (le chat ne compte pas dans ces cas là). Comme je sais que vous êtes nombreux à me lire outre-atlantique, et pour vous faire un peu baver (oui c'est mesquin, mais vous l'avez bien cherché1...), voici un aperçu de mes emplettes:



soit quatre saucissons (dont un déjà quasi mort): deux nature, un d'âne et un de sanglier
plein de fromages de chêvre à différents stades d'avancement... les plus redoutables sont les marron
de la crème de marron et de la confiture de framboise....

Quelques photos de rando au prochain épisode, promis.


1vous êtes toujours aussi bavards...c'est à désespérer de blogger

samedi 1 mars 2008

Blog au vert

Demain, le Gnome et moi partons en vacances.
Pas internet, pas de mobile.
Une semaine chez les derniers soixante-huitards, à se gaver de fromage de chèvre ne passant pas les normes sanitaires européennes.
Une semaine de ballades, bulle, et feux de cheminée.
Le rêve quoi…

Je prendrai des notes pour avoir plein de trucs intéressants à raconter à mon retour.

En attendant, relisez les vieux billets, commentez les, et abonnez vous en RSS pour ne pas rater la reprise des chroniques…

A bientôt

vendredi 29 février 2008

Felis silvestris catus

Le chat le plus stupide au sud de la Mérantaise habite chez nous.

Je soupçonne qu’il ait eu un léger problème de réincarnation, à mon avis, dans une vie antérieure, il était Rantanplan. Sérieux, la description correspond tout à fait.
Pour être honnête, il ferait presque honte à la gent féline.

  • Lorsque l’on rentre le soir, il est si heureux qu’il nous suit dans toutes les pièces… comme il nous regarde en même temps, il est très fréquent qu’il se prenne un mur en pleine tête.
  • Pour ouvrir une porte (entrebaillée, il ne faut pas trop lui en demander), il pousse le mur.
  • Il est d’une maladresse telle qu’il se casse la figure de manière régulière.
  • Il est d’une maladresse telle qu’il rate souvent nos genoux lorsqu’il veut s’y installer. Trop court ou trop long, mais rarement réussi, ses tentatives de saut sont affligeantes
  • Manger est son obsession, il lui arrive de réclamer alors que l’on vient de le nourrir…
  • L’intérieur de son crâne doit être comme celui du faucheux de Minuscule1

Cela dit, le chat le plus gentil au sud de la Mérantaise habite chez nous.

  • C’est une vraie crème, qui ne mord pas, ne griffe pas, et supporte stoïquement qu’on oublie de changer sa litière
  • Il joue avec le Gnome (il rapporte la baballe aussi incroyable que cela puisse paraitre)
  • Il sait faire les yeux-doux pour obtenir toutes les caresses de la terre.
Comme il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas lui aussi un pseudo, et que de plus il est assez ressemblant en terme de silhouette, je vous présente Oggy2:



1 vous ne connaissez pas cette série ? C’est tout simplement GENIAL…
2 vous ne connaissez pas cette série ? C’est tout simplement GENIAL… (je sais je me répète)

jeudi 28 février 2008

Faille temporelle

Je ne pensais pas que notre unité était aussi éloignée des services centraux de l'université... et pourtant, à voir le temps que les documents mettent à nous parvenir on peut se demander si nous sommes sur la même planète...

Reçu aujourd'hui par mail publiposté, l'annonce de l'ouverture des ANRs... très fort, sachant que pour la plupart des appels d'offre la date limite de dépot des dossiers était aujourd'hui à 12 hr...

Reçu aujourd'hui, par courrier interne je suppose, une pile de brochures d'information sur la recherche sur notre campus.... date de publication 2005...des informations de première fraicheur donc...

On va se marrer quand on sera autonomes...

Le grand n’importe quoi

Dans la série vous aurez bien quelques heures à perdre pour la bonne cause, voici ce que nous avons reçu aujourd’hui à 16h30 à rendre au plus tard le lundi 3 mars (si çà c’est pas de l’humour…) : L’IGAENR (Inspection Générale de l'Education Nationale et de la Recherche) fait une enquète sur l’occupation des surfaces à l’université.
Pourquoi, mystère.
Pourquoi surtout dans un délai aussi court, toujours mystère…
Toujours est-il que nous avons à remplir 4 fichiers excels portant sur :
  • Surface par laboratoire, exprimée en surface totale, et en surface par chercheur (m2/tête)
  • Surface allouée par chercheur (quelle est la différence avec le tableau précédent, mystère..)
  • Nombre d’étudiants et surface allouée en 1995, 2000 et 2007
  • Répartition des charges financières d’entretien des locaux, y compris le montant des travaux de maintenance réalisés en 2005 et 2006
Le meilleur est dans le PS du mail nous demandant de répondre à l’enquête. Je cite :

« Si vous avez une interrogation au sujet des surfaces occupées par vos laboratoires vous pouvez vous adressez soit à M. XXX au STEBCO soit à Mme XXX Service Logistique: surfaces connues par l'intermédiaire du contrat de nettoyage. »

On se demande bien pourquoi ce ne sont pas les services centraux de l’université qui s’occupent de répondre à ce genre d’enquête, d’autant qu’ils semblent avoir des informations qui nous font défaut…

Peut-être est-ce parce que l’administration de l’université s’apparente à l’armée mexicaine ? (je n’ai rien contre l’armée mexicaine, notez)

En ce qui me concerne, c’est tout vu, je refuse de m’occuper de ce genre de questionnaire. Un, ce n’est pas mon boulot ; deux, j’ai vraiment d’autres chats à fouetter.

lundi 25 février 2008

Humeur du soir

Humeur maussade ce soir...même si pour me récompenser d'une journée frôlant le zéro absolu en terme de production (sauf à considérer que poster 3 billets le même jour soit une marque d'efficacité professionnelle), je me suis enfin offert un iPod nano (refurbished faut rester raisonnable) pour moi toute seule, non mais...
Parce que je me suis un peu fait avoir avec le précédent, cofinancé, dont je ne sais toujours pas me servir faute de pouvoir y accéder...

A moi l'intégrale d'Higelin, Pink Floyd et Bach (oui aucun rapport mais j'adore les trois)...

Humeur du midi

Enfant malade aujourd’hui, je travaille donc à domicile sur la partie financière de ma demande de financement ANR. C’est pas gagné…

Morceaux choisis :

Les frais de gestion/ frais forfaitisés sont calculés automatiquement au montant maximum autorisé par le règlement relatif aux modalités d'attribution des aides de l'ANR. Le partenaire peut attribuer un montant inférieur dans le champ réservé à cet effet
Notice d’aide : Renseigner la rubrique frais de gestion / frais de structure demandés soit en reportant le montant maximum pris en compte par l'ANR, calculé automatiquement et apparaissant dans la cellule de couleur bleue située sur la même ligne, soit en inscrivant un montant inférieur.


Données financières (montant HT en € incluant la TVA non récupérable)
Notice d’aide : Les montants sont à renseigner hors taxes (HT) augmentés éventuellement de la TVA non récupérable. En conséquence, les montants indiqués doivent prendre en compte la proportion x de TVA non récupérable de l'organisme (coût = coût HT * (1+ x *0.196)).


Notice d’aide :
Pour mémoire, le mode de calcul des frais de gestion / frais de structure (MF) est rappelé dans le tableau ci-dessous, selon les règles figurant dans le Règlement relatif aux modalités d'attribution des aides de l'ANR :

• si assiette calculée sur la base du coût marginal :
MF = (Q1 +R +S+T+U+V) * 0,04

• si assiette calculée sur la base du coût complet :
MF = ((PP+Q1)*0,2) + ((PP+Q1) + ((PP+Q1) * 0,2))*0,4 + (R +S + T + U) * 0,07

avec :
- PP : personnel permanent
- Q1 : personnel non permanent avec financement ANR demandé
- R : équipements
- S : prestations de services externes
- T : frais de mission
- U : autres dépenses de charges externes
- V : dépenses sur facturation interne.



Ben avec çà, je suis vachement avancée…

Humeur du matin

Classieux notre président...
Après le "descend m'le dire en face si t'es un homme" (ou quelque chose d'approchant) du Guilvinec, voici le "allez cass'toi pôv'con" du salon de l'agriculture.
Bref, nous voila représentés par un caïd de banlieue et sa barbie popstar
On en viendrait presque à regretter le locataire précédent et sa dame patronnesse...

Là où çà fait très mal, c'est quand on lit ce qu'en pense le reste du monde... et çà, chez nous c'est toutes les semaines en recevant Courrier International dont je ne peux que vous recommander la lecture1 (en général hein, pas que pour suivre les aventures du petit Nicolas) , et aussi .
Faute d'avoir pu annexer le Rocher, il semblerait que nous en ayons importé le style....
Et le pire, c'est que la relève semble assurée....


1attention, je pense que la durée de vie des liens est limitée...

samedi 23 février 2008

P de B de M

Raz le bol des paires de chaussette de rugby rouges qui se cachent dans le linge...
j'ai bousillé ma parka toute neuve

Raz le bol des placards encombrés...
j'ai cassé un de mes vases favoris


Raz le bol des piles en équilibre...
j'ai cassé le couvercle de la sauteuse


Quel super début de week-end...
Manquerait plus que le XV de la rose gagne, et ce sera le pompon

qu'est ce que je disais... un vrai week-end de m**** (13-24)

jeudi 21 février 2008

Speed dating

Aujourd'hui je participais à une animation scientifique dans les collèges.
Intitulé de l'évènement "2hr chrono pour la science"...
Le principe était le suivant: un chercheur et un animateur scientifique se rendent dans une classe de 3ème pendant 2 hr, pour sensibiliser les jeunes à la science à une période où ils doivent commencer à penser à leur orientation future. La classe est séparée en deux, et pendant qu'un groupe parle avec le chercheur de son métier, l'autre réalise des petites expériences en rapport avec le domaine de recherche du chercheur. A mi-parcours, on échange les groupes.

Sur le papier, plutôt une bonne idée. Oui, mais seulement sur le papier...

Premier problème: une organisation de l'évènement totalement affligeante. Pour avoir coordonné pendant de nombreuses années la fête de la Science dans notre institut, je sais que ce genre de manifestation ne supporte pas l'approximation, surtout pas quand le public est un groupe de pré-ados/ados...
Deuxième problème: le concept. La c'est plus grave. Mais je pense que l'objectif affiché serait plus adapté à des secondes qu’à des troisièmes.

En gros, leur temps d’attention doit tourner autour de 2-3 minutes, ce qui les place légèrement au dessus des 2 poissons rouges qui étaient au fond de la classe, mais qui ne leur permet pas de participer à une réflexion de manière constructive. Le premier groupe était plus dynamique (et tonique !) que le second. Cela dit, avec le second groupe, j’avais la prof dans la salle, et on voit immédiatement le changement de comportement. Incroyable ce que la présence de l’enseignant les rend passifs (pas forcément plus silencieux, mais plus du tout interactifs).

J’ai essayé de leur faire comprendre quelle était la démarche scientifique (j’observe, j’analyse, j’interprète, je teste mes hypothèses), et que sans le savoir, ils utilisaient ce mode de fonctionnement de manière intuitive : j’observe le ciel, je vois le soleil, donc il fait beau, donc je sors sans pull car je n’aurai pas froid => si c’est en plein hiver, l’hypothèse je n’aurai pas froid est incorrecte. Comme me l’a fait remarquer un élève, ‘si on ne réfléchit pas on ne vaut pas plus qu’un légume’.
En fait, je pense qu’ils sont à un âge où une heure de philo hebdomadaire ne leur ferait pas de mal, à condition de ne pas appeler cela philo (j’étais un peu choquée de leur anti-intellectualisme primaire). Les aider à développer leur vision du monde, à formuler correctement les questions, à se donner les moyens d’y répondre serait à mon avis plus utile que d’espérer leur faire ‘appréhender au mieux les réalités du monde de la recherche' en 2 heures.

Pour la petite histoire, et pour une fois de plus vérifier l’adage ‘le monde est petit’, 50 classes de collèges du département étaient concernées par l’événement, soit entre 1200 et 1500 élèves. J’ai été envoyée dans un collège de l’autre bout du département où le fils d’une de mes amies est scolarisé… en 3ème. Et initialement, je devais intervenir dans sa classe ! Mais avec les 150 changements de programmes liés à l’inorganisation de l’organisateur, j’ai finalement rencontré une autre classe de son collège. Sa mère et moi, en vraies pestes, ne lui en avions pas parlé (j’aurai adoré voir sa tête !), et j’ai été super déçue de ce changement de dernière minute.

mercredi 20 février 2008

Incident diplomatique

J'ai invité un couple de copains à venir dîner samedi soir. Nous devons (entre autres) organiser notre semaine de vacances commune dans les Cévennes1. Pendant ce temps, nos enfants respectifs auraient dû jouer ensemble, ou regarder un film ou...

Ben oui, mais cette invitation est en fait de celles qui créent des tensions à la maison.
Ces andouilles de l'IRB n'ont rien trouvé de mieux que de programmer France - Angleterre à 21 hr ce samedi2.
Et France - Angleterre, c'est sacré à la maison. Hors de question d'enregistrer le match et de le regarder en différé.
Pour en rajouter, l'équipe de supporters sera au complet (Baloo, le Padawan, le Gnome...)

Pauvres pauvres copains.... la conversation risque fort d'être limitée. Je plains surtout leur fille (l'amoureuse du Gnome) qui risque fort de mourir d'ennui...

Comme çà va être pratique à gérer cette soirée...


1Oui, j'ai tenu cet objectif... Nos vacances d'été sont (presque) organisées. Ne manque plus que les billets d'avions et hébergement en Ecosse à régler!
2Et comment je devine çà moi, alors que traditionnellement, les matchs de rugby se jouent l'après-midi.... C'est vrai quoi, personne ne me dit jamais rien.

mardi 19 février 2008

1985-86: premières manips

Je suis arrivée un peu par hasard en DEA.
Après avoir enchaîné DEUG, licence et maîtrise, et puisque mes résultats le permettaient, je me suis donnée "un an pour voir" si le monde de la recherche me conviendrait.
Il s'agissait alors d'un gros sacrifice, puisqu'il était exclu que je travaille pendant cette année. Or depuis la deuxième année de DEUG, j'avais revendiqué mon indépendance et de fait travaillais en parallèle de mes études.

J'étais acceptée dans deux DEA, et j'ai eu le privilège de pouvoir choisir lequel des deux je suivrai. Mon choix s'est porté sur le DEA de Microbiologie, couplé au cours Pasteur de bactériologie. Le principe était alors, 3 mois de cours organisé en TP labo suivi de 9 mois de stage recherche en laboratoire. Pour le cours, un labo de Pasteur se déplaçait dans le bâtiment d'enseignement, et nous travaillions tous sur des projets de recherche (comprendre dont on ne connait pas le résultat) liés à la thématique du labo organisateur. A cela s'ajoutaient des séminaires, et des ateliers d'analyse d'article.

Je garde de ces 3 mois un souvenir incroyable, de stimulation intellectuelle quasi permanente, et surtout de mise en situation: apprendre à tenir un cahier de manip, à interpréter des résultats, à émettre des hypothèses conduisant à de nouvelles manips,... Bref, j'avais l'impression d'être enfin entrée dans la cour des grands, et ce que je vivais me plaisait énormément... j'avais attrapé le virus, je voulais faire de la recherche, il fallait donc sortir dans les premiers du cours puis du DEA pour obtenir une bourse de thèse1.

Je choisis de réaliser mon stage dans un labo de l'institut Pasteur. Malheureusement pour moi, l'expérience que j'ai vécu alors a été désastreuse sur le plan humain. Depuis le début de mes études supérieures, j'avais bien réalisé que nous étions très peu à venir d'un milieu modeste (j'étais la seule de mon groupe de copains de fac à travailler) mais je n'avais jamais vécu cela comme un handicap. Propulsée dans un milieu socio-professionnel à des années lumière de mon environnement familial, je pris vite la mesure du mépris dans lequel j'étais tenue. J'avais des problèmes de fin de mois? Mais enfin, mes parents se devaient de m'entretenir... ha ils ne pouvaient pas? Mais enfin, ils n'avaient qu'à faire des efforts, après tout j'étais la preuve qu'on peut sortir de la fange...
Certes je force un peu le trait, mais rapidement ce régime eu raison de ma résistance nerveuse, et à me sentir en permanence en dessous, je finis par me dire que je n'avais pas ma place dans cet environnement et que je n'avais pas assez de ressources morales pour me battre contre.
J'avais quasiment décidé d'arrêter après le DEA, lorsque je rencontrais enfin un être humain dans ce panier de crabes à ego sur-dimentionné.
Un de mes professeurs de licence, qui était en partance de Pasteur, m'a ainsi "rattrapé" alors que je lâchais prise. Surtout, il su trouver les mots pour me convaincre de continuer, l'argument majeur étant qu'on n'arrête pas sur un échec, que j'aimais la science et semblais apte à continuer sur une thèse, et qu'il me fallait passer outre des relations humaines déplorables.

Le stage se termina dans une ambiance délétère: je fus hébergée dans un autre labo les deux derniers mois, et mes co-encadrantes2 estimant avoir assez donné avec la correction du manuscrit ne s'inquiétèrent absolument pas de la soutenance (à laquelle elles ne vinrent pas, convaincues que je finirais dans les tréfonds du classement...).

Leur intime conviction s'avéra erronée, et je terminai suffisamment bien classée pour obtenir la clé d'une thèse. C'est donc sans aucun regret que je quittai l'élite de la recherche française (ils se perçoivent comme tels pour nombre d'entre eux), pour rejoindre les berges plus modestes de la Mérantaise...



1Et oui, en ce temps là seuls les quelques premiers d'un DEA obtenaient une bourse de thèse du ministère dont dépendait la recherche, donc changeant de nom à chaque changement de gouvernement. Au moment de mon DEA, ce devait être MIR (Industrie et Recherche), enfin je crois...
2A posteriori, je pense que cette direction bicéphale fut une cause majeure des problèmes relationnels rencontrés.

vendredi 15 février 2008

Des hauts et des bas

J'ai appris la semaine passée que mon projet avait été sélectionné pour l'attribution d'un salaire de post-doc par le CNRS. (Les postes sont parus aujourd'hui pour ceux que cela intéresse)

Voila pour la bonne nouvelle.

La mauvaise nouvelle, c'est que c'est pour un an non renouvelable....

Et là franchement, je pense qu'ils feraient mieux d'en ouvrir moins mais pour deux ou trois ans... et même si cela voulait dire que je ne faisais pas partie des heureux élus.

Parce que 12 mois, dont tu enlèves 5 semaines de CP, et non renouvelable, ce qui veut dire qu'à trois mois de la fin, le post-doc va commencer à chercher un autre point de chute et monter des dossiers, passer des entretiens, etc... il ne reste plus beaucoup de temps pour faire péter les résultats.

L'analyse que nous en faisons, c'est qu'à ce jour, le CNRS navigue à vue et que la visibilité ne dépasse pas un an...

Sinon, l'autre bonne nouvelle, c'est que la date d'embauche est le 1er septembre, ce qui me donne une chance d'avoir déménagé avant l'arrivée d'une personne supplémentaire dans le groupe...

Desesperate Valentines

Hier était jour de St Valentin (j'espère que cela ne vous aura pas échappé...), et donc ce matin, après dépôt de nos moutards respectifs à l'école, deux de mes copines et moi avons procédé au debriefing de nos soirées respectives...

La première de mes copines, séparée un enfant, a un galant depuis environ un an. Hier soir c'était leur premier dîner de St Valentin. Ce sera également le dernier, puisqu'elle a profité de cette occasion pour lui annoncer la fin de leur relation.

coeur horrifié des deux autres: NOOOOON! T'as pas fait çà?
Mais si, elle a osé, et c'est d'autant plus dingue qu'ils partent en croisière dans 10 jours...

coeur des copines: et tu ne pouvais pas attendre le retour de vacances pour lui dire?
Non, elle ne pouvait pas, parce qu'elle n'en pouvait plus de lui laisser espérer quelque chose qu'elle ne lui donnerait jamais. Et de nous expliquer qu'elle veut se marier, mais pas avec celui ci. Ambiance...

La deuxième de mes copines, mariée deux enfants, a un couple qui bat sérieusement de l'aile depuis quelques temps. Elle a passé sa soirée au basket.

coeur horrifié des deux autres: NOOOOON! T'as pas fait çà?
Mais si, elle a fait çà, sachant que son jules l'a appelée vers 20h30 pour la prévenir qu'il était à Châtelet, ce à quoi elle lui a demandé si un quai de RER était le meilleur endroit pour passer une soirée de St Valentin. Puis est partie à son entraînement hebdomadaire. Ambiance...

Quand mes deux malheureuses copines se sont inquiétées de savoir comment s'était passée ma soirée, j'ai eu limite honte de leur dire que mon chéri et moi étions aller diner dans un super endroit en tête à tête1, que nous avions tenus des propos légers et spirituels2 en buvant du champagne3, en bref que nous avions passé une BONNE SOIREE....

1bon, on devait être de 80 à 100 en tête à tête dans la salle...
2l'essentiel de notre conversation a consisté à se moquer de deux couples direct sortis de beauf-land. Selon notre analyse, ces messieurs n'avaient pas encore conclu et espéraient beaucoup du décor et du menu pour emballer les candidates...
3pas terrible au demeurant

jeudi 14 février 2008

Mes lecteurs sont de grands timides

Bon, les gens, je sais que vous venez me lire (et oui, vous êtes surveillés!)

Et bien moi, j'aimerai bien vous lire!

C'est vrai, je fais une pause de quelques jours, et à mon retour que vois-je??
Même le plus fidèle d'entre les fidèles (en tout cas, celui qui se manifeste le plus) est resté silencieux ces derniers temps...

Vous ne savez quoi dire?

Allez, je vais vous aider...

Laissez moi, un lieu, une couleur, un aliment ou une plante, un objet et un point météo....

Je devrais bien arriver à tricoter quelque chose avec!

A suivre...
maj: oups, il y a eu un petit problème de date...

Le lion est mort

Le lion est mort ce soir
Paroles: P.Cambell, H.Peretti, L.Creatore, G.Weiss, A.Stanton,
FR: Henri Salvador .
Musique: P.Cambell, H.Peretti, L.Creatore, G.Weiss, A.Stanton 1951
Titre original: ""The Lion sleeps Tonight - Wimoweh""
© Emi publishing France

Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Et les hommes tranquille s'endorment
Le lion est mort ce soir

Tout est sage dans le village
Le lion est mort ce soir
Plus de rage, plus de carnage
Le lion est mort ce soir

{Break}

L'indomptable, le redoutable
Le lion est mort ce soir
Viens ma belle, viens ma gazelle
Le lion est mort ce soir

Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir

samedi 9 février 2008

Trop contente!

Cet après midi, pendant que Baloo et le Padawan étaient partis voir France-Irlande (26-21 pour la France au passage1..), j'ai reçu un appel de la mairie m'annonçant que je pouvais avoir 2 places pour Higelin ce soir!!!!
J'étais sur liste d'attente mais je n'y croyais plus!
C'est la course, parce que le retour du Stade de France prend plus de temps que ce que je pensais...
On devrait quand même être à l'heure.

C'est pas bon pour mes deadlines, mais c'est super bon pour mon moral!

J'en trépigne d'impatience!
Promis, il y aura un compte-rendu (après le 14, faut pas pousser quand même!)


1 moi, je donne les résultats! (ceci est un message personnel...)

Rouge total

Tout est dans le titre...

Dans le détail çà donne:
Deadline 1er février: non respectée (expected delivery date 14/02)
Deadline 8 février: non respectée (required delivery date 11/02)
Deadline 14 février: respectée; on peut oublier
Deadline 14 février: devrait être tenue (de toutes façons celle là est non renégociable)

Voila de quoi occuper mon week end et les quelques nuits qui me séparent du 14 février...

J'ai détesté décembre? Je vais haïr février...

jeudi 7 février 2008

Scène de la vie conjugale

"Depuis que nous avons adopté Gmail, notre couple revit" (Mr et Mme N..., Trifouillis les Oies).
Le notre aussi. Morceau choisi (authentique). Vous pourrez constater que nous avons quelques problèmes de synchronisation au démarrage ...


Moi: t'es là? (Envoyé jeudi à 15 :15)
Baloo: oui et toi? (Envoyé jeudi à 15:41)
Baloo: ya quequn ? (Envoyé jeudi à 15:45)
Moi: me revla (Envoyé jeudi à 16:19)
Baloo: c'est quoi qu'tu voulais m'dire? (Envoyé jeudi à 17:04)
Moi: rien juste coucou pis j't'M
Baloo: Moi aussi!
Moi: cool ;-)
Baloo: comment tu fais tes emoticônes?
Moi: pff... la précédente tu tapes ; puis - puis ) sans les puis çà donne çà ;-)
sinon : et - et ) pour :-)
Baloo: ;-)
Moi: et : et - et D pour :-D
et : et - et ( pour :-(
Baloo: ah oui et il les met à l'endroit!!! t'as vu? c'est dingue!!
Moi: ouais, trop fort google
Baloo: :-))
Moi: voilà, t'as l'idée, après tu peux inventer!
Baloo: trop cool! :-D
Moi : notre vie de couple profite beaucoup de google tu ne trouves pas??
Baloo: oui, merci gougueule!

Pour vivre heureux, vivons à deux (mais pas trop)

Depuis Mai 2007, nous avons une vie de famille super épanouissante. En général, Baloo est absent du lundi au vendredi (enfin, depuis janvier absent 3 jours sur 5). Quand par miracle il est là, j'en profite pour partir en congrès ou bosser tard.
A lui les folles soirées d'Epernay ou Cognac, à moi celles de Marseille (ah non c'est vrai, je n'ai jamais réussi à atteindre cette ville) Copenhague ou Bergen. Tant qu'à faire de moins partir autant aller plus loin, non?

Donc en règle générale, je suis mère célibataire en semaine. Franchement, je ne sais pas si celles qui choisissent d'avoir un enfant seule ont la moindre idée de ce qui les attend. C'est zéro repos, toujours sur le front, que tout se passe bien ou que tout parte en vrille.

D'un autre côté, nous sommes heureux de nous retrouver, et nous avons plein de trucs à nous dire...
Après 10 mois de ce fonctionnement (imposé faut-il le préciser?), il est intéressant de peser le pour et le contre de la situation.

Ce qui est vraiment cool:
  • Je peux me coucher à pas d'heure sans réveiller l'autre
  • Je peux passer mes soirées à bloguer bosser sur mon ordinateur sans culpabiliser
  • Je passe beaucoup moins de temps à ranger la maison
  • Je dîne avec le Gnome

Ce qui est beaucoup moins cool
  • Je n'entends jamais le réveil, et c'est la course tous les matins
  • J'ai froid aux pieds quand je m'endors
  • Je dois parfois vider la poubelle et changer la litière du chat
  • J'explose mon forfait portable tous les mois

Tous comptes faits, j'aimerai bien que çà se termine vite....

mercredi 6 février 2008

Le chercheur français est une feignasse

Enfin, à lire et entendre nos gouvernants ces derniers temps, c'est l'explication la plus logique à notre "absence de compétitivité" sur la scène internationale...

  • C'est vrai, çà ne peut pas être dû à nos budgets qui fondent, puisque le budget augmente
  • Cà ne peut pas être dû au fait que depuis mi-décembre nous ne pouvons pas passer de commandes pour cause de bascule d'exercice comptable (rappelez moi la date du jour?)
  • Ce n'est pas lié au fait qu'il faut respecter le code des marchés publics (appels d'offres annuels) pour commander la moindre enzyme à 30€, quand bien même le parlement dans sa grande bonté nous en exonère depuis le 1er septembre 2007, mais que les cellules gestions ne sont pas au courant
  • Ce n'est pas lié au fait que la cellule valorisation du CNRS met près de deux ans à répondre à ta demande d'étude de brevetabilité, pour finalement te dire qu'elle n'en sait rien, et qu'il faut payer un cabinet spécialisé pour avoir une réponse
  • Ce n'est pas lié au fait qu'il faut toujours répondre pour hier à des enquêtes palpitantes du type "quantification des solvants et chimiques détenus dans le laboratoire", "demande d'agrément OGM", "déclaration de détention d'organismes à risque bioterroriste" (où tu réponds NON à toutes les questions, puisque sans P3 on ne risque pas de manipuler les bébètes de la liste noire -on n'est pas malades)

non, non, non,

C'est forcément lié au fait que le chercheur français est un gros planqué de fonctionnaire, qui bosse 35hr hebdo et se shoote aux RTT

Le prochain qui me vanne sur mes horaires ou mes vacances, il mangera liquide quelques jours... Z'avez vu mon pseudo? Une idée d'où çà vient?

mardi 5 février 2008

La gadoue



Le mardi soir, c'est rugby.
Dommage, aujourd'hui il a plu toute la journée. Et aussi toute la soirée.
Alors voila ce que j'ai récupéré...
A gauche, anciennement blanc, marcel et caleçon...
A droite, anciennement noir, maillot et short...


Commentaire du Gnome 'on a tous dérapé dans la boue, c'était cool'
Commentaire de Baloo 'c'est rien, y a qu'à rincer'

Note à moi même: ne plus criser quand le Gnome salit ses vêtements à l'école. Cà peut être pire, bien pire...

Le budget nouveau est arrivé

Je craignais le pire, je n'avais pas tort...

Récurrent CNRS 2006: 495.000€
Récurrent CNRS 2007: 420.000€
Récurrent CNRS 2008: 347.000€

Soit 30% de baisse en 3 exercices....

Sans commentaire

lundi 4 février 2008

Les budgets récurrents

Avant que le système tel qu'il existe soit définitivement enterré, je voudrais revenir sur quelques points qui sont systématiquement mis en avant comme étant des causes de dysfonctionnement par nos gouvernants et leurs sbires.

Attention, je ne dis pas qu'il ne faut rien changer, loin de là, je veux juste remettre un peu en perspective, et dire qu'on ne fera jamais une bonne réforme si elle se base sur un procès d'intention.

Il fallait bien choisir le premier sujet, et comme on est en plein dans la saison des notifications1, ma préférence est allée au budget dit récurrent.

Un budget récurrent, comment çà marche?

C'est finalement assez simple. Comme vous le savez maintenant, chaque grand organisme a un ou plusieurs ministères de tutelle. Chacun de ces ministères va allouer un budget aux organismes dont il a la charge. Ce budget inclut les salaires des personnels (sauf pour les universités, mais avec la LRU çà va changer2), et vous allez voir que ce n'est pas trivial. Charge ensuite aux organismes de ventiler ce budget. On enlève les salaires, les charges immobilières, et surement plein d'autres postes que je ne connais pas. Ce qui reste va être utilisé pour la recherche à proprement parler. Dans le cas du CNRS, le budget recherche va être ventilé sur les différents départements, mais pas à part égale. Puis chaque département notifiera aux unités de recherche ce qu'il leur revient. Mais là, quelques règles vont s'appliquer.

- Tout d'abord, on tiendra compte de la catégorie de l'unité. Une unité "propre" (UPR, ne dépendant que du CNRS) touchera plus qu'une unité "mixte" (UMR, dépendant du CNRS et d'un autre organisme, là où je suis c'est une UMR CNRS-Université), cette dernière touchant un budget de toutes ses tutelles.
- Ensuite on tiendra compte du nombre de personnel affecté à cette unité. Ainsi une UMR de 20 personnes dont 10 CNRS touchera plus qu'une de 20 dont 5 CNRS.

Jusque là on est dans la comptabilité bête et méchante. Arrivent les critères scientifiques. Et oui, contrairement à ce qu'on veut bien laisser croire, l'argent ne tombe pas du ciel, et les unités d'une part et les chercheurs d'autre part sont évalués. De la qualité de leur travail va dépendre une partie de leur budget.

- L'évaluation scientifique3 de l'unité (le classement pour être plus clair) va affecter le montant attribué. Selon que l'unité ait été classée A, B ou C elle n'aura pas les mêmes revenus (C en général, elle ferme).
- L'évaluation des chercheurs4 de l'unité entre aussi en ligne de compte. Ainsi, reprenons notre unité fictive à 20 chercheurs dont 10 CNRS. Imaginons que sur les 10 CNRS, 3 n'aient pas rempli les objectifs qui nous sont imposés5 (et qui ne sont pas si violents que çà pour être honnête), c'est à dire que sur une période de 4 ans, ils n'ont pas 3 papiers (ou 1 seul très gros, Nature ou Science) ces 3 chercheurs sont considérés comme non publiant, on coupe les crédits les concernant.
On est très loin de l'argent tombé du ciel quoiqu'il arrive...

Que se passe-t'il au niveau de l'unité? Le budget qu'elle reçoit va être ventilé:

- frais fixes (contrats d'entretien, de location, fluides, abonnements ...)
- Vacations (de quoi embaucher un peu sur CDD au cas où)
- Equipement (achat de gros matériel, trop cher pour être laissé à charge d'une équipe, -80° ou ultracentrifugeuse par exemple)
- Fonctionnement: c'est ce qu'on appelle un peu partout le fameux "point chercheur". Ce poste, c’est ce qu’il reste quand tous les incompressibles ont été payés. Il peut très bien ne pas rester grand’chose.

La règle dans notre unité, est de diviser l’argent restant disponible par le nombre de "chercheurs" (chercheurs en poste, post-docs et thésards comptent pour une part, les M2 pour 0,5 part), et de redistribuer aux équipes en fonction de leur composition. Localement, on ne tient pas compte du publiant/non publiant6, mais cela va peut être changer vu les coupes sombres dans les budgets. Et voilà d’où sort mon budget récurrent 2007 : j’avais 1,5 parts (bien que nous soyons 4 dans le groupuscule), ce qui nous met le point 2007 à 1800€. Soyons clairs, ce n’est pas avec çà que l’on peut bosser. Nous pratiquons donc la recherche de financements extérieurs pour pouvoir fonctionner. Honnêtement, ceux qui n’ont pas de contrats sont assez mal engagés pour produire des résultats, publier, etc… On est donc dans un cercle logique qui ne peut que conduire à augmenter les non-publiants, et donc diminuer le budget global de l’institut, d’où ces derniers temps une tendance à remettre en cause le calcul de la redistribution…

Mais revenons un étage au dessus, au niveau du CNRS. Ses employés sont fonctionnaires, leur carrière évolue en fonction de la très fameuse grille de la fonction publique. Pour faire bref, cela veut dire que tous les ans la masse salariale augmente puisque des échelons sont franchis. A budget total constant, l’argent restant hors salaire est donc en baisse. Voilà pourquoi, nombre de gouvernements ont pu dire qu’ils ne baissaient pas le budget, alors que les chercheurs disaient le contraire….
Dans le même état d’esprit, cette année c’est très fort : le budget total du CNRS est très augmenté ; oui, mais, à partir de cette année, c’est le CNRS qui va payer les pensions de ses retraités et plus le ministère du budget !! Ce jeu d’écriture représente la modique somme de 470 millions d’euros, tous organismes de recherche confondus.

Voilà comment un gouvernement peut communiquer sur le thème ‘voyez comme nous soutenons la recherche, en augmentant sa part dans le PIB’, alors même que cet argent ne servira pas à l’effort de recherche.

À suivre…


1 A l'heure où j'écris, nous n'avons toujours pas reçu ladite notification de budget 2008...
2 Il faut vraiment que je vous parle de l'université un de ces jours
3 Réalisée tous les 4 ans, à l’occasion du renouvellement du contrat quadriennal, ou tous les 2 ans s’il y a un souci
4 Réalisée tous les 2 ans, ramenée à 1 an s’il y a un souci
5 Ces critères varient d'une commission scientifique à une autre, ils sont en général adaptés aux thématiques qu'elles couvrent. Je prends ici, les critères de la commission dont je dépends
6 C’est le principe de solidarité. J’en ai bénéficié lors d’une reconversion thématique ayant entraîné un gros trou de publication…

dimanche 3 février 2008

Un week end en Ovalie

Voici venue la saison du Tournoi des six nations, et son cortège de week ends bloqués...

Père et fils sont devant la télé, à vociférer, hurler, trépigner, applaudir, c'est selon. Du bureau, je peux dire si l'équipe de France joue bien ou pas, mène au score ou pas, passe un essai ou pas.
Ces week ends là, je sais que j'ai au moins 80 minutes rien qu'à moi, parfois 3 x 80 minutes puisqu'il y a 3 matches par week end de tournoi, voire l'après midi entière s'ils vont voir le match au Stade de France. Cette année, ce sera France-Irlande.

C'est un France-Irlande qui a été mon premier match de Rugby en live, alors que j'étais (très) enceinte du Gnome. L'ambiance est incroyable, rien à voir avec un match de Foot. Nous étions entourés d'Irlandais, leur équipe perdait et ils applaudissaient les actions françaises quand elles étaient belles! La bière coulait à flot, il y avait de la viande pas très fraiche, mais personne pour se bagarrer... Et je suis reconnaissante aux supporters Irlandais de m'avoir laisser passer devant eux pour accéder aux toilettes hommes (coté femme c'était saturé), moi et mon bidon très agité!!

Alors, je suis très heureuse que le Gnome ait commencé le Rugby cette année, qu'il adore le pratiquer, et même si nous devons faire une croix sur de nombreux week ends pour cause de match, que l'intérieur de notre voiture est transformé en tas de boue, et que je dois prélaver à la main avant de mettre en machine ses vètements après entrainement ou match, j'espère qu'il fera sien le fair play1 des rugbymen et de leurs supporters.

1 Bon, parfois c'est viril et pas forcément correct sur le terrain, mais c'est finalement assez rare pour faire partie du folklore

jeudi 31 janvier 2008

Plaisir mesquin

Il n'a pas aimé notre accueil. Il a même été vexé parait-il...
Je crois bien que rien ne pouvait me faire plus plaisir!

Je sais c'est mesquin, et alors?

mercredi 30 janvier 2008

C'est malin...

Le Piou n'a rien trouvé de mieux que de me faire de la pub pile poil quand j'annonce que je suis submergée de boulot, et que je n'aurai pas de temps à consacrer aux Chroniques. Pfff...

Enfin, merci les gens d'être passés, j'espère que vous reviendrez, et n'hésitez pas à faire un petit coucou, çà fait toujours plaisir!

mardi 29 janvier 2008

Trop c'est trop

Je me vote une exception à mon post précédent, mais il m'est franchement impossible de ne pas réagir au message que N. Sarkozy a fait passé hier lors du pince-fesse post Nobel.
Depuis la lecture de l'article du Monde, à consulter ici, je ne décolère pas. Une fois de plus nous avons un dirigeant qui n'a rien mais RIEN compris à ce qu'était la Recherche. Le problème, c'est que celui ci a des idées sur tout...

En lisant ce qu'il veut mettre en place, je peux prédire sans aucune difficulté que les meilleurs resteront à l'étranger, là où les salaires sont décents, et surtout surtout, où les crédits et les moyens pour travailler efficacement sont bel et bien présents. Je peux également prédire, que tuer la recherche fondamentale en 2008, tuera la recherche appliquée à l'horizon 2018, et entraînera la chute de l'industrie française dans la foulée.

Puisqu'il était venu féliciter Albert Fert pour son prix Nobel, il aurait pu faire un peu de biblio, lire le discours prononcé par Fert lors de la remise de sa médaille d'or du CNRS en 2003.... Il aurait peut être alors compris que le jouet qu'il va casser est finalement encore capable de fonctionner.

Je reviendrai plus en détails sur les projets présidentiels, une fois mes deadlines passées.

Plus t'as de temps, moins t'as de temps

Pour une fois que je ne faisais pas tout à la dernière minute, en respectant les objectifs que je m'étais fixé, je viens de vérifier l'axiome qui stipule que plus on a de temps pour une action, plus cette action prend de temps...

En d'autres termes, la situation ici redevient cauchemardesque, on n'est plus en red alert, mais carrément en black alert...

En conséquence, je vais être un peu silencieuse ces prochains jours, chaque minute est précieuse...

lundi 28 janvier 2008

Visite Présidentielle

Aujourd’hui, le Président de la République a visité le campus d’Orsay de l’université Paris-Sud. Accueilli par la chorale des étudiants qui avait préparé une aubade en son honneur, et par le personnel qui tenait à lui souhaiter son anniversaire, le Président s’est déclaré ému de la chaleur et de l’enthousiasme de l’accueil qui lui était réservé. Il s’est ensuite rendu dans le grand amphithéatre de Mathématiques remis à neuf en son honneur, moyennant la modique somme de 20. 000 € et deux semaines de travaux. Là, il a prononcé son discours en l’honneur du lauréat du Prix Nobel de Physique, le Pr Albert Fert1.
Aux dernières nouvelles, il devait ensuite terminer la fête chez Mickey.

Moralité : si je veux que les travaux de mon futur labo avancent, il faut soit que j’ai un Nobel, soit que j’invite l’hôte de l’Elysée… c'est pas gagné...


1 je reproduis ici, une partie des propos qu’Albert Fert a tenu dans le Monde daté du 25 octobre 2007 :

« Une réforme du système de recherche ne doit pas être dictée par des motivations idéologiques. Le CNRS a un rôle de coordination nationale, de stratégie à long terme, de gestion de grands instruments et de soutien de chercheurs sur des projets à risque, toutes tâches qu’il est le seul à pouvoir assumer. Gardons-nous de détruire cet outil, auquel notre pays doit la qualité de sa recherche. »

Pour mémoire, Albert Fert est Professeur d’Université...

dimanche 27 janvier 2008

Revue de blog

Dans le climat de défiance envers la science et ceux qui la pratiquent, je viens de lire un billet qui fait du bien!

J'aurai aimé avoir le talent de son auteur, et sa pertinence analytique.

Comme ce n'est pas le cas, je ne peux que vous recommander d'aller lire ici ce billet intitulé "La science n'est pas un monstre".

Dans les sacs des filles...

...on trouve:
  • Des listes de course hors d'âge
  • Des tickets de métro compostés
  • Des coupons de réduction périmés
  • Des post-it avec des numéros de téléphone hyper importants (mais anonymes)
Probablement en cas de disparition du support papier...

  • Des blisters de substitut nicotiniques usagés
  • Des briquets sans gaz
Probablement pour se préparer psychologiquement au sevrage...

samedi 26 janvier 2008

Dans les poches des garçons...

... on trouve:
  • des papiers de bombons
  • des cailloux
  • des bouts de bois
probablement pour pouvoir faire du feu en toute occasion...

  • des kilos de sable
  • des mouchoirs douteux
  • des bombons collants
on ne sait jamais, çà peut servir...

vendredi 25 janvier 2008

Triathlon

Hier le Gnome n'avait pas école, tous les enseignants ayant décidé de suivre le mouvement de grève. Inutile de dire, qu'il était ravi de la situation, et que malgré son inclinaison capitaliste il encouragerait volontiers son institutrice à entamer une grève illimitée...

Il fallait donc trouver une idée géniale pour l'occuper pendant cette journée, étant entendu que 8 heures devant la télévision ou un DVD ne constituent pas exactement ce que je considère comme une saine activité.
L'idée géniale est venue d'une copine dont le fils est dans la classe du mien...

Et si nous allions à la piscine de ***?

Bon, je dois reconnaître que l'idée était bonne, bien que la perspective de me mettre en maillot de bain alors que j'ai un teint digne d'un cachet et quelques kilos de trop de-ci de-là, ne m'enthousiasmait pas follement. Le meilleur était à venir, l'idée géniale consistant à y aller en vélo (16 km au total quand même). J'ai été vaincue par la pression morale exercée par les deux gamins, et me suis donc lancée dans l'aventure alors même que j'avais soigneusement évité de prendre de bonnes résolutions sportives pour 2008...

Au final, une journée super (même si nous sommes revenus sous la pluie), pas d'insomnie (j'étais dans les bras de Morphée avant 23 hr), et ce matin des courbatures partout... mais la fierté d'avoir été hier une mère qui assure un max!

Et à ceux qui trouveraient malin de remarquer que dans le triathlon il y a également une épreuve de course, je tiens à signaler que je cours bien assez toute la semaine ....

jeudi 24 janvier 2008

Tranche de vie

Le lieu: la cuisine
L'ambiance: un dîner familial, exceptionnellement à 3

Le Gnome: Quel métier faut il choisir pour gagner beaucoup d'argent?
Baloo et Narayan (interloqués): .....
Narayan: En tout cas, pas chercheur!
Le Gnome: Je sais ....
Baloo (hilare): ....
Narayan (un peu vexée)....
Le Gnome: Je sais! Les gens ils achètent toujours des choses. Alors moi, je leur vendrai ce qu'ils veulent et je serai riche...

La chair de ma chair, capitaliste à 7 ans! Il va falloir que je fasse quelque chose...

La décision 30

Allez, encore une petite tranche de rapport Attali avant d'aller se coucher!

Page 42 :
DÉCISION 30
« Réformer le statut d’enseignant-chercheur.
Personne ne devrait pouvoir être chercheur à vie sans enseigner, à moins d’obtenir de façon spécifique des dérogations sur la base des performances de recherche récentes.
• Recruter et financer (salaires, frais de fonctionnement et équipements) tous les nouveaux chercheurs sur des contrats de 4 ans. À l’issue de cette période, une évaluation décidera si le projet pourra être prolongé. Aucun chercheur ne devra bénéficier de plus de deux (ou, exceptionnellement, trois) contrats de quatre ans successifs. Au bout de cette période, le chercheur pourrait évoluer vers un contrat à durée indéterminée de « directeur de recherche », vers une activité d’enseignement, ou vers l’entreprise privée.
• Attirer et conserver les meilleurs chercheurs par un niveau plus attractif de salaires (à travers des primes fortement modulables, des Contrats à durée indéterminée (CDI) et des accélérations de carrière) et des financements de leurs projets de recherche. »


Bon, c’est un peu tout et son contraire, sauf à lire entre les lignes pour essayer d’interpréter ce qui semble incompatible.

Reprenons : La première phrase peut se lire « Tous les chercheurs devront enseigner sauf les meilleurs ». Je rappelle le titre, réformer le statut d’enseignant-chercheur. Pour l’instant on est dans la réforme du statut de chercheur…

Premier point : recrutement et financement. Je ne vois toujours pas apparaitre l’enseignant chercheur… En revanche, j’y lis que si après 8 ans (exceptionnellement 12) de contrats, le chercheur a été performant, il aura gagné un CDI de directeur de recherche (et donc en prime la dérogation d’enseignement ?), ou une activité d’enseignement (mais là on ne parle plus de recherche ?) ou dégager dans le privé (on se demande bien pourquoi le privé voudrait recruter une telle personne, avec ses valises plombées de 12 ans d’académisme …).

Deuxième point : les salaires. Il faut qu’ils aient un niveau plus attractif (oui, je confirme, actuellement n’importe quel post-doc débutant est mieux payé à l’étranger que moi et mes 16 ans de CNRS). Allons y de la prime modulable ! Ah c’est sur, çà va attirer les meilleurs… Bon, c’est pas assez ? Ajoutons-y la perspective d’un CDI (si on se réfère au paragraphe précédent, c’est quand même à un horizon de 4 ans en étant très bon et très chanceux – on est en France n’oubliez jamais çà) et l’accélération de carrière (là je sèche. Est ce que cela sous entend que les chercheurs seraient toujours fonctionnaires, et donc englués dans la grille de la fonction publique, sauf à accélérer leur passage d’échelon au mérite ?)

Le vrai problème, c’est que la décision 30 portant sur la réforme du statut d’enseignant chercheur ne va pas plus loin.

Si quelqu’un peut m’expliquer ce que çà changera pour les Maîtres de Conférence, je suis toute ouïe. J’aurai aimé lire, que le nombre d’heures d’enseignement devrait être aligné sur ce que font nos si performants collègues de la perfide Albion, ou ceux du Nouveau Monde… Parce que là, ce que çà annonce, c’est le même boulot mais en CDD…

Peut être faudrait il rappeler aux éminents membres de cette commission qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre…

mercredi 23 janvier 2008

Demandez le programme

Depuis bientôt un an, nous savons que nous allons être mangés, ce que nous ignorons c’est à quelle sauce… La publication du Rapport Attali me fait redouter le pire pour l’avenir de la recherche en France. Morceaux choisis :

Page 40 (je grasse):
« Le système français de recherche est trop complexe : un Centre national de la recherche scientifique peu évalué par l’extérieur, des chercheurs travaillant trop souvent sans lien direct avec l’enseignement, une insuffisance de grands projets et de coordination entre les établissements spécialisés, dans une extrême dispersion. De plus, le financement, majoritairement issu de financements récurrents, n’est pas lié aux résultats des équipes de recherche tandis que les unités mixtes, soumises à des contrats quadriennaux, placent de fait la recherche universitaire sous la tutelle du CNRS. »

Je suis loin d’être un cas atypique, voici donc des chiffres qui vous permettront de juger l’incidence du financement récurrent sur le budget 2007 de mon équipe (entre parenthèse, la valeur en % du budget total):

Report budget total 2006: 6.855 € (7.8 %)
Budget Récurrent 2007: 2.700 € (3.1%)
Contrats :
MAE (travel grant): 1.500 € (1.7%)
Inserm Transfert (5 mois): 4.900 € (5.6 %)
EC (12/36eme, dont un salaire): 71.400 € (81.7 %)
Total budget 2007: 87.355 €

Je ne sais pas d’où sort l’idée que nous sommes inondés de crédits récurrents, mais franchement, à 3.1% de mon budget total, c’est un pourboire…

Page 41 (en gras dans le document d’origine):
« Le CNRS doit se concentrer sur ses laboratoires propres et sérieusement réduire le nombre de ses unités mixtes afin d’éviter l’émiettement de ses chercheurs et de ses ressources. Seuls les laboratoires les plus stratégiques au plan international (les grandes plates-formes en particulier), définis après avis d’un comité composé exclusivement de très grands spécialistes étrangers, resteront des instituts du CNRS. (…)
Renforcer les principaux organismes de recherche pluridisciplinaires (Commissariat à l’énergie atomique) et spécialisés (Institut national de la recherche agronomique, Institut national de la santé et de la recherche médicale, Institut national d’études démographiques) disposant de grands équipements. »

Donc, si je comprends bien, nous avons actuellement un organisme de recherche pluridisciplinaire (le CNRS) qu’il faut démanteler alors que le même rapport prône le renforcement des principaux organismes de recherche pluridisciplinaires (le CNRS étant déjà enterré, il n’y est plus fait allusion …) et des organismes spécialisés ayant de grands équipements…

Et je n’en suis qu’à la page 41…

Je ne peux m’empêcher de penser pourquoi tant de haine ? Qu’à donc fait le CNRS pour qu’il soit ainsi, et le seul des grands EPST, la cible obsessionnelle de nos dirigeants ?

mardi 22 janvier 2008

Un truc m'échappe...

J'ai beau chercher, je ne comprends pas quelle est la logique qui peut conduire nos gouvernants à

  • Supprimer la publicité des chaînes télévisées du service public (c'est Nicolas qui dit)
  • Autoriser la publicité sur une radio de service public (c'est Christine1 qui dit)
Bien sur, je suis un peu de mauvaise foi, j'ai bien un semblant d'idée, mais une fois de plus, ce doit être mon mauvais esprit qui me fait penser que Martin est mieux en cour qu'Arnaud....


1Albanel, ministre de la culture, pour ceux qui sont restés trop longtemps dans un caisson d'isolation sensoriel

maj du 24 janv. Selon Télérama, Nicolas aurait défait ce que Christine avait promis, et Radio France serait donc logée à la même enseigne que France Télévision.

samedi 19 janvier 2008

Qu'il est grand le mystère du xml

Bon, j'ai voulu faire ma maline, et savoir si j'avais 3 visiteurs ou plus... Donc, sur les conseil de mon maître jedi pour tout ce qui est bloguerie1, j'ai installé un compteur en bas de ce blog le 16 janvier.

Vous pouvez aller voir...y a pas. Ou plutôt y a plus. Et pourtant y a eu...
Ainsi, je sais que j'ai connu mon heure de gloire le 17 janvier avec 12 visiteurs. La petite icone des stats s'affichait correctement, bref, j'étais la plus heureuse des blogueuses débutantes.

Le 18, je me connecte pour installer le premier des deux billets précédents, et m'aperçois avec stupeur que l'icone s'est envolée... Le site de stats m'indique bien une connection (la mienne) me laissant penser que malgré l'absence de logo, vous êtes toujours surveillés... Et puis, je passe à autre chose, en l'occurrence mon boulot.
Le soir, ajoutant un autre billet (et oui, c'était abondance hier) je fais l'état des lieux. Toujours pas d'icone de stats, mais plus surprenant pas de trace de ma connection vespérale. Là, ce n'est plus normal, puisque je me connecte de chez moi je devrais voir apparaître le nom de mon fournisseur d'accès...
Aujourd'hui j'ai décidé de résoudre le problème. Bien évidemment, si je vous raconte cela c'est que je n'ai rien résolu du tout. Donc si l'un d'entre vous a une idée, je suis preneuse!
En résumé:
  • l'icone de stat a disparu, mais le code xml du blog n'avait pas été modifié (depuis si puisque j'ai bidouillé comme une malade!)
  • Je n'ai eu aucun visiteur hier, la seule connection détectée étant la mienne. Je ne suis pas plus surprise que çà (l'heure de gloire c'était la veille), mais je n'ai aucune garantie, vu que mes lecteurs sont du genre silencieux, le Piou mis à part.
  • J'ai fait plusieurs tentatives de réinstallation du code compteur, du coup je ne me souviens plus où je l'avais positionné à l'origine2, mais aucune ne conduit à l'affichage de l'icone stat.
  • ma connection d'aujourd'hui n'a pas été comptabilisée
  • je ne sais pas si c'est lié, mais je suis maintenant obligée de me connecter avec mon adresse gmail entière, et plus seulement mon identifiant compte... Il y a donc peut être eu des changements chez blogger (j'ai des doutes, chez mon maître çà marche toujours..)
Toute suggestion permettant de résoudre le mystère sera la bienvenue, mon ego méritant bien que je puisse suivre un peu ce que mes billets inspirent...
Je précise que mes connaissances de base sont très limitées (nulles en ce qui concerne javascript, débutante avertie pour l'html) il faudra donc m'expliquer en français, pas en geek...

1 Et oui, c'est LUI
2 bien entendu, je n'ai pas pensé à sauvegardé le codage d'avant le bug, donc je ne peux même plus restaurer...

vendredi 18 janvier 2008

En chantant

Alors là, ils ont fait très fort la boîte du Piou!! Excellent!
A ceux qui ne sont pas assez à l'aise avec l'anglais pour comprendre les paroles, je recommande de télécharger le fichier 'lyrics'...

Voyageur immobile

Je suis une lectrice compulsive... c'est grave docteur?

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours préféré lire que faire quoi que ce soit d'autre, et je ne peux m'imaginer privée de ce plaisir.
Une de mes plus grandes frustrations est de ne plus pouvoir lire le matin en buvant mon café, depuis que j'ai un enfant. Il faut tenir les horaires, et le rythme de la préparation matinale ne tolère plus des retards liés au syndrome du "un chapitre de plus, et j'y vais".

J'ai besoin de la présence des livres, de les voir, de les toucher, de les classer, de les lire, de les relire. Les prêter me crève le coeur, je sélectionne mes emprunteurs. Je ne supporte pas les corneurs de page, les éventreurs (ceux qui vous replie une édition de poche en deux), les annotateurs et autres profanateurs. J'assume totalement cette maniaquerie. A ceux là j'offre le livre que je souhaite leur faire découvrir.
Dans la même veine, j'ai rapidement arrêté de fréquenter les bibliothèques, puisque j'achetais systématiquement les livres qui m'avaient plu (disons 90% de ce que j'avais emprunté). Inutile de préciser que j'entretiens de très bonnes relations avec mon libraire! J'ai d'ailleurs la chance d'avoir un excellent libraire à 200 mètres de chez moi, et je lui rends visite presque chaque semaine à la recherche de nouveaux livres (pas forcément de nouveautés).

Je lis avec voracité, vite très vite, puis je relis quelques temps plus tard, avec moins de précipitation.
J'ai besoin d'avoir des "stocks", 3 ou 4 livres d'avance sur la table de nuit. Savoir que je vais finir un livre, sans en avoir un prêt à prendre le relais me met mal à l'aise (bien que j'ai toujours l'option relecture comme roue de secours).
Je lis de manière systématique: un auteur découvert et aimé? Je n'aurai alors de cesse que d'avoir lu toute son oeuvre.Dans certains cas, je dois bien reconnaitre que parfois je suis un peu déçue, mais rien ne m'arrêtera. L'exemple le plus flagrant est Alexandre Dumas. J'avais lu petite ses romans dans la forme tronquée que l'on réserve aux enfants. Adulte j'ai relu en version intégrale, puis découvert ses romans moins connus du grand public (la San Felice, La Royale Maison de Savoie, ..). Tout n'est pas du niveau des Quarante-cinq, ou de Monte Christo, mais l'idée même que ces livres soient ré-édités et que je ne les lise pas m'insupportait!

Voila pourquoi, j'ai créé la rubrique "au fil des pages", voila pourquoi je commenterai de temps en temps un ouvrage ou un auteur, en espérant vous transmettre l'envie de le découvrir si besoin est.

jeudi 10 janvier 2008

Quand je serai grand je serai chercheur

Pour faire écho à un post du Piou, et surtout à certains des commentaires qu'il a suscité, je vais tenter de faire un petit tour d'horizon du métier de chercheur en France. Je ne veux pas trop généraliser car je ne connais pas du tout la situation et les règles du jeu dans les Sciences Humaines ni dans les sciences "dures", aussi je me limiterai au petit monde de la Biologie.

Un des lecteurs du Piou s'interrogeait sur les raisons qui poussaient les post-docs expat' français à vouloir à tout prix intégrer le CNRS. A mon avis, la raison la plus évidente est que c'est à peu près la seule possibilité qui nous soit offerte.
Le système français est assez unique en son genre puisque différentes formations sont proposées aux futurs élites de la nation1. En gros le monde se divise en deux grandes voies: la royale, qui passe par les grandes écoles (pour nous biologistes, majoritairement Normale Sup', Agro, un peu Polytechnique et Centrale, les INSA) et la moins glorieuse, celle qui conduit un grand nombre de Bacheliers sur les bancs de l'Université. Comme pour les grandes écoles, toutes les Universités ne sont pas équivalentes. Il vaudra toujours mieux être diplômé d'une grande parisienne ou provinciale que de l'université de la Roche sur Yon...

Que l'on ait intégré une grande école, ou enfilé les années à l'Université, si l'on veut faire de la recherche, il faut obtenir un Doctorat. Tout ce petit monde se retrouve donc au niveau du 3ème cycle. Il n'y a pas si longtemps, c'était pour le DEA (Diplôme d'Etudes Approfondies) puis la thèse de Doctorat. Maintenant avec la réforme LMD, c'est au passage du concours de l'école Doctorale, ouvrant les portes de la thèse.

Une fois la thèse de Doctorat soutenue, et l'ultime diplôme en poche, le candidat chercheur va en général enchaîner sur un post-doctorat, pour un minimum de 2 ans (moins c'est presque inutile si on veut gonfler son dossier de publications). Finalement, il va chercher un emploi. De préférence fixe, de préférence interessant. Je ne vois pas ce que celà à de choquant quand on sort de 8 ans d'études (voire plus) dont les 4 dernières sont en fait une expérience professionnelle, suivi d'un minimum de deux ans de post-doc bien souvent réalisé à l'étranger.
Deux voies sont possibles, l'académique ou l'industrie. L'exception française prend alors toute sa dimension. La plupart des dirigeants de nos entreprises sortent des grandes écoles. Ils auront une très nette préférence pour des candidats sortant du même moule. Notre pauvre docteur de l'université aura donc beaucoup de mal à intégrer le secteur privé. Je ne dis pas que c'est impossible, ma copine de fac bosse dans le privé. Impossible, non, rare oui. Que reste-t'il comme possibilité d'emploi? La recherche académique, qui en France est liée au statut de fonctionnaire (assez récent dans le cas du CNRS).

Selon l'orientation que l'on a pris (la biologie est assez vaste) on candidatera donc à l'IFREMER (biologie marine), au CEA (risques liés aux rayonnements, réparation de l'ADN), à l'INRA (agronomie), à l'INSERM (plutôt santé, et très trusté par les médecins), au CNRS (couvrant à peu près tout) ou à l'Université (idem). Ajoutons au tableau l'Institut Pasteur et l'Institut Curie qui sont des fondations de droit privé et je pense ne rien avoir oublié, du moins dans les grands organismes. Chacun des organismes d'état a son (ses) ministères de tutelle:

  • INRA: Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.
  • IFREMER: Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Ministère ayant en charge le Transport et le Tourisme, Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables (depuis 2002)
  • CEA: Ministère et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, Ministère de la Défense, Ministère du Budget, des Comptes Publics et de la Fonction Publique
  • INSERM: Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère de la Santé
  • CNRS et Université: Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

L'Université est un cas un peu à part, puisque ses chercheurs sont en fait des enseignants-chercheurs. Un maître de conférences doit enseigner 196 h 'équivalent TD' par année scolaire, un professeur aussi d'ailleurs, sauf qu'une heure d'amphi "vaut" 1H30 de TD ( les Professeurs enseignant en TD sont très rares). Si l'on compare avec la Grande Bretagne, un professeur enseigne en moyenne 20 à 30 heures par an en cours classique (le reste étant de l'encadrement d'étudiants dans son laboratoire). En plus de ses 196 h devant les étudiants, le MC va passer du temps à préparer les TD et TP, corriger des copies etc. En plus des charges d'enseignement, on attend de l'enseignant-chercheur qu'il ait une activité de recherche (en théorie cela doit représenter 50% de son activité). Même en adorant enseigner il faut quand même avoir un grain pour choisir cette solution quand on a un bon CV recherche....

Pour vous donner une petite idée des possibilités d'embauche pour un jeune biologiste dans le monde académique, voici les postes ouverts au concours 2008:

INRA: 75 CR2 et CR1 (le nombre de postes ouverts aux concours DR2 et DR1 n'est actuellement pas connu)
INSERM: Le concours de recrutement 2008 n'est toujours pas ouvert à ce jour, donc le nombre de postes n'est pas connu
CNRS: 651 tous grades et disciplines confondus (284 CR2, 101 CR1, 263 DR2, 3 DR1), correspondant à environ 400 postes en concours externe (la plupart des postes DR sont en fait affectés au concours interne). Réduit au département des Sciences du Vivant, cela nous donne 127 postes (44 CR2, 28 CR1, 54 DR2, 1 DR1) dont 33 sont fléchés vers une thématique précise.

CEA: 0
IFREMER: 0
Ces deux derniers organismes sont des EPIC, leur procédure de recrutement est différente (disons que c'est du cas par cas, il est d'ailleurs possible de faire une candidature spontanée).

Je laisserai de côté les concours de Maître de Conférences, la procédure de recrutement dépendant de chaque université, de ses besoins en enseignement etc... Cet aspect mériterait à lui seul un article.

Finalement, l'attirance des post-docs français pour le CNRS peut s'expliquer par le nombre de postes ouverts au concours. Malgré les années de vaches maigres que nous vivons, cet organisme est encore le mieux loti du paysage sinistré de la recherche en France....

1 pourquoi élite? parce que nous sommes finalement peu nombreux au regard de la population française à être détenteurs du plus haut titre universitaire, ce qui ne nous rend pas meilleurs au demeurant...

dimanche 6 janvier 2008

Mes bonnes résolutions

Tous les ans, c'est la même histoire: trouver un tas de bonnes résolutions alors que je sais pertinemment que je ne les tiendrai pas. Bref, au programme cette année:
  • Arrêter DEFINITIVEMENT de fumer. Ben oui, définitivement, parce que arrêter de fumer, je sais faire, je l'ai même fait des milliers dizaines de fois
  • Terminer d'organiser la maison avant le prochain déménagement
  • Trouver la maison ou l'appart de mes rêves (et si possible qui plaise aussi à Baloo et au Gnome sinon ce sera difficile à gérer)
  • Organiser les vacances d'été AVANT le 15 juillet (celle là je sens que je vais la tenir vu ce que nous ont coûté nos vacances 2007....)
  • Ne plus acheter de tissus, cadres, et autres machins que les filles douées transforment en super créations décos hyper personnalisées vu que (1) je n'ai pas le temps de m'en occuper (2) je suis vraiment trop nulle en couture et autres travaux manuels
  • Commander les santons Carbonel en Septembre pour les recevoir à temps pour la crèche de l'année... Non, en fait, carrément les commander en Janvier pour assurer un max (en plus avec un peu de chance, ils font des soldes?????)
Voila pour la rive droite. Côté rive gauche, c'est moins drôle car je sais qu'il faudra que je m'y tienne (au moins pour les trois premiers):
  • Terminer d'écrire et surtout envoyer les articles qui s'accumulent
  • Déposer une demande à l'ANR, sinon en 2009 on fera des manips virtuelles
  • Si les papiers sont sortis, monter le dossier de qualif au poste de prof et passer le concours DR (soyons fous!)
  • Dépoussiérer un peu mes cours, trois ans que j'utilise les même power point, çà ronronne trop
  • Ne plus attendre la veille d'une deadline pour faire sérieusement le boulot (j'ai plus 20 ans moi, et la fin décembre a été apocalyptique)
  • Ne plus acheter que des billets d'avion échangeables/remboursables, même s'ils sont plus chers parce que décembre a été apocalyptique (je sais je me répète)
  • Trouver le temps de faire de ce blog ce que je voulais réellement: parler de science et de recherche pour ceux qui ne sont pas de la partie (et là, il faudra que je fasse quelque chose pour mon audience, sinon ce sera totalement inutile mes deux seuls lecteurs étant du milieu...)
Et surtout, trouver le moyen de virer ces fleurs ridicules qui s'affichent quand je fais une liste ...

mercredi 2 janvier 2008

Au gui l'an neuf

Bonne et heureuse année 2008 à toi qui passes ici